Les Éditions Perce-Neige

  • Georgette LeBlanc revient en force avec un quatrième livre en 10 ans, un « roman en vers libres » évoquant à sa manière le grand incendie de 1820 qui a détruit une vingtaine de maisons et autant de granges à la Baie Sainte-Marie, tel que raconté dans le Journal de Cécile Murat, une oeuvre de fiction publiée en 1950 par l'historien acadien Alphonse Deveau. Georgette LeBlanc propose sa propre vison des évènements avec ironie, audace et sensualité. Des personnages colorés, fortement esquissés, de chair et de mots, prennent vie d'une scène à une autre, et en plein 21e siècle, sous le regard dubitatif des médias de la métropole. L'auteure d'Alma est parvenue en très peu de temps à l'élaboration d'une langue musicale et séduisante qui lui est propre et dont la motte d'argile à modeler est le français particulier aux Acadiens du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Le Grand Feu ne peut faire que braquer quand Georgette LeBlanc attise les braises de son imagination.

  • Joannie Thomas signe un premier recueil d'une dureté troublante, renouvelant du coup le discours au féminin dans la poésie contemporaine. Femme de théâtre, elle nous présente un texte qui se décline comme un long monologue intérieur, le récit d'une jeune femme qui fait table rase des tabous les plus coriaces.

  • Premier recueil de poésie de Monica Bolduc, Dead End explore le cul-de-sac des relations amoureuses et les eaux troubles du langage.

  • Gabriel Robichaud propose un troisième recueil de poésie dont le titre est bien sûr un clin d'oeil et un hommage au classique Acadie Rock de Guy Arsenault. Le poète-comédien nous amène faire un « tour de l'Acadie » hors du commun et c'est un plaisir de prendre place dans le siège du passager et de laisser défiler le territoire sous nos yeux amusés. Parce que l'autodérision guette à chaque détour avec, en fin de parcours, l'arrivée d'un manifeste clamant haut et fort une identité sans équivoque.

  • Il s'agit du cinquième titre de la collection Archipel de l'Association des professeurs des littératures acadienne et québécoise de l'Atlantique. Précédées de deux textes inédits des écrivaines Marguerite Andersen et Lise Tremblay, qui évoquent la place du don et du sacrifice dans leurs carrières respectives, ces études portent sur les littératures française, acadienne, québécoise, autochtone et africaine, de même que sur la création littéraire, le cinéma, le théâtre et l'art performance.

  • Dès son premier livre (Sous la boucane du moulin, 2015), Sébastien Bérubé s'est imposé rapidement comme l'un des représentants majeurs de la nouvelle génération de poètes acadiens et francophones. Son propos sur les injustices et les enjeux sociaux et politiques actuels font de lui le porte-parole des sans-voix et le dénonciateur des inégalités de ce monde. Dans Maudire les étoiles, son troisième livre, le poète joue à la fois avec le registre de la révolte et celui d'une certaine nostalgie liée à l'enfance.

  • Audacieux, caustique et décapant, Roadkill de Lex Vienneau propose une poésie à l'état brut, forte d'une langue étonnamment singulière où la maitrise du contrepoint est admirable. Cette jeune poète a réussi à créer un univers aux antipodes des lieux communs de l'urbanité et des poncifs d'une certaine poésie déconnectée de la réalité des pulsions primitives de vie et de mort. Avec ce premier livre, Lex Vienneau occupe d'emblée une place enviable dans le corpus de la poésie acadienne et francophone actuelle.

  • Jonathan Roy revient en force avec un second recueil de poésie qui se déploie autour de l'image de la savèche (mot acadien désignant un papillon de nuit) pour transporter le lecteur dans l'univers contestable du Web. Il y remet en question le sens donné à la génération Y tout en construisant de poème en poème une prosodie qui lui est unique. Jonathan Roy compte sans aucun doute parmi les jeunes poètes les plus marquants de la production courante.

  • Deuxième tome d'essais consacrés à la littérature et à ses liens avec l'histoire contemporaine de l'Acadie, le professeur Robert Viau signe dans cet ouvrage des textes très personnels où il traite des débuts de la dramaturgie en Acadie jusqu'à la création de l'Île aux Puces où prennent vie les personnages du théâtre d'Antonine Maillet l'espace d'une saison. Robert Viau comble aussi une lacune en études littéraires par une fine analyse de la poésie acadienne dont on parle trop peu dans les milieux académiques. Un livre à lire pour connaitre une autre dimension de la réalité acadienne.

  • j'accepterai l'heure
    le jour où elle sera écorchée
    frappée
    d'un coup de pelle
    dans le soudain

  • Ronald Léger est sans doute l'un des poètes acadiens les plus singuliers et aussi l'un des plus méconnus. Son rapport à l'écriture est essentiellement ludique et sa démarche n'est pas sans rappeler l'Oulipo. Si l'auteur oulipien se définit comme « un rat qui construit luimême un labyrinthe dont il se propose de sortir », Ronald Léger est sans conteste cet oiseau rare qui se bâtit une cage pour s'en évader à grands coups de jeux langagiers dont lui seul a le secret. Comme ultime clin d'oeil, le poète nous offre ce verbe fribouler dont le sens a pris le large avec lui un beau jour de novembre.

  • Dans ce recueil judicieusement nommé D'ici, le poète embrase la ville et laisse dans son sillage rouge sang des blessures qui mettent l'âme à genoux. Je t'écrirai ce qu'il reste de toi. Ces poèmes sont des prières aux images bouleversantes que le poète porte à ses risques et périls jusqu'aux frontières de la folie, où l'horloge du temps se dérègle Alors les mots tombent comme des poignards d'une puissante efficacité. Un recueil d'une terrible beauté.

    -JEAN-PAUL DAOUST

  • Dis-le-moi marque le grand retour de Mario Thériault aux Éditions Perce-Neige, son dernier recueil étant paru en 1997.

    Combien de temps la neige saura-t-elle durer
    il ne sait plus si dans les bras de décembre
    il pourra retourner
    répétant en silence que son attente est son amour
    que son détour est son attente
    convainquant sa douleur que son attente
    est pour toujours
    à la brunante sur la neige
    Quelle ampleur a-t-elle réellement dans sa vie
    offre-t-elle le calme
    amplifie-t-elle son ennui
    son absence
    Dis-le-moi

  • La poésie richement texturée et paysagiste de Pauline Dugas nous fait découvrir un univers sensuel d'une grande finesse, là où le règne végétal se fusionne au Fragment d'eau qui lui donne toute sa transparence.

  • Dominic Langlois nous amène faire un tour du côté de l'enfance dans ce premier recueil au rythme enjoué et saupoudré de clins d'oeil espiègles. La grande force de cette poésie ludique est de rassembler tout le monde sous le signe de la complicité et du sourire en coin. Un grand vent de fraicheur dans les ruelles de l'été.

  • Un mendiant dans trentaine Au cour pesant, porcelaine
    Demandant cinquante cennes pour sa peine
    Le ventre du néant, mais une tête pleine
    De pensées qui n'étaient plus les siennes En dessous de sa casquette
    La soirée avait 'air frette
    Pas de loyer; pas de dettes
    Mais tu t'abrites pas avec un sac de canettes Sans cadeau dans son sac à dos
    Les trous de son manteau me parlaient de troubles mentaux T'sais, quand tu vis dehors, c'est que ça va pas ben fort

  • C'est directement sous la boucane du moulin que j'écris. Entre le bruit des vans et l'odeur cancérigène de la rue Canada. Ma plume est folle et mon crayon capote. J'aime mieux être puni d'avoir trop parlé qu'être sauvé par un silence. Je n'ai peut-être pas le courage, mais j'ai la langue de mon père et, by the way, ça me suffit.

  • Alors que l'ombre des corneilles s'allonge sur la neige, la poésie de Dominic Langlois remue les cendres d'une enfance encore chaude, lyrique et bouleversante, parfois tourmentée, toujours en quête d'un sens qui lui échappe.

    Les sentiments barbares est le troisième recueil de poésie de Dominic Langlois aux Éditions Perce-Neige.

  • Premier ouvrage d'un jeune poète émergent, ce recueil à l'écriture condensée et richement texturée est rempli de promesses. Le sang dont il est question dans ce livre est davantage source et pulsion de vie que de violence. Luc-Antoine Chiasson propose une autre façon d'appréhender le temps cyclique tout en jetant un regard singulier sur un décor à la fois naturel et urbain. En apparence plutôt hermétique, cette poésie se démarque surtout par un souffle étonnant et une musicalité envoutante.

  • Sébastien Bérubé est l'un des poètes acadiens les plus prometteurs de sa génération. Son regard sur les travers de la politique et les agissements sociaux de notre époque est caustique et provocateur. Malgré le ton narquois de son propos, le poète fait preuve d'une grande sensibilité envers les sans voix et les oubliés qui nous entourent.

  • Christian Brun nous amène au coeur orangé du Mozambique avec L'évolution des contrastes, un quatrième recueil dont l'univers très singulier défie toute classification.

  • Après une éclipse de quelques années, Marc Arseneau revient en force avec un quatrième recueil de poésie dans lequel on reconnait la voix singulière d'un poète qui construit une oeuvre comme un disc-jockey crée un programme pour une soirée où tous les rythmes et tous les registres sont conviés.

    chaque jour une chanson / nous allons faire de la musique / en voyage hypnotique / nous allons danser entre les draps / qui flottent sur les lignes à hardes / de village en village / dans ce territoire en feu

  • Ronald Després n'a que vingt-deux ans lorsqu'il publie son premier recueil de poésie intitulé Silences à nourrir de sang, aux Éditions d'Orphée, à Montréal. D'une modernité insolente, ces poèmes bousculent l'attitude passéiste qui caractérise la poésie acadienne depuis ses débuts jusqu'à 1958.

  • Dans son sixième recueil de poèmes, Christian Roy cherche sa place dans une Acadie devenue le microcosme d'un monde où la pensée est de plus en plus atrophiée, où la nature est l'esclave du progrès et où l'invention et la vérité sont des synonymes. Tentant de réconcilier un coeur et un esprit à la fois belliqueux et romantiques, le poète, dans une sorte de nuit obscure de l'âme, déconstruit les artifices de la société afin de procéder « à l'excision du mal » une fois pour toutes.

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