• Les vieux ne se réduisent pas à la catégorie dans laquelle la société et les pouvoirs publics les rangent. Depuis les années 1960, ils sont l'objet d'un jeu incessant de nouvelles appellations - 3e  et 4e âges, personnes âgées dépendantes, Alzheimer, seniors - et désormais les voilà fragiles et vulnérables. Les conséquences sont redoutables : assignés à un espace social contraint et normatif, nous les amputons ainsi d'une identité propre, de leur histoire singulière et de l'expression de leurs besoins pour finalement constituer une population d'assistés, fragiles et vulnérables. Les auteurs, membres du réseau de consultants en gérontologie (ARCG), dénoncent cette vision réductrice, porte ouverte sur des formes variées de discrimination et un appauvrissement des espaces professionnels en gérontologie.

  • L'ouvrage ouvre un espace de questionnements. Il propose notamment une analyse sociologique du champ de l'autisme, qui ne se limite pas à l'opposition comportementalisme / psychanalyse et intègre la question de la « neurodiversité » introduite dans le débat public par des autistes adultes.

    Il présente une étude, financée par la Caisse nationale de soutien à l'autonomie (CNSA), pour évaluer une expérience de repérage des autistes adultes dans les établissements médico-sociaux menée dans une région française. Ce fut l'occasion pour les chercheurs de visiter de nombreux établissements, de discuter avec les professionnels, d'observer leur travail quotidien d'accompagnement de personnes adultes autistes. Les auteurs rendent compte de manière très concrète de leurs observations et analyses qui s'appuient sur la parole des professionnels.

    Ils concluent par le repérage des questions les plus brûlantes auxquelles est confrontée l'actuelle politique publique de l'autisme.

  • L'auteur dénonce la rigidité, l'autoritarisme et la standardisation des approches dictées par le 3e Plan et leurs conséquences néfastes pour les personnes autistes et leurs familles. Elle développe des propositions d'observation, d'évaluation et de suivis pluridisciplinaires et transdisciplinaires - incluant la psychanalyse.


    Dans un souci de réflexion et d'engagement, Marie-Dominique Amy revient sur la plupart des mauvais procès intentés en sorcellerie contre la psychopathologie d'inspiration psychanalytique. Elle dénonce les aspects idéologiques qui empêchent un vrai débat, tout en défendant les recherches cognitives et des neurosciences et les pratiques intégratives entreprises avec les enfants TED/TSA dans une logique d'ouverture.

     

  • A l'intention des usagers, des familles et des professionnels de la psychiatrie et de l'action sociale, cet ouvrage donne une lecture claire des lois constituant le cadre psychiatrique contemporain. La loi du 11-2-2005 qui reconnait le handicap psychique dessine pour la psychiatrie une situation porteuse d'espoir. En effet, sous l'impulsion d'un mouvement émanant de familles et d'anciens malades, il semble qu'une créativité sociale vienne au secours d'une psychiatrie qui aurait perdu ses repères. De façon paradoxale , la psychiatrie et l'action sociale, qui s'excluaient mutuellement jusqu'à maintenant, sont amenées à se féconder aujourd'hui avec la reconnaissance de la parole des personnes en situation de handicap psychique.

    Guy Baillon est psychiatre des hôpitaux (Bondy)

  • Cet ouvrage est consacré aux premiers jours de vie des nouveau-nés autrefois et maintenant, ici et ailleurs. Des universitaires (historiens, sociologues, anthropologues) dialoguent avec des personnels de santé (sages-femmes, obstétriciens, psychologues, puéricultrices), dont certains ont été au coeur des bouleversements récents de l'art de naître. Depuis la naissance à Rome dans l'Antiquité, où le nouveau-né posé sur le sol devait être relevé par la sage-femme, double humain des Parques, jusqu'à la naissance surmédicalisée dans nos maternités occidentales, les conditions d'accueil du nouveau-né ont radicalement changé dans le temps et dans l'espace. L'ouvrage s'efforce d'en montrer les grandes évolutions. À l'heure où les spécialistes s'interrogent de plus en plus sur les modalités et les troubles de l'attachement précoce et sur l'entrée dans la parentalité, cette démarche décentrée peut aider à mieux agir sur le présent.

  • Au cours de l'histoire européenne, trois grands intervenants vont se préoccuper de l'hébergement des fous : le pouvoir politique et judiciaire, le clergé, la médecine. De la bienveillante indifférence du Moyen âge pour les malades mentaux à la répression féroce des siècles qui ont suivi, de Pinel qui les libère à Hitler qui les gaze, de l'enfermement dans les asiles à l'ouverture sur la cité, autorisée par la découverte des psychotropes, Claude Meyers nous conte l'évolution de l'attitude de la société européenne envers ses fous, en nous guidant à travers les lieux où ils ont été maintenus ou accueillis. Que la connaissance des erreurs du passé évite les pires bévues aux décideurs de demain, qu'ils soient politiques, juges ou médecins, tel est au final l'objectif de ce livre.
    Claude Meyers, neuropsychiatre, expert auprès de l'OMS, chef de service, fondateur de la psychiatrie dans les hôpitaux du Sud-Luxembourg belge, président fondateur des Habitations protégées.

  • Parler d'un bébé sapiens marque une double (r)évolution. D'une part, le bébé ne peut plus être considéré comme un infans, être passif, sans langage et sans pensée, tel qu'il apparaît dans les représentations du passé des historiens. Et d'autre part, envisager le bébé acteur de son propre développement nous place à l'aube d'une ère nouvelle où sont sollicitées tout autrement les responsabilités personnelles et collectives vis-à-vis de cet individu désormais reconnu dans sa valeur et ses incroyables compétences qui vont jusqu'aux racines du sens moral.

    De l'embryogénèse cérébrale du foetus et du nourrisson à la position sociale de l'enfant dans les familles contemporaines d'ici ou d'ailleurs, la théorie de l'évolution revisitée par les neurosciences soulève aujourd'hui des interactions d'une infinie complexité entre patrimoine génétique et milieu extérieur, entre phénotype et génotype.

    Comment intégrer ces nouvelles données dans nos pratiques cliniques médicales et psychologiques mais aussi pédagogiques, juridiques ou plus largement dans nos politiques de santé et de santé mentale ? Comment protéger ce développement, en particulier des perturbateurs endocriniens et des effets de la précarité ? Enfin comment mieux aborder le renouvellement de nos modèles familiaux et sociaux et leur impact sur le futur des bébés ?  Nous sommes en situation de défi : redéfinir notre rapport aux origines et mettre en oeuvre notre sagesse et notre raison afin que les bébés sapiens d'aujourd'hui deviennent des Homo sapiens sapiens de demain dignes et libres.

    Cet ouvrage est issu du séminaire éponyme organisé par l'ARIP, tenu au Centre cuturel international de Cerisy-la-Salle, du 11 au 18 septembre 2015.

  • Alors que l'actualité a révélé au grand jour des scandales médicamenteux, le docteur Bernard Dalbergue brise la loi du silence.
    Cet ancien cadre qui a travaillé pour plusieurs laboratoires pharmaceutiques dévoile une des causes de ces drames : le soutien d'experts médicaux rémunérés peut biaiser la politique de santé. Un secret de famille souvent tu. Le jour où il a refusé de jouer le jeu, la carrière du docteur Dalbergue s'est arrêtée net.
    Son témoignage, sincère et percutant, dresse un constat terrible : obnubilée par un marketing débridé, surfant sur les failles du système de sécurité du médicament, l'industrie perd parfois de vue sa mission principale, soigner.
    La journaliste Anne-Laure Barret étoffe ce récit d'une enquête où elle revisite le scandale oublié du Vioxx et montre comment le vaccin Gardasil a été recommandé à la population contre l'avis de nombreux spécialistes.

  • L'errance dans la rue et ses prolongements (les accueils d'urgence et de stabilisation) sont-ils un nouveau paradigme de l'anormalité ? La souffrance psychique quitte sa dimension humaine pour être l'objet d'une traque biopolitique, qui, mobilisant professionnels de différents champs du social et du sanitaire, entraine la multiplication des dispositifs médico-administratifs à l'économie gestionnaire. Cet ouvrage tente de porter un regard positif sur le prendre soin collectif, l'écoute de la précarité et l'élaboration de voies de sortie de la rue qui ne sauraient être seulement psychiatriques. Au maintien et à l'extension de rapports de domination généralisés, en particulier les violences faites aux femmes, il oppose des pratiques cliniques qui reconnaissent les sujets humains en situation d'exclusion et de précarité comme créateurs et non uniquement victimes de leur destin. L'auteur interroge les rapports entre trauma et souffrance psychique, la place du soin psychiatrique dans cette question sociale, les impasses du paravent humanitaire et des politiques de santé mentale et de logement social face aux situations d'exclusion, mais aussi les pratiques juridiques et législatives d'inscription dans la précarité. Il s'agit là pour lui d'un enjeu historique, considéré comme utopie concrète , d'une société véritablement démocratique.

    Jean-Pierre Martin est psychiatre de service public, chef de service d'un secteur du centre de Paris.

  • La psychiatrie est-elle en voie de disparition ? La psychiatrie de secteur annoncée comme une logique de soin visant l'intégration à la communauté a-t-elle vraiment commencé ?
    Jean-Pierre Martin en a exploré les possibilités. Il associe une démarche de réhabilitation psychosociale du sujet, de refus des juridictions d'enfermement et de relégation. A l'interface du sanitaire et du social, la création d'un centre d'accueil et de crise lui a permis d'expérimenter de nouvelles approches cliniques ainsi que des pratiques d'intégration dans des réseaux de proximité centrés sur les patients. Celles-ci sont sous-tendues par une éthique du sujet comme personne sociale, qui rend obsolète le vieil amalgame : obligation de soin et dangerosité sociale.
    Aujourd'hui ces pratiques sont remises en cause par le paradigme économique, les dotations budgétaires restrictives ; les théories biocomportementales et urgentistes viennent étayer l'évaluation de ce nouvel ordre médico-gestionnaire, réduisant toute politique de santé mentale à une épidémiologie normative.
    Cet ouvrage milite pour ces pratiques menacées, il soutient avec force et enthousiasme l'intégration de la politique de santé mentale dans celle de la ville, le sujet citoyen et la communauté devant être des acteurs à part entière.

  • En juin 2003, 2000 professionnels de la psychiatrie, tous représentants syndicaux et associatifs, se sont regroupés lors des états généraux de la psychiatrie. L'objectif : réaliser le front uni des soignants face au démantèlement de la psychiatrie, témoigner de la gravité de la situation.Trois ans après, la menace d'une catastrophe sanitaire majeure s'approche : un sursaut éthique est indispensable. La psychiatrie, discipline intrinsèquement reliée au contexte sociopolitique, convoque ses acteurs à un engagement militant plus que jamais nécessaire pour continuer à faire oeuvre collective d'humanité.
    Hervé Bokobza, psychiatre privé (Montpellier), président des états généraux de la psychiatrie.

  • Comment l'idéologie économique dominante fait-elle pour s'emparer des esprits ? L'évolution comportementaliste et scientiste (neurobiologique et génétique) de la psychiatrie contemporaine, répond aux intérêts du néolibéralisme. Elle autorise ainsi une dérive gestionnaire et sécuritaire visant à renforcer la conformité de chacun et de tous aux normes dominantes. Cette instrumentalisation de la psychiatrie par le sarkozisme, au mépris de la santé mentale, légitime la sélection eugénique des individus les plus performants , aptes à s'adapter aux impératifs insensés de la croissance de l'économie de marché et de consommation.

    Olivier Labouret est médecin-psychiatre à Auch (32). Il est vice-président de l'Union syndicale de la psychiatrie, membre de la commission santé nationale des Verts et secrétaire d'Attac (comité local du Gers)

  • Jean Ayme, psychiatre des hôpitaux, psychanalyste, a longtemps exercé des responsabilités au sein du syndicat des psychiatres des hôpitaux. Il nous propose, dans cet ouvrage, le fruit d`un travail important qui, à travers l'étude de la collection complète de l'1nformation psychiatrique et de son supplément syndical, constitue sa contribution à l'histoire de la psychiatrie.

    De la chute du nazisme à celle du mur de Berlin, il nous rappelle, à travers les mille et un événements qui ont marqué sa profession, que le sort des psychiatres est indissolublement lié à celui des malades mentaux. Le syndicat des psychiatres des hôpitaux, tout au long de ses cinquante ans d'existence, défendra inlassablement et l'un et l'autre, en militant pour
    conserver la spécificité de la psychiatrie en tant que médecine de la personne, oeuvrant dans le champ social.

    Ainsi, dans cet ouvrage où se croisent les nombreuses personnalités - Georges Daumézon, Henri Ey, Paul Sivadon, François Tosquelles, Roger Gentis, Lucien Bonnafé et bien d'autres - qui ont participé à l'édification du statut de psychiatre et à la construction de ce qui est aujourd'hui la psychiatrie de service public (de la réforme asilaire à la psychiatrie de
    secteur), nous retrouvons :
    - l'histoire des progrès accomplis sur les plans sémiologique, nosographique, étiologique, thérapeutique, assurant une meilleure compréhension dela maladie mentale et des conduites à tenir ;
    - l'histoire d'un combat pour la défense individuelle et collective, l'obtention de meilleures conditions de salaire et de travail qui, en exigeant des moyens juridiques ou financiers, ont assis une profession ;
    - l'histoire des rapports des psychiatres et de l'Etat, notamment par l'intermédiaire des trente ministres de la Santé qui se sont succédé au cours des deux républiques.

    Il s'agit là d'un ouvrage unique qui devrait passionner tous les psychiatres publics et privés ainsi que les professionnels qui oeuvrent dans le secteur de la maladie mentale.

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