• La vague

    Todd Strasser

    L'Histoire est un éternel recommencement. L'histoire vraie d'une expérience inouïe tentée en 1969 dans un lycée californien.
    Pour faire comprendre les mécanismes du nazisme à ses élèves, Ben Ross, professeur d'Histoire, crée un mouvement expérimental au slogan fort : " La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l'Action. " En l'espace de quelques jours, l'atmosphère du paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire : avec une docilité effrayante, les élèves abandonnent leur libre arbitre pour répondre aux ordres de leur nouveau leader. Quel choc pourra être assez violent pour réveiller leurs consciences et mettre fin à la démonstration ? " Ce best-seller, qui est devenu un manuel d'Histoire en Allemagne et un film, souligne qu'il est facile de se transformer en petit fasciste du jour au lendemain. " Philippe Vallet - France Info

  • Les maîtres de la manipulation : un siècle de persuasion de masse Nouv.

    On les appelle spin doctors, genies du faire croire, persuadeurs clandestins ou ingenieurs des ames. Publicitaires, communicants, cinéastes ou propagandistes politiques, ces hommes ont en commun d'etre passes maitres dans l'art de la manipulation de masse.

    Ils bouleversent les regles du jeu politique, font et defont des elections, fabriquent le consentement, défendent les intérêts d'industries polluantes, influencent a leur insu le comportement de millions d'individus. Souvent meconnus, agissant pour la plupart dans l'ombre, ils concoivent et deploient leurs techniques de persuasion en tirant profit des progres constants des sciences et des techniques.

    Spécialiste de l'histoire de la propagande contemporaine, David Colon propose une approche inédite de l'art de la persuasion : il réunit, pour la première fois dans un même livre, les portraits de vingt des plus grands maîtres de la manipulation des XXe et XXIe siècles. De Goebbels a Walt Disney, de Lin Biao a Mark Zuckerberg, Richard Thaler ou Steve Bannon, l'auteur nous raconte l'invention de la propagande de guerre, du lobbying, du nudge ou de la publicité microciblee.

  • De 1941 à 1943, Orwell fut engagé par le service indien de la BBC destiné à porter une bonne parole culturelle et politique aux sujets du bon roi George VI du sous-continent asiatique. Esprit libre entre tous, Orwell se passionna rapidement pour sa tâche. Du côté culturel, il s'attacha à faire mieux connaître des auteurs comme Jack London, Jonathan Swift, Bernard Shaw, Shakespeare ou Oscar Wilde. Il improvisa des dialogues autour d'oeuvres d'Anatole France et H.G. Wells. Du côté politique, il tint une chronique hebdomadaire commentant la situation militaire sur le front de l'Est. Cette expérience lui fit prendre conscience de l'importance de la propagande dans le monde contemporain. Elle est directement à l'origine des deux chefs-d'oeuvre qu'il écrivit ensuite : La ferme des animaux et 1984. À travers ces écrits de circonstance, on retrouve le génie d'Orwell à l'état originel.

  • Red pill

    Hari Kunzru

    Un écrivain américain se rend en résidence dans une prestigieuse institution artistique de la banlieue de Berlin où il croit pouvoir se consacrer sereinement à l'écriture. Mais très vite, une angoisse sourde s'empare de lui : dans ce centre où la transparence est le maître mot, son esprit vacille, d'autant plus qu'il se met à regarder Blue Lives, une série policière ultra-violente qui l'obsède de plus en plus...
    Le jour où il rencontre Anton, le créateur de Blue Lives, il découvre sur quelle idéologie elle se fonde et le but recherché par cet homme énigmatique : imprégner ses spectateurs d'une vision du monde d'extrême-droite...Ou bien le narrateur est-il simplement paranoïaque ?

    Hari Kunzru a enfermé dans Red Pill tous les cauchemars de notre époque où la propagande et l'inversion des valeurs sont reines. Où la vérité, même, n'existe plus. C'est un grand roman politique par un auteur au sommet de son art.

  • En 1963, l'auteur se rend en Chine, d'abord par jeu puis pour suivre des études. Il ignore tout de ce que le pays vient de traverser. Et heureusement, dit-il. Sans cela, il n'aurait pas persévéré dans cette voie. Ses entrevues avec Wen, jeune femme médecin dont il s'éprend, doivent demeurer furtives. Entretenir une relation avec un étranger ne va pas sans danger. Une seule possibilité s'offre à eux : le mariage. Or, pour cela, Wen doit obtenir l'autorisation de la direction de son hôpital, soit du responsable du Parti. Au-delà des obstacles auxquels se heurtent les deux amants, ce récit saisissant et authentique est aussi un roman d'apprentissage. L'auteur devine peu à peu une réalité sociale et politique censée rester cachée, tandis que sa compagne découvre le passé de sa propre famille.

    Reconnu comme un éminent sinologue, Jean François Billeter a su toucher un vaste public sans rien abandonner de sa rigueur et de son exigence intellectuelle. Les éditions Allia ont publié Chine trois fois muette, Leçons sur Tchouang-tseu, Études sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Notes sur Tchouang-tseu et la philosophie, Essai sur l'art chinois de l'écriture et ses fondements, Un paradigme, Lichtenberg et Trois essais sur la traduction, enfin Esquisses.

  • En mai 1941, Annemarie Schwarzenbach embarque à Lisbonne pour Brazzaville, désormais la capitale de la France libre, dans l'espoir de rallier la Résistance. Mais au Congo, la guerre de propagande fait rage entre Vichy et les forces de la libertéAnnemarie, suspectée d'être un agent nazi, n'échappe pas à la censure.

    Les Forces de liberté regroupe des textes écrits par Schwarzenbach durant les neuf mois et demi que dure son voyage en Afrique. Pour la plupart inédits en français, ces reportages, récits et poèmes questionnent le rapport du journalisme à la vérité et donnent à lire la réalité méconnue du continent africain durant la Seconde Guerre. Ils offrent aussi à l'écrivain des moments de grâce, de plénitude, la description de contacts miraculeux avec le fleuve, la jungle ou la brousse.

    Journaliste de génie, écrivain, archéologue, Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) fut une femme libre, grande voyageuse. Ses reportages la menèrent sur les routes du monde, d'Istanbul à Persépolis, de l'Europe centrale à New York, de Lisbonne à Brazzaville, de Madrid à Tanger. Les grands lointains l'attiraient irrésistiblement, mais elle ne perdait jamais de vue le dramatique combat du moment en Europe, la lutte contre le nazisme.

  • En quête d'une nouvelle provocation, Céline cherche par tous les moyens à attiser la haine. Il croise Paul Morand, qui lui tient des propos antisémites. "Voilà enfin mon sujet !" s'écrie Céline. Il fait part au chef de presse de la Gestapo de son projet de livre. Celui-ci le conseille sur la manière de servir la propagande antisémite. "Un bon nazi ne cherche pas de références, il les invente."

    Kaminski emploie l'arme la plus redoutable de l'écrivain : la satire. En hissant Céline en personnage de fiction, cruel, imbu de lui-même, sombre et délirant, il met à jour les techniques de falsification propres à la propagande nazie. Réaction à chaud et virulente, cette dénonciation avait valeur d'avertissement. Hélas, à la lumière de ce qui a suivi, elle fut prémonitoire.

    Juif allemand né en 1899, H.-E. Kaminski s'engage en 1917 dans la Luftwaffe. En 1922, il soutient sa thèse en sciences économiques puis publie en 1925 un ouvrage sur le fascisme italien. Il quitte rapidement Berlin pour Paris en 1933. Un voyage en Espagne en 1936 aboutit à Ceux de Barcelone (rééd. Allia 1986, 2003), suivi en 1938 par Bakounine, la vie d'un révolutionnaire et Céline en chemise brune. Après l'invasion allemande, il gagne Lisbonne puis l'Argentine, où il meurt vers 1960.

  • Dans ce texte fulgurant, Friederich rétablit les origines de la doctrine transhumaniste au sein de l'histoire des idées, afin de désamorcer la "coupure historique" que celle-ci tente d'initier. Ce faisant, il dénonce cette idéologie nouvelle qui tente d'améliorer grâce aux sciences la condition humaine mais ne fait que relever à ses yeux d'une profonde inhumanité. Il débusque notamment les procédés invisibles auxquels les "technoprophètes", comme il les qualifie, ont recours pour parvenir à leur fin. Sa critique se double par conséquent d'une dénonciation du capitalisme, dont le transhumanisme est entièrement tributaire. En s'attachant au corps seul, en niant l'esprit, le transhumanisme apparaît comme une dégénérescence du projet philosophique d'émancipation de l'homme.

    Alexandre Friederich a vécu vingt ans à l'étranger avant d'entreprendre des études de philosophie à l'université de Genève. Colleur d'affiches et cycliste, il vit actuellement entre Fribourg, l'Italie, l'Espagne et Mexico. Il a publié aux éditions Allia easyJet en 2014 puis Fordetroiten 2015.

  • Ce réquisitoire balaie d'un revers de main la démocratie telle qu'elle a cours. Et, ose-t-on ajouter, telle qu'elle a encore cours. Son argumentation repose sur des réflexions philosophiques qui traitent de l'organisation idéale de la collectivité en démocratie, notamment le Contrat social de Rousseau. La raison seule est garante de la justice, et non les passions, nécessairement marquées par l'individualité. Or, les partis, puisqu'ils divisent, sont animés par les passions en même temps qu'ils en fabriquent. Pour Weil, un parti comporte potentiellement, dans sa lutte pour le pouvoir, un caractère totalitaire. Ils défendent leurs intérêts propres au détriment du bien public. Il faut se garder comme de la lèpre de ce mal qui ronge les milieux politiques mais aussi la pensée tout entière. Contre les passions collectives, elle brandit l'arme de la raison individuelle.
    Rédigé en 1943, ce texte propose un système fondé sur l'affinité et la collaboration de tous, un hymne à la liberté individuelle capable de s'exprimer dans le cadre d'une collectivité.

  • Exilé à New York pendant la Seconde Guerre mondiale, Alexandre Koyré a publié en 1943 ces réflexions sur la place du mensonge dans les sociétés totalitaires. Le fonctionnement de ces régimes d'un type nouveau repose d'après lui sur la transformation de la vérité. Le jugement moral porté sur le mensonge dans la vie quotidienne, ou sur les plans religieux et philosophique, se trouve remis en cause en période de guerre. Le mensonge devient une arme nécessaire pour vaincre l'ennemi, voire une obligation. Or, c'est bien un climat de guerre que les régimes totalitaires instaurent constamment. Ces régimes fonctionnent comme des sociétés secrètes, pour la survie desquelles le mensonge est indispensable. À la seule différence qu'ils le pratiquent "en plein jour", en plantant une barrière entre la classe gouvernante et la "masse" qu'ils entendent diriger et asservir.

  • "Je suis américain de naissance, nazi de réputation et apatride par inclination." Ainsi s'ouvrent les confessions de Howard W. Campbell Jr. qui attend d'être jugé pour crimes de guerre dans une cellule de Jérusalem. Ce dramaturge exilé en Allemagne est connu pour avoir été le propagandiste de radio le plus zélé du régime nazi. Mais il clame aujourd'hui son innocence et prétend n'avoir été qu'un agent infiltré au service des Alliés. Il lui reste désormais peu de temps pour se disculper et sauver sa peau.

  • La description que donne Kraus du rapport très spécial que l'innocent persécuteur entretient avec le mensonge correspond si exactement au chef de la démocratie la plus puissante du monde qu'elle pourrait presque sembler faite par anticipation pour lui. Lui aussi a compris mieux que personne que la meilleure façon de mentir est d'accuser les autres d'être ceux qui le font, et de le faire en particulier quand ils disent la vérité à son sujet. C'est donc le menteur - que le fait de ne tenir, pour sa part, aucun compte de la vérité ne gêne pas le moins du monde, mais qui sait qu'il peut être important pour ses adversaires de ne pas risquer d'en être soupçonné - qui accuse les autres d'inventer et de diffuser des fake news.« On n'arrive pas à croire à quel point on doit tromper un peuple pour le gouverner », écrivait Adolf Hitler dans une des premières versions - amendée par la suite - de Mein Kampf. Alors qu'aujourd'hui le contexte international offre régulièrement la tentation d'établir des parallèles avec les années 1930, le philosophe Jacques Bouveresse revient aux écrits du fervent opposant autrichien au nazisme Karl Kraus pour le confronter à la période actuelle. Une propagande fondée sur l'émotion et la destruction de l'intellect, consistant à augmenter la tolérance du peuple au mensonge et à la brutalité, à accuser ses adversaires des atrocités qu'on commet soi-même et à faire croire ses électeurs à une revanche sociale qui n'est en réalité rien d'autre qu'une destruction de la démocratie : voilà qui n'est pas sans résonances avec le comportement de certains dirigeants actuels, que ce livre éclaire différemment.

    Né dans le Doubs en 1940, Jacques Bouveresse est un philosophe rationaliste dont les principales influences sont Ludwig Wittgenstein, le cercle de Vienne et la philosophie analytique. Élu au Collège de France en 1995, il en est professeur honoraire depuis 2010. Ses domaines d'étude sont la philosophie de la connaissance, des sciences, des mathématiques, de la logique et du langage ; il s'intéresse également à des auteurs comme Robert Musil et Karl Kraus.

  • « Il y a assurément deux façons d[e] parler [du terrorisme], car le terrorisme n'est pas considéré comme tel lorsqu'il est pratiqué (et sous une forme nettement plus meurtrière) par ceux qui, de par leur pouvoir, sont parés de vertu. »

    Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le colonialisme et le néocolonialisme occidentaux ont causé la mort de 50 à 55 millions de personnes, le plus souvent au nom de nobles idéaux comme la liberté et la démocratie. Pourtant, l'Occident parvient à s'en tirer en toute impunité et à entretenir, aux yeux du reste du monde, le mythe voulant qu'il soit investi de quelque mission morale. Comment y arrive-t-il?

    Dans ce livre d'entretiens, Noam Chomsky et Andre Vltchek démontent la puissance de cet appareil de propagande qui permet à l'Occident de dissimuler ses crimes et le rôle véritable qu'il joue dans le reste du monde. S'ouvrant sur l'histoire du kiosque à journaux de New York où le jeune Chomsky a commencé à faire son éducation politique, leur discussion s'élargit progressivement sur des sujets tels que les bombes nucléaires larguées sur Hiroshima et Nagasaki, la guerre froide, les mésaventures étatsuniennes en Amérique latine (Salvador, Nicaragua, Guatemala, Chili, Cuba), l'Inde et la Chine, l'intervention de l'OTAN en ex-Yougoslavie, les attentats du 11-Septembre, l'invasion militaire de l'Irak, le Printemps arabe, le fiasco de la Lybie et de la Syrie, ainsi que la guerre des drones.

    À travers ce survol, les auteurs critiquent de façon magistrale l'héritage funeste du colonialisme et l'exploitation éhontée des ressources naturelles de la planète exercée par l'Occident. Ce livre d'entretiens est augmenté de deux articles qu'ils ont publiés dans la foulée de l'attaque contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, à Paris, en janvier 2015, dénonçant l'hypocrisie occidentale vis à vis d'un terrorisme qu'il a largement contribué à développer.

  • Daech filme la mort de ceux qu'il torture. Filmer la mort?? Daech le fait en recourant de manière systématique aux effets visuels les plus spectaculaires, imités des films d'action hollywoodiens. Mieux encore?: Daech dispose d'un studio de production et maîtrise parfaitement toutes les techniques numériques. Ses films, censurés ou non, sont diffusés en permanence sur la planète entière. L'«?ennemi de l'Occident?» utilise les moyens et reprend les formes employés en Occident, et par là, il se tient au plus près de nous. Non seulement Daech achète et vend, exploite, spécule et asservit, mais, allant plus loin que nous, il réalise l'alliance macabre et contre nature du cinéma et de la mort. J'ai voulu comprendre cette extravagance propre à notre temps.

  • En croisant les archives de l'INA et du Quai d'Orsay, La Révolution cubaine vue par la lucarne gaulliste (1959-1969) permet de revenir sur les relations franco-cubaines au cours de la présidence de Charles de Gaulle et de la première décennie castriste. Il porte également un regard inédit sur la télévision gaulliste, nouveau vecteur de connaissance pour les Français mais également outil de propagande pour le pouvoir qui la mit largement à profit afin de servir ses intérêts. Contre toute attente, la Révolution cubaine fut bien un moyen pour le général d'imposer ses choix en matière de politique intérieure et extérieure, avec l'aide des instances de contrôle de l'information chargées d'en préserver le plus possible les téléspectateurs de son contenu subversif.
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    Docteur en histoire contemporaine, professeur de culture générale et de techniques rédactionnelles pour à l'université catholique de Lille. En 2017, il a publié un premier essai intitulé Ernesto « Che » Guevara - La fabrique française d'un mythe (1957-1967).

  • L'outrage aux mots

    Bernard Noël

    Ce deuxième tome des OEuvres de Bernard Noël comprend ses principaux écrits politiques dispersés au gré de publications éphémères ou de livres épuisés. On y découvre une pensée proprement révolutionnaire, radicale, et qui trouve une part de ses origines dans une analyse extrêmement fouillée de l'histoire de la Commune de Paris, de l'espoir qu'elle souleva et qui semble n'être pas tout à fait retombé, même aujourd'hui. L'autre origine de la pensée politique de Bernard Noël se situe dans la langue proprement dite, dans une analyse de plus en plus fine de la violence infligée à la langue par l'emploi qu'en ont fait de tout temps ceux qui, aux yeux de l'auteur, ont confisqué le pouvoir à leur profit en privant le peuple de ses droits élémentaires. Plus loin encore, il y a ce que Bernard Noël appelle 'la sensure', c'est-à-dire la privation de sens, qu'elle s'opère par le détournement du sens des mots ou par son brouillage (communication, télévision, etc.). Mais quand il théorise l'oppression, Bernard Noël ne cesse jamais d'être un écrivain. C'est ce qui confère à cet imposant volume où se côtoient les genres les plus divers, du poème au théâtre, du pamphlet à la fiction, son autorité, son évidence et sa beauté.

  • Best-seller international, le petit livre rouge a été imprimé
    à plus d'un milliard d'exemplaires. Ce recueil de citations
    de Mao est rapidement devenu le manifeste de la Révolution
    culturelle et un objet de culte aussi bien en Chine que pour les
    maoïstes occidentaux.
    Apparu en 1964, les Citations du président Mao Tsé-toung,
    bréviaire inspiré des discours ou des oeuvres du fondateur de la
    République populaire, est d'abord conçu comme un outil d'éducation
    politique pour l'armée, puis devient l'« arme spirituelle » des gardes
    rouges et le manuel de vie de 700 millions de Chinois. En Europe, il
    séduit une partie des intellectuels, les « maos » français de Mai 68,
    qui le rebaptisent « petit livre rouge » et en font le talisman de leur
    propre « révolution », ignorants les atrocités commises par le régime
    chinois.
    Cinquante ans après le début de la Grande Révolution culturelle
    prolétarienne et quarante ans après la mort de Mao Zedong, la journaliste
    Pascale Nivelle raconte l'épopée de cette petite bible en vinyle
    rouge vif qui a été, de Pékin à Paris, le coeur d'une immense et folle
    passion collective.

  • Quand un fils de dictateur, chef de la propagande et fou de cinéma, rêve de faire un blockbuster, mieux vaut ne pas être de la distribution.
    Shin et Choi l'ont appris à leurs dépens. Kidnappés par Kim Jong-il en 1978, le célèbre réalisateur sud-coréen et son actrice vedette n'ont dû leur survie qu'à leur obéissance aveugle au Cher Dirigeant.
    Leur mission : faire de la Corée du Nord une grande nation du cinéma. Leurs moyens : illimités. Leur salaire : la peur. Leur espoir : la fuite. Leur hantise : la mort.
    Dans ce thriller grinçant, où le spectacle de l'arbitraire provoque autant le rire que l'effroi, tout paraît invrai¬semblable - et pourtant tout est vrai.

  • En 1936 paraît à Paris le Retour d'URSS d'André Gide. La controverse retentissantedéclenchée par l'ouvrage fait émerger l'une des énigmes de lavie politique et culturelle française au xxe siècle : la mode des voyages enUnion soviétique. Des années 1920 aux années 1980, cédant pour la plupart àla fascination pour la révolution d'Octobre, souhaitant pour d'autres prouverl'échec des Soviets, écrivains, journalistes, artistes mais aussi architectes,instituteurs ou étudiants font le " pèlerinage à Moscou ". Henri Barbusse,Romain Rolland, André Malraux, Louis Aragon, André Gide, Jean Renoir, JeanEffel... contribuent à bâtir un mythe politique et littéraire. Vingt ans après la disparition de l'URSS, les archives parlent et permettentd'entrer enfin au coeur de la fabrication de l'utopie communiste. Commentl'administration et les dirigeants soviétiques préparaient-ils les voyages ? Comment fonctionnait le fameux " Intourist " ? Comment les voyageurs étaient-ils accueillis, guidés, incités à écrire au retour un récit le plus favorablepossible ? Quel fut le destin, parfois tragique, de leurs accompagnateurs ? Desrapports des interprètes aux menus des dîners officiels, des instructions desambassadeurs aux souhaits des visiteurs, ces documents inédits permettentde mieux comprendre les logiques et les ambiguïtés de l'engagement des intellectuelsface au modèle soviétique et au communisme. En 1936 paraît à Paris le Retour d'URSS d'André Gide. La controverse retentissantedéclenchée par l'ouvrage fait émerger l'une des énigmes de lavie politique et culturelle française au xxe siècle : la mode des voyages enUnion soviétique. Des années 1920 aux années 1980, cédant pour la plupart àla fascination pour la révolution d'Octobre, souhaitant pour d'autres prouverl'échec des Soviets, écrivains, journalistes, artistes mais aussi architectes,instituteurs ou étudiants font le " pèlerinage à Moscou ". Henri Barbusse,Romain Rolland, André Malraux, Louis Aragon, André Gide, Jean Renoir, JeanEffel... contribuent à bâtir un mythe politique et littéraire. Vingt ans après la disparition de l'URSS, les archives parlent et permettentd'entrer enfin au coeur de la fabrication de l'utopie communiste. Commentl'administration et les dirigeants soviétiques préparaient-ils les voyages ? Comment fonctionnait le fameux " Intourist " ? Comment les voyageurs étaient-ils accueillis, guidés, incités à écrire au retour un récit le plus favorablepossible ? Quel fut le destin, parfois tragique, de leurs accompagnateurs ? Desrapports des interprètes aux menus des dîners officiels, des instructions desambassadeurs aux souhaits des visiteurs, ces documents inédits permettentde mieux comprendre les logiques et les ambiguïtés de l'engagement des intellectuelsface au modèle soviétique et au communisme.

  • Se baigner dans la Seine, réduire la fracture sociale, combattre la finance : que n'a-t?on promis aux Français ? Certes, « les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent », selon une cynique maxime qui a gravement discrédité la politique. Pourtant, imagine-t?on un candidat qui annoncerait que la situation actuelle le satisfait, que le pays ne va pas si mal et qu'il s'engage à ne rien changer ? Même les plus conservateurs emploient volontiers le langage de la réforme ou de la révolution, s'efforçant de susciter l'adhésion en soulevant de folles espérances. Mais l'électeur est-il dupe ?
    Depuis l'institution du suffrage universel en 1848, des milliers de tracts et de professions de foi ont été diffusés par les candidats eux-mêmes. En les réunissant, Bruno Fuligni nous entraîne, entre utopie et démagogie, à la découverte des rêves et espoirs des Français.






  • Extrait
    Prologue
    Hello everybody !
    « Encore un ? »
    Le coordinateur de Médecins Sans Frontières sortit du baraquement et examina ses bottes. Je hochai la tête et sentis qu'il fallait que je fasse quelque chose, vite. Sans quoi, au prochain baraquement, je ne pourrais empêcher mes larmes de dégouliner sur mes joues blanches, et ça, je ne le voulais à aucun prix.
    C'était un jour pluvieux de septembre et j'errais à Wau, un village du Sud-Soudan, une région qui dans les journaux était décrite depuis vingt ans comme « ravagée par la famine » ou « déchirée par la guerre civile ». Quelque part de l'autre côté de la rivière se trouvaient les rebelles. De notre côté, Médecins Sans Frontières avait aménagé un camp pour les « réfugiés affamés ». Un cessez-le-feu régnait, quoique précaire.
    « Tu es sûr que tu veux le voir ? », m'avait demandé un collègue expérimenté, à Khartoum, la capitale. « D'une façon ou d'une autre, les camps de la faim, ça te bouscule le disque dur. »
    Un autre m'avait conseillé de me mettre sur « pilote automatique » :
    « Demande-toi uniquement : cela peut-il servir ou non à mon reportage ? »
    Ce que le coordinateur de Médecins Sans Frontières venait de me montrer dans les deux premiers baraquements était parfait pour mon article. Cela correspondait exactement aux spots de Novib au journal télévisé : des petits ventres d'enfants dont je savais depuis mes primaires que c'est la faim qui les fait gon?er, des os saillants sous la peau, comme des piquets sous une toile de tente à moitié couchée par le vent, des bambins si décharnés que leurs mères doivent sans cesse leur soutenir la tête pour que leur nuque ne se brise pas. Excellent pour mon article.
    Le coordinateur et moi passâmes près d'un poster. Au-dessus d'un dessin représentant des soldats en train de piller des civils impuissants, on pouvait lire : « Ne vous battez pas contre la population civile ». Le village où se trouvait le camp était fermé. Au café La Pureté Islamique, au lycée Pape Jean-Paul, à l'épicerie Nazareth, au Bureau d'Enregistrement des Paroles d'Honneur et des Promesses, les volets étaient baissés, les portes obstruées de planches clouées et des réfugiés étaient assis dans les vérandas. On trouvait de tout à cet endroit : réfugiés, villageois, croyants au Christ ou en Allah, aux esprits ou aux dieux des arbres.
    Nous louvoyâmes entre ?aques et détritus vers le troisième baraquement. Là aussi se trouvaient cinquante personnes au regard vide, se protégeant de la pluie, pleurant leurs morts, attendant la prochaine distribution alimentaire. Elles avaient l'air de ne pas me voir, comme si quelqu'un avait éteint la lumière dans leurs yeux. Je notai « éteint » dans mon carnet.
    Nous arrivâmes. Dans les premiers baraquements, je m'étais composé un visage sérieux et m'étais légèrement incliné pour me donner une contenance et dominer mes larmes, mais là, dans un ré?exe, je levai la main, grimaçai un sourire et lançai : « Hello everybody ! »
    Le déclic. La lumière se fit soudain. Des petites filles se mirent à rire, un petit vieux se déplaça et des enfants tentèrent d'attirer l'attention de leur mère, l'air de dire : « Regarde maman ». Un bambin d'un an ou deux ans se libéra de sa soeur, agrippa mes genoux de ses menottes et tomba à la renverse. Les mères portant des gamins faméliques furent prises de fous-rires et saluèrent en agitant leur main libre.
    Voilà comment débuta, en 1998, ma carrière de correspondant au Moyen-Orient. Cinq passionnantes années plus tard, c'était terminé. Pendant que mes effets personnels étaient acheminés vers les Pays-Bas dans un conteneur, je fis une petite tournée d'adieu de mes « contacts », ces personnes à qui je devais un visa, un mot d'introduction personnel ou d'autres services. Le dernier sur ma liste était un ambassadeur arabe. Nous prîmes le thé dans son imposante maison à La Haye et je fis une dernière fois mon petit numéro de « je parle arabe, écoutez voir ».
    L'ambassadeur se dit surpris du moment choisi pour cesser mes fonctions, à l'heure où les Américains marchaient sur Bagdad. Je lui expliquai que j'avais voulu arrêter plus tôt, mais qu'à cause de la guerre, j'avais prolongé de quelques mois. Un assistant entra dans la pièce, chuchota quelque chose à l'oreille de l'ambassadeur et brancha la télévision sur CNN. Nous vîmes comment, sur la place Fardous (place du Paradis), on abattait la statue colossale de Saddam Hussein. Des Irakiens criaient leur joie devant la caméra et frappaient la statue avec des chaussures. « Thank you mister Bush ! »
    Solennel, le présentateur parla d'« un moment historique ». C'était la fin de la guerre, le cauchemar Saddam était passé, « Bagdad fête la libération ». L'événement ferait également la une des journaux néerlandais le lendemain. L'ambassadeur passa sur Al Jazeera. Cette chaîne arabe consacrait également un reportage à la place Fardous, mais au montage, l'accent avait été mis ailleurs. Nous vîmes, sur la même place, des soldats américains jeter triomphalement un drapeau américain sur la statue de Saddam. Nous vîmes ensuite des conciliabules animés puis des soldats américains retirant le drapeau en toute hâte. Al Jazeera montra ensuite les Irakiens en liesse de CNN, mais filmés de loin, de sorte qu'on pouvait voir qu'ils étaient en réalité peu nombreux sur la place et que la plupart observaient la scène à distance. 
    Je pris congé de l'ambassadeur et, lors des mois qui suivirent, je fis ce que fait tout bon correspondant de retour au pays : je tentai d'écrire un livre sur l'état des choses dans ma zone de couverture. Je m'enlisai presque immédiatement. Je voyais de temps à autre, dans les journaux ou à la télévision, quelqu'un prétendre que le fondamentalisme est comme-ci ou comme-ça, et que la paix règnerait au Moyen-Orient « si seulement Israël se retirait des territoires occupés », ou « si les Américains cessaient de soutenir les dictateurs ». Je me disais qu'il y avait de bons arguments pour défendre un tel point de vue, mais également pour plaider le contraire. Je n'en sortais pas, et c'est pourquoi le livre ne décollait pas.
    Je repensai alors à ma seconde semaine en tant que correspondant.
    Je venais à peine de rentrer du Soudan et attendais un tampon au ministère de l'Information, au Caire. Le temps passait et j'engageai la conversation avec un collègue qui patientait également. Un vrai vétéran. Cinq minutes ne s'étaient pas écoulées qu'il me racontait, de sa voix de buveur de whisky, la mort de son meilleur ami lors de la guerre Iran-Irak, et « l'Hôtel Commodore pendant la guerre civile au Liban, quelle époque ! Quoi, tu ne connais pas le Commodore ?... ». Enfin, ce genre de personnage. Je lui expliquai que j'étais écrivain et que j'entamais ma carrière de correspondant. Il ricana : « Un livre sur le Moyen-Orient, ça s'écrit lors de la première semaine. Plus tu traines ici, moins tu comprends. »
    C'était peu aimable, et probablement dit à dessein. Mais, de retour aux Pays-Bas, je commençai enfin à comprendre ce que ce vétéran avait voulu dire. Avant d'avoir posé le pied au Moyen-Orient, j'avais déjà la tête pleine d'idées et d'images sur la région, largement glanées dans les médias. Sur place, ces idées et ces images avaient petit à petit fait place à la réalité, qui est nettement moins ordonnée et compréhensible que ne le font penser les médias. C'est dans le troisième baraquement de Wau que cela m'avait frappé pour la première fois.
    En m'y rendant, j'avais la tête truffée d'images du JT de personnes pitoyables. Dans les deux premiers baraquements, je vis en effet des gens malheureux. Et si dans le troisième baraquement je n'avais pas crié sans ré?échir « Hello everybody ! », je serais sans doute reparti avec cette image de gens malheureux. Bien sûr, ils étaient tristes. Ils mouraient presque de faim. Mais ils n'étaient pas que cela. Les environs de Wau sont aussi fertiles que les Pays-Bas et ces malheureux étaient des paysans qui s'étaient toujours très bien débrouillés seuls, jusqu'à ce qu'une des parties belligérantes les chasse de leurs terres. Les gens de ce camp de famine étaient surtout frappés par une énorme malchance. 
    En repensant à ces cinq années passées comme correspondant, je retombais sans cesse sur d'autres expériences semblables. Cela devint encore plus intéressant lorsque je cherchai dans mes archives comment Wau était passé dans le journal. J'avais intégré dans mon article la réaction surprenante des gens en apparence tristes et éteints du troisième baraquement, ainsi qu'une conversation avec un médecin, à l'infirmerie du camp. Il s'occupait des cas les plus graves et cochait quotidiennement les listes qui signalaient « quatre-vingts morts par jour à Wau ». Il expliqua que son plus grand problème étaient les estomacs rétrécis : « Trop de nourriture, et leurs entrailles se déchirent, trop peu, et ils meurent de faim. Alors que la famine les tue, littéralement, nous devons les empêcher d'accéder aux aliments. Selon les manuels médicaux, ces gens-là sont morts depuis longtemps. »
    Dans les journaux, on qualifie cette dernière phrase de « superbe citation », et la rédaction en fit un titre. Une immense photo servit d'illustration, avec ce commentaire : « Dans ce camp d'Ajiep, non loin de Wau au Sud-Soudan, une femme accouche. Dans le même baraquement, un membre de sa famille est en train de mourir de faim ». À droite sur la photo, un homme famélique tente vraisemblablement de comprendre d'où viennent les mystérieux déclics de l'appareil, au centre, un garçonnet pleure, et à gauche, deux sages-femmes entourent une mère, tendue, sur le point d'accoucher. Une image forte. Mais la rédaction aurait aussi bien pu placer une photo des rires du troisième baraquement et mettre une autre citation en exergue dans le titre. Par exemple, celle d'un autre médecin du camp : « La résistance de ces gens est inimaginable. Aucun Occidental n'aurait survécu dans une telle situation, mais eux, ils attendent que la paix revienne et ensuite parcourent des centaines de kilomètres à pied pour retourner dans leur village, planter leurs arachides et reprendre leur vie là où ils l'avaient laissée. » 
    En tant que correspondant, il m'était donc possible de donner plusieurs lectures d'un même événement. Les médias ne pouvaient en publier qu'une, et souvent prenaient celle qui confirmait l'image existante. Dans le cas de Wau, celle d'êtres tristes qui, selon les manuels de médecine, étaient déjà morts depuis longtemps, et non celle de personnes incroyablement résistantes qui avaient joué de malchance.
    Cela se reproduisit souvent pendant ces cinq années et fit de la scène de la place Fardous une conclusion appropriée. Les journalistes américains et néerlandais considéraient la chute de Bagdad comme une évolution allant dans le bon sens. Ils reçurent des images d'Irakiens heureux renversant la statue de leur dictateur. C'était conforme à leurs attentes, et ils se dirent : et voilà, mission accomplie. Sur Al Jazeera, ils virent dans la chute de Bagdad le début d'une occupation. Ils cherchèrent des images symbolisant cela et les trouvèrent dans ces soldats américains triomphants, couvrant spontanément la statue de leurs drapeaux.
    Il apparut donc que la réalité et l'image qu'on a d'elle peuvent différer. Lorsque je m'en rendis compte clairement, je sus quel livre je voulais écrire. Non pas un livre expliquant comment le monde arabe pourrait être démocratisé ou sur la tolérance de l'Islam ou sur la question de savoir qui a raison dans le con?it entre Israël et les Palestiniens. Mais le contraire : un livre permettant de comprendre pourquoi au Moyen-Orient il est si difficile de dire des choses sensées à propos de problématiques aussi vastes. Ou, plutôt, tout simplement, un livre sur tous ces moments où je me suis dit : « Hello everybody !

  • Avec son bonheur de façade et ses émotions fabriquées, la culture de l'illusion étend son emprise sur les États-Unis. D'un salon de l'industrie de la pornographie à Las Vegas aux plateaux de la télé-réalité, en passant par les campus universitaires et les séminaires de développement personnel, Chris Hedges enquête sur les mécanismes qui empêchent de distinguer le réel des faux-semblants et détournent la population des enjeux politiques réels.

  • Médias et islamisme est un chantier de recherche peu exploré. Lui consacrer une livraison des Cahiers de l'Ifpo se justifie à un double titre. D'une part, parce que depuis le 11 septembre 2001 et dans le sillage de la chute du régime baasiste irakien, l'irruption des médias numériques, proches ou affiliés à l'une des composantes de l'islam politique, a marqué le champ médiatique panarabe et transnational. Désormais l'islamisme dispose de supports additionnels pour publiciser ses croyances et contester les récits belliqueux à son encontre. D'autre part, parce que l'espace médiatique arabe a connu depuis le milieu des années 1990 des changements majeurs, au point qu'il incarne aujourd'hui une arène politique qui se substitue souvent au champ politique régi par l'ordre autoritaire, et qu'il met en compétition des logiques de pouvoir et de mobilisation inédites. Cette cinquième livraison des Cahiers de l'Ifpo se propose de s'intéresser à la fois aux usages islamistes des médias et au traitement médiatique des scènes de conflits dans lesquels des mouvements islamistes sont impliqués. Elle ambitionne ainsi d'apporter un éclairage sur le fait islamiste dans ses déclinaisons chiites et sunnites en examinant son déploiement transnational ainsi que les mises en scène sonores et visuelles de ses répertoires de mobilisation et de son univers de sens. Les contributions rassemblées dans cet ouvrage se penchent sur des acteurs différents de la sphère islamiste. Dans l'esprit des Cahiers de l'Ifpo, elles rendent compte pour la plupart de recherches en cours. De par la diversité de leur corpus et la variété de leur terrain, elles permettent de croiser les regards portés sur des acteurs chiites et sunnites, diversement engagés dans le champ politique institué et/ou transnational. Elles proposent des perspectives empiriques et explorent de nouveaux modes d'engagement et d'agir islamistes. Elles donnent à voir la diversité des approches et des méthodes dans le traitement de ce chantier de recherche prometteur. Surtout, elles soulèvent en creux ou de manière manifeste des questions relatives à l'évolution de l'islamisme et des clivages sociaux dont il est le porteur.

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