• « Mon cher ami, je vous envoie un petit ouvrage dont on ne pourrait pas dire, sans injustice, qu'il n'a ni queue ni tête, puisque tout, au contraire, y est à la fois tête et queue. »
    Le Spleen de Paris, oeuvre majeure de Charles Baudelaire, se caractérise par une forme poétique alors singulière - la prose «  ouverte sur l'infini » - mêlant les genres et les points de vue (flâneur, philosophe, rêveur, moraliste). Il s'y révèle tout le sublime et le tragique de la vie urbaine.

  • Dans cet essai provocateur de 1978, pierre angulaire de la littérature féministe et de l'écoféminisme, traduit pour la première fois en français, Susan Griffin explore une représentation traditionnelle qui a cours depuis l'Antiquité : la femme serait du côté de la nature ; l'homme du côté de la culture. Mais ce postulat essentialiste, elle le pousse jusqu'à l'absurde pour mieux en montrer le ridicule. Si un lien particulier existe entre la femme et la nature, c'est bien plutôt celui de l'oppression dont elles sont toutes deux l'objet. Usant de l'esthétique débridée du collage, portée par le souffle d'une écriture unique et qui se transforme presque en expérience physique, Susan Griffin dévoile non seulement comment, depuis la division fatidique entre l'âme et la matière chez Platon, la philosophie et la religion patriarcales ont, par le biais du langage et de la science, assis leur pouvoir sur la femme et la nature, mais aussi combien est destructrice l'impulsion qui pousse l'homme à vouloir se séparer du monde auquel il appartient.

    Polyphonie virtuose, patchwork entretissé de mille fragments, mêlant des sources allant du traité gynécologique au manuel de sylviculture en passant par les Écritures, des extraits de biographies et des essais scientifiques, ce livre est un texte dense et puissant, un poème en prose vibrant, un appel éloquent à réparer, à réunir ce qui a été séparé.

  • Ce recueil, qui fait place aussi bien à l'essai qu'à la poésie, met face à face vingt et un textes et les images qui leur correspondent. Des pages d'époques, de longueur et de genres différents, qui déploient toute la gamme d'un styliste virtuose : poèmes, proses, caprices, petite scène dramatique, critique d'art, compte-rendu d'exposition... avec pour dénominateur commun, la peinture. Walser y exprime toute la saveur des peintures galantes de Fragonard, fait bruisser de vie les images d'un album d'Anker ; converse avec l'Olympia de Manet, révèle des détails inattendus de La Vénus du Titien, rehausse le mordant des miniatures de Daumier... Voici un itinéraire dans la galerie intérieure de Robert Walser, à la découverte d'une sensibilité perçante, chaloupée et délicieusement espiègle.

    Robert Walser (1878-1956) est l'auteur d'une oeuvre pleinement découverte après sa mort. Aujourd'hui, il est considéré comme le plus grand écrivain alémanique de la première moitié du XXe siècle. L'essentiel de son oeuvre se compose de centaines de proses rassemblées en volumes par l'auteur lui-même ou dispersées sous forme de « feuilletons » dans les journaux de l'époque, d'autres encore restées à l'état d'esquisses, comme Le Territoire du crayon.

  • Edition enriche (Préface, notes, documents sur l'oeuvre, pièces détachées, premiers états de textes, chronologie et bibliographie)En 1842, un an après la mort de son discret auteur, la première édition de Gaspard de la Nuit ne rencontre guère que le silence : vingt exemplaires à peine en sont vendus. Et il est vrai que les premiers lecteurs étaient sans doute mal préparés à la découverte de ce recueil de courtes « fantaisies à la manière de Rembrandt et de Callot » qui offraient à la fois l'apparence de la prose et la réalité d'une pure écriture poétique.
    Il faudra attendre Baudelaire pour que le poème en prose soit reconnu, et c'est justement l'auteur du Spleen de Paris qui fera découvrir à un public plus large ce « fameux Gaspard de la Nuit » grâce auquel l'idée lui est venue à son tour de « tenter quelque chose d'analogue ». D'analogue ? Rien n'est moins sûr car si les pièces de Baudelaire s'attachent à la vie moderne, celles de Bertrand nous proposent la peinture de la vie ancienne. Et ce sont bien deux naissances successives du poème en prose.

    Edition de Jean-Luc Steinmetz

  • Cette soixantaine de textes, dont la moitié pour la première fois en français, donnent à entendre les réflexions lucides et subtiles de Robert Walser sur l'art musical. Envolées lyriques pour la Flûte enchantée de Mozart ou ironie acérée face aux mondanités des auditeurs et poses affectées des musiciens, le poète s'attache à toutes les mélodies. Mais ce n'est pas une surprise s'il marque sa préférence pour les formes modestes, brèves et les sons du quotidien. Avec la précision qui le caractérise, Walser s'attache à écouter le silence de la neige, les flonflons des cafés ou la petite musique qui accompagne le badinage amoureux. Sa prose elle-même est empreinte de musicalité, tressautant tantôt gaiement d'un sujet à l'autre, tantôt entonnant des lamentos aux accents plus graves.

    Robert Walser (1878-1956), maître des petites proses, poètes du quotidien, est l'un des grands écrivains de langue allemande du XXe siècle. Les textes réunis ici couvrent toute sa période créative - des premiers poèmes qui lui valent son entrée dans le monde littéraire (1899) aux textes tardifs, composés à la Waldau où il est interné dès 1929.

  • Dans Ici et ailleurs, se développe un long poème dans une langue imagée telle que seul Federman sait l'écrire, alliant le drame le plus noir à la légèreté la plus aérienne.

    Né en 1928, à Paris, mort en 2009 à San Diego (Californie). Romancier, poète, traducteur, surfictioniste, critifictioniste, ancien parachutiste, golfeur fanatique, joueur de roulette, ami de Beckett, champion de natation, Raymond Federman a été cela tour à tour dans sa vie haute en couleur. En France, il a notamment publié sa poésie aux éditions Le mot et le reste Future Concentration, L'Extatique de Jule et Juliette et un essai Surfiction

  • «Le livre caché de Lisbonne» propose, à la suite d'une résidence d'écriture, dix-sept promenades dans une ville vécue comme un vaste atelier d'écriture, ponctuées par des citations d'écrivains, dont plusieurs portugais. Louise Warren, en prolongeant ses essais récents, y trouve une nouvelle formulation de son esthétique, une expérience intime, mais toujours ouverte à l'autre. Un regard très personnel se porte sur les «azulejos», sur l'architecture, sur le Tage, sur les ruines, entre autres. Les images représentant des espaces fermés, des fenêtres closes ou envahies par la végétation permettent d'imaginer ce livre caché qui, peu à peu, au rythme de la lumière et de la chaleur, se révèle à la lecture, laisse son empreinte dans l'imaginaire.

  • Les lieux nous engendrent autant que nos père et mère. Ils donnent naissance à nos façons d'être et de parler, de vivre, d'aimer, même de mourir. Trois Grands Enfants explorent dans ses recoins les plus secrets la forêt montmorencienne, dans l'arrière-pays de Beauport, leur « port d'attache », dont ils se détachent petit à petit pour épouser le grand large que les bois incarnent avec leurs défis et leurs dangers. Ils y découvrent qu'ils ne sont pas encore nés : ils s'accoucheront dans la douleur et dans la joie, sortant peu à peu de leur longue incubation grâce à la puissance de la Poésie, langue première des bêtes et des plantes qui composent le peuple des forêts, cette grand partition de la vie à l'état brut qu'ils interprètent jusqu'à la dissonance et au charivari. Entre fable et poème, mémoire et essai, Port de terre met en oeuvre toutes les ressources du langage pour raviver le grand big bang qui nous ré-enfante à chaque instant.

  • Déclinée dans un ordre grammatical bien connu, cette série de courts récits pronominaux présente les portraits de nombreux protagonistes grâce à de brèves incursions dans leurs histoires personnelles. En proposant une vision kaléidoscopique des interactions entre soi et l'autre, dans des scènes fragmentées et discontinues, Melissa Denis Vejins met l'accent sur la fragile résilience de ses personnages. Observées avec humour et sensibilité, les scènes quotidiennes que l'auteure décrit permettent à chacun de découvrir une part de vérité dans ces visions introspectives, où le lyrisme fréquente parfois la prose et où le prévisible côtoie toujours l'inattendu.

  • Divisé en deux parties dont la première est en vers et la seconde en prose, Frère de feu propose une profonde réflexion sur le deuil qui n'est jamais ni complaisante ni mélodramatique. Ce premier recueil de Jean-Mari Pître étonne par la maitrise de la forme et du propos.

  • Christian Brun nous amène au coeur orangé du Mozambique avec L'évolution des contrastes, un quatrième recueil dont l'univers très singulier défie toute classification.

  • Sûtra

    J.R. Leveille

    En deux récits et une poignée d'aphorismes, J.R. Léveillé trace, avec un style sobre et lucide, l'expérience d'une vie. Dans une continuation du recueil Poème Pierre Prière - prix Lansdowne de poésie 2012 -, l'auteur poursuit l'exploration d'une écriture minimaliste qui se penche sur le lieu tremblant entre le dit et le non-dit pour suggérer et faire vibrer le sens ineffable de la vie.

  • Suzan Payne revient en force avec le second tome de sa trilogie Pour toi mon amour pour toujours : Valérie. Le suspense y est à son meilleur et nous tient en haleine jusqu'à la dernière page, le temps de reprendre notre souffle avant d'entreprendre la lecture de Joëlle, le troisième et dernier tome à paraitre au début d'octobre 2019 !

  • Un homme poignardé, une femme défigurée, des chats décapités, un message perturbant et beaucoup, beaucoup de sang : lorsque l'inspecteur Hamelin est appelé sur les lieux d'un crime, ce jour-là, il se doute bien qu'il n'a vu que la pointe de l'iceberg. Alors que les indices semblent pointer dans toutes les directions et que l'inspecteur commence à se décourager, un coup de chance l'oriente vers le suspect idéal. Il semble bien que les crimes visant Annabelle et Valérie soient intimement liés! Mais tient-il le bon coupable? Sa collègue, Joëlle, en doute...

  • La série à succès Pour toi mon amour pour toujours se termine avec ce troisième tome : Joëlle. Valérie réussira-t-elle à échapper au joug de son geôlier? Les policiers mettront-ils la main au collet du meurtrier en série qui les a fait courir d'un bout à l'autre de la ville? Le dernier volet de la trilogie de Suzan Payne dévoile dans toute sa splendeur la maîtrise du suspense de l'autrice, qui réussit une fois de plus à dérouter le lecteur, et ce, jusqu'à la toute fin!

  • Des pieds à la tête

    Georgios Kypseli

    26 poèmes qui racontent le corps des pieds à la tête ! Un joggeur fou, une sirène aux cuisses collées à la glu waterproof, un homme aux cicatrices en or, des mains déprimées, ils sont tous différents et pourtant vivent ensemble. Aujourd'hui, ils se livrent à vous d'une manière réelle, naïve, enfantine, drôle, toujours décalée. Chacun d'eux possède sa propre « voix », se raconte en toute simplicité, sans grand mot, mais avec le coeur. Le but ? Peut-être qu'on les mime, que chacun de nous apprend à regarder son corps en lui donnant sa propre histoire, qu'on dialogue avec lui, qu'on l'accepte et qu'enfin on se l'approprie. Et si notre corps n'était pas un, mais un amas d'amis ?

  • Une femme s'offre un espace où respirent l'être et le devenir. Il ne s'agit plus de fuir, mais de plonger dans un profond désenchantement. Cette descente éclaire les voies qui l'accompagnent, les êtres qui la touchent, la mort latente qui la pousse à revivre malgré tout. Au fil de chaque poème, elle convainc que, malgré les craquements et la noirceur, il existe toujours un recommencement et de la lumière.

    «La nuit, j'emmaillote les algues qui font de nous ce que nous sommes. J'accouche du givre bleu de l'hiver. Sans laisser de traces. Aucune.» Maniant avec finesse le poème en prose, Marie-Belle Ouellet poursuit ici sa quête de sens en convoquant l'identité féminine et son rapport à l'altérité.

  • Rédigé sur le ton de la confession, et avec un humour cinglant , le premier roman de Daniel Leblanc-Poirier nous plonge dans la géographie d'un triangle amoureux où le temps n'existe pas, où les axes et les rues maintes fois parcourus prennent la forme d'une machine à voyager dans le temps.

    Le cinquième corridor relate les états d'âme de Daniel, narrateur en transit en plein coeur de Montréal. Il parcourt en boucle les rues St-Denis, Ste-Catherine, Guy et St-Laurent où il y cherche tantôt le fantôme de Mylène, son premier amour, tantôt celui de Margaux, celle qui a tout fait basculer.

    Entre Mylène, Margaux, les punaises de lit, sa mère bipolaire, Claudie la vendeuse de crack et le visage angélique de Pagona, Daniel cherche à remonter le temps, tente de se réconcilier avec l'homme qu'il est, mais ne réussit qu'à mesurer l'ampleur du vertige qui l'habite.

  • La vie n'est qu'une tache provisoire... Dans Un thé avec Nathan, un passager clandestin, une grand-mère régicide, une doublure nantie à la rhinoplastie réussie et une esthéticienne amatrice de la force centrifuge en sont pleinement conscients. Avec leur clan et le lama d'Hergé, ils célèbrent le passage du temps, l'amitié et trois sacrements sur fond de nage synchronisée. Ce roman-ruisseau délirant appelle le lecteur à écarter quelques branches, à sauter de galet en galet, bref à s'y mouiller, pour en suivre le cours.

  • La présente Anthologie comprend des ouvrages qui ne sont pas cités habituellement dans la bibliographie de l'auteur : Liturgie pour la Nuit, Silence et Plainte.
    Ainsi que des fragments des livres les plus importants : Elévation Enclume, Le Voyage de sainte Ursule, Cose Naturati, Les Etats provisoires. Elle se termine par quelques inédits. L'Anthologie porte ce titre générique : Quand Anna Murmurait. Si l'on demandait à l'auteur ce que signifie ce prénom d'Anna, il pourrait bien répondre par la phrase qui introduit le livre : " Pour comprendre, il faut être familier des ports, au bord de l'estuaire, et de l'atmosphère qui règne sur les quais à chaque saison de l'année.
    En automne surtout lorsque arrivent des jours lumineux... En cette saison, il flotte entre les coteaux une clarté indécise que la palette de William Turner semble avoir cherché de saisir - dans des aquarelles - entre Saint-Florent-le-Vieil et les berges de Champtoceaux. "

  • Tout près

    Louise Dupre

    On ne peut pas exiger de la vie qu'elle nous assure un calme perpétuel, mais on se blesse à cultiver le désir de plus de paix. En cherchant d'où l'on vient, on est parfois cette «femme assise dans sa petitesse de femme et qui cherche son visage». L'écriture «commence par une trahison». C'est à cet arrachement, à là où «la fatalité semble soudain traversée de fenêtres», à ce qui persiste dans les cendres que se dédie Louise Dupré dans «Tout près».

  • Fasciné par l'histoire, les cartes géographiques et les photographies aériennes du paysage culturel acadien, Serge Patrice Thibodeau se permet un livre audacieux où la prose poétique entretient un dialogue impromptu avec le récit et le document d'archives, l'anecdote et la science, l'archéologie et le merveilleux.

    Dans L'isle Haute : en marge de Grand-Pré, le poète construit un paysage par fragments, vu du ciel, inspiré par une photo de Grand-Pré prise de la Station spatiale internationale.

  • Si notre ultime liberté sur terre est celle daimer malgré tout et malgré soi, il nous reste peut-être un peu despoir, un brin de cosmos à découvrir, quelques particules dune île déserte où féconder nos rêves les plus intimes Tout cela nous semble si fragile : le jour au bord de la fenêtre, le vide au bout du sens et de léblouissement. Avec La fluidité des heures et, pour la première fois, à travers le poème en prose, Michel A. Thérien évoque linexorable besoin daimer et linévitable vertige qui laccompagne.

  • Robert W. Service: La Piste de l'imaginaire est une biographie romancée, inspirée par une première tranche de l'existence de l'arrière-grand-père de l'auteure Charlotte Service-Longépé. Au cours de sa vie, le poète et écrivain Robert William Service (1874-1958) a rédigé une imposante oeuvre étudiée encore aujourd'hui dans tout le monde anglo-saxon. Après une enfance indisciplinée en Écosse, il décide d'accomplir son rêve de découvrir le Nouveau Monde. Suite à un long voyage en bateau, il débarque à Montréal en 1896 avec quelques dollars en poche, puis traverse le Canada d'est en ouest. Service passe plusieurs années sur l'île de Vancouver, avant de vagabonder pendant deux ans sur la côte pacifique. En 1904, il découvre avec émerveillement l'univers sauvage du Grand Nord canadien et s'installe à Dawson, sur les bords de la rivière Yukon. C'est là qu'il publie son premier recueil de poèmes, Songs of a Sourdough, qui sera édité au Canada, aux États-Unis et en Angleterre. Sa rapide renommée en tant qu'auteur n'entrave en rien sa soif de liberté, qui l'entraîne jusqu'en Nouvelle-Orléans, puis à Cuba, avant de le ramener au Yukon, où s'arrête la première partie des aventures racontées sous la plume de son arrière-petite-fille. Au cours de son existence, Robert W. Service rédigera plus de 1100 poèmes et ballades, ainsi qu'une dizaine de romans inspirés par des événements de société et les expériences découlant de sa propre existence: des mots empreints d'optimisme, de nature et surtout, de liberté, la valeur la plus fondamentale à ses yeux.

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