• De tous les genres littéraires, le roman-photo est à la fois le plus méprisé et le moins connu. Pour le roman-photo a l'ambition de révéler toute la richesse de ce genre hybride, dont l'importance est capitale à une époque où se rapprochent littérature et photographie. Abordant aussi bien les stéréotypes du roman-photo sentimental que les inventions du roman-photo moderne, notamment sur Internet, le livre nous donne d'abord un aperçu très richement illustré de l'histoire du genre, que l'auteur compare à ses faux frères, la bande dessinée et le ciné-roman. Il examine aussi la manière dont texte et image peuvent s'allier pour inventer des récits entièrement inédits. Il propose enfin des analyses des grands auteurs du « nouveau roman-photo » (Marie-Françoise Plissart, Michael Snow, Sophie Calle ou Suky Best). Prenant le contrepied de tout ce qu'on écrit depuis cinquante ans, cet essai nous invite à lire, d'urgence, des romans-photos.

  • Très jeune, Alma a rejoint l'un des gangs qui ensanglantent quotidiennement la capitale du Guatemala. Dans les rues du bidonville de son enfance, elle a épousé le clan des plus forts, poussée par un élan vital qui lui soufflait que mieux valait infliger la violence que la subir. Alma a tué, participé à des viols et à des extorsions. Elle a connu les passages à tabac et la prison, est devenue femme au milieu d'un groupe de jeunes guerriers surarmés, tatouant son corps de signes indélébiles et gommant sa féminité. Ses choix lui ont coûté la perte d'un enfant et une tentative d'assassinat l'a laissée paraplégique quand elle a quitté le gang. Aujourd'hui, elle se sait en sursis, mais tente de mener une vie paisible, avec un compagnon, un travail et des rêves d'études. Alma est né du travail photographique de Miquel Dewever-Plana sur la violence au Guatemala. En écho à ses images, Isabelle Fougère donne à entendre, dans un récit polyphonique, la voix d'Alma et celles des témoins majeurs de sa vie. Son récit mêle réalisme et fiction pour souligner l'universalité du destin de la jeune femme confrontée à l'extrême brutalité d'un monde en décomposition.

  • Dans les rues de Paris et de sa proche banlieue, Ludovic Michaux a photographié les dispositifs mis en place pour empêcher les sans-abri de s'installer sur les trottoirs ou sous les porches des immeubles. Au cours de ses recherches, il découvre le long du périphérique un sans domicile fixe qui réalise de surprenantes installations à partir d'objets ramassés dans les poubelles. Arno Bertina a puisé dans ces photographies la matière chaotique et poétique d'une fiction à deux voix, celle d'un agent de surveillance du périphérique et celle d'un SDF. Leurs deux écritures soulignent en parallèle la violence d'une réalité sociale glaçante, bien que peu perceptible.

  • Après le succès phénoménal de City on Fire, la redécouverte du premier ouvrage de Garth Risk Hallberg. Une étude étonnante sur les moeurs de la famille américaine.
    Depuis des années, les Hungate et les Harrison coexistent pacifiquement dans une banlieue de New York. Ils se croisent à des barbecues le printemps venu, se réjouissent intérieurement d'être épargnés par l'ombre du divorce ou de la crise d'adolescence, applaudissent aux spectacles de fin d'année de leurs enfants. Mais lorsque le père d'une des familles décède, les survivants doivent faire face à la rude réalité.
    À travers soixante-trois entrées abondamment illustrées, cet ouvrage chronique les émotions et les événements qui, de l'enfance à l'âge adulte, jalonnent la vie de ses personnages. Qu'on le lise de manière linéaire ou aléatoire, en se laissant guider par les photographies et leurs légendes,
    cet abécédaire révèle, tel un bestiaire, l'âme de cette espèce étrange mais tellement universelle : les habitants des banlieues américaines.
    " L'un des mérites remarquables de Garth Risk Hallberg est de [...] parvenir à une tonalité, un regard, une voix qui lui sont propres. "

    Télérama

  • Le 21 juin 2003, un mois après le terrible tremblement de terre qui frappa les environs d'Alger, Naghem L., jeune paysagiste, vient évaluer les dégâts occasionnés au célèbre jardin d'Essai. De retour après dix ans d'absence dans son pays natal, il traverse une ville meurtrie. Sa mission botanique prend rapidement la tournure d'une enquête policière, pour remonter jusqu'à la racine d'un vaste projet d'implantation coloniale camouflé dans les allées de ce « si parfait jardin »... À travers les photographies de Michel Denancé perce l'obscure lumière d'une nature sauvage et artificielle dont le personnage de Sofiane Hadjadj tente de dénouer l'histoire.

  • Elle marchait sous les platanes de l'avenue. Il arrivait en sens inverse. Ils allaient se croiser quand soudain elle s'est approchée, a tendu le bras et a dit : « Pardon monsieur, est-ce que je peux vous toucher? » Vingt ans plus tard, et sans que cette question n'ait cessé de les hanter, ils vont se revoir pour obtenir la réponse. Les mots de Claude Bleton font écho aux photos de Catherine Izzo dans une résonance sensuelle et mystérieuse. Leurs écritures intimistes - écriture dense et concise pour Claude Bleton, images en noir et blanc oniriques et troublantes pour Catherine Izzo - se répondent ici avec justesse.

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