• Dans ce livre incroyable, Picabia se moque de tout, y dézingue tout. S'il y met à mal les idées, les sentiments, les principes, les conventions, déconstruit la réalité, rit de tout et de rien, et même de lui, c'est que jouer c'est vivre, autant que aimer ou travailler. Un véritable livre de chevet impertinent, construit de fulgurances poétiques teintées de dérision, profondément imbibées de nihilisme qui dérangent autant qu'elles amusent. Sans aucun doute le grand texte de Dada à Paris et le chef-d'oeuvre littéraire de Picabia, dont il est à l'image : brillant, scandaleux, provocateur, désinvolte. Ridiculisant l'art et les artistes, la littérature et les écrivains, les bourgeois et les poètes, rejetant toute forme d'autorité, Jésus-Christ Rastaquouère est exemplaire de l'esprit du moment.

    Peintre, graveur et écrivain français, Francis Picabia (1878-1953) l'un des artistes polymorphes les plus productifs du XIXe siècle. Proche de Braque et Picasso à ses débuts, il fait scandale aux côtés de Duchamp à l'Armory Show en 1913. Suite à ce succès international, il prend une part active dans les mouvements d'avant-garde de l'époque. Polémiste, agitateur et iconoclaste, il anime aux côtés de Tristan Tzara les manifestations Dada à Paris, avant de rompre avec ses comparses en 1921.

  • Vraie fausse biographie du père anonyme de Guillaume Apollinaire, un ecclésiaste passionné de poésie qui proclame la Réalité de l'Âme et de l'Oignon et prêche le pölätüonisme, Le Cardinal Pölätüo est une oeuvre aussi scandaleuse que drôle. Tel un funambule en équilibre sur la corde sensible du blasphème et de l'humour loufoque, Themerson détourne le genre biographique en une fiction subversive d'une intelligence rare et d'un humour décapant. Au détour des pages, on croise les frères Goncourt, Karl Marx, Anatole France ou encore Berkeley. Que du beau monde ! Entre les formules mathématiques prouvant l'existence de trois réalités, des sophismes à en perdre la tête, les chants d'un ivrogne ou la mystérieuse Règle de la Main Droite, quand il est question d'absurde, il y en pour tous les goûts !

  • En 1923, laventurier anglais R.J. Fletcher quitte les Nouvelles-Hébrides (elles deviendront plus tard le Vanuatu), laissant là lenfant quil a eu dune Mélanésienne.
    Épuisé, sans le sou, il ne se doute pas que dans une autre vie et sous le pseudonyme dAsterisk, il sera un auteur célèbre pour avoir écrit des lettres scandaleuses dépeignant les Nouvelles-Hébrides comme des « îles dillusion » plus infernales que paradisiaques.
    Presque un siècle plus tard, Pierre Furlan parcourt à son tour lîle dÉpi. Guidé par la petite-fille mélanésienne de Fletcher, il reconstitue lhistoire mouvementée du célèbre auteur sous un nouvel éclairage : celui de la génération qui a connu lindépendance.
    Les événements relatés dans ce récit sont véridiques, comme le sont les lettres de R.J. Fletcher retrouvées et publiées ici pour la première fois.

  • Johanne et André aspirent à une vie parfaite, bien ordonnée, où chacun remplit un rôle bien délimité : avec leur fille Alexandra, ils sont le portrait de la famille parfaite. Lorsque André apprend qu'une restructuration aura lieu au bureau, sa femme et lui mettent un plan en place afin d'assurer son succès (et d'empêcher Arthur Goulet, son rival depuis la cour d'école, d'accéder à un poste supérieur au sien). Les étapes de ce plan sont scrupuleusement élaborées, détaillées et répétées afin de s'assurer que tout se passe comme prévu. Si tout est bien exécuté, qu'est-ce qui pourrait bien déraper ?

  • Portrait du couple moderne, cette satire romanesque déshabille la façon dont deux amants contemporains passent leur samedi soir. Pour peindre ce qu'est devenue la relation entre homme et femme, il faut un style d'une tonalité et d'une insolence inexplorées. Aussi le début des Satires de Juvénal, témoignage exemplaire de la liberté littéraire, résonne-t-il ici en un écho spontané.

    Dans un récit drôle et terrible où se mêlent cynisme et pornographie, Maxence Caron raconte douze heures de la vie d'un couple, une nuit entre Clitandre et Phallusine, autrement dit l'existence de celui ou de celle qui tient ce livre entre ses mains ou qui, déjà, se trouve avoir lu ces lignes. « Satire de l'alcôve générale, satire de l'alcôve terminale, satire de l'enfoutrade et de la foutimasserie, la Satire Foutre est le roman comique de tous les Clitandre en proie volontaire à toutes les Phallusine. »

  • À l'en croire, le commissaire Liberty ne souffre d'aucune surcharge pondérale, mais telle n'est pas l'opinion de la médecine du travail qui estime qu'un peu de sport lui fera le plus grand bien. Mais ça risque de faire le plus grand mal aux autres adhérents de Top Gym Plus Club, et la doctoresse qui lui a prescrit cet amaigrissement est justement membre. On verra Liberty, sans perdre un gramme, faire de son ventre l'arme d'un crime, et aussi apparaître entièrement nu devant des collègues de quartier, ce dont plusieurs d'entre eux n'auront pas l'occasion de garder de bons souvenirs.

  • Un serveur entre deux âges, déterminé à empoisonner la vie tranquille des gens, travaille dans un manoir en banlieue éloignée. Ce grand maigre habite un appartement minuscule du boulevard Saint-Laurent à Montréal, non loin du Variétés Delphi, le comptoir postal où lui sont envoyés de mystérieux colis. Se percevant comme un pédagogue des petites misères, il ne ménage jamais sa peine pour faire voler en éclat le bonheur de pacotille des uns et des autres, qu'il s'agisse de militants anti-avortement ou encore de jeunes hommes à casquette au volant de leur voiture modifiée. La justice très sommaire que ce grand serveur dispense sans ménagement finira peut-être par lui attirer des ennuis...

empty