• Nuit d'épine

    Christiane Taubira

    • Plon
    • 26 Septembre 2019

    La nuit, chacun la voit, la vit, la sent, l'apprivoise à sa manière. De celle de Guyane, trouée d'un faible lampadaire sous la lueur duquel, enfant, à la faveur de la moiteur et du silence, elle allait lire en cachette, à celle qui lui permettait de régler ses comptes avec les péchés capitaux que les religieuses lui faisaient réciter dans la journée, la nuit a souvent été, pour Christiane Taubira, une complice, une alliée, une sorte de soeur intime, un moment particulier.
    C'est la nuit des chansons qu'on adore et dévore, la nuit du sommeil qui refuse qu'on annonce la mort d'une mère, la nuit des études passionnées et des yeuxen feu à force de scruter les auteurs sacrés, la nuit qui ouvre sur les petits matins des métros bougons et racistes. C'est aussi la nuit des militantismes, de la Guyane qui se révolte, des combats furieux à l'Assemblée autour du mariage pour tous - un cathéter au bras et le courage en bandouillère. C'est enfin la nuit d'un tragique vendredi 13, bientôt suivie de celle où l'on décide d'un adieu.
    Ces nuits des espoirs, des questions, des inquiétudes parfois, des colères aussi sont un roman du vrai. Un récit littéraire où l'auteur montre que la vie est souvent plus forte, inventive, poétique, envoûtante, dure, terrible que bien des fictions.

    1 autre édition :

  • Tout débute un beau jour quand le narrateur trouve une chose par terre, dans la rue. Une chose ? Quelque chose, de forme ovale, à la fois mou et dur, qu'il ne parvient pas à identifier mais qu'il prend dans le creux de sa main.
    Commence alors pour lui une étonnante divagation où, guidé par sa recherche, il connaîtra mille et une aventures : lors de son voyage, il rencontrera des universitaires spécialistes de littérature israélienne, une troupe de cirque d'un genre un peu particulier, un groupe de Juifs à la poursuite de leur utopie, et non pas une, mais deux femmes prénommées Shloma.
    De rencontres inopinées en hasards improbables, l'équipée de notre héros se relance à chaque fois. Car bien sûr tous ces personnages hauts en couleur ont un point commun : ils ont chacun un avis sur la question.

  • Nicolas Bouvier est devenu l'incarnation d'un art de voyager, L'Usage du monde s'est imposé comme la référence de la littérature du voyage. Mais la critique sur son oeuvre n'englobe pas les relations de Bouvier à l'histoire, à la géographie, à tous ces savoirs qu'il dit vouloir ignorer afin d'être plus disponible à ce qu'il découvre. L'éloge de l'ignorance et la logique du désencombrement sont pourtant loin de mettre fin au désir de connaissance, explique Liouba Bischoff : ils visent surtout à fonder un rapport authentique au monde.L'auteure explore les carnets inédits de Bouvier et l'ensemble de son oeuvre dans le but de comprendre ce paradoxe. Elle démontre brillamment et sans jargon, quel usage des savoirs Bouvier a développé, dans ses voyages comme dans son oeuvre.

    Liouba Bischoff, maître de conférence à l'École normale supérieure de Lyon, est spécialiste des récits de voyage et des rapports entre littérature et sciences humaines (géographie, histoire, anthropologie.Elle a écrit sur Jean Rolin, Nicolas Bouvier, Lorenzo Pestelli.

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    Rebelles !

    Julien Chavanes

    Par leur caractère, leur audace, leur esprit de rébellion, elles ont fait l'Histoire. D'Alexandra David-Néel à Wu Zetian : portraits de 12 femmes exceptionnelles.
    L'Histoire a aussi été faite par de grandes figures féminines. Quelle que soit l'époque, certaines ont traversé mille épreuves pour laisser leur trace dans l'Histoire. Ce document historique nous conte leurs aventures. Alexandra David-Néel, Joséphine Baker, Louise Michel... Leurs profils sont variés, leurs parcours étonnants. Elles ont en commun une formidable énergie, la foi en leur destin, et une volonté sans faille. Plus que cela, elles ont en commun d'avoir osé la rébellion dans des époques hostiles à leur combat. Elles ont ouvert des voies, repoussé des limites et oeuvré à l'évolution de la condition féminine.
    /> Julien Chavanes retrace la vie de personnalités rebelles à travers 12 portraits de femmes exceptionnelles.

  • Foucault

    Gilles Deleuze

    Comment Foucault définit-il « voir » et « parler », de manière à constituer une nouvelle compréhension du Savoir ? Qu'est-ce qu'un « énoncé », à cet égard, dans sa différence avec les mots, les phrases et les propositions ?
    Comment Foucault détermine-t-il les rapports de forces, de manière à constituer une nouvelle conception du Pouvoir ?
    Pourquoi faut-il un troisième axe, qui permette de « franchir la ligne » ? Quelle est cette Ligne du Dehors toujours invoquée par Foucault ? Quel en est le sens politique, littéraire, philosophique ?
    En quoi la « mort de l'homme » est-elle un événement qui n'est ni triste ni catastrophique, mais une mutation dans les choses et la pensée ?
    Ce livre se propose d'analyser ces questions et réponses de Foucault, qui forment une des plus grandes philosophies du XXe siècle, ouvrant un avenir du langage et de la vie.

    « Gilles Deleuze a écrit un texte purificateur. Il balaie les bêtises et les miasmes, éclaire comme au laser les points stratégiques. Un texte décisif : il donne à saisir la pensée-Foucault dans sa cohérence totale, et à entrevoir sa plus grande amplitude. Que ce soit pour le soutenir ou le combattre, il ne sera plus possible de lire Foucault sans s'y référer [...]. Il y a, au-delà de leur complicité amicale, tout autre chose : un jeu réciproque de provocation à penser, une façon très inattendue de se répondre, bref, un fort singulier dialogue dont l'histoire de la philosophie, semble-t-il, n'offre pas d'exemple. » (Roger-Pol Droit, Le Monde) Ce livre est paru en 1986.

  • Contribution à la discussion internationale sur la question de la légitimité : qu'est-ce qui permet aujourd'hui de dire qu'une loi est juste, un énoncé vrai ? Il y a eu les grands récits, l'émancipation du citoyen, la réalisation de l'Esprit, la société sans classes. L'âge moderne y recourait pour légitimer ou critiquer ses savoirs et ses actes.
    L'homme postmoderne n'y croit plus. Les décideurs lui offrent pour perspective l'accroissement de la puissance et la pacification par la transparence communicationnelle. Mais il sait que le savoir quand il devient marchandise informationnelle est une source de profits et un moyen de décider et de contrôler.
    Où réside la légitimité, après les récits ? Dans la meilleure opérativité du système ? C'est un critère technologique, il ne permet pas de juger du vrai et du juste. Dans le consensus ? Mais l'invention se fait dans le dissentiment.
    Pourquoi pas dans ce dernier ? La société qui vient relève moins d'une anthropologie newtonienne (comme le structuralisme ou la théorie des systèmes) et plus d'une pragmatique des particules langagières.
    Le savoir postmoderne n'est pas seulement l'instrument des pouvoirs : il raffine notre sensibilité aux différences et renforce notre capacité de supporter l'incommensurable. Lui-même ne trouve pas sa raison dans l'homologie des experts, mais dans la paralogie des inventeurs.
    Et maintenant : une légitimation du lien social, une société juste, est-elle praticable selon un paradoxe analogue ? En quoi consiste celui-ci ?

    Ce livre est paru en 1979.

  • La lutte pour la liberté spirituelle donne sa signification à l'humanité, affirmait en 1944 le grand sociologue de la culture Alfred Weber. Approfondissant un tel postulat, cette recherche consacrée à la liberté d'esprit emprunte ses exemples à certains intellectuels humanistes anciens et modernes, de Marsile Ficin à Erwin Panofsky et au-delà, tout en s'interrogeant sur les conditions d'une pensée libre aujourd'hui.

  • Un savoir gai

    William Marx

    • Minuit
    • 11 Janvier 2018

    Le sexe est chose mentale. Il colore notre vision du monde, il transforme la connaissance que nous en avons, et en partie même il la fonde. La sexualité implique un rapport spécifique au vrai, au beau, au bien, autrement dit, un savoir, une esthétique, une éthique, une politique.
    Or, quand le désir change, la vision du monde en est changée. Que sait un gai sur le monde ? Quelle expérience en a-t-il ? Qu'en ignore-t-il ? Trois mille ans de littérature occidentale ont exploré l'intellect hétérosexuel et la vision du monde qui l'accompagne. Il est temps d'explorer une autre face, celle du savoir gai, celle de l'étrangement.
    Il ne sera pas seulement question d'amour, de drague, de fantasmes, de pornographie et de taille du pénis, mais aussi de Platon, Vélasquez, Proust, Oshima et Cat Stevens, des chauffeurs de taxi, des colonies de vacances, du mariage pour tous, de la longévité des chats et des baleines bleues. De la vie érotique de l'auteur, et de celle de Jésus également. Bref, de la vie tout court.
    Lecteur, tu en apprendras ici beaucoup sur l'homosexualité, sur l'hétérosexualité, mais d'abord et surtout sur toi-même. Tu es le sujet de ce livre, toi et ton désir.

  • Nicolas entre au collège et il est temps qu'il le sache : le monde est une jungle. On n'est pas à l'abri de rencontrer dans la cour une meute d'alligators au sourire carnassier. On risque aussi de croiser, au coin d'un bois, une vraie tigresse échappée d'un zoo. Et on a des chances de croiser une intrépide guerrière en liberté. Mais quand, comme Nicolas, on a toujours été couvé au nid et élevé au grain, il faut savoir s'armer de courage pour prendre son vol.

  • Qu'est-ce que l'écologie ? Qu'implique le fait de se dire écologiste ? Faut-il lier croissance écologique et décroissance économique ? Que penser des OGM ? Quel rapport entre science et religion ? La pertinence des questions de l'adolescent amène l'intellectuel à exprimer sa pensée avec clarté et concision. Il en résulte un entretien au ton original et accessible, souligné ici par le trait incisif de Pascal Lemaître.

    Jean-Marie Pelt (1933-2015), biologiste, fonda l'Institut européen d'écologie, une association de recherche et de promotion de l'écologie, notamment en milieu urbain.Il dialogue dans cet ouvrage avec Émile, alors collégien.Pascal Lemaître est illustrateur dans l'édition et dans la presse internationale.

    1 autre édition :

  • Ces dernières années les humanités ont été, d'un commun accord à l'échelle mondiale, marginalisées, écartées non seulement des programmes scolaires, mais par-dessus-tout considérées comme quantité négligeable par les états ainsi que par les organismes privés aptes à les financer. Leur argument ? Pourquoi donner de l'argent à des domaines inutiles, c'est-à-dire ne produisant pas un profit immédiat ? A quoi bon, particulièrement dans un contexte de crise économique, "gaspiller" des ressources en soutenant des savoirs qui n'apporteront pas un "retour sur investissement immédiat" ?
    Nuccio Ordine offre un plaidoyer bref et brillant pour les humanités.

  • On progresse plus vite à deux et chacun a un potentiel de savoirs et d'expérience à transmettre ou à recevoir.
    C'est sur ce principe que repose le mentorat, de plus en plus apprécié des entreprises et des organisations.
    Véritable outil de valorisation des compétences et de développement des talents de toutes les générations, cette pratique permet de concilier évolution individuelle, intelligence collective et objectifs de performance.
    Son postulat est simple : organiser des chaînes d'entraide et d'échange de savoirs dans un environnement professionnel contribue à la meilleure santé des individus, rend les organisations plus agiles et favorise l'apprentissage permanent.
    Mais l'expérience montre que le succès du mentorat repose sur la mise en place d'un « programme » structuré, comprenant plusieurs étapes spécifiques, et s'appuyant sur une méthodologie rigoureuse.
    À travers 42 fiches pratiques, de nombreux témoignages et des liens vers des vidéos de synthèse, cet ouvrage représente une véritable boîte à outils pour faciliter la mise en oeuvre de cette démarche.
    Il vous permettra de concevoir, déployer et accompagner des programmes de mentorat dans votre entreprise, votre administration ou votre association.

  • Jean Pic de la Mirandole (1463-1494) symbolise l'intellectuel de la renaissance par excellence et incarne l'un des figures les plus significatives du XVe siècle. Jeune homme surdoué, il entre à l'Académie de Bologne à seulement 14 ans. Sa culture, son éloquence et la pertinence de son jugement en font très rapidement l'un des penseurs les plus influents de son époque. Il se lie d'amitié avec Marcile Ficin et au contact d'Averroès conçoit l'incroyable projet de rédiger une oeuvre monumentale qui réunirait l'ensemble des traditions culturelles depuis leur origine jusqu'à son époque, une gigantesque encyclopédie de tous les savoirs. Suspectées d'hérésie, les 900 conclusions, rendues publiques en 1486, valurent à leur auteur une fuite à Paris et un emprisonnement à Vincennes.
    />
    Les Neuf cents Conclusions constituent l'un des textes les plus fondamentaux, controversés, et finalement mythiques de l'humanisme. Condamné pour hérésie, arraché aux mains de son premier éditeur et brûlé en public, ce livre fut l'oeuvre d'un jeune homme de 23 ans. Se prononçant sur des questions logiques, morales ou métaphysiques, puis établissant des règles d'interprétation philologique, magique et cabalistique, cette oeuvre opère un véritable bouleversement dans l'histoire de la philosophie.

  • Sel, poivre, sucre, gingembre, piment,
    chocolat, café, thé, vanille, cannelle...
    des mots qui font rêver. Au-delà des mots,
    il y a leur histoire et leurs légendes.
    D'où vient chacun de ces produits?
    De quelle façon sont-ils préparés?
    Comment arrivent-ils dans notre cuisine?
    Un album pour les curieux et les gourmands.

  • Le livre de l'oubli

    Bernard Noël

    'Ces notes, écrites en 1979, sont publiées ici pour la première fois dans leur ensemble. Le mot "oubli" a surgi alors pour désigner la masse obscure dans laquelle me semblait puiser l'écriture. La mémoire n'offre que du déjà vécu, déjà su : l'oubli révèle de l'inconnu au fond de lui dissimulé. L'exercice de l'écriture, pour peu qu'il soit débarrassé d'intentions, fait surgir et s'exprimer des éclats de l'immense dépôt commun que notre langue recueille depuis toujours. Aucune parole n'est perdue mais toutes sont oubliées en attendant que nous reviennent par l'écriture des parties impersonnelles de ce que nous savons sans le savoir...'

  • Un séminaire de deux années consacrées à l'exploration des paranoïas. Alors que les relations, sociales et/ou privées, sont marquées par des interprétations suspicieuses et malveillantes, que l'ère du soupçon semble dominer, Charles Melman a choisi de parler des paranoïas. Avant que ce type de relations ne paraisse faire partie de la norme et de l'usage, l'auteur s'attache à isoler, à illustrer, les diverses formes existantes de paranoïas dont certaines n'ont pas encore été reconnues.

  • Une démocratie sans autorité ?

    Alain Eraly

    • Eres
    • 5 Septembre 2019

    De la famille à la politique, la crise de l'autorité touche à peu près tous les responsables dans toutes les institutions. La perte de légitimité du politique et la crise des Gilets jaunes offrent une illustration frappante des raisonnements développés dans cet ouvrage. L'enjeu n'est pas d'apprendre à vivre sans autorité, mais d'engendrer des formes d'autorité plus respectueuses des valeurs de notre temps.

    Pour l'essentiel, la crise de l'autorité est une bonne nouvelle, son érosion engage toute notre modernité et rien ne saurait justifier de faire machine arrière. Il reste que ce déclin affecte en profondeur nos formes de vie et nos institutions. Partout, le besoin d'autorité se fait sentir, mais une autorité au service de la démocratie, du débat public, des droits et des devoirs, de la justice et l'équité, de la transmission des valeurs fondamentales, de la défense du commun contre l'emprise des intérêts privés, de l'adaptation des modes de vie à l'urgence écologique. Tout retour en arrière est proscrit : l'autorité est donc à réinventer.

  • Les interrogations sur le métier de psychanalyste sont nombreuses. Quelle peut ou doit être sa formation ? Quel est son rapport avec la médecine (mais aussi avec la psychologie ou la philosophie) ? Qu'en est-il du contre-transfert ? Du désir de l'analyste ? Peut-on, selon le voeu de Ferenczi, parvenir à une « métapsychologie des processus psychiques de l'analyste » ? Doit-on d'ailleurs viser à cela ? Jusqu'à quel point les formes de son action peuvent-elles varier, en fonction de la singularité des cas, de la mutation des discours sociaux, de l'apparition de nouvelles pathologies ? 

    Plus encore que la psychanalyse d'un point de vue idéal, c'est le psychanalyste au travail, dans sa pratique quotidienne, que questionnent les auteurs. Leur perspective n'est pas métapsychanalytique. Ils n'adoptent pas une position de surplomb qui les ferait théoriser, de l'extérieur, sur leur métier. Au contraire, ils montrent que la pratique analytique elle même ne se soutient que de la position que prend l'analyste par rapport à son acte et d'un désir qui se remet toujours en question.

  • Une approche globale des médiations artistiques (art-thérapie et autres activités apparentées au soin), dans le champ de l'aide et du soutien des personnes en souffrance.

    On les nomme : ateliers thérapeutiques à médiation artistique, ateliers d'art thérapie, ateliers psychothérapeutiques médiatisés, ateliers d'expression créative, ateliers d'animation thérapeutique, etc. Est-on sûr de savoir et de comprendre, à partir de ces termes, quelle est la nature du travail engagé ? Quelle est la formation et la place des intervenants ? Quel dispositif est mis en oeuvre ? Quels en sont les objectifs ? Martine Colignon apporte des éléments de clarification salutaires.

  • Les équipes des établissements sociaux, médico-sociaux, sanitaires, scolaires... attendent du superviseur des réponses aux questions qu'elles se posent dans la pratique quotidienne. Comment le superviseur travaille-t-il la demande qui lui est ainsi faite ? Evidemment le superviseur ne peut pas tout. Dans sa position d'extériorité, il met le feu aux poudres, dépoussière l'accumulation des savoirs et des savoir-faire, des préjugés, des yaka, des faukon, éveille chez chacun le désir de savoir, de comprendre, d'agir, de se risquer.

    La posture du superviseur est déterminante. Il est un « tire-bouchon ». Sans cesse il réouvre ce que la pente institutionnelle tend à clore : le questionnement, les énigmes de la clinique, les embrouilles du vivre et travailler ensemble, l'inquiétante étrangeté, l'intranquillité du transfert...

    /> Les auteurs témoignent d'une pensée vivante, en cours d'élaboration, sur cette pratique singulière de la supervision d'équipes. Ils font part de leurs doutes et de leurs tâtonnements en essayant de mettre en tension leur conception de la posture qui, loin d'être figée, se soutient avant tout d'une pratique clinique.

  • La parole oubliée

    Karima Lazali

    Cet ouvrage explore les différentes modalités d'un nouage, entre corps, parole et inconscient, dans la cure analytique mais aussi dans le champ social.

    Une même question insiste tout au long de l'ouvrage : comment et surtout à quelles conditions opère une cure analytique ? En d'autres termes, qu'est-ce que parler pour la psychanalyse (et en psychanalyse) et par quels tours et détours dans le trajet du parlant se produit la transmission du savoir inconscient vers le réel du corps ? Et, partant de là, comment penser le potentiel politique de la parole et ses effets au un par un et dans le lieu social ? Pour y répondre, l'auteur visite l'envers de ce décor, à savoir les lieux de panne de la parole qui ouvrent à différentes formes de ravages, meurtres et autres destructions à l'échelle du psychisme singulier et du collectif.

  • Qu'est-ce que s'orienter dans la pensée, quand c'est le réel de l'expérience psychanalytique qu'il est question de penser, dans ce livre, avec Lacan ?

    S'orienter dans la pensée, puisqu'au dire de Lacan nous pensons avec nos pieds, c'est marcher. Ce que pratiquait Aristote. Marcher, comme dit écrivant Madame Bovary Gustave Flaubert, droit sur un cheveu. Mais pour marcher droit sur un cheveu que faut-il savoir ? Il faut savoir se faire fourmi, comme celle que dessine Escher traçant sa piste sur la ligne plus mince qu'un cheveu du ruban de Möbius. C'est sur son grand huit que se lance la parole dans l'expérience analytique, au bord du trou de l'inconscient où penser c'est perdre le fil. 

    D'où le vertigo d'OEdipe sur le grand huit de la vérité. Giorgio de Chirico l'a bien compris : devant la sphinge aux yeux clos, OEdipe n'a plus sa tête. C'est sur ce mannequin métaphysique d'OEdipe que Freud a taillé sur mesure son complexe normatif. 

    C'est au-delà de l'OEdipe qu'avec Lacan (mais aussi Bataille, Blanchot et Beckett) nous avons à penser l'inconscient et le symptôme, la passe et le contrôle, la jouissance et la féminité, l'angoisse et la phobie, la tristesse vicieuse et le déchet, la ségrégation et les camps.

    M. B.

  • Les recherches entreprises sur l'histoire du "deuxième sexe" ne cessent de révéler des parcours de vie exceptionnels dans des univers souvent hostiles aux femmes.

    Cet ouvrage se propose de mettre en lumière une cinquantaine de personnalités remarquables des XIXe et XXe siècles, à l'avant-garde de leur temps dans les domaines de la littérature, de la politique, des sciences, des arts et de l'action.

    Célébrissimes ou moins connues, issues de tous les continents, elles se dévoilent sous les plumes conjuguées d'une historienne et d'une artiste. Autant de diptyques associant un visage à une histoire, de Colette à Germaine Tillion, en passant par Mère Teresa, Ella Fitzgerald ou encore Eleanor Roosevelt.

  • Une pratique de la parole dans le champ de l'aide sociale : quels concepts, quels actes, quelles conséquences, quel pronostic ?

    L'auteur donne une légitimité, conceptuelle et historique, aux pratiques d'aide des services sociaux, dans le respect de l'histoire des « usagers ». La parole est le vecteur fondamental des échanges et des entretiens, et la psychanalyse, comme science fondamentale, reste indépassable pour comprendre les mécanismes en jeu dans la manière dont peut être vécue toute aide sociale.

    En effet, il y a un savoir, une compétence, dans la manière d'user de la parole qui peut rendre un don - matériel, en argent, en démarches administratives - bénéfique ou maléfique ! Cette réédition s'avère salutaire au regard du succès actuel des sciences comportementales et des neurosciences, qui pensent se passer d'une analyse approfondie des effets de la parole, et font fi des effets d'aliénation que toute « aide » produit (qu'elle soit légitime, autorisée par la loi, voulue par un État) ainsi que du malaise que peut rencontrer un acteur social dans sa mission.

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