FeniXX réédition numérique (Ramsay)

  • Sur la scène politique française, tous les acteurs sont entraînés vers un implacable destin. Pris dans une logique totalitaire, les partisans du Front national favorisent la destruction de l'identité nationale qu'ils voudraient préserver. Ses adversaires de droite et de gauche provoquent, par leurs complaisances et leurs maladresses, la dangereuse ascension de Jean-Marie Le Pen. Et les immigrés, ou supposés tels, servent de boucs émissaires alors qu'ils ne sont pas le véritable enjeu. Refusant les facilités polémiques, Bertrand Renouvin se livre à une critique originale du programme frontiste, montre pourquoi il menace les valeurs de notre civilisation et les traditions de notre pays, et désigne les sanglantes impasses auxquelles conduisent les conceptions « ethniques ». Mais la dénonciation du Front national restera toujours insuffisante, puisque c'est la classe dirigeante française qui porte la responsabilité de sa progression : à des millions d'humiliés et d'offensés, victimes de l'ultralibéralisme, Jean-Marie Le Pen offre l'occasion d'une protestation dérisoire et désespérée.

  • L'enfant terrible du PS a grandi. L'insolence s'est faite pertinence. Celui qui hier posait les questions qui dérangent apporte aujourd'hui des réponses et un programme pour la gauche de l'an 2000. Quand le parti socialiste pensait avoir pour lui la durée, Julien Dray tirait la sonnette d'alarme. Aujourd'hui, il refuse de sombrer dans la sinistrose et de se soumettre à une défaite annoncée. Un bilan sans concession ni masochisme de dix ans de pouvoir socialiste, vu de gauche et de l'intérieur par un député qui ne baisse pas les bras et qui ne confond pas erreurs ou échecs et trahison. Chômage, protection sociale, institutions, morale publique, si le parti socialiste est en panne de propositions, ce livre en a plein ses pages. A lire, pour renouer avec le goût de la politique de la gauche.

  • La gauche peut sauver l'entreprise... mais l'entreprise n'est pas la vie. Le but du socialisme est d'épanouir l'homme...

  • À l'évidence, le paysan n'est plus ce personnage geignard, rétrograde, donnant prise à des plaisanteries vaguement condescendantes et qui n'étaient pas toujours du meilleur goût. Aujourd'hui, les jeunes, qu'ils soient issus de familles d'agriculteurs ou pas, choisissent d'exploiter des terres, de faire de l'élevage. Ils se comportent en chefs d'entreprise avertis des découvertes en biotechnologie, des problèmes de génétique, des impératifs de commercialisation, etc. Ils innovent. Souvent, s'étant groupés, ils innovent ensemble. Les femmes s'en mêlent, avec une énergie, une clairvoyance, qui contredisent totalement l'image de la femme soumise au « patron » et à ses bêtes. Dire que leur chemin n'est pas jonché d'ornières, serait trop dire. Mais il y a dans leur comportement une telle satisfaction de faire ce qu'ils font, d'être là où ils sont, qu'on peut parler, à leur sujet, d'harmonie. Colette Gouvion en a interrogé de nombreux. Elle les a rencontrés chez eux. Elle se fait, dans ce livre, leur porte-parole, et nous donne une remarquable enquête sur le nouveau « terroir » français.

  • Numéro 2 du Parti socialiste, Jean Poperen s'efforce de clarifier une situation politique caractérisée par une extrême confusion. Il analyse le problème des libertés, de la liberté, dont l'opposition affirme qu'elles sont bafouées. Il étudie la signification de l'alternance, ses implications. Il expose ce que devrait être un nouveau contrat socialiste. Il réfléchit sur la social-démocratie. Il donne son sentiment sur la « deuxième gauche ». On connaît la fidélité socialiste de Jean Poperen, son engagement au sein d'un parti dont il revendique les filiations. Son texte, pourtant, ne s'adresse pas seulement aux militants, mais concerne tous ceux qui sont soucieux de la chose politique.

  • Depuis toujours, Danielle Mitterrand demeurait silencieuse sur sa vie. Aujourd'hui, le temps d'un livre, elle accepte de se confier et de voir raconter sa vie de femme, de mère, de « Première Dame » de France. Issue d'une famille d'enseignants, un père libre-penseur, Danielle Gouze passera sa jeunesse entre Verdun et Cluny, et c'est tout naturellement qu'elle rejoindra avec les siens la Résistance. Elle rencontre « Morland » (le clandestin François Mitterrand). Ils se fiancent et se marient à Paris, au lendemain de la Libération. Viennent alors les longues années de lutte, parfois dures, parfois noires, mais aussi les joies paisibles et les bonheurs familiaux. Et le 10 mai 1981... son mari, François Mitterrand, est élu Président de la République. Fidèle aux engagements de sa jeunesse, elle l'accompagne aujourd'hui dans sa tâche et ses nouveaux combats.

  • Face à la situation que vivent actuellement la gauche et le pays, Marie-Noëlle Lienemann s'adresse, à travers ce livre, au futur président de la République, qu'elle souhaite social. Elle lui pose de façon précise les questions auxquelles il devra répondre durant son septennat, convaincue que la République doit trouver un nouvel élan et que la France doit s'en faire l'interprète dans le monde. Elle aborde de façon systématique tous les thèmes qui façonneront la France de l'an 2000 : le social, le politique, l'économique... Elle ne se contente pas de poser des questions : elle y apporte aussi des réponses argumentées. Son livre est un véritable programme pour une nouvelle gauche en France.

  • Alors que s'achève la carrière politique de François Mitterrand, il est temps de s'interroger sur ce qu'il est advenu de la gauche, en quête éperdue de reconstruction après son désastre aux législatives de 1993. Pendant vingt ans, des millions de gens ont voté pour l'alliance PS-PC. Cette alliance s'est brisée, sans qu'ils aient forcément compris ni comment, ni pourquoi. Pourtant, un fait politique s'impose, qui explique le présent et conditionne l'avenir : Mitterrand est parvenu à capter très largement, à son profit et à celui du PS, le fait communiste. Les communistes ont assuré la quasi-totalité de ses succès politiques. Comment cela s'est-il passé ? Quels sont les gens qui ont fait cette histoire ? Qu'en pensent-ils aujourd'hui ? Qu'espèrent-ils pour demain ? Cet ouvrage, le premier à examiner méthodiquement et minutieusement cette question si sensible et essentielle des relations entre Mitterrand et le PCF, se fonde principalement sur les actes politiques (votes, programmes, projets, discours, campagnes électorales), qui concernent tout citoyen. Il est enrichi d'entretiens, notamment avec le président Mitterrand, mais aussi avec des responsables communistes nationaux, ou de la Nièvre, de dirigeants socialistes, de prisonniers de guerre, de résistants, de ceux qui ont été les acteurs de ces cinquante ans d'histoire de la gauche. L'histoire de ce demi-siècle de déchirures et de retrouvailles alternées est aussi une biographie politique de François Mitterrand.

  • Quelle est donc la réalité éthiopienne ? Où en est cette terre porteuse de rêves dont on ne sait pratiquement rien sinon qu'elle vit naître la Reine de Saba et qu'y alla Rimbaud ? Comment son peuple a-t-il pu rejeter l'emprise italienne pour se retrouver le plus pauvrement assisté des pays que contrôle l'URSS ? À quoi correspond ce transfert en Israël de ses Juifs ? Pourquoi cette famine ? Jacques Bureau, qui a longtemps vécu à Addis-Abeba, tente de répondre à ces questions. Il analyse les mythes, traque les messages que livre la littérature éthiopienne, examine les manuels scolaires, interroge intellectuels et paysans, se plonge dans les chroniques royales. Il nous livre une Éthiopie de contrastes, mouvante, décadente, pauvre, mais toujours auréolée de la légende qui veut que le miel y coule en abondance.

  • Qui ne se souvient de cette image : Robert Fabre, un soir de septembre 1977, arrachant le micro des mains de Georges Marchais pour annoncer à des millions de téléspectateurs éberlués la rupture de l'Union de la Gauche ? Le « pharmacien de Villefranche-de-Rouergue », président du Mouvement des Radicaux de Gauche, créait l'événement en se révélant courageux leader politique. Rien ne prédestinait le timide adolescent, issu d'une lignée d'apothicaires républicains à effectuer un parcours politique inattendu, de son officine à la Mairie, puis à la signature du Programme commun de la Gauche, à l'institution du Médiateur, au Conseil constitutionnel. C'est ce cheminement, parsemé d'anecdotes et d'épisodes mal connus, auquel nous invite Robert Fabre, tantôt avec humour, tantôt avec émotion. À ce rappel d'une période déjà entrée dans l'Histoire, il ajoute des réflexions très personnelles et pose, pour l'avenir, des questions essentielles. Tout en exprimant sa foi dans le bon sens des citoyens, qui n'a pas besoin des « quatre grains d'ellébore », prescrits par Molière et La Fontaine, « à ceux dont l'esprit est tourné ».

  • En janvier 1991, la Sept et FR3 diffusaient Mémoires d'Ex, une série documentaire en trois parties réalisée par Mosco sur les anciens membres du PCF, de 1920 à 1989. « Il s'agit, expliquait Mosco, d'une mise en images du stalinisme au quotidien. Comment il fut vécu ou subi par des militants qui sont parfois des personnages hors pair ». C'est à eux que Mosco a donné la parole et ils se racontent. Il y a Jules Fourrier, ouvrier peintre du pays chouan et ex-député du Front Populaire. Démissionnaire après le pacte germano-soviétique. Résistant, il deviendra « renégat et agent de la Gestapo ». Fosco Focardi, membre de l'organisation spéciale du Parti a pour mission de le supprimer. Ils seront tous deux déportés à Mauthausen. Il y a Adrien Langumier, ancien ouvrier métallurgiste, Lucien Hérard, professeur de lettres qui évoque cette « rêverie enthousiaste » qui « tournera au cauchemar », Roger Pannequin, André Pierrard, Auguste Lecoeur, Pierre Juquin. Ils entrent au Parti comme on est en Dieu. Pour le Parti, la Cause, au nom du peuple, ils divorcent, changent de profession, trichent, espionnent, se sacrifient jusqu'à l'exclusion ou à la renonciation.

  • Voilà enfin une parole vivante de femme politique. Tout le contraire de la « langue de bois » et des discours fabriqués ! Ce livre fait la preuve qu'il n'y a pas d'un côté les petites questions quotidiennes et de l'autre la grande politique. Tout se tient ! On ne fait rien sans projet, sans idéal. Peut-être transformera-t-il aussi le regard que l'on pose sur la banlieue qui n'est ni l'enfer, ni le paradis. Au fond, la vie quotidienne de cette ville de trente mille habitants de la Région parisienne révèle, avec acuité, et sans doute de façon anticipatrice, les problèmes de presque toutes les villes françaises. La banlieue n'est pas l'exception... que l'on croit. Un regard d'amour, celui d'un maire pour sa ville, permet de voir tous les talents, tous les engagements, toutes les disponibilités qui fourmillent ici et là et de soulever les montagnes. Ce qui est vrai localement l'est peut-être nationalement.

  • Sur ce point, son entourage est formel : quand Jacques Chirac réfléchit, il marche. Et ces temps-ci, le Président ne tient plus en place. Et cette jambe qui s'est remise à battre irrépressiblement la mesure d'une partition que lui seul entend ! Voilà un signe qui ne trompe jamais. Pour ses proches, le doute n'est plus permis : « C'est sûr, il mijote quelque chose... » Quelques mois plus tard, c'est la dissolution, puis les législatives du 25 mai et du 1er juin. Quelles ont été les raisons politiques de ce choix pour le moins étonnant ? Pourquoi Jacques Chirac a-t-il lancé ce pari ? Qui a réellement pris les décisions ? Jean-Luc Mano et Guy Birenbaum nous font vivre, jour après jour, nuit après nuit, les revirements des hommes politiques, les risques qu'ils croient devoir prendre et les parties de bluff auxquelles ils se livrent. Ils dévoilent les stratégies et révèlent les tactiques. Ce regard porté dans les coulisses des élections dessine, au travers d'une quantité d'anecdotes, parfois cocasses, parfois déroutantes, l'histoire d'un coup politique insensé qui va conduire à une victoire de la gauche.

  • Le livre de Patrice Hernu n'est pas seulement le cri bouleversant d'un fils qui défend l'honneur profané de son père. C'est également une extraordinaire contre-investigation sur les accusations lancées par L'Express et Jean-Marie Pontaut contre le ministre de la Défense de François Mitterrand. Comment L'Express a-t-il découvert à Bucarest un vieil espion roumain à la retraite exhibant des dossiers d'outre-tombe ? Qui a guidé sa main et l'a encouragé à jouer de la grosse caisse autour du fragment d'un document douteux et probablement falsifié ? Quelles déformations et quels amalgames ont accompagné, comme dans l'affaire Dreyfus, cette mauvaise action ? La DST ou le successeur du KGB, le SVR russe, le ministre de l'Intérieur de l'époque sont-ils impliqués ? Ces questions sont vitales pour notre démocratie. Les réponses apportées par Patrice Hernu, assisté du spécialiste des problèmes de police, Frédéric Charpier, se lisent comme le plus fascinant roman policier. Une plongée fantastique dans le monde glauque de l'espionnage et des rumeurs politiciennes.

  • Certains hommes politiques n'ont qu'une carrière tumultueuse, Philippe Séguin aurait-il un destin ? Celui d'un enfant de Tunis dont le camp naturel n'est ni la droite, ni la gauche, mais la République, avec un grand R, qui a redonné ses lettres de noblesse à un combat politique terni par les affaires. Esprit indépendant et volontiers frondeur, Philippe Séguin ne se reconnaît pas plus dans une bourgeoisie égoïste, fascinée par la recherche du profit, que dans une gauche confite dans ses certitudes, à laquelle il reproche d'avoir cyniquement ressuscité l'extrême droite. Après avoir été député, ministre, puis président de l'Assemblée nationale, il s'est attelé, depuis juillet 1997, à la reconstruction d'un RPR affaibli par sa cuisante défaite aux élections législatives. Obligé de composer avec Jacques Chirac, avec lequel il a des relations complexes, il a avalé bien des couleuvres et perdu de sa verve antieuropéenne. Mais cette évolution n'est pas un renoncement. Seule personnalité d'envergure à avoir survécu au naufrage de la « droite Titanic », Philippe Séguin sait que, en 2002 ou 2009, il devra la conduire à la reconquête du pouvoir. « Grande querelle » qu'il entend mener de manière fort gaullienne. Cette biographie passionnante, ni hagiographique ni partisane, remarquablement renseignée sur les zones d'ombre comme sur les années de jeunesse, donne à comprendre le cheminement et la construction d'une personnalité politique incontournable.

  • « Si je vous écris, ce n'est pas pour solliciter de vous une quelconque faveur, fût-ce celle d'un simple entretien. Ni pour porter à votre connaissance quelque fait grave, dont vous n'auriez pas été informé, et demander votre intervention, votre médiation, votre arbitrage, mais pour vous dire deux ou trois choses que j'ai sur le coeur... Vous avez été élu en 1995 sur la base d'un programme et de promesses qu'à peine en place vous vous êtes empressé d'enterrer et de renier. En 1997, vous avez provoqué des élections législatives anticipées qui ont précipité la défaite de votre majorité. Par la suite, vous avez semé le doute, la discorde et la division dans votre propre camp. (...) Vous avez affaibli la droite, les institutions, la France. « Votre bilan est-il si brillant qu'il vous autorise et qu'il nous incite à envisager votre réélection ? À trois ans du terme de votre mandat, vous voilà déjà en campagne, en selle et tout fringant, prêt à nous faire derechef don de votre personne. Merci du cadeau. Tenez-vous tant à couronner votre carrière en vous honorant d'être l'homme qui, après avoir fait battre Giscard et élire Mitterrand, aura ouvert les portes de l'Élysée à Lionel Jospin ? »

  • Nous devons beaucoup aux Américains : nous adorons le jazz, les westerns de John Ford, Marilyn, Faulkner et Paul Auster. Et nous nous souvenons du Débarquement. Merci Oncle Sam ! Mais, dix ans après la chute du Mur, l'Amérique essaie d'imposer son ordre moral, économique et militaire. Elle règne sur le FMI, tient en dépendance les pays les plus pauvres, favorise la corruption en Russie. Elle dicte sa loi à l'ONU, soutient les Talibans d'Afghanistan et veut faire de l'Otan le maître militaire du monde. Voilà, maintenant, qu'elle tente de coloniser nos assiettes avec son boeuf aux hormones et les OGM de Monsanto. Elle rachète nos entreprises avec ses fonds de pension, exigeant de faire fondre la « mauvaise graisse » des salariés. Elle se dote d'une milice planétaire, l'OMC, à laquelle elle donne mission de régenter le commerce mondial, culture et santé comprises... Il y a l'autre côté du miroir. L'Amérique, c'est le record d'obèses, le record absolu d'armes détenues par des personnes privées (233 millions !), la peine de mort appliquée aux mineurs, le poids du puritanisme et des sectes, la dépendance des politiques vis-à-vis des lobbies et de la mafia, de plus en plus de pauvres... Non merci, Oncle Sam ! Dans cet essai percutant, grave et plein d'humour, les auteurs, journalistes et hommes de conviction, en appellent à toutes les forces citoyennes pour réagir à une menace terriblement réelle.

  • D'une écriture haletante et passionnée, La France à l'abattoir rompt avec le sempiternel discours politique. La France à l'abattoir est à la fois une analyse féroce de la véritable guerre civile que le pouvoir giscardien mène contre le peuple, un appel à la lutte de tous les Français, un plaidoyer pour une Europe fraternelle (de l'Atlantique à l'Oural et pas seulement de Paris à Bonn), un cri de colère et un défi. C'est aussi un grand texte littéraire, qui rejoint les pamphlets de Hugo et de Zola.

  • Michel Rocard est depuis vingt ans une figure emblématique de la gauche française. Les rapports difficiles qu'il a entretenus avec le Parti Socialiste et François Mitterrand ne sont un secret pour personne. Pourtant, après le désastre électoral des législatives de mars 1993, Rocard décide de prendre en main le Parti Socialiste et en devient le premier secrétaire. À cette occasion il reçoit l'appui d'hommes et de femmes qui l'ont combattu depuis toujours. Pourquoi ? Rocard restera quinze mois à la tête du P.S. Il parvient d'abord à lui tirer la tête hors de l'eau. Comment ? Puis il s'effondre dans l'élection européenne. Rocard a manqué le rendez-vous qui lui était donné depuis un quart de siècle avec son parti et avec le pays. Pourquoi ? Au-delà de la trajectoire étonnante d'un homme, c'est aux problèmes qu'il a rencontrés sans les dominer que s'intéresse cette chronique. Les leçons qu'elle suggère demeurent donc actuelles. Les mêmes causes, si on n'y prend garde à gauche, pourraient bien produire les mêmes effets. À l'heure où la gauche semble vouloir se donner, sans condition ni discussion, à un nouvel homme providentiel, l'auteur voudrait que l'expérience et la mémoire soient réhabilitées. Jean Luc Mélenchon, Sénateur de l'Essonne, anime avec Julien Dray et Marie-Noëlle Lienemann l'aile gauche du Parti Socialiste. Pendant quinze mois il a travaillé aux côtés de Michel Rocard. Il en fait un portrait tantôt sévère, tantôt tendre, à la recherche d'une vérité qui ne se limite jamais aux anecdotes qu'il rapporte. Son livre est un témoignage de première main, en même temps que l'analyse d'un échec. Mais c'est aussi et surtout une ouverture sur les questions auxquelles la gauche doit répondre d'urgence pour rentrer dans l'élection présidentielle avec quelques chances de succès.

  • Comment la France a-t-elle subi jusqu'en 1958 le plus instable et le plus faible de tous les régimes démocratiques d'Occident ? Comment bénéficie-t-elle depuis 1962 du plus stable et du plus fort ? Comment les chevaux légers de la gauche ont-ils lancé les premiers en 1956 l'idée d'élire le président au suffrage universel ? Comment le général de Gaulle l'a-t-il rejetée d'abord parce qu'il y voyait un moyen de renforcer le régime des partis, qu'il détestait ? Comment le Palais Bourbon connaît-il des majorités depuis vingt ans alors qu'il n'avait jamais pu en réunir auparavant ? Comment le retour à la proportionnelle risquerait-il de nous replonger dans l'impuissance d'autrefois ? Comment beaucoup de nos compatriotes rêvent-ils de revenir à des gouvernements du centre ? Comment ne peut-on gouverner au centre qu'en l'absence de partis du centre ? À ces questions, et à beaucoup d'autres, Maurice Duverger apporte des réponses dans « La république des citoyens ». Il analyse la politique avec le regard du biologiste décrivant des organismes vivants.

  • La guerre a changé de visage. Son langage aussi. Pour la première fois, la pensée sur la défense sort du cercle restreint des initiés. Polémologues, stratèges, diplomates, biologistes, thérapeutes, praxéologues, économistes, écologistes, sociologues, historiens, théologiens, épistémologues s'interrogent sur la perception nouvelle des menaces. Maîtrise de l'arme atomique, contrôle de son expansion, stratégie nucléaire, interventions au dehors, ventes d'armes, désarmement, service national, crise des valeurs, intégration de l'Armée au sein de la Nation, etc., autant de questions controversées, autant de thèses antagonistes. Ces dialogues directs, méthodiques, dépassionnés apportent une réflexion nécessaire à la compréhension de mécanismes complexes : ceux qui maintiennent ou défont l'équilibre planétaire.

  • Voici un pamphlet particulièrement virulent contre la technocratie, écrit par quelqu'un qui la connaît bien pour l'avoir combattue. Ancien ministre du Logement du gouvernement Bérégovoy, Marie-Noëlle Lienemann est aujourd'hui maire d'Athis-Mons. Elle met à nu, à partir d'exemples concrets, d'anecdotes authentiques, surprenantes et parfois savoureuses, le système technocratique français, son fonctionnement à l'intérieur de l'État et du gouvernement. Issus du lobby des grandes écoles (ENA, Polytechnique, etc.), les technocrates se cooptent et considèrent qu'ils restent, au-delà des alternances, les garants de la continuité de l'État, de telle sorte qu'ils finissent par croire qu'ils sont l'incarnation naturelle de celui-ci. Évidemment, ce cannibalisme n'épargne pas non plus le monde politique. Ce voyage au coeur de la technocratie est un « état des lieux » lucide, sans complaisance, de ce système parasitaire qui tend de plus en plus à nous phagocyter. Mais, contre ce mal, existe-t-il des solutions ? Dans ce « coup de gueule », l'auteur nous propose de changer nos institutions et de rapprocher l'État du citoyen.

  • Ces pages vont donner du fil à retordre à ceux qui adorent Philippe de Villiers. Mais elles surprendront aussi ceux qui l'exècrent. Catholique d'éducation, royaliste de formation, libéral d'inclination, et républicain de carrière, Philippe de Villiers a suivi tour à tour l'Action française, Valéry Giscard d'Estaing, François Léotard, Raymond Barre et Charles Pasqua. Il s'est servi de la droite traditionnelle, de l'histoire vendéenne, de la « nouvelle gauche », des médias, des « quadras », des anti-européistes, des thèses de Jean-Marie Le Pen, des fonds de Jimmy Goldsmith et des « affaires » pour se tailler une place dans l'opinion. Mais quelles sont les véritables « valeurs » dont il se réclame ? Est-il un homme politique neuf, comme il le prétend, ou un imposteur ? Dans ce pamphlet documenté et insolent, Luc de Goustine fait tomber les masques sous lesquels s'avance le candidat à la présidentielle qui sera peut-être demain un leader de la Droite française.

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