Robert Laffont (réédition numérique FeniXX)

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • J'ai pris le commandement du GIGN en 1985. Je l'ai quitté en 1989, après les quatre années les plus riches, les plus pleines, les plus difficiles parfois de ma vie. Comme c'est souvent le cas, ce sont les circonstances politiques plus que mon propre mérite qui m'ont projeté au premier plan de l'actualité, en mai 1988, lors de la conclusion de l'« affaire d'Ouvéa », en Nouvelle Calédonie. La polémique qui s'en suivit ne m'intéressa jamais. Mais cette expérience reste, à ce jour, le moment central de ma vie. Mon corps et mon esprit y avaient été entraînés si loin que, tout en conservant ma lucidité, en l'aiguisant même comme elle ne l'avait sans doute jamais été, j'avais l'impression d'avoir franchi une limite de moi-même que je ne connaissais pas. A ce point j'ai su que, sans doute, un jour j'écrirais ce livre.

  • En marge des collections historiques tenues à la rigoureuse objectivité, Robert Laffont offre ici une tribune libre à des auteurs qui désirent prendre parti à propos des temps présents. Toutes les opinions, tous les points de vue, même violemment opposés les uns aux autres, pourront s'exprimer. Ceux que la vigueur de telle ou telle polémique blesserait, trouveront sous la même couverture les propos qui traduiront leurs réserves ou même leur colère. Quelle que soit la cause que défend chacun, l'ensemble de ces ouvrages devrait donc avant tout servir ce qui constitue la raison d'être et la grandeur du métier d'éditeur : la liberté d'expression.

  • Léon Blum, en 1924, rejetait la participation des socialistes au gouvernement Herriot. Mais il admettait que les socialistes pourraient être amenés par le jeu naturel du régime parlementaire à exercer le pouvoir, si le suffrage universel les investissait d'une autorité suffisante, à plus forte raison si la démocratie ne pouvait plus fonctionner s'ils n'assumaient la direction. En 1936, ces conditions se trouvèrent réunies et Léon Blum fut appelé au pouvoir. Paul Ramadier, qui fut dès 1924 avec Paul Boncour, Pierre Renaudel, Marius Moutet partisan de la participation, replace l'exercice du pouvoir dans l'évolution qui a conduit les partis socialistes européens de l'orthodoxie marxiste triomphante au Congrès d'Amsterdam de 1904, aux programmes socialistes de la dernière décennie, qui ne tendent pas à l'établissement d'un régime économique et social préconçu, mais à assurer le règne de l'équité et la libération de toutes les oppressions. Cet effort vers la justice et la liberté n'est possible que dans la démocratie et par la démocratie. Il exige l'intervention de l'État et un certain recours à sa puissance de contrainte qui deviendrait intolérable si l'idée démocratique ne régnait pas en maîtresse. C'est dans cette perspective que l'auteur dresse le cadre dans lequel le pouvoir peut être exercé. Les problèmes du travail sont à la première place et, bien qu'ils aient presque tous été abordés, exigent encore de nombreuses refontes. Le développement de l'économie collective est lié à la marche du socialisme. Les nationalisations et les socialisations y tiennent une large part, mais non pas exclusive. L'économie dirigée, la planification, la redistribution des revenus ont pris une place prépondérante dans l'action socialiste. Il n'y a pas une seule voie triomphale qui monte vers la justice sociale, mais une multitude de chemins. Peut-être n'atteint-on pas un paradis, mais seulement un niveau supérieur. L'effort socialiste n'a pas de fin dernière : mais Il a une direction constante.

  • En quinze ans, la France est redevenue un pays jeune. Cette jeunesse, nombreuse, impatiente, qui se presse aux portes des écoles et des facultés, pose à la nation un problème dont l'importance n'est pas à souligner : l'avenir du pays dépend de la solution qui lui sera donnée. Georges Maleville - qui, en 1945, alors qu'il était jeune auditeur au Conseil d'État, a soutenu, devant la Faculté de Droit de Paris, une thèse de doctorat sur la politique démographique de la France - propose ici des solutions originales et pratiques. En cinq chapitres, il étudie successivement la protection de la santé des enfants et des jeunes, les aspects sociaux de l'enseignement, le choix d'une profession, la crise du logement, l'organisation des loisirs, et définit la mission d'une politique de la jeunesse. Animé d'une double préoccupation : préserver la personnalité de l'enfant et de l'adolescent, et réaliser une plus grande justice sociale - il s'agit toujours d'accorder à tous les jeunes les mêmes chances devant la vie, selon leurs dons naturels, leurs qualités et leurs aptitudes - cet ouvrage clair et précis passionnera tous ceux, des parents aux éducateurs et aux responsables de la jeunesse, qui cherchent une réponse positive à l'une des questions les plus graves et les plus urgentes de notre temps.

  • La France, depuis 1958, s'est plus transformée économiquement, socialement et politiquement qu'entre 1870 et 1958. Elle est passée d'une majorité rurale (80 % naguère) à une majorité urbaine : en vingt ans, 25 % de la population a été urbanisée ; aujourd'hui 75 % des Français vivent en ville. Il y a vingt ans, plus de la moitié des citoyens, paysans, artisans, membres des professions libérales, étaient libres dans leur travail comme dans leur droit de vote. Aujourd'hui, si le droit de vote est toujours libre, 80 % des Français sont salariés, donc sujets dans leur travail. Cette distorsion est insupportable et, tôt ou tard, entraînera une explosion. On assiste déjà aujourd'hui à la manifestation plus ou moins violente de mouvements - écologistes, régionalistes, libertaires - qui trahissent ce malaise. La France saura-t-elle trouver les solutions indépendantes et originales qui s'imposent, ou se réfugiera-t-elle dans une social-démocratie maniaco-européenne qui ne peut nous conduire qu'à la catastrophe ? C'est la question que pose, dans le sillage de Charles de Gaulle, Alexandre Sanguinetti. Cri d'alarme, mais aussi message d'espoir : la France peut-elle redevenir elle-même ? Sous peine de la voir se dissoudre, chacun d'entre nous doit choisir rapidement sa réponse.

  • Un juriste et un politique se sont penchés sur le problème des élections. Un juriste, car l'élection est une procédure juridique souvent complexe. Comment sont dressées les listes électorales ? Qui peut se porter candidat ? Comment dépister la fraude ? Peut-on la sanctionner ? Les auteurs ont abordé ces questions sous l'angle pratique, donnant des réponses précises et claires, résumées dans tableaux et schémas. Mais l'élection n'est pas seulement affaire de juriste. On ne peut en saisir l'enjeu sans comprendre la structure du monde politique, le rôle de l'équation personnelle du candidat, l'influence de l'argent ou des sondages d'opinion. L'élection est, au sens fort, l'expression du combat politique. Pour que les Français jouent pleinement leur rôle au moment où des échéances décisives se profilent à l'horizon, défense d'ignorer !

  • La révolution démographique moderne augmente incessamment la proportion des jeunes dans la population du globe. La révolution culturelle les rend de plus en plus précocement enclins et aptes à participer à la gestion de nos sociétés. Mais aucune révolution politique ou juridique n'est venue mettre fin à l'exil intérieur de la jeunesse. Au contraire, notre époque tend plus qu'aucune autre à prolonger l'état de minorité et d'incapacité de fait. La jeunesse "nouveau Tiers État", qui n'est rien et devrait être tout ? L'essai de Jérôme Ferrand frappe par ce bon sens qui a l'air du paradoxe.

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  • Les textes de référence sont reproduits dans leur quasi-intégralité, et complétés par d'indispensables analyses juridiques, historiques et philosophiques.

  • Tout semble opposer l'Europe et le tiers monde, et pourtant une donnée fondamentale les rapproche : ils appartiennent, l'un et l'autre, à ces zones géopolitiques du monde qui ne se confondent pas avec les superpuissances américaine et soviétique et pourraient, demain, s'aider mutuellement à ébaucher une troisième voie. Ce livre rappelle, tout d'abord, les avatars de l'idéologie coloniale, et l'étrange destin du tiers mondisme depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. On y verra que les clivages habituels entre la droite et la gauche, ont rarement correspondu à la réalité des forces en présence. Et que ce n'est peut-être pas un hasard si un nouveau tiers mondisme, très différent du précédent, se dessine aujourd'hui. La situation actuelle du tiers monde fait apparaître la responsabilité des idéologies dominantes dans l'état de subordination qui est le sien. La notion de développement doit être mise en question. Les solutions libérales et socialistes sont pareillement inadaptées. Un nouvel ordre économique international, exige la constitution de grandes zones de développement autoconcentrées, seules capables de restituer au monde la diversité qui en fait la richesse. Idéologie des droits de l'homme ou défense de la cause des peuples ? Il parait qu'il faut choisir. Le choix, ici, est sans ambiguïté : à l'heure de l'uniformité mondialiste, de la mort des cultures enracinées et des modes de vie différenciés, les peuples doivent construire leur destinée propre à l'écart des séductions de l'Ouest et des sirènes de l'Est. Défendre le tiers monde, c'est prôner le non-alignement. C'est rompre avec l'obsession de l'économie, propre à l'idéologie occidentale. C'est anticiper, enfin, sur les nouveaux clivages de demain.

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  • L'histoire singulière d'un homme et de son ambition, entre fascination et répulsion pour la politique ; un homme fragile pour les uns, dur et tenace pour les autres. La chronique de la renaissance de la gauche, de ses déchirements, à travers les combats d'un personnage à la recherche de son propre destin, entre Mendès et Mitterrand. Le bilan au pouvoir d'un Premier ministre au double visage, à la fois réformateur presque utopiste et gestionnaire sceptique sur le pouvoir réel du politique... Le mystère Rocard pose, sur le candidat probable du PS à la prochaine élection présidentielle, un regard aigu, non dénué d'ironie, sans complaisance ni parti pris critique. Ce livre donne ainsi les clés du cheminement qui a conduit Michel Rocard, après plus de quarante années de vie politique marquées par une complicité exceptionnelle avec l'opinion, à sa situation d'aujourd'hui, inattendue et paradoxale.

  • Serge Halimi, professeur de sciences politiques à l'Université de Berkeley, présente une étude d'ensemble qui synthétise les quatre expériences de la gauche au pouvoir. L'étude historique, émaillée d'anecdotes et de références, se double d'un essai critique.

  • Il y a un peu plus de dix ans, la loi Veil autorisant l'interruption volontaire de grossesse changeait la vie de millions de femmes. À cette occasion, les Français, dans leur énorme majorité, découvraient chez Simone Veil des qualités de courage, de droiture et d'intelligence auxquelles ils ont été tout de suite sensibles. Au fil des années, ils lui ont conservé leur estime, la portant régulièrement en tête des sondages. Pourtant, ce livre n'est pas un livre politique. C'est un portrait, celui d'une personnalité majeure de la vie française, qui reste une femme avant d'être une vedette. Voici donc qui elle est, qui elle fut : niçoise, elle vit une enfance intellectuellement riche, mais matériellement difficile ; la montée du nazisme, puis la guerre, la rappellent à sa judéité : toute sa famille est déportée ; son père, sa mère et son frère disparaissent dans les camps de la mort ; à son retour, elle se marie, devient magistrat ; elle intervient très concrètement dans les questions d'adoption, de détention et la politique algérienne. En 1974, elle est la première femme ministre à part entière ; à partir de 1979 et de son élection au Parlement de Strasbourg, elle se consacre en priorité à l'Europe. Ni hagiographie ni pamphlet, cet ouvrage est celui d'un journaliste, libre de toute pression, qui nous restitue, pour la première fois, un personnage essentiel de notre temps, dans toute sa vérité et sous toutes ses facettes.

  • Après le oui français au traité de Maastricht, si difficilement arraché, avec la crise du Système monétaire européen, celle de la Politique agricole commune et du GATT - et devant l'ouverture au 1er janvier 1993 des frontières -, l'Europe, pour vaincre les résistances, a besoin de citoyens actifs et informés. Joseph Rovan, dans ce livre-manifeste, montre que le citoyen digne de ce nom doit faire passer les devoirs avant les droits.

  • Le rire du Cosaque, c'est celui qui secoue le Grand Cosaque - Staline ou ses successeurs -, père de tous les Cosaques répandus sur la terre, lorsqu'il prend la mesure de l'aveuglement ou de la lâcheté de ses adversaires, si fascinés par l'édifice de mensonges, de trahisons et de crimes qu'il a su imposer au monde qu'ils se rendent avant d'avoir combattu. Contre le Grand Cosaque, Roger Holeindre est de ceux qui ont combattu les armes à la main : en Indochine (auparavant, il avait été l'un des plus jeunes résistants de France) et en Algérie, jusqu'au bout. Aujourd'hui, grand reporter indépendant travaillant pour Paris Match, il parcourt le monde - du Guatemala à l'Angola, du Centrafrique à l'Éthiopie, de la Thaïlande au Tchad, de la Rhodésie au Sahara, de Colombie en Israël... - et c'est ce que partout il a vu et constaté, ce que partout il voit et constate qui nourrit le livre que voici, livre de colère et de passion, où l'expérience du journaliste rejoint la fougue du partisan.

  • Alfred de Musset avait donné pour titre à ses souvenirs : Confession d'un enfant du siècle. L'image est juste : il est vrai que le siècle où nous existons enfante une grande part de notre personnalité. [...] Il fut, le siècle, dramatiquement incertain dans ses rebondissements, d'une violence extrême insupportablement horrible souvent, et presque toujours très décevant, mais aussi il fut superbement décapant et il apporta avec lui des nouveautés très singulières. Une telle confusion nous habite à son propos que, à l'heure où il approche de son terme, il nous laisse, à vrai dire, pantois et abasourdis. Mais si le XXe siècle est un Cyclope à la taille géante, il est bien évident que nous n'avons pas su être Ulysse. Deux exceptionnels événements courent à travers le siècle, fils rouge tissés dans sa trame, et qui donnent un sens à son dessin compliqué. Le déclin de l'astre-Capital, la montée de l'astre-État. Et le fait que, désormais, les individus, les simples individus sont devenus à part entière des participants de l'Histoire. Grandiront-ils, et à temps, à la mesure du siècle ? Mais, à côté de la mémoire événementielle, il existe une seconde mémoire, d'importance tout aussi grande, on le sait bien, quant à l'influence exercée : la mémoire émotionnelle. D'où, pour tenter de l'éveiller, la forme adoptée pour ce livre et qui pourra surprendre. Finalement, c'est la démocratie, tellement décriée, si souvent mise à mal et à sac, qui tire, de la manière la plus honorable, son épingle du jeu politique du siècle. Rarement autant qu'aujourd'hui, elle était apparue pour ce qu'elle est : un bien aussi précieux que fragile. Comment, alors, essayer de faire que les individus de notre époque se saisissent d'elle, la fassent participer à leur vie de tous les jours, en nourrissent la substance de leur personnalité ? Car (et sans doute c'est la vraie leçon du siècle) dans la société d'individus qui vient, ou bien nous serons tous sauvés ou bien personne ne le sera. Chacun grandira ou personne ne grandira. Élites, craignez les ilotes que vous auriez créés !

  • Les trois années d'expérience chilienne d'Unité populaire au jour le jour, à travers les faits, les personnages, les discours : tel est le sujet de ce récit historique, mené au rythme haletant d'un reportage. Le Chili est un exemple unique de démocratie en Amérique latine, lorsque Salvador Allende est investi, le 4 novembre 1970. L'ambition du nouveau président est d'ouvrir une nouvelle voie vers le socialisme Mais le radicalisme des réformes entreprises, une gestion incohérente, la pression de l'extrême gauche, les dissensions à l'intérieur de la coalition gouvernementale aboutissent rapidement au désastre économique, à la désagrégation de la société chilienne et de ses institutions. Parmi les acteurs qui traversent le drame : Fidel Castro, le poète-diplomate Pablo Neruda, Carlos Altamirano, mauvais génie du régime, Eduardo Frei, chef de l'opposition, etc. - et aussi François Mitterrand. Un vertigineux enchaînement d'événements - tantôt grotesques, tantôt pathétiques - qui s'achève par la chute d'Allende et l'instauration d'une implacable dictature militaire. Le gouvernement de gauche qui, depuis le 10 mai 1981, s'attache à changer la vie des Français, en utilisant des méthodes semblables à celles utilisées par les marxistes au Chili, se heurte aux mêmes problèmes. Le processus de destruction de la démocratie est-il inéluctable ? Le socialisme est-il compatible avec le bien-être et la liberté ?

  • La politique n'est pas ce que vous croyez. À suivre les méandres des affrontements politiques au gré des sollicitations de l'actualité, on court le risque de la réduire à quelques petites phrases plus ou moins assassines, à des tactiques médiocres, à des discours convenus. Certes, la politique n'ignore pas les batailles, et la polémique n'est pas le moindre des outils du combat démocratique. Mais, à privilégier sans cesse la politique spectacle, on en vient à masquer la réalité. Celle d'une France qui se transforme en profondeur, et dont les gouvernements de gauche ont, depuis 1981, libéré les énergies. La France des années 80 connaît un formidable bouleversement social et culturel. Ces mutations s'appuient sur toutes sortes de consensus partiels, qui dépassent les clivages traditionnels. Ils témoignent de la capacité de certaines valeurs historiques de la gauche, à rassembler la société tout entière autour d'une même ambition. Je vois, dans cette libération des énergies, dans cette émergence de consensus entre les différents acteurs de notre pays, une chance à ne pas manquer pour le renouvellement du débat politique.

  • Voici les mémoires attendus de R. Marjolin, l'un des grands acteurs de la renaissance française aux lendemains de la guerre, une figure essentielle de la politique française.

  • Au lendemain de la grande contestation de mai 1968 et du raz de marée gaulliste, voici la gauche française devant une table rase. Reconstruire ? Mais sur quel modèle ? Ni le maoïsme, ni le castrisme, ni le communisme libéral, pas plus que le réformisme et le dirigisme, n'emportent une adhésion enthousiaste. Alors, quelle synthèse novatrice est aujourd'hui possible ? La gauche nouvelle ne reposerait-elle pas d'abord sur une réhabilitation de l'utopie créatrice ? Au delà d'une capacité technique absolument nécessaire, dans une société gouvernée de plus en plus par l'esprit, le réalisme le plus strict et la crédibilité politique ne consistent-ils pas à prendre en charge le rêve renaissant de la Cité Idéale ?

  • Retracer les événements qui ont abouti à l'Indépendance tunisienne, tel est l'objet de ce livre. S'il est vrai que la personnalité tunisienne s'est dégagée peu à peu à travers des siècles chargés d'Histoire, c'est à l'époque moderne, à l'aube du XXe siècle qu'est apparu le nationalisme tunisien. Il s'est développé au sein d'un Protectorat, qui s'était transformé depuis 1881 en un régime d'implantation et d'administration directe. La IVe République n'a pas su résoudre les problèmes posés par cette double évolution qui devait donner lieu, à partir des années 1950, à des conflits de plus en plus aigus. Tour à tour acteur et spectateur attentif, bénéficiant de l'expérience acquise au cours d'un long séjour en Afrique du Nord, l'auteur décrit et analyse, avec un grand souci d'objectivité, les faits, les étapes, les tergiversations multiples qui ont marqué l'acheminement de la Tunisie vers l'Indépendance. Il nous montre toute la part qui revient à Habib Bourguiba et à une dialectique très caractéristique du tempérament tunisien dans la lutte poursuivie avec persévérance par le mouvement nationaliste. Parallèlement, il met en lumière l'incidence des variations de la politique intérieure française sur les positions, les indécisions des gouvernements français successifs. Seule l'initiative hardie de Pierre Mendès France a permis de mettre fin, en 1954, à une période de troubles et de confusion. L'autonomie intérieure a fait place, en 1956, à l'Indépendance dans l'accord des deux gouvernements, en Tunisie comme au Maroc.

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