Littérature générale

  • La Berthe ! Il suffit de prononcer ce nom pour que les gens de Mayenne et de l'Orne deviennent intarissables sur les faits et gestes de cette femme et de sa famille. Une histoire pas ordinaire, se répète-t-on. Celle d'une famille paysanne et de son ascension. Tout commence en 1867, avec les premiers succès du père, qui s'est lancé à la conquête de la terre avec 3 hectares en poche. À sa mort, il laisse 300 hectares et 3 millions de Francs-or ! Très jeune, Berthe se distingue de ses camarades. À Villaines-la-Juhel, on se souvient encore de cette étrange fille de fermier, qui livrait le lait en gants blancs et en chapeau à voilette. La Joconde, comme on la surnomma bientôt, n'a qu'une idée en tête : arriver coûte que coûte, seule s'il le faut. Plus rien ne l'arrêtera, pas même la mort de sa mère qui agonise, solitaire, dans le bruit infernal de la batteuse. Mais Berthe se moque du qu'en-dira-t-on, elle rafle les prix aux concours d'élevage, elle agrandit ses terres et n'hésite pas à faire du marché noir pendant la Seconde Guerre mondiale. Seule dans cette immense demeure où personne ne pénètre, Berthe continue d'élever un troupeau de bovins à moitié sauvage, en comptant, à plus de 80 ans, sur ses propres forces. La Berthe est morte en mars 1988, au moment où Joëlle Guillais achevait ce livre, fruit de deux années d'entretiens et de complicité patiemment tissée. Cet ouvrage est ainsi son dernier défi.

  • Une série de portraits satiriques tirés de l'émission quotidienne Nulle part ailleurs, sur Canal plus.

  • Bien que les médias ne lui portent qu'un intérêt à éclipses, la question des sans-papiers est désormais posée de façon permanente à la société française et à l'Europe. Et ce ne sont pas les régularisations partielles et temporaires intervenues ces dernières années qui peuvent laisser espérer une solution.



    Comme le montrent les auteurs de cet essai, le problème tient à des facteurs structurels, dont rien ne permet de penser qu'ils pourraient disparaître dans un avenir prévisible par un simple bricolage institutionnel : la persistance d'une offre significative de travail clandestin liée aux profits substantiels de la « délocalisation sur place », encourageant une « clandestinité officielle » ; l'illusion entretenue de la maîtrise étatique des phénomènes migratoires, au prix de l'insécurisation des populations d'origine étrangère ; le marasme de la coopération et l'ignorance dans laquelle notre système juridique tient les dispositions du droit international ; la tentation croissante d'un apartheid européen. Dans tous ces domaines, les auteurs proposent un « état des lieux », procèdent au recensement critique des idées reçues, avancent des contre-propositions nouvelles. Et, sur la base de ce solide argumentaire, ils dénoncent avec vigueur les contre-vérités du discours gouvernemental justifiant le maintien dans la précarité de dizaines de milliers de sans-papiers.

  • Jean-Claude Charles, Haïtien exilé en France a repris à l'envers le chemin de l'exode. Cette route que plus d'un million d'Haïtiens ont suivi depuis environ 25 ans. Paris. New York, la deuxième ville haïtienne, où vivent 300000 exilés. Au nord, Otisville ; Millbrook où l'on enferme pour leur bien les enfants de l'île. Au sud, les jolies petites plages de la Floride où viennent échouer les bateaux et les corps de ceux qui ont raté le voyage. Les Bahamas, porte de l'Amérique. Porto Rico, où les autorités américaines ont implanté le tristement célèbre camp de Fort Allen. Haïti, enfin : le pays, la patrie interdite, dont il ne garde que la mémoire, et qu'il réinvente à l'aide des mots de ce peuple qui agonise et de ses mots à lui. Au bout du voyage, il recommence : Et si le blues était sans fin ?

  • Jamais les conquêtes sociales inscrites dans la législation du travail, dans celle de la Sécurité Sociale, dans celle du logement social, n'ont depuis un quart de siècle, été aussi menacées. On assiste aujourd'hui à un freinage sans précédent de l'effort social. Le souci de limiter, sinon de réduire, les dépenses s'accompagne d'une volonté non moins déterminée de restaurer la discipline et de restituer au marché une large fraction des services collectifs. La politique sociale, de plus en plus captive d'un impératif économique démesurément grossi, est dès à présent interdite d'imagination.. Appuyée sur de très nombreux exemples, documents, voici la première tentative de synthèse, "lisible", sur les nouvelles donnes de la politique sociale. Elle souhaite provoquer un large débat sur un domaine trop souvent inaccessible, qui nous concerne pourtant tous, dans tous les champs de la vie quotidienne : santé, emploi, habitat, éducation...

  • Pourquoi un recueil d'études sur l'histoire du renseignement ? Cette publication répond à un souci prioritaire du Centre d'étude d'histoire de la Défense. L'histoire du renseignement reste un domaine encore largement inexploré dans le monde universitaire français alors que, chez les Anglo-Saxons, l'étude de celui-ci est déjà bien engagée. Il convient en effet d'étudier le renseignement avec les méthodes et les outils de l'historien. Le but de cet ouvrage est donc de contribuer à dynamiser l'histoire du renseignement en France, et de démythifier le renseignement afin de rendre cette activité de l'État moins extraordinaire et, sinon plus transparente, du moins plus visible. Du renseignement dans le haut Moyen Âge occidental aux services américains aujourd'hui, en passant par le renseignement sous Napoléon, l'histoire de l'organisation du contre-espionnage français entre 1871 et 1945, le renseignement soviétique au cours de la Seconde Guerre mondiale et la lutte contre le FLN en Algérie... les 16 textes présentés ici explorent soit des périodes reculées, soit des thèmes centraux du plus vieux métier du monde...

  • Les deux dernières décennies ont été marquées par une modification profonde de la sphère dans laquelle opèrent les services de renseignement. Bien que la France ait parfois tardé à prendre le virage de la modernité faute de moyens financiers ou de volonté politique, l'appareil de renseignement français n'en aborde pas moins le XXIe siècle en présentant une physionomie qu'on ne lui connaissait pas auparavant. Au point que les consommateurs médiatiques que nous sommes tous éprouvent parfois de la difficulté à s'y retrouver dans ce qui est devenu une terra incognita des temps modernes. Création de la Direction du Renseignement Militaire, implication croissante dans les systèmes d'imagerie spatiale, émergence du renseignement économique ainsi qu'évolution des rôles dévolus au Secrétariat Général de la Défense Nationale et à la Direction Générale de la Sécurité Extérieure ne sont en effet que quelques exemples des transformations de la « communauté française du renseignement ». Alors, au sein de quelles structures et avec quels moyens les hommes et les femmes qui renseignent décideurs politiques et généraux abordent-ils le siècle prochain ? Plongée profonde au sein de ce que la France a de plus secret...

  • Que le quotidien monotone de tant de quartiers délaissés recèle des occasions d'émotions si fortes qu'elles en sont des moments essentiels pour le sens même de la vie de leurs habitants est l'argument de cet ouvrage. L'auteur s'interroge sur les relations affectives qui se nouent entre habitants et espaces publics de leur habitat. Nous sommes ainsi conviés à l'analyse de scènes qui se répètent journellement, et qui par leur ritualisation nourrissent l'identité des « habitants ». Cet ouvrage apporte un éclairage original dans le débat actuel sur l'urbain en montrant comment le quartier est avant tout une suite de lieux auxquels l'usage répété a imprimé une valeur de symboles affectivement chargés, assouvissant l'imaginaire des habitants. Tant les concepts d'identité et de symbole, que celui de quartier, sont discutés par rapport respectivement aux positions prises par les chercheurs en sciences sociales, ainsi que par les planificateurs.

  • Dans cet essai polémique, André Halimi se livre à une redoutable radioscopie du discours électoral. Aucun parti, aucun leader politique ne sort indemne de ce jeu de massacre. André Halimi tire à boulets rouges sur nos politiciens vendeurs de vent et renvoie tout le monde dos à dos. C'est que le candidat chasseur de voix n'hésite devant aucun sacrifice : dépenses triplées, équipements soudain réalisés, crédits enfin débloqués ! Des raccordements autoroutiers aux traditionnels plans d'urbanisation en passant par la création d'un terrain de pétanque, tout est bon pour recueillir ces voix tant convoitées. Le caractère éphémère des promesses électorales ne trompe personne et ce livre stimulant, sans donner de leçons, en dit plus sur notre vie politique que beaucoup d'essais réputés « sérieux ».

  • Faire Sciences-Po : le rêve des parents et l'ambition des adolescents ! Et s'asseoir sur les bancs fréquentés par Paul Claudel, par Marcel Proust, par Georges Pompidou, par François Mitterrand, par Jacques Chirac et par Laurent Fabius. Dans cette grande fabrique à patrons et à hommes d'État semble battre le coeur de trois Républiques. Sciences-Po est un mythe, mais que connaissons-nous de son histoire, de ses pratiques, de son « esprit » ? Rien, ou si peu, avant que Gérard Vincent entreprenne de sonder la mémoire de l'Institut. Des bourgeois éclairés qui, dans une France écrasée par la défaite de 1870, décident de fonder une école du savoir jusqu'aux Énarques issus de cette école du pouvoir, Gérard Vincent démonte les ressorts d'une influence et d'une réussite. Les cours d'André Siegfried ou de Raymond Barre, le parcours compliqué des étudiants des conférences de méthode aux écuries qui préparent à l'ENA, l'angoisse du « grand Oral », enfin le rôle feutré mais souvent décisif des dirigeants. Tout y est, jusqu'aux copies des « grands hommes ». Plus qu'une radiographie, ce livre est un témoignage et un hommage rendu à l'une des plus célèbres institutions de l'Université française.

  • Faire Sciences-Po : le rêve des parents et l'ambition des adolescents ! Et s'asseoir sur les bancs fréquentés par Paul Claudel, par Marcel Proust, par Georges Pompidou, par François Mitterrand, par Jacques Chirac et par Laurent Fabius. Dans cette grande fabrique à patrons et à hommes d'État semble battre le coeur de trois Républiques. Sciences-Po est un mythe, mais que connaissons-nous de son histoire, de ses pratiques, de son « esprit » ? Rien, ou si peu, avant que Gérard Vincent entreprenne de sonder la mémoire de l'Institut. Des bourgeois éclairés qui, dans une France écrasée par la défaite de 1870, décident de fonder une école du savoir jusqu'aux Énarques issus de cette école du pouvoir, Gérard Vincent démonte les ressorts d'une influence et d'une réussite. Les cours d'André Siegfried ou de Raymond Barre, le parcours compliqué des étudiants des conférences de méthode aux écuries qui préparent à l'ENA, l'angoisse du « grand Oral », enfin le rôle feutré mais souvent décisif des dirigeants. Tout y est, jusqu'aux copies des « grands hommes ». Plus qu'une radiographie, ce livre est un témoignage et un hommage rendu à l'une des plus célèbres institutions de l'Université française.

  • En 1962, René Dumont lançait un cri d'alarme : l'Afrique noire est mal partie. L'ouvrage suscita à l'époque un extraordinaire tumulte. Il valut à son auteur d'être interdit de séjour dans plusieurs capitales francophones du continent noir. Dix-huit ans plus tard, le président Senghor du Sénégal déclarait publiquement à René Dumont : À l'époque je vous ai critiqué. J'avais tort. Nous aurions dû suivre vos conseils. Combien de chefs d'État se font aujourd'hui la même réflexion amère ? En 1979 et 1980, pendant plus d'un an, René Dumont, en compagnie de Marie-France Mottin, a repris son enquête sur le terrain. Parcourant des milliers de kilomètres dans la boue et la poussière des villages, ils ont recueilli les témoignages de ceux qu'on n'entend jamais : les paysans et paysannes d'Afrique. Grâce au soutien personnel - et courageux - de plusieurs dirigeants comme les présidents Nyerere, de Tanzanie, et Kaounda, de Zambie, ils ont eu accès aux sources d'information ordinairement inaccessibles. Leur témoignage est accablant pour l'Afrique. Et pour l'Occident. Affamée, étranglée, assistée, humiliée, devenue champ de manoeuvre et terre de pillage pour l'Occident, l'Afrique peut-elle échapper au désastre absolu ?

  • C'est le secret le mieux gardé en France. Les Anglais, les Américains savent tout de la vie sexuelle de leurs élus. Et nous, rien. François Mitterrand ne se retourne-t-il que sur les jolies filles ? Quelle est la posture préférée de Giscard ? Pourquoi Pierre Mauroy circule-t-il à bord d'une grosse Ferrari rouge ? Quand Chirac a-t-il hurlé Arrête Margaret ? Qu'est-ce que l'acte unique ? Tout ça, c'est des vraies questions. Mais même Alain Duhamel à L'heure de vérité n'a pas osé. Et pourtant... Il y a aussi Balladur, la Cicciolina, un député de l'Aveyron, Béatrice Dalle, Félix Faure, un ministre des préservatifs, des singes priapiques, et Anne Sinclair. Évidemment, cette initiation insolente et jubilatoire risque de ne pas faire rire, mais alors pas du tout, la classe politique. Après Crac-Crac, avec eux, rien ne sera plus tout à fait comme avant.

  • Les mots, qu'ils soient anciens ou neufs, courants ou rares, ont du talent. Mais ils ont tendance à somnoler, à s'endormir, car l'usage, ce tyran, fait son travail : il use... Réchauffer les paroles gelées, aller rechercher leurs vertus enfouies, nous rendre notre bien et notre beau - mille ans de langue française et de gai savoir -, voilà l'idée. À travers gros dicos et brèves chroniques de radio, Alain Rey célèbre et secoue le patrimoine de notre langage : la saison électorale 1994-1995 dans son babil, c'était l'occasion de piéger la parole, de lui faire rendre sa part de vérité, et de rêve.

  • Fonctionnaire, "service public" : pour les uns c'est l'horreur bureaucratique, pour les autres c'est la fierté nationale. Pierre Bauby entend démontrer ici non seulement que cette opposition est une illusion mais de plus qu'elle bloque toute évolution qui permettrait aux services publics de coller à leur époque.

  • Un cadavre identifié grâce à des détails infimes ; un assassin capturé à cause de taches de sang effacées, dont il restait des traces microscopiques... Aujourd'hui, de nombreuses enquêtes sont résolues par des hommes qui ressemblent plus à des scientifiques de laboratoire, qu'à des Maigret fumant la pipe. Entre les discours alarmistes qui montrent la police restée à l'ère préhistorique, et ceux, trop idylliques, qui la présentent en pleine science-fiction, il existe une vérité que Frédéric Charpier analyse dans le détail. Loin des clichés type Inspecteur la Bavure ou flic super-héros, les policiers actuels sont en pleine mutation. Mais qui dit mutation, dit aussi contrastes, retards, querelles, cabales. Guide averti, à partir d'entretiens et de documents internes étonnants, l'auteur a pris son ticket d'entrée au pays des nouveaux flics. Essentiellement ceux de la PTS, la police technique et scientifique, phare de cette rénovation. Une modernisation racontée par le menu, voulue et entamée par un ministre de l'Intérieur socialiste : Pierre Joxe. Mais pour quelles raisons obscures tant de ministres successifs avaient-ils laissé un tel retard s'accumuler ? Au fil de cette enquête d'investigation, écrite sans parti pris ni complaisance, l'auteur rappelle l'épopée de Bertillon, et les manoeuvres du tristement célèbre Bousquet ; revient sur l'affaire Khaled Kelkal, montrant l'action de la police scientifique dans le démantèlement du réseau terroriste ; décortique le rôle majeur de Jacques Genthial, ainsi que l'incroyable entreprise de déstabilisation orchestrée contre le patron de la police judiciaire, Claude Cancès. Il apporte aussi, sur l'explosion de l'avion de la TWA, pulvérisé au large de Long Island en juillet 1996, des pièces inédites.

  • Après la parution retentissante de Kremlin-PCF, Jean Fabien a décidé d'écrire ce récit explosif, La guerre des camarades, un voyage incroyable à travers les PC occidentaux défiant, en vain, l'écrasante puissance soviétique. La guerre des camarades, un témoignage cruel sur l'histoire cachée du PCF, des révélations qui expliquent le déclin du Parti. La guerre des camarades, un titre terrible pour une guerre que n'avait pas prévue Marx : la guerre entre partis communistes, la guerre entre frères.

  • A la suite des changements récents à l'Est, la question des identités nationales en Europe resurgit avec force. La France a, en ce domaine, une position singulière puisque le sentiment d'identité nationale y est ancien et fort. La contestation de l'extrême centralisme français est rarement une mise en cause réelle de l'identité nationale : elle s'intègre même, sous la IIIe République, dans la recherche d'un consensus social et politique. De la naissance du terme "régionalisme", à la fin du XIXe siècle, jusqu'à son utilisation par le régime de Vichy, on voit ici comment la célébration des "petites patries" s'inscrit dans le discours global sur la beauté de la patrie française. A travers l'abondante littérature régionaliste de langue française, aujourd'hui peu connue, est analysée la construction du tableau de la France, tel qu'il s'impose aujourd'hui encore dans les mentalités. Parallèlement aux études ethnographiques naissantes, la littérature régionaliste de la IIIe République a élaboré des représentations du monde rural et provincial, diffusées ensuite par l'enseignement primaire pendant des décennies. Les écrivains régionalistes ont également tenté, en vain, de lutter contre le centralisme intellectuel et la suprématie parisienne en créant des associations provinciales, locales et fédérales.

  • Le discours est l'instrument par excellence du débat démocratique. Contre les émotions instantanées sur lesquelles joue la médiacratie, il cherche à réintroduire le temps long de l'argumentation raisonnée. Contre la réduction des hommes au statut de consommateur par la sondocratie, il cherche à s'adresser au citoyen. Contre le conformisme propre à la tyrannie cathodique, il cherche à réintroduire la contradiction. Voici donc les raisons qui me font croire que le renouveau de notre démocratie, et la réhabilitation du politique, sont indissociables du retour au premier plan de la parole publique. Voici pourquoi, au moment où la France s'apprête à engager le grand débat qui déterminera ses choix pour cette fin de siècle, j'ai accepté volontiers de publier ces textes, qui témoignent à la fois d'une conception de la politique et d'une vision de la République. Philippe Séguin

  • Ce livre est le fruit d'une enquête de plusieurs mois menée au coeur d'une ville tombée aux mains du Front national : Toulon. L'auteur, à partir de nombreux témoignages inédits, nous fait comprendre les causes de l'ascension du Front national dans cette ville, dévoile ses réseaux en tout genre, politiques, économique ou mafieux..., met à jour les facettes d'une cité du Var marquée par les scandales, la corruption et les mises en garde à vue. Virginie Martin n'essaie pas seulement d'élucider le mystère toulonnais dans le contexte varois, de l'assassinat de Yann Piat et de Jean-Claude Poulet-Dachary, au rôle joué par Maurice Arreckx, ses dauphins ou ses concurrents. Elle met en perspective une victoire patiemment préparée par le travail d'un parti politique, le Front national, qui a fait de Toulon, avec d'autres villes, un laboratoire pour expérimenter ses idées. La compréhension de cette expérience est indispensable à celle de l'enracinement du Front national en France.

  • Les textes de référence sont reproduits dans leur quasi-intégralité, et complétés par d'indispensables analyses juridiques, historiques et philosophiques.

  • Tout semble opposer l'Europe et le tiers monde, et pourtant une donnée fondamentale les rapproche : ils appartiennent, l'un et l'autre, à ces zones géopolitiques du monde qui ne se confondent pas avec les superpuissances américaine et soviétique et pourraient, demain, s'aider mutuellement à ébaucher une troisième voie. Ce livre rappelle, tout d'abord, les avatars de l'idéologie coloniale, et l'étrange destin du tiers mondisme depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. On y verra que les clivages habituels entre la droite et la gauche, ont rarement correspondu à la réalité des forces en présence. Et que ce n'est peut-être pas un hasard si un nouveau tiers mondisme, très différent du précédent, se dessine aujourd'hui. La situation actuelle du tiers monde fait apparaître la responsabilité des idéologies dominantes dans l'état de subordination qui est le sien. La notion de développement doit être mise en question. Les solutions libérales et socialistes sont pareillement inadaptées. Un nouvel ordre économique international, exige la constitution de grandes zones de développement autoconcentrées, seules capables de restituer au monde la diversité qui en fait la richesse. Idéologie des droits de l'homme ou défense de la cause des peuples ? Il parait qu'il faut choisir. Le choix, ici, est sans ambiguïté : à l'heure de l'uniformité mondialiste, de la mort des cultures enracinées et des modes de vie différenciés, les peuples doivent construire leur destinée propre à l'écart des séductions de l'Ouest et des sirènes de l'Est. Défendre le tiers monde, c'est prôner le non-alignement. C'est rompre avec l'obsession de l'économie, propre à l'idéologie occidentale. C'est anticiper, enfin, sur les nouveaux clivages de demain.

  • La République corrompue ? Mais par quoi ? Haut fonctionnaire avant de devenir le héros d'une fameuse affaire, Yves Chalier répond. Cette corruption, qui commence seulement à apparaître au grand jour avec chaque nouveau scandale, est celle du secret, du népotisme, des abus de pouvoir, mais aussi de l'argent. La politique africaine de la France ? Une mascarade qui permet d'abord aux élites locales de s'enrichir. L'influence réelle des ministres ? Entourés par des cabinets aux mains des grands corps de l'État, parfois placés sur écoutes téléphoniques, ils sont réduits à faire de la figuration. Les fonds secrets ? Des caisses noires gérées en toute liberté par nos dirigeants, situation unique dans les pays développés. Les contre-pouvoirs ? Ni le Parlement, ni les organismes de contrôle ni même, trop souvent hélas, la justice ne peuvent ou ne veulent jouer leur rôle. Exemples à l'appui, Yves Chalier, qui a vu fonctionner pendant quinze ans ce système dont il a été indirectement complice - avec beaucoup d'autres ! -, dénonce, dans La République corrompue, livre féroce et bien informé, les dérives de cette démocratie française qui a pu passer naguère pour un modèle.

  • Ce livre répond aux questions que se sont posées tous ceux que l'attitude de François Mitterrand à l'égard d'Israël et, au-delà, de la communauté juive, a pu déconcerter. Rompant avec d'anciennes prudences, il inaugure le premier voyage officiel d'un président de la République en Israël, en mars 1982. Neuf mois après avoir condamné sévèrement le raid israélien sur la centrale nucléaire irakienne de Tamouz. Dès son arrivée au pouvoir, il annule l'avis Barre qui encourageait le commerce avec les pays arabes, mais sauve, quelques années plus tard, l'OLP, dont les troupes étaient acculées dans le réduit libanais. Les auteurs analysent aussi le rapport de forces, les rivalités et les tensions qui divisent parfois les institutions de la communauté juive et le poids des hommes qui l'ont dirigée depuis deux décennies. Une enquête qui dérangera peut-être par sa liberté de ton. Mais voilà un livre qui nous dévoile, en tout cas, des aspects inattendus de la personnalité de François Mitterrand et éclaire les relations, à la fois privilégiées et conflictuelles, qu'il entretient avec la communauté juive.

empty