• Pièce en deux actes pour cinq personnages écrite en français entre 1948 et 1949.
    Première publication aux Éditions de Minuit en 1952.

    « Vous me demandez mes idées sur En attendant Godot, dont vous me faites l'honneur de donner des extraits au Club d'essai, et en même temps mes idées sur le théâtre.
    Je n'ai pas d'idées sur le théâtre. Je n'y connais rien. Je n'y vais pas. C'est admissible.
    Ce qui l'est sans doute moins, c'est d'abord, dans ces conditions, d'écrire une pièce, et ensuite, l'ayant fait, de ne pas avoir d'idées sur elle non plus.
    C'est malheureusement mon cas.
    Il n'est pas donné à tous de pouvoir passer du monde qui s'ouvre sous la page à celui des profits et pertes, et retour, imperturbable, comme entre le turbin et le Café du Commerce.
    Je ne sais pas plus sur cette pièce que celui qui arrive à la lire avec attention.
    Je ne sais pas dans quel esprit je l'ai écrite.
    Je ne sais pas plus sur les personnages que ce qu'ils disent, ce qu'ils font et ce qui leur arrive. De leur aspect j'ai dû indiquer le peu que j'ai pu entrevoir. Les chapeaux melon par exemple.
    Je ne sais pas qui est Godot. Je ne sais même pas, surtout pas, s'il existe. Et je ne sais pas s'ils y croient ou non, les deux qui l'attendent.
    Les deux autres qui passent vers la fin de chacun des deux actes, ça doit être pour rompre la monotonie.
    Tout ce que j'ai pu savoir, je l'ai montré. Ce n'est pas beaucoup. Mais ça me suffit, et largement. Je dirai même que je me serais contenté de moins.
    Quant à vouloir trouver à tout cela un sens plus large et plus élevé, à emporter après le spectacle, avec le programme et les esquimaux, je suis incapable d'en voir l'intérêt. Mais ce doit être possible.
    Je n'y suis plus et je n'y serai plus jamais. Estragon, Vladimir, Pozzo, Lucky, leur temps et leur espace, je n'ai pu les connaître un peu que très loin du besoin de comprendre. Ils vous doivent des comptes peut-être. Qu'ils se débrouillent. Sans moi. Eux et moi nous sommes quittes. »
    (Samuel Beckett, Lettre à Michel Polac, janvier 1952)

  • Oh les beaux jours : pièce en deux actes pour deux personnages, écrite en anglais entre 1960 et 1961. Traduite en français par l'auteur en 1962. La première représentation, avec Madeleine Renaud dans le rôle de Winnie et Jean-Louis Barrault dans celui de Willie, eut lieu en septembre 1963 au Festival du Théâtre de Venise, où elle remporta un immense succès. Fin octobre 1963, la pièce fut reprise par ces mêmes acteurs à Paris au Théâtre de l'Odéon. Elle a figuré ensuite durant de très nombreuses années au répertoire de la Compagnie Renaud-Barrault.
    La traduction française de l'auteur est parue aux Éditions de Minuit en 1963.

    Pas moi : pièce en un acte pour une bouche, écrite en anglais, traduite en français par l'auteur en 1973.

  • Fin de partie

    Samuel Beckett

    Pièce en un acte pour quatre personnages, écrite en français entre 1954 et 1956.
    Première publication aux Éditions de Minuit en 1957.

    « Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour.
    Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à chercher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non ? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin.
    Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique. » (Roger Blin)

  • La beauté du ciel

    Sarah Biasini

    « Un matin de mai, le téléphone sonne, je réponds, "Bonjour, gendarmerie de Mantes-la-Jolie, la tombe de votre mère a été profanée dans la nuit."  »Une femme écrit à sa fille qui vient de naître. Elle lui parle de ses joies, ses peines, ses angoisses, et surtout d'une absence, celle de sa propre mère, Romy Schneider.  Car cette mère n'est pas n'importe quelle femme. Il s'agit d'une grande star de cinéma, inoubliable pour tous ceux qui croisent le chemin de sa fille.Dans un récit fulgurant, hanté par le manque, Sarah Biasini se livre et explore son rapport à sa mère, à la mort, à l'amour. Un texte poétique, rythmé comme le ressac, où reviennent sans cesse ces questions :  comment grandir quand on a perdu sa mère à quatre ans ? Comment vivre lorsqu'on est habitée par la mort et qu'elle a emporté tant de proches ? Comment faire le deuil d'une mère que le monde entier idolâtre ?  Comment devenir à son tour mère ? La réponse, l'auteure la porte en elle-même, dans son héritage familial, dans l'amour qu'elle voue à ses proches, à ses amis, à ces figures féminines qui l'ont élevée comment autant d'autres mères. Le livre de la vie, envers et contre tout. 

  • Un trajet invraisemblable, un personnage mythique, un héros comme Samson ou Goliath, monstres de force, abattus finalement par un caillou ou par une femme.

    Roberto Zucco est paru en 1990.

  • Je passe ma convalescence à Ostende, immobilisé dans un fauteuil roulant, après avoir été victime d'un attentat. Les travaux qui ont commencé sur le toit du casino bouchent progressivement la vue de ma fenêtre. Le jour n'entre quasiment plus dans l'appartement, mon horizon se scelle, le paysage disparaît irrémédiablement.

    Création aux Bouffes du Nord le 12 janvier 2021.

  • Le Tartuffe

    Molière

    Edition enrichie (Préface, notes, commentaires sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Un faux dévot s'installe dans la famille d'Orgon dont il fait sa dupe, y vit grassement et manifeste une assez vive sensualité pour courtiser la maîtresse de maison - avant d'être finalement démasqué. Le sujet de sa pièce, Molière dut longuement batailler pour finalement l'imposer en 1669, car, à sa première représentation à Versailles, la comédie avait été jugée dangereuse : s'il décriait les apparences de la vertu, Molière ne rendait-il pas également suspects les dévots authentiques ?
    Car tel est bien l'enjeu sérieux de la pièce : percer à jour l'hypocrisie tout en nous incitant à méditer sur le déguisement et la métamorphose. Mais Le Tartuffe est aussi une comédie de moeurs et de caractères où la farce peu à peu s'inßéchit vers le drame et cependant s'harmonise parfaitement avec lui. Molière fait preuve ici d'un métier admirable pour faire passer le spectateur du rire franc à la plus délicate émotion, de la gaieté la plus vive à la réflexion la plus grave, et parfois la plus sombre.
    Edition de Jean-Pierre Collinet. 

  • Edition enrichie (Introduction, notes, dossier et commentaires sur l'oeuvre, notices, chronologie et bibliographie)« Trahi de toutes parts, accablé d'injustices, Je vais sortir d'un gouffre où triomphent les vices ; Et chercher sur la terre un endroit écarté Où d'être homme d'honneur, on ait la liberté. »
    Au moment où il quitte la scène, Alceste quitte également le monde auquel il s'est heurté, et le vrai sujet de la comédie est bien la confrontation du misanthrope et de ce milieu mondain qu'il récuse : par philosophie, certainement, mais également par cet esprit chagrin d'atrabilaire qui en fait l'ennemi de toute sociabilité, comme le montre la manière incongrue et bourrue dont il témoigne à Célimène un amour qui prend à rebours les règles de la galanterie.
    Cet extravagant est donc certainement ridicule. Mais comment lui reprocher, néanmoins, l'intransigeante pratique des vertus de sincérité, de justice et de droiture ? Parce que Alceste dénonce le monde, c'est bien lui qui permet à Molière, en 1666, de nous en donner une image véritable - jusque dans ses contradictions.
    Edition de Claude Bourqui. 

  • Édition enrichie d'Yves Bonnefoy comportant une préface et un dossier sur l'oeuvre.

    HAMLET
    Voici l'heure sinistre de la nuit,
    L'heure des tombes qui s'ouvrent, celle où l'enfer
    Souffle au-dehors sa peste sur le monde.
    Maintenant je pourrais boire le sang chaud
    Et faire ce travail funeste que le jour
    Frissonnerait de voir... Mais, paix ! D'abord ma mère.
    Oh, n'oublie pas, mon coeur, qui elle est. Que jamais
    Une âme de Néron ne hante ta vigueur!
    Sois féroce mais non dénaturé.
    Mes mots seuls la poignarderont ; c'est en cela
    Que mon âme et ma voix seront hypocrites ;
    Mon âme! aussi cinglantes soient mes paroles,
    Ne consens pas à les marquer du sceau des actes!

    (Acte III, scène II).

  • Qu'est-ce qu'un bébé ?
    Pourquoi si peu de bébés dans la littérature ?
    Que faire des discours qui les entourent ?
    Pourquoi dit-on "bébé" et pas "le bébé" ?
    Qu'est-ce qu'une mère ? Et pourquoi les femmes plutôt que les hommes ?

  • Édition enrichie de Jacques Body comportant une préface et un dossier sur le roman.

    Une nouvelle guerre, quand la précédente s'achève à peine, et qu'on a juré qu'elle serait la dernière ? Et que la prochaine s'annonce perdue d'avance ? Deux heures pour faire défiler le personnel de l'Iliade, plus près de la tragédie que de l'opérette. La tribu royale, assemblage de belle-mère, de belles-soeurs et de beau-père, est bouleversée par l'arrivée d'une bru un peu trop voyante : la belle Hélène remise en scène en femme fatale.

    La guerre de Troie n'aura pas lieu, créée par Louis Jouvet à la fin de l'année 1935, d'abord brûlante de l'actualité d'avant-guerre, s'est révélée intemporelle. La plus célèbre pièce de Jean Giraudoux a été traduite de pays en pays et reprise de guerre en guerre et de siècle en siècle. La guerre est-elle fatale ? Deux heures d'angoisse éclairées par l'humour, politesse du désespoir.

  • Durant l'absence de leurs pères respectifs, Octave s'est marié en secret avec Hyacinthe, jeune fille pauvre au passé mystérieux, et Léandre est tombé amoureux d'une Égyptienne, Zerbinette...

  • « Si un chien rencontre un chat - par hasard, ou tout simplement par probabilité, parce qu'il y a tant de chiens et de chats sur un même territoire qu'ils ne peuvent pas, à la fin, ne pas se croiser ; si deux hommes, deux espèces contraires, sans histoire commune, sans langage familier, se trouvent par fatalité face à face - non pas dans la foule ni en pleine lumière, car la foule et la lumière dissimulent les visages et les natures, mais sur un terrain neutre et désert, plat, silencieux, où l'on se voit de loin, où l'on s'entend marcher, un lieu qui interdit l'indifférence, ou le détour, ou la fuite ; lorsqu'ils s'arrêtent l'un en face de l'autre, il n'existe rien d'autre entre eux que de l'hostilité - qui n'est pas un sentiment, mais un acte, un acte d'ennemis, un acte de guerre sans motif. » (B.-M. K.)

    Dans la solitude des champs de coton est paru en 1986.

  • Roi du Paris de la Belle Époque et dramaturge de génie, Georges Feydeau (1862-1921) a dédié sa vie à distraire ses contemporains tout en les caricaturant. Aujourd'hui encore, ses « machines à rire » fonctionnent à plein.

    Un Fil à la Patte, Le Dindon, La Puce à l'oreille, N'te promène donc pas toute nue !, On purge Bébé... Depuis 1886, les spectateurs s'esclaffent au diapason de la plume alerte et chatouilleuse de Georges Feydeau. À quoi tient ce succès ? Au génie. Celui du comique, car il est le maître des situations irrésistibles autant que celui de la langue française avec laquelle il jongle brillamment.

    Sous les mots de Feydeau, l'art dramatique est une horlogerie de la bonne humeur grâce à l'incontournable trio « mari-femme-amant » et ses dérivés : le désir, la fidélité, la tentation, la jalousie, la vengeance, mais aussi l'argent, la vanité et les plaisirs. Fin observateur de la bourgeoisie rentière et arrogante de la IIIe République, il raille ses contemporains sans jamais les mépriser.

    Homme de plume et amoureux du théâtre, Christophe Barbier nous montre combien l'art de Feydeau est intemporel. En scrutant malicieusement la nature humaine, son théâtre nous ramène à une salutaire humilité tout en nous faisant du bien. Du grand art.

  • Sganarelle se trouve dans une situation périlleuse : voici que, par une ruse vengeresse, sa femme le fait passer pour un médecin. Le vieux Géronte, qui l'a fait mander pour guérir sa fille, se laisse bientôt convaincre par le charabia scientifique et les explications peu orthodoxes de l'étonnant docteur... Mais, comble de l'ironie, le faux médecin a affaire à une fausse malade !
    Dans cette pièce publiée en 1666, Molière emprunte au genre de la farce ses ressorts comiques pour nous faire rire de l'arrogance des guérisseurs et de la naïveté de ceux qui leur accordent une confiance sans bornes.

    o Objets d'étude : Résister au plus fort : ruses, mensonges et masques [6e] / Avec autrui : familles, amis, réseaux [5e]
    /> o Dossier pédagogique : Cinq fiches pour saisir les enjeux de l'oeuvre
    o Prolongement : La Leçon d'anatomie du docteur Tulp, de Rembrandt.

  • Le roi Lear Nouv.

    Une édition bilingue du classique Le Roi Lear de William Shakespeare dans sa version intégrale, avec une traduction inédite en poche de Gilles Monsarrat, adoubée par Pierre Assouline.
    Pour prévenir l'éclatement d'une guerre civile, le roi Lear décide de diviser son royaume entre ses trois filles. La plus large part sera offerte à celle qui lui déclarera le mieux son amour. Les deux aînées, hypocrites, flattent leur père ; la benjamine, Cordélie, se montre plus réservée. Blessé dans son orgueil, Lear déshérite la seule qui l'aime d'un amour véritable et, bientôt abandonné de tous, sombre dans la folie. Écrit entre 1603 et 1606, Le Roi Lear compte parmi les plus grands classiques de la littérature mondiale. Ce volume en propose à la fois une traduction inédite en poche par l'un des plus grands spécialistes français de Shakespeare, Gilles Monsarrat, et le texte original dans l'édition d'Oxford.

  • « Combat de nègre et de chiens ne parle pas, en tout cas, de l'Afrique et des Noirs - je ne suis pas un auteur africain -, elle ne raconte ni le néocolonialisme ni la question raciale. Elle n'émet certainement aucun avis.
    Elle parle simplement d'un lieu du monde. On rencontre parfois des lieux qui sont des sortes de métaphores, de la vie ou d'un aspect de la vie, ou de quelque chose qui me paraît grave et évident, comme chez Conrad par exemple les rivières qui remontent dans la jungle... J'avais été pendant un mois en Afrique sur un chantier de travaux publics, voir des amis. Imaginez, en pleine brousse, une petite cité de cinq, six maisons, entourée de barbelés, avec des miradors ; et, à l'intérieur, une dizaine de Blancs qui vivent, plus ou moins terrorisés par l'extérieur, avec des gardiens noirs, armés, tout autour. C'était peu de temps après la guerre du Biafra, et des bandes de pillards sillonnaient la région. Les gardes, la nuit, pour ne pas s'endormir, s'appelaient avec des bruits très bizarres qu'ils faisaient avec la gorge... Et ça tournait tout le temps. C'est ça qui m'avait décidé à écrire cette pièce, le cri des gardes. Et à l'intérieur de ce cercle se déroulaient des drames petits-bourgeois comme il pourrait s'en dérouler dans le seizième arrondissement : le chef de chantier qui couchait avec la femme du contremaître, des choses comme ça...
    Ma pièce parle peut-être un peu de la France et des Blancs : une chose vue de loin, déplacée, devient parfois plus déchiffrable. Elle parle surtout de trois êtres humains isolés dans un lieu du monde qui leur est étranger, entourés de gardiens énigmatiques. J'ai cru - et je crois encore - que raconter le cri de ces gardes entendu au fond de l'Afrique, le territoire d'inquiétude et de solitude qu'il délimite, c'était un sujet qui avait son importance. » (B.-M. K.)

    Ce texte, paru aux Éditions de Minuit en janvier 1990, est suivi de notes (Carnets de Combat de nègre et de chiens).

  • Après avoir fait marcher sa troupe de théâtre itinérant le long des routes de France, (7 000 kilomètre à pied) Philippe Fenwick conçoit en 2011 un projet fou, énorme : jouer dans le plus de villes possibles le long des voies ferrées qui relient Brest à Vladivostok. Reste à trouver une histoire en français et en russe, un spectacle accueillant comédiens, musiciens, circassiens. Ce sera les souvenirs et les délires de Jacques Mercier, vedette d'un music-hall brestois, vivant reclus depuis la fermeture de celui-ci. Au début de l'aventure, année culturelle France-Russie, tout s'enchaîne à merveille, une subvention conséquente est même allouée à la troupe. Mais, très vite, les promesses sont retirées et les problèmes administratifs, techniques, sentimentaux menacent de plomber l'odyssée. Face à la débâcle annoncée, Fenwick, entre euphorie et désespoir, s'acharne. Le projet tourne à l'obsession. Il erre dans les couloirs du ministère de la Culture à la recherche du mystérieux bureau A, chargé de distribuer les subventions, réécrit le spectacle pour qu'il tienne avec huit comédiens et dix-sept valises, supplie sa femme de ne pas le quitter. Jusqu'au départ pour Vladivostok.   Elevé par une grand-mère russe, issu d'une famille ayant fait fortune dans les chariots- élévateurs, défenseur d'un théâtre en mouvement, Philippe Fenwick est en lui-même un personnage de roman. Si « Atavisme », sa pièce de théâtre franco-russe est bien parvenu jusqu'à Vladivostok, son Journal d'un enthousiaste joue des illusions, des faux-semblants. Tout est vrai, tout est faux. À commencer par le double de l'auteur, Jacques Mercier.

  • La danse contemporaine, née avec Merce Cunningham d'une rupture avec le ballet classique, est aujourd'hui l'une des formes artistiques les plus surprenantes et les plus vivantes de la création artistique. Sensible à l'état du monde, elle montre souvent le chaos mais préfigure également à travers les relations entre les danseurs de nouvelles formes de lien social. Avec une partie du théâtre actuel dans ce qu'il a de plus vigoureux, elle permet de réintégrer dans la connaissance une dimension du sensible largement méconnue par la pensée occidentale : le souffle. Ces deux activités, à l'instar des traditions artistiques asiatiques, ne consistent pas tant à exprimer des formes qu'à capter des forces. Elles sont animées par une énergie d'incorporation et d'extériorisation qui posent une série d'interrogation : les relations entre le regard et l'écoute, le corps et le langage, les voies du dire et du non-dire, la transformation du temps en espace.
    À l'heure de la communication à distance, des écrans, des médias, des multimédias, ces arts du spectacle vivant permettent de ne pas nous laisser happer par le virtuel et de revenir au réel tout en nous faisant percevoir d'autres manières d'exister. Ils créent de la pensée. Non pas un mouvement de pensée mais une pensée en mouvement.

  • Roselys entre à la cour de Trianon !
    A seize ans, Roselys d'Angemont, qui a grandi dans un château de province entre un père capitaine et une mère adepte de Rousseau, aime grimper aux arbres et manie l'épée à merveille. Hélas ! Ses parents décident qu'il est temps pour elle d'avoir une vraie vie de demoiselle. Finis les vêtements d'homme, les leçons d'escrime et les escapades. Roselys, à contrecoeur, part pour Paris chez une de ses tantes. Elle y fait la connaissance de sa cousine Rose-Aimée, gracieuse et timide, avec qui par chance elle s'entend d'emblée. Bientôt, elles sont présentées ensemble à Trianon. Marie-Antoinette, qui s'est prise de passion pour le théâtre, cherche une personne de confiance pour l'aider à répéter ses rôles. Les répétitions commencent... Rose-Aimée bafouille, rougit, se perd dans son texte, et ne parvient pas à donner la réplique à la reine. Roselys la remplace au pied levé, à la grande satisfaction de Marie-Antoinette. Les jours suivants, Roselys profite d'être à Trianon pour enquêter sur le jeune noble Etienne de Valsens, avec qui elle s'est déjà battue en duel et qu'on destine à sa cousine. Une nuit, déguisée en homme afin de l'espionner, la jeune fille tombe sur une assemblée d'une trentaine de personnes. Il s'agit d'une société secrète : « les Enfants de Thémis » qui entend punir les personnages hauts placés malhonnêtes, comme le fermier général Féron. Fascinée, Roselys aimerait en faire partie...

  • Edition enrichie (Préface, notes, biographie et bibliographie)
    Lorsque Raymonde Chandebise découvre, dans un colis adressé à son mari, une paire de bretelles oubliée dans un hôtel peu fréquentable, elle le soupçonne immédiatement d'adultère. Elle décide de lui tendre un piège et, avec la complicité de son amie Lucienne, lui donne rendez-vous anonymement dans ce même hôtel. L'époux de Lucienne tombe par hasard sur la missive et, reconnaissant l'écriture de sa femme, imagine à son tour être trompé. Quant à Chandebise, il envoie son ami Tournel au rendez-vous. Tout ce beau monde se retrouve donc à l'hôtel du Minet-Galant, à Montretout, où travaille Poche, un garçon d'étage sosie de Chandebise...
    Dans ce vaudeville aux mille éclats, quiproquos, stratagèmes et mensonges se succèdent à toute allure et Feydeau démontre, une fois de plus, toute l'ampleur de son génie comique.Édition de Violaine Heyraud.

  • "Peter Brook n'est pas seulement un metteur en scène et pas seulement un théoricien, même pragmatique, du théâtre. Sans l'avouer, du moins dans ce livre, il a de plus grandes ambitions. Le théâtre est pour lui, à coup sûr, une fin. Mais il est aussi le moyen de fonder et d'entretenir une communauté d'hommes et de femmes capables de porter atteinte, par leur seul exemple, à un ordre établi, d'apporter une inquiétude et un bonheur que d'autres arts du spectacle, trop dépendants des forces économiques qu'ils pourraient dénoncer, ne peuvent faire éclore.
    Voici un livre indispensable à ceux qui aiment le théâtre et à ceux qui ne l'aiment pas. A ceux qui en font et à ceux qui y assistent. Car il y est autant question du public que des interprètes, acteurs ou metteurs en scène, grâce auxquels le théâtre, écrit ou non écrit, peut vivre."
    Extraits de la préface de Guy Dumur

  • Nous sommes à Paris, au 17e siècle. Le jeune Cléandre a pris l'habitude d'accompagner sa mère au théâtre, où elle confectionne les costumes de la troupe du grand Molière. Cléandre, lui, rend de menus services, s'occupe de peindre les décors... Il n'a pas les yeux dans ses poches, et quand la cassette contenant la recette d'une représentation disparaît, il est prêt à tout pour débusquer le coupable...

  • « Dans une ville de province à l'est de la France, au début des années soixante, Mathilde Serpenoise retrouve la maison familiale qu'elle a quittée quinze ans auparavant. Revenant d'Algérie avec bagages et enfants, elle est violemment accueillie par son frère qui l'accuse de fuir la guerre et de revendiquer son héritage.
    Une bourgeoisie qui se dispute obstinément comme des paysans qui se souviennent éternellement des conflits de village sans en connaître l'origine et qui connaissent chaque borne de leur terrain malgré les ventes, les hypothèques et les abandons ancestraux. »
    Bernard-Marie Koltès

    Cet ouvrage est paru en 1988. La pièce a été créée au théâtre du Rond-Point, à Paris, le 28 septembre 1988, dans une mise en scène de Patrice Chéreau, avec Jacqueline Maillan et Michel Piccoli.

    Cent ans d'histoire de la famille Serpenoise est un court texte de Koltès initialement paru dans Le Républicain lorrain en octobre 1988, et repris dans la présente édition en 2006.

empty