• Au début du XXe siècle, sous l'égide de l'Organisation sioniste mondiale, les fondements de l'État d'Israël tel que nous le connaissons sont posés. Coup de tonnerre : en 1905, Israel Zangwill quitte l'organisation dont il est un membre historique. Partisan de la création d'un État juif, il demeure sceptique quant à l'idée de le localiser en Palestine. À la fin de sa vie, Zangwill résume ses positions dans un ouvrage majeur, où il propose même une relecture de l'Ancien Testament.Il réconcilie le projet d'un État juif avec des idéaux pacifistes, humanistes, et révolutionnaires. Il se montre tout aussi soucieux de préserver son peuple de la montée des périls, que de respecter l'occupation historique du territoire convoité. Nécessairement, son propos prend aujourd'hui une lueur particulière.

    Israel Zangwill (1864-1926) est un écrivain, essayiste et journaliste britannique. Il connaîtra un certain succès littéraire. Conscient des dangers qui menacent les juifs à la fin du XIXe siècle, il s'interroge sur la survie de son peuple et envisage la création d'un État juif. Critique envers les visées coloniales de l'Organisation sioniste mondiale, il la quitte en 1905. Il fonde alors l'Organisation juive territorialiste qui entend créer un État juif hors de la Palestine.

  • Qui est mon maître ? à l'écoute de notre maître intérieur Nouv.

    Un nouveau texte du théologien Jean-Yves Leloup, auteur de nombreux ouvrages de référence sur les origines du christianisme et la rencontre des religions, ainsi que de nouvelles traductions et interprétations de textes sacrés.
    Qui oriente mes désirs, mes pensées ?
    À qui puis-je accorder ma confiance ou ma foi ?
    Qui a autorité sur moi ?
    Lorsqu'il vient à notre rencontre dans les moments où nous sommes troublés ou perdus, notre maître intérieur nous lie à la Présence Intérieure qui nous ramène au coeur de notre existence.
    Afin de nous guider sur le chemin, Jean-Yves Leloup fait appel aux recherches de la psychologie contemporaine comme à l'intuition poétique, particulièrement celle de Rainer Maria Rilke, dont il relit de façon éclairante les Lettres à un jeune poète.
    Évoquant la présence des anges au sein des grandes traditions spirituelles, ainsi que dans les Dialogues avec l'ange transmis par Gitta Mallasz, il nous incite à écouter avec attention cette Voix qui nous parle, nous enseigne, nous guide... au plus intime de nous-même.

  • Le rêve de la Terre Nouv.

    Le rêve de la Terre

    Thomas Berry

    Un grand classique enfin en français
    Publié en 1988 et enfin accessible en langue française, Le rêve de la Terre s'est imposé comme un livre de référence incontournable pour la pensée écologiste. Historien des cultures réputé, Thomas Berry n'y présente rien de moins qu'un nouveau cadre intellectuel et éthique en partant du principe que le bien-être de la planète est l'aune à laquelle doit se mesurer toute activité humaine.
    En puisant dans la sagesse philosophique occidentale, la pensée asiatique, les traditions des Autochtones d'Amérique, aussi bien que dans la physique contemporaine et la biologie évolutive, Berry propose une nouvelle perspective qui modifie notre regard sur la science, la technologie, la politique, la religion, l'écologie et l'éducation. Il nous alerte sur la nécessité d'un renouveau de la planète Terre, pour mieux nous libérer de la transe technologique qui alimente le mirage d'un progrès infini. Ce n'est qu'alors, suggère-t-il, que nous pourrons développer une relation mutuellement bénéfique entre les humains et la Terre et guérir ainsi une biosphère traumatisée.

  • Le credo : le texte le plus récité par l'humanité à travers les siècles. Mais que signifie-t-il vraiment ? Ce commentaire du plus grand docteur de l'Église constitue aussi sa propre confession de foi en toute simplicité. Un livre étonnant, renversant qui par-delà les âges parle à tout un chacun. Qui sait que Thomas d'Aquin, l'auteur de la monumentale
    Somme de théologie, s'est d'abord voulu, en tant que dominicain, un frère prêcheur ? Ce volume inédit, surprenant et fortifiant, offre les quinze sermons catéchétiques qu'il a délivrés sur le Symbole des Apôtres.
    Soucieux de se mettre à la portée de ses auditeurs, le grand prédicateur médiéval met ici en relief la signification doctrinale mais aussi la valeur existentielle de chaque article du Credo.
    En quoi sommes-nous concernés par les définitions de la foi ? Quel profit concret pouvons-nous en retirer ? Quelles sont les exigences pratiques qui en découlent ? Comment se conduire pour que ces vérités deviennent vivantes dans notre quotidien ?
    Le commentaire du maître théologien s'accomplit dans l'exhortation du guide spirituel. Et l'illumination de l'intelligence conduit à la conversion du coeur.
    Un exercice exceptionnel d'une actualité confondante.
    Traduits et commentés par Jean-Pierre Torrell

  • Avec l'exceptionnelle puissance d'évocation qui le caractérise, Chaïm Potok reconstitue pour nous - à l'aide de cette grammaire du souvenir qui régit l'ensemble de son oeuvre - les difficiles débuts de David Lurie. Fils d'immigrants juifs polonais, enfant malade à la sensibilité exacerbée, celui-ci ne connaîtra que quelques années d'enfance paisible avant la crise de 1929, où il fera l'apprentissage d'un monde en plein désarroi, avant de prendre conscience de l'horreur de la guerre et de la barbarie nazie. Le petit garçon fragile deviendra un grand théologien au prix d'une rupture avec une tradition religieuse dont les enseignements ne lui paraissent pas assez approfondis. Il devra aussi s'exposer à perdre ce qui lui est le plus cher : l'affection et la compréhension des siens, l'approbation de ses maîtres et de ses propres certitudes. À travers le New York de la Dépression, Chaïm Potok évoque ici avec une minutieuse tendresse les joies et les peines d'une famille juive. Cette vaste fresque se termine par un déchirant pèlerinage de David à Bergen-Belsen, l'un des camps où se mêlent à tout jamais les racines et les cendres du peuple juif.

  • Dans les sources médiévales, le vol humain est rarement abordé de front : la tentative catastrophique du moine anglais Eilmer de Malmesbury, la machine à voler rêvée par Roger Bacon ou la nef flottant au-dessus de l'air imaginée par Albert de Saxe et Nicole Oresme font figure d'exceptions célèbres. Pourtant, cette question des vols fut un véritable défi intellectuel pour la pensée médiévale. Qu'ils soient portés par la force naturelle des oiseaux, par les esprits (âmes, anges ou démons) ou encore par l'ingéniosité humaine, les vols mettent en jeu de riches spéculations explicites ou indirectes. Et ce fut une gageure pour la science scolastique de penser le possible maintien d'un corps lourd dans l'air par projection, grâce au feu ou à l'air chaud, grâce au magnétisme ou par l'effet de l'horreur du vide. Dans cet essai historique original, Nicolas Weill-Parot enquête sur la confrontation de la science avec la magie, la technique ou la théologie. Travaillant au plus près de nombreuses sources, il trace une nouvelle histoire de la pensée du vol dans les airs : celle de la conceptualisation scientifique d'une réalité inaccessible.

  • La grande théologienne et bibliste française que le pape François a invité à prêcher au Vatican livre ici son manifeste le plus essentiel sur la place passée, présente et future de la femme dans le christianisme. Renversant.
    En ces temps de crise profonde, la relation entre les hommes et les femmes à l'intérieur de l'institution ecclésiale impose plus que jamais son actualité. Certes, le magistère entend, depuis quelques décennies, valoriser la part féminine de l'Église. Mais le constat s'impose : stéréotypes et préjugés sont demeurés intacts, tout comme des pratiques de gouvernance qui maintiennent les femmes sous le pouvoir d'hommes - des clercs en l'occurrence. Sortant de ces ornières, il s'agit d'éprouver ce que le " temps des femmes " qui cherche à advenir peut apporter de renouvellement dans l'intelligence des textes scripturaires qui ont modelé l'imaginaire en monde chrétien. Il s'agit aussi de montrer combien la prise en compte des femmes questionne à frais nouveaux l'identité de l'Église, l'économie en son sein du sacerdoce des baptisés et du ministère presbytéral, donc également les modalités de sa gouvernance.
    Un livre qui nous montre une série d'" éclats de féminin " pour suggérer les gains qui seraient ceux de cette ouverture. Et si, la femme était l'avenir de... l'église !

  • Seize siècles nous séparent de lui (né en 354 ap. J.-C., il
    est mort en 430). Depuis lors, son rôle fut essentiel, à un titre
    ou un autre, en pratiquement tous les siècles de l'histoire
    occidentale. Même aujourd'hui, il est réédité, lu, commenté.
    Il demeure l'un des rares penseurs chrétiens dont les non-chrétiens
    savent qu'il existe et à qui ils font une place dans
    l'évolution de la culture occidentale.Mais on ne prête qu'aux riches : salué comme un génie, il
    est aussi rendu responsable de nos soubresauts religieux - la
    Réforme -, de nos malheurs politiques - la prétention de
    l'Eglise à dominer l'Etat -, de nos désarrois privés - le mépris
    chrétien du corps et de la sexualité.Cependant, au-delà des «augustinismes» qui ont marqué
    l'histoire de l'Occident, cet ouvrage d'un grand historien
    de l'Antiquité tardive revient à Augustin lui-même, à sa vie
    et à son oeuvre : la seule manière de le connaître vraiment et
    de porter un jugement équilibré sur sa postérité intellectuelle.Ce livre, repris de la collection «Maîtres Spirituels», comprend
    une anthologie de textes choisis, des tableaux chronologiques
    et une importante bibliographie actualisée.

  • Avec l'enthousiasme et la curiosité des grands explorateurs, Caspar Henderson se fraie un chemin au coeur de l'émerveillement, dans les royaumes du fascinant et de l'effrayant. Il invite à comprendre et à célébrer les phénomènes prodigieux se déployant sous nos yeux : l'existence de la lumière et la mort des étoiles, la vie sur Terre et le fonctionnement du corps humain, sans oublier la technologie et les changements profonds qu'elle laisse présager dans notre existence. Convoquant la philosophie, l'art, la théologie mais aussi l'histoire naturelle et la recherche scientifique la plus actuelle, Ma carte des merveilles est un guide inspirant pour regarder le monde sous un jour nouveau.

  • Achevée en 1440, La Docte Ignorance du cardinal Nicolas de Cues fait partie de ces livres qui ont profondément modifié le destin de la philosophie. Tirant les leçons à la fois de l'illimitation du monde et de l'éclatement de la chrétienté, il propose une singulière méthode de connaissance qui, par tout un jeu de coïncidences des opposés, de conjectures et d'approximations, défie les savoirs traditionnels et leurs certitudes démonstratives pour mieux penser l'infini et conjurer le scepticisme auquel il peut conduire. Conjuguant théologie, physique, métaphysique et mathématiques, l'ouvrage réussit à concilier la dignité de l'homme et l'univers infini de la nouvelle cosmologie. À partir de la tradition néoplatonicienne et de l'école mystique rhénane dont il s'est nourri, Nicolas de Cues, qui inspira des penseurs aussi différents que Giordano Bruno, Pascal et Leibniz, prend ainsi définitivement congé des vieilles métaphysiques de la création pour jeter les fondements de la modernité.

  • Comment aborder le plus singulier, le plus mystique et le plus catéchétique des évangiles, celui du " disciple aimé " ? C'est une initiation totale à l'Evangile de Jean que livre ici, en savant aguerri et en pédagogue innovant, Jean-Pierre Lémonon. La première étude exégétique à être interactive!
    Comment aborder le plus singulier, le plus mystique et le plus catéchétique des évangiles, celui du " disciple aimé " ? C'est une initiation totale à l'évangile de Jean que livre ici, en savant aguerri, Jean-Pierre Lémonon. L'historien met en effet toute sa science au service d'une rare pédagogie, entraînant le lecteur à la découverte des extraordinaires richesses du texte johannique. Mieux, il donne à chacun les moyens de construire sa propre interprétation. Chaque passage fait ainsi l'objet d'un triple traitement : un décryptage littéral ; un commentaire herméneutique ; une contextualisation théologique. Aidé par des questionnaires et des notices, le lecteur aborde ainsi, d'une manière incroyablement neuve, le choix des Douze, la montée de Jésus à Jérusalem, le retour à la vie de Lazare, la venue du Paraclet, le message pascal : tout ce qui fait de cet évangile l'un des textes les plus riches et les plus poétiques de la Bible.

  • Qui sait que Tolkien a bâti son oeuvre de bout en bout sur le christianisme ? Voici les clés qui permettent de comprendre l'ambition et le succès d'une saga mystique à l'écho planétaire. Passionné et passionnant.
    Tolkien l'enchanteur écrivait : " Mon livre, Le Seigneur des anneaux est une oeuvre fondamentalement religieuse et catholique. " Or l'arrière-fond chrétien de ce roman mythique est souvent ignoré. Il est vrai que son auteur a infusé le mystère chrétien avec tact et astuce dans les aventures de ses inoubliables personnages : Frodon le hobbit, Gandalf le magicien, Aragorn le roi errant, l'elf Legolas et le nain Gimli, le bon géant Tom Bombadil et le répugnant Gollum à la recherche de son Précieux !
    /> Le destin des héros du Seigneur des anneaux, leurs défis et leur victoire en Terre du Milieu éclairent notre propre quête spirituelle, nos tentations, notre espérance. Les personnages de Tolkien ressemblent à chacun de nous, dans nos pires trahisons comme dans nos plus beaux rêves.

  • Difficultés de transmission, scandales de moeurs, reculs de la sociologie : les aspects de la crise de l'Église sont connus. Et pourtant ils n'ont pas fait l'objet d'une théologie. La voici. Un livre où la pensée éclaire les faits et décrypte l'avenir. Par l'un des grands théologiens du moment. La crise actuelle de l'Église, une chance ? C'est ce que défend avec brio, dans ce livre étonnant de force tranquille et de savoir ouvert, Christoph Theobald, l'un des plus importants théologiens contemporains.
    Les indéniables difficultés, reculs et scandales d'aujourd'hui sont autant d'occasions de penser l'avenir de la tradition chrétienne. Mais tel est aussi le cas pour la société qui fait face à de nombreux défis, dont l'injustice mondialisée, l'inquiétude démocratique et la transition écologique.
    Plaçant en regard l'Église et le monde, alliant éléments d'actualité et histoire longue, revisitant les fondamentaux de la doctrine, Christoph Theobald revient sur la réception du concile Vatican II, l'avancée oecuménique, le pontificat de François, pour offrir, par-delà les définitions confessionnelles, des perspectives et des propositions en vue d'une future communion entre les Églises.
    Un appel au courage. Un manuel d'intelligence et d'espérance.

  • Le procès animal de la domination humaine : fable tirée des épitres des frères en pureté Nouv.

    Un navire humain fait naufrage sur l'île du roi des djinns où l'entente règne entre toutes les espèces. Les naufragés prétendent qu'ils sont les seigneurs, que les animaux sont leurs serviteurs. S'engage alors un procès dans lequel les représentants des nations humaines se succèdent pour prouver leur supériorité. Les familles animales se relaient pour les réfuter. Telle est l'épître sur les animaux des Frères en Pureté. Une fable-fleuve, un joyau inespéré de la littérature arabe intercalé entre un traité de botanique et un traité d'anatomie. Tout à la fois divertissement et oeuvre de mobilisation politique, miroir tendu au prince aussi bien qu'aux peuples, hymne de louange au Créateur, dispute théologique autour du privilège de l'homme dans la Création, allégorie du système philosophique des Frères en Pureté, le Procès animal de la domination humaine, qui connut un grand retentissement depuis les Mille et une nuits jusqu'à la Ferme des animaux d'Orwell, n'a pas fini de nous donner à penser et à débattre. Pour restituer l'oeuvre dans sa forme authentique et en offrir les clefs de lecture, il aura fallu se confronter à des manuscrits aux versions contradictoires, réaliser l'enquête historique replaçant le texte dans son contexte, et opérer l'interprétation philosophique de la fable. Car cette épopée judiciaire est aux Frères en Pureté ce qu'est la Caverne pour Platon, à savoir l'allégorie du système.

  • Voici un texte révolutionnaire qui démontre que Newton, figure majeure des grandes mutations scientifiques du XVIIe siècle, tenait en haute estime la philosophie hermétique de la Renaissance. Plus encore, il révèle qu'il a trouvé, dans la pensée des Anciens, une confirmation de ses propres découvertes scientifiques. D'après le mathématicien, principe de gravité et mécanique classique étaient déjà pleinement contenus dans les textes des Pythagoriciens. Au moment où il expose la théorie de la gravitation universelle, Newton annotait ses manuscrits des Principia de citations. Par exemple, il écrit : "Les Anciens savaient même que tous les corps qui tournent autour de la terre - l'air et le feu comme les autres éléments - sont attirés vers la terre par la gravité, et que cette gravité est proportionnelle à la quantité de matière dont ils sont formés. C'est ainsi que Lucrèce argumente en faveur de l'existence du vide." Newton fait même remonter l'origine de l'atomisme à la philosophie mystique, déjà enseignée en Égypte et en Phénicie et reprise par les philosophes grecs. D'après lui, les Égyptiens connaissaient déjà le système copernicien et l'exprimaient dans leur religion, leurs écrits et leur art. Pour Newton, le mystère des nombres, comme celui des hiéroglyphes, entretient un rapport étroit avec la philosophie mystique. C'est dans le mythe et dans l'alchimie que Newton redécouvre le véritable ordonnancement de la matière.

  • La sagesse ancienne irrigue la philosophie de la Renaissance, melting-pot d'idées issues de divers courants de pensée de l'Antiquité. Des théologiens antiques ont, croit-on, préfiguré la révélation chrétienne. Nombre d'apologistes chrétiens citent des textes d'auteurs préchrétiens pour inscrire leur doctrine dans une continuité. Idée qui se généralise aux XVe et XVIe siècles. Et particulièrement en France où l'on se réclame, entre autres, de l'héritage des druides. La prisca theologia (ancienne théologie) vise en somme une conciliation entre les mondes chrétien et juif, la Grèce et Rome, la Renaissance et le Moyen Âge. Évitant de s'en tenir à l'orthodoxie d'une seule doctrine, elle a permis la survivance des idées antiques à la Renaissance et contribué à forger la philosophie humaniste.

  • Né en 354 dans l'Afrique Romaine, Augustin se convertit au christianisme à 32 ans après une vie agitée. Il se retire dans la solitude et se consacre à de la philosophia afin de grandir dans la connaissance de l'Absolu. Ses premières oeuvres ont un tel impact et le rendent si célèbre que le peuple le réclame comme prêtre : on l'oblige à sortir de sa retraite et il est ordonné prêtre à 37 ans, puis évêque d'Hippone à 42 ans. Il meurt à Hippone en 430, tandis que l'Empire s'effondre et que se prépare le Concile d'Ephèse. Auteur d'une oeuvre puissante et inégalable, il est certainement le seul homme dont on puisse dire que sa pensée eut plus d'influence sur l'histoire que celles de Platon et d'Aristote. Nombreux sont les grands hommes qui voient en saint Augustin, et comme dit l'Eglise elle-même, l'un des plus grands génies qui aient paru sur la terre.

  • Impassible, Dieu ? Lointain, distant, indifférent ? Ou, au contraire, le Dieu de la Bible serait-il celui qui sent et qui ressent ? Après le cerveau émotionnel, voici un traité du coeur intelligent.

    Dieu a choisi non seulement de parler la langue des hommes, mais aussi de se faire l'un d'entre eux. Pour s'adresser à l'humanité en sa condition réelle, Dieu a fait sienne la chair humaine, affectivité incluse. Le Dieu biblique est sujet d'émotions : jalousie, colère, regret, joie, etc. Pourtant, un Dieu incorporel paraît de soi inapte aux émotions. Ce Dieu émotif est-il simplement une projection humaine ? Le Dieu biblique tombe-t-il sous la critique ? Cet ouvrage trace un itinéraire anthropologique, littéraire et théologique. Pour interpréter les émotions de Dieu, il faut d'abord entrevoir la signification des émotions et des passions humaines. Il convient aussi d'explorer les scénarios bibliques dans lesquels interviennent les émotions de Dieu. Celles-ci deviennent alors les indices d'un engagement total. Amour, joie, espoir, colère, regret et tristesse sont ici envisagés de façon sémantique ou narrative, non seulement comme des notions à élucider, mais aussi comme les traits d'un Dieu en action.

  • Ce livre est le premier à réunir, en France, en un volume, les OEuvres complètes de sainte Catherine de Sienne, et dans leurs meilleures traductions. Sainte Catherine est source d'incessant émerveillement. Jeune femme pauvre et analphabète, elle meurt à 33 ans mais à la tête d'une oeuvre dont il n'existe aucun équivalent. Née dans un siècle de déchirures et de guerres tandis que la « peste noire » décimait le tiers de la population européenne, Catherine est dénuée de formation ou d'expérience, elle ne connaît pas le monde, mais elle est habitée par la puissance même du Verbe. Entrée dans le Tiers-Ordre dominicain, par la force de sa parole et de ses Lettres elle s'adresse aux potentats, et, malgré sa santé précaire, obtient des résultats politiques capitaux, comme le retour de la Papauté d'Avignon à Rome. Peu de temps avant sa mort elle dicta à une vitesse surhumaine les traités qui composent son célèbre Dialogue : leur envergure philosophique et théologique est telle qu'elle domine et dépasse l'histoire de la pensée. Catherine impressionne tellement les Papes, les cardinaux et les princes qu'ils la choisissent pour conseillère et lui confient la destinée des États. Le Dialogue acquiert d'emblée une immense popularité et devient le livre de chevet de l'Église universelle. Rares sont les classiques qui, à travers le monde, eurent un si considérable impact. Véritable emblème de l'impossibilité faite évidence, Catherine est l'une des figures les plus impressionnantes de l'Histoire. Sa pensée, sa vigueur, sa vie et son style sont si supérieurs que c'est son oeuvre qui, en même temps que celle de Dante, fonde la parole toscane et se trouve ainsi à l'origine de la littérature italienne. Nous avons voulu que ce volume rendît parfaitement perceptible la langue de cette « femme de feu » qui gouverna l'Église par la force de sa sainteté et qui gouverne les coeurs par l'intensité du sien. Les traductions du Dialogue et des Lettres ont été choisies en ce sens : celui de la fidélité. Elles sont précédées par d'amples introductions historiques et critiques. Le volume contient également deux traductions des Oraisons, dont celle de Louis Chardon, l'un des plus grands stylistes du XVIIe siècle. Son très beau texte était introuvable depuis près de quatre siècles. Nous en avons renouvelé ici l'établissement ; Chardon est à sainte Catherine ce qu'Amyot fut à Plutarque. Ce volume s'achève avec la grande biographie que le confesseur de Catherine, Raymond de Capoue, lui consacra. « Dieu a choisi ce qui est pauvre pour confondre ce qui est fort », dit l'Écriture : le prodigieux génie et la somptueuse sainteté de l'innocente de Sienne firent d'une analphabète aux livres admirables la première femme Docteur de l'Église. À la veille du IIIe millénaire, elle fut proclamée patronne de l'Europe. Son oeuvre est mondialement présente mais plus rien ne permettait au public français d'y avoir véritablement accès. Cette injustice est réparée.

  • Le christianisme syriaque nous a légué le troisième corpus littéraire du monde chrétien ancien, le plus important après le grec et le latin. Les écrits poétiques d'Éphrem de Nisibe (306-373) comptent sans aucun doute parmi ses plus belles pages. Les Hymnes contre les hérésies présentées ici, outre leur qualité littéraire, ont la valeur d'un texte de fondation. Alors que la légende veut qu'Édesse, ville-berceau des chrétiens syriaques, ait été convertie au temps de Jésus, le chantre de Nisibe nous fait découvrir l'élaboration complexe de l'« orthodoxie » au IVe siècle, au coeur de multiples courants religieux. C'est cette orthodoxie, construite sur des oppositions, alternant attaque et défense, qui constitua par la suite la « tradition syriaque » tout court. Ces 56 hymnes composent un ensemble théologique à l'architecture admirable où une conception précise de Dieu, du monde, de l'homme et du salut est définie contre des croyances alternatives - celles des systèmes de Bardesane, Marcion et Mani principalement. Elles permettent en creux de mieux connaître les premières formes de christianisme de la région. L'engagement dans la lutte théologique s'incarne dans une écriture poétique dense, qui fourmille d'images entrelaçant allusions bibliques, scènes de la vie courante et monde naturel. Éphrem n'hésite pas à s'adresser à ses destinataires - ses coreligionnaires rassemblés lors de la liturgie - ou à ses adversaires, par de vives interpellations qui viennent animer le texte et lui donner sa force persuasive.

  • Où Dieu et l'homme ont-ils appris à se tutoyer en disant tous deux pour la première fois " je " ? Dans les chants de supplications et de louanges de la Bible, démontre cette belle étude. Aucun livre biblique ne donne autant la parole à un " je " que le Psautier.
    Le présent ouvrage montre à quel point l'histoire de l'exégèse n'a eu de cesse de sonder ce " je " psalmique.
    Les Pères de l'Église ont discerné dans la voix même du psalmiste celle d'un Autre : le Christ. Plus tard, l'exégèse moderne en a dévoilé une pluralité de figures : " je " royal, " je " prophétique, " je " sapientiel etc., tout en faisant émerger la question résolument contemporaine de l'éclatement du " je ".
    Étienne Grenet, en valorisant l'unité du Psautier comme livre, ouvre une voie nouvelle et entreprend ici un commentaire psaume après psaume : le " je " psalmique s'y figure et s'y reconfigure au long d'un itinéraire spirituel. Pour advenir, cette révélation implique, à chaque pas, le " je " du lecteur et interprète. Ce faisant, elle le constitue et le transforme.

  • Le grand mystique et théologien du XVe siècle fait dans ce traité, le De ludo globi, la démonstration qu'il est aussi un grand logicien. Un hymne à l'intelligence divine.
    L e philosophe Nicolas de Cues a écrit le De ludo globi vers la fin de l'année 1463, à Rome. La métaphore plaisante du jeu de la boule lui permet d'illustrer et de clarifier sa pensée. L'exemple du jeu s'inscrit dans le cadre de la recherche de Dieu. Celle-ci, illustrée à son tour par la métaphore de la chasse dans le De venatione sapientiae, exprime la tension entre l'homme et l'absolu, entre la créature qui est image et le Créateur dont elle est l'image. L'homo viator est homo ludens. La vie est un jeu, comme la recherche de Dieu est une course.
    Maurice de Gandillac avait traduit des passages de cette oeuvre essentielle et surprenante. Hervé Pasqua en offre une traduction intégrale, précédée d'une introduction éclairante.

  • Les raisons du coeur que la raison ignore ne seraient-elles pas les meilleures ? Levant notre amnésie sur le plus humain de nos organes, ce livre nous ré-enfante comme des êtres d'abord d'intuition et de sensibilité. Le testament vivant d'un grand philosophe.
    On déplore le manque d'éducation du coeur. Qu'attend-on pour en préciser la logique et la rhétorique ? Notre éducation est trop informative, pas assez transformative. Trop centrée sur l'acquisition et l'échange des informations, pas assez sur les valeurs de tendresse et de fraternité.
    On n'admire les marques de la présence du Christ que par les yeux du coeur.
    Mais faut-il vraiment en appeler au tiers d'un véritable Ordre du coeur, comme
    ordre de vérité ?
    /> Pourquoi un ordre de vérité ? Il y a trois ordres de choses : la chair, l'esprit, la volonté ; et trois ordres de discours : philosophique (qui s'adresse à l'intelligence), théologique (à l'intelligence éclairée par la foi), mystique (adressé au coeur).
    Le réalisme biblique veut qu'il existe dans le réel une autre dimension entée sur les
    questions qui engagent l'homme dans l'existence et peuvent la transformer. Au lieu de s'installer sur le terrain métaphysique de l'Être, adoptons une théorie du
    being dont les éléments ne s'écarteront pas de leur mode d'interroger et de catégoriser. Une philosophie néo-critique de l'interrogation en prend acte.

  • Le destin de la modernité s'est joué dans la philosophie franciscaine du Moyen Âge et sa critique de la métaphysique classique. Le Languedocien Olivi en a été le précurseur. Une redécouverte fondamentale.
    Pourquoi Pierre de Jean Olivi (1248-1298), théologien franciscain, artisan d'une théorie radicale de la volonté humaine, devrait-il consacrer une longue section de sa
    Somme de théologie à la physique de l'action et du mouvement ? Parce que, comme l'écrit saint Augustin, " si ce qu'on appelle "la force' résulte de l'impulsion de l'âme, de l'appareil compliqué des nerfs et du poids du corps, c'est la volonté qui fournit cette impulsion, qu'intensifie l'espoir ou l'audace, mais qu'abat la crainte et encore plus le désespoir ". La volonté imprime son impulsion dans la matière spirituelle de l'âme, pour la diriger vers le bien ou le mal, tout comme l'archer envoie la flèche vers sa cible. Toute puissance pose un regard (
    aspectus) sur son objet : le regard du soleil sur la terre qu'il éclaire, le regard de la pierre qui tombe vers le centre de la terre, le regard de l'aimant qui attire le fer, le regard de l'âme sur son objet de désir. À la faveur de ce nouveau modèle de la puissance, c'est bien une réforme radicale de la physique aristotélicienne que propose Olivi : sur le rapport entre action et création, l'action instantanée à distance, la relation entre mouvement et matière, la définition du mouvement comme propriété relationnelle, jusqu'à la réduction des catégories aristotéliciennes à de simples aspects de la réalité physique.

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