• C'est un été en Normandie. Le narrateur est encore dans cet état de l'enfance où tout se vit intensément, où l'on ne sait pas très bien qui l'on est ni où commence son corps, où une invasion de fourmis équivaut à la déclaration d'une guerre qu'il faudra mener de toutes ses forces. Un jour, il rencontre un autre garçon sur la plage, Baptiste. Se noue entre eux une amitié d'autant plus forte qu'elle se fonde sur un déséquilibre : la famille de Baptiste est l'image d'un bonheur que le narrateur cherche partout, mais qui se refuse à lui. Flanqué d'une grand-mère à l'accent prononcé, et d'une tante « monstrueuse », notre narrateur rêve, imagine, se raconte des histoires, tente de surpasser la honte sociale et familiale qui le saisit face à son nouvel ami. Il entre dans une zone trouble où le sentiment d'appartenance est ambigu : vers où va, finalement, sa loyauté ?
    Écrit dans une langue ciselée et très sensible, Un jour ce sera vide est un roman fait de silences et de scènes lumineuses qu'on quitte avec la mélancolie des fins de vacances. L'auteur y explore les méandres des sentiments et le poids des traumatismes de l'Histoire.

  • Rien ne va plus pour Lucy : alors que sa thèse sur Sappho est au point mort, elle vit une grande rupture amoureuse et touche le fond de la dépression. Pour l'aider à remonter la pente, sa soeur lui propose de garder sa maison de Los Angeles le temps d'un été, à deux conditions : s'occuper de Dominic (son chien diabétique) et prendre soin d'elle.
    Voici Lucy enrôlée dans un groupe de parole de femmes au bord de la crise de nerfs aussi drolatique que cruel, mais qui est loin de résoudre ses problèmes. Tout change un soir où Lucy rencontre en bord de mer un homme merveilleux - à bien des égards.
    Tour à tour hilarant, cru et émouvant, Sous le signe des Poissons fait voler en éclats les injonctions au bonheur et à la résilience. Avec une franchise qui n'aurait pas déplu au Philip Roth de Portnoy et son complexe, Melissa Broder nous offre un roman d'amour inoubliable, celui d'une femme combattant l'appel du vide.

  • Le 3 juin 1959, Yves Klein donne une conférence à la Sorbonne : "L'évolution de l'art vers l'immatériel". Porte d'entrée idéale vers son oeuvre et sa biographie, ce texte révèle les motifs constitutifs de son oeuvre: le rituel, la couleur, le vide, le judo, le ciel et le feu... Au-delà de la provocation et la performance, il élabore une théorie autant poétique que spirituelle d'un art sans limites, à l'instar du travail d'un John Cage sur le silence.
    Nombre des pistes esquissées ici aboutiront dans les années suivantes. Yves Klein élaborera par exemple une Architecture de l'air, ou encore délivrera des reçus aux acquéreurs d'oeuvres immatérielles. Avant de mourir, il confie à un ami : "Je vais entrer dans le plus grand atelier du monde. Et je n'y ferai que des oeuvres immatérielles."

    Yves Klein (1928-1962) est un artiste français. En 1957, il met au point le "bleu Klein", signature de ses monochromes. En 1958, il expérimente sa technique emblématique du "pinceau vivant" : une femme au corps enduit de peinture qu'elle applique sur la toile. Dès lors, Klein s'évertue à s'affranchir de la ligne et du dessin. Il a une première crise cardiaque en 1962, après avoir assisté à la projection de Mondo Cane, dans lequel son travail est tourné en dérision. Il meurt le 6 juin 1962.

  • Nicole Malinconi échange avec Jean-Pierre Lebrun autour des questions de l'écriture, de la langue et de l'altérité.

    Dans un dialogue vivant et accessible, les auteurs ouvrent un champ de questions qui intéressent autant les professionnels de la santé mentale que tout citoyen s'interrogeant sur ce que parler veut dire. Utilisant des références littéraires, cinématographiques, psychanalytiques, linguistiques, sociologiques, philosophiques, ils se demandent comment une société traite la langue et comment la langue transforme la société.

  • Lire l'entretien de l'auteur (propos recueillis par Audrey Minart)

    Prix Oedipe des Libraires 2017

    Nombre d'adolescents nous tiennent à distance : « Ne me demande rien » semblent-ils signifier lorsqu'ils ne l'énoncent pas clairement comme tel. Cet énoncé ne peut être entendu comme une demande même s'il en revêt les contours, mais plutôt comme l'impossibilité d'un point d'accroche à la demande. Pourquoi les adolescents se comportent-ils comme s'il ne pouvait ne (plus) rien leur arriver ? « Il ne peut (plus) rien m'arriver » n'installe pas le sujet dans la vie mais dans une forme d'errance. Peut-on parler d'un défaut de structuration subjective ? Les empêche-t-il de trouver un point ou un lieu originaire ? Pourquoi nombre des actions adolescentes (délinquantes par exemple)  ne parviennent-elles jamais à se hisser au rang d'actes mais demeurent, au contraire, des ritournelles répétitives ?

    Les situations qui servent de point d'appui à l'auteur évoquent des adolescents visant une sorte de renoncement à soi, d'effacement de soi comme ultime recours à l'apaisement. Se perdre pour être... Dans une tension interne qui n'est pas sans évoquer un étrange lien avec la mort, le vide n'angoisse pas, il soulage. Faire le vide en passe également par se taire. Se taire pour oublier ? Oublier une douleur jamais mise en mots. Ce vide du sujet, ce vide de sujet, cet effacement temporaire semble être ce qui est visé, notamment au travers du détour toxicomaniaque, rapport « passionné » à l'objet qui pourrait faire oublier.

  • « Les femmes infertiles m'ont tout appris. Leur souffrance, leurs symptômes, les paradoxes de leur désir d'enfant m'ont offert une expérience clinique inattendue à laquelle le discours universitaire ne m'avait pas préparé. Parfois, même souvent, elles conçoivent sans traitement, au-delà de tout espoir thérapeutique. Me rappelant ainsi que rien n'a d'effet sur le corps si la dimension du sujet humain et le mystère de la vie ne sont pas respectés. Leur refus de concevoir témoigne que l'objectivité scientifique et la matérialité de la société de consommation éloignent de la vie au lieu de la servir.

    L'être humain souffre toujours de ses limites et de son impuissance mais aussi de ses excès qui le précipitent dans l'illusion du bonheur par le comblement du manque. Ces nouveaux symptômes interfèrent avec les influences sociétales pour décider de l'avènement de la vie. Aujourd'hui, les femmes me conduisent plus loin encore. Leur témoignage ouvre sur l'universel. Car tout être humain peut entendre, quel que soit son sexe, qu'il lui est possible un jour de se retourner sur sa vie pour changer son destin... » J. R.

  • Les paradoxes du désir, d'un désir enraciné dans l'inconscient, sont analysés à partir de l'apport de Lacan à cette notion psychanalytique, dans une lecture croisée avec écrivains, poètes, peintres et philosophes.

    Il y a une aporie dans le désir, due à la conjonction entre la responsabilité éthique du sujet et sa propre perte. Car c'est seulement à partir d'une dépossession - de soi, de l'Autre - d'une absence d'auto-détermination, que le sujet décide de son désir. Mais comment décider de ce qui nous dépasse, autrement dit, assumer ce qui nous oriente à notre insu ? Et comment passe-t-on d'un désir pris dans le symptôme et dans la compulsion de répétition, à la décision du désir ?

  • La parole oubliée

    Karima Lazali

    Cet ouvrage explore les différentes modalités d'un nouage, entre corps, parole et inconscient, dans la cure analytique mais aussi dans le champ social.

    Une même question insiste tout au long de l'ouvrage : comment et surtout à quelles conditions opère une cure analytique ? En d'autres termes, qu'est-ce que parler pour la psychanalyse (et en psychanalyse) et par quels tours et détours dans le trajet du parlant se produit la transmission du savoir inconscient vers le réel du corps ? Et, partant de là, comment penser le potentiel politique de la parole et ses effets au un par un et dans le lieu social ? Pour y répondre, l'auteur visite l'envers de ce décor, à savoir les lieux de panne de la parole qui ouvrent à différentes formes de ravages, meurtres et autres destructions à l'échelle du psychisme singulier et du collectif.

  • Partition musicale d'une dérive, la narratrice se heurte au vide d'une journée qui commence alors que rien n'y est prévu pour elle. Elle dissèque l'état dépressif, son mécanisme, les sentiments qu'il provoque. La perception du réel vacille. La narratrice installe des cadres : préparer le café, tenter d'avaler quelque chose, regarder par la fenêtre, se doucher... Des occupations doivent à tout prix rythmer cette journée, combler son vide.

  • « Si les récits de mes analysants m'ont appris à créer ce silence en moi qui me permet d'écouter et d'interpréter, ce sont les tableaux de David Malkin qui m'ont poussé à penser et à écrire. Des images ont inspiré ce livre, m'invitant à traverser, d'une façon nouvelle, certains territoires de la psychanalyse. Les formes et les couleurs ouvrent, par un étrange effet de lumière, sur d'autres dimensions qui amènent l'observateur au-delà des apparences vers une expérience visuelle et en même temps spirituelle. »

    En dix chapitres qui sont autant de passages où se croisent l'art, la philosophie et la politique, l'auteur propose un voyage littéraire et une réflexion herméneutique et poétique. D'un discours à l'autre, l'auteur « passe » entre les disciplines et, en revenant à la racine des mots, approche certains concepts psychanalytiques.  Il nous fait rencontrer la dialectique souple de l'inconscient, ses passages qui deviennent forces de subversion analytique du sujet, de la cité (polis) et aussi de la pensée, puisqu'ils opèrent des retournements constants du discours. 

  • Au très fond de nous-mêmes, nous savons que nous allons seuls, chaque chemin est intrinsèquement unique, aucun rêve ne ressemble à un autre, aucun mot ne se reconnaît dans ses doubles extérieurs. C'est ainsi le poème, tel un cristal de neige unique, singulier et solitaire en soi. Dans cette zone, serais-je en mesure de préciser où expire la vague et ou commence l'océan ? Pourrais-je dessiner la limite entre les bords du corps et les ourlets de l'ombre ? Je me souviens

  • Quelques jours avant de subir une grave opération chirurgicale, mettant sa vie en danger, un poète qui a fait de la poésie sa raison d'être s'interroge sur ce choix qui a été le sien : pourquoi la poésie et qu'est-ce que le poème face à l'univers, à la quête du sens, à la langue, à la mort ? La poésie qui lui a été justification de la vie est-elle également, à la lumière de la fin annoncée, légitimation de la mort ? Les mots sont-ils porteurs de réalité ou, au-delà de la réalité, sont-ils - par-delà le jeu sémantique - porteurs de vérité ? Ou, au contraire, la poésie ne serait-elle qu'illusion dans le jeu en miroir de la parole, mise en perspective aussi éblouissante que fausse et n'ouvrant finalement que sur le vide ? Pourquoi ce titre : « L'Interdit » ? Parce que la formulation n'est jamais innocente et que les mots retiennent non seulement ce qui, dans l'expérience de chaque homme, fait partie du bonheur et du malheur d'être, mais aussi parce que le langage lui-même, et spécialement le langage poétique, en tentant de piéger dans ses figures la splendeur de la réalité, franchit une mystérieuse frontière et, quelque part, court le risque de faire de la beauté une idole, en quoi la beauté devient, à son tour, l'image de la mort. Un admirable propos de mystique musulman, Hallâj, auquel Salah Stétié fait référence, éclaire d'une lumière noire cette étonnante dialectique.

  • On part d'une promenade dans le Littré pour s'enfoncer avec les mots, leur sens et leur non-sens, dans un voyage dans le corps humain, qui fait du langage l'événement magique par excellence, qui seul peut nous rapprocher (petit mammifère échappé à l'emprise des reptiles, inventeurs de l'oeuf et premiers maîtres de la terre) de ce Dieu qui, selon Powys, n'a pas conscience de nous et que nous ne pouvons atteindre sans un détachement de nous-même, seul capable de nous confondre avec lui dans le silence éternel.

  • Ils sont trois ou quatre, filles et garçons, à boire, à parler, de tout et de rien, à la découverte de leur identité. C'est un jeu qui se poursuit à l'infini.

  • Premier mille

    Patrick Varetz

    Je décide de composer mille poèmes parce que j'ai besoin d'écrire tous les jours, le matin, le soir, et la nuit lorsque je ne dors pas. Venant buter sans relâche contre l'os de l'âme, je ne cesse d'interroger le vide sous mon coeur.

  • Notre univers nous semble uniquement constitué de matière, de lumière et de vide. Mais que nous disent ces trois concepts sur notre perception de la réalité de notre monde ? Le vide, la matière et les ondes électromagnétiques procèderaient-ils d'une même nature ? Nous est-il possible de regarder le vide, l'espace, la matière et la lumière comme un seul et même objet dont ils ne seraient que des manifestations différentes, une simple apparence ?
    C'est à cette question que cet essai tente d'apporter un premier niveau de réponse sous la forme d'un nouveau point de vue de ces objets physiques fondamentaux, une nouvelle façon d'observer notre réalité, de poser des questions sur sa nature, de regarder notre existence d'hommes et de femmes en relation permanente avec cet environnement dont nous ne percevons que les apparences.

  • Quelle femme n'a pas ressenti, un jour ou l'autre, un mal de vivre au creux des reins? Une douleur indescriptible, un frein à une vie amoureuse prometteuse, carrière éclatante sabotée, mais d'où provient ce mal à l'âme? Dans « Libérez la déesse en vous ! », son premier ouvrage brillant et unique en son genre, Chantale Belzile trace le parcours des femmes et remonte à nos ancêtres afin de nous amener à mieux comprendre que très souvent, nos blessures ne nous appartiennent pas. Nous les trainons inconsciemment, nous en payons le prix, et dans le pire des cas, nous les transmettons à nos filles.

    Afin que les répétitions cessent pour nous libérer et ainsi éviter ce mal à l'âme aux générations à venir, il est important de comprendre le pouvoir que nous avons sur les douleurs engendrées avant notre naissance. Il est question ici d'une compréhension du mécanisme de fonctionnement, des subtilités de dons involontaires et, finalement, d'un éveil afin d'accéder au plein potentiel qui vit en chaque femme. L'épanouissement de notre féminité est synonyme d'une vie amoureuse assumée et réussie, d'une carrière fleurissante, mais avant tout, d'une vie familiale remplie d'amour et d'équilibre vécue en pleine conscience. Un hymne à la femme comme jamais il en a été écrit!

  • Les sciences de la vie peuvent éclairer de façon originale nos connaissances sur l'univers. Elles suggèrent en effet un nouveau paradigme d'espace-temps capable de réconcilier la physique quantique et la relativité générale. Cet espace-temps permet de bâtir une fresque fascinante de l'univers unitaire. Si vous ne craignez pas de voir le sol se dérober sous vos pieds, je vous invite à m'y suivre !

  • Newton n'est pas parvenu à expliquer comment les forces de gravité pouvaient s'exercer à distance ; au cours du 19ème siècle les scientifiques ont tenté de mettre en évidence, sans succès, une substance emplissant l'espace, seule explication selon eux à la propagation de la lumière : l'éther. Einstein en 1915 va balayer ces efforts en introduisant le concept d'espace-temps à quatre dimensions, grandeur unifiant notre espace tridimensionnel avec le temps. Il va expliquer la gravitation, la chute des corps, par une courbure de cet espace-temps en présence d'une masse ou d'énergie. Mais qu'est ce qui se courbe ? n'est ce qu'une simple construction de l'esprit, un simple modèle mathématique, ou bien est-il nécessaire de ressusciter l'éther cher aux physiciens du 19ème siècle ? Cet essai se propose d'analyser cette question à la lumière de nos connaissances actuelles.

    La lecture de ce livre ne présuppose pas de connaissances particulières de la part du lecteur si ce n'est une curiosité pour cette question qui est à la base de la physique moderne et de la représentation de notre univers

  • Au fond, Laura est encore une petite fille. Bien sûr, l'adolescence est source de quelques troubles, mais ne met pas en cause une vie partagée entre la classe, le jeu et la famille. Ici, c'est certain, la chaleur engendre des habitudes spécifiques, les paysages en sont marqués. Mais les rêves sont les mêmes qu'ailleurs. Et les cauchemars aussi. Surtout lorsqu'ils prennent un aspect prémonitoire : cela peut être la source d'un incident, en somme bien banal, puisque tout peut s'expliquer. Tout ? Pas forcément. Il y a des cas où on ne peut pas s'expliquer, simplement : Laura l'apprendra, par l'entremise d'un tapis à prières. Ce n'est qu'une histoire, semble nous suggérer Annick Georgette en guise de conclusion à Un tapis à prières. Chacun des contes des mille et une nuits est aussi une histoire... Au-delà, de son écriture légère et concise où l'impression se dégage de l'anecdote, c'est la chaleur des pierres et du ciel, l'ocre de la terre, et le regard de cet autre, voisin et si lointain, qu'elle nous donne à voir ici. Donner à voir : Annick Georgette, membre du jury du concours permanent de nouvelles d'aleï, illustre sans doute ici une option de ce jury...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • N'attendez rien en particulier de ce livre. Rien de bien défini ou d'exhaustif. Aucune vérité n'y est énoncée. Aucune réponse ne s'y trouve... N'y cherchez rien d'autre qu'un regard neuf porté sur un monde qui soulève bien des questions. Le regard de quelqu'un qui se cherche. Quelqu'un qui s'interroge pour évoluer... N'attendez rien d'autre de ces quelques pages que l'esquisse d'une réflexion. Une prise de conscience personnelle... Peut-être les premiers pas vers une plus grande connaissance ?

  • Des poèmes d'urgence, de décompression, souvent de cri. Poèmes en litanies, peu structurés parfois (« Je cherche une écriture »), qui psalmodient l'horreur de vivre et tirent à la cible sur la réalité ratée, l'autopsie moqueuse de soi, le filtrage des images et des mythes imposés par les médias, le refus de penser au pas... La quête de l'identité, de l'équilibre et du bonheur évanescent est mêlée de stridences ; utilisation à contresens, par dédain, des expressions convenues ; un côté sardonique et pop (« de toute façon il reste la grimace »). Les jeux de mots sont là pour relancer la morsure lyrique, l'avide dénonciation : « se regarder en farce » - « gibier d'impotence » - l'admirable « Demandez le pogrom ! » - « Il sait tout compter/sauf les étoiles ». Ce dernier exemple fait partie des remarquables formules qui émaillent ce recueil, à l'évidence marqué des grandes nostalgies surréalistes. Le poète dans ses fonctions de vivant s'identifie comme un « orgasme barbare pénétrant la douleur et la bêtise ». Il évoque un amour perdu - (« une femme tant aimée - qu'elle s'enfuit »), nous suggère que la disparition de l'amour entraîne l'idée de la mort, que le rêve d'éternité, si prégnant en nous, est mystification, De toute façon, le poète contestataire et révolté par définition, ne parviendra pas à « devenir adulte ». Par moments, la tendresse est là sans vouloir avouer son nom. Le plus souvent, le déferlement du sarcasme, à haut niveau lyrique, entraîne désespoir et désir de suicide, Le poète étouffe, « enfermé dans les limites de l'ordinaire » et à palper sans cesse « le vide en nous ». L'humour noir vole souvent à son secours « éclair frappé / de nullité comptable ».

  • L'histoire nous enseigne qu'après un certain temps, toutes les théories, même les plus robustes, finissent par être falsifiées et sont soit remplacées par une nouvelle théorie plus générale, soit modifiées de façon telle que les phénomènes en contradiction finissent par trouver leur place logique dans la théorie amendée.

    Mais, l'on peut adopter aussi une attitude plus interrogative et regarder si d'autres voies, d'autres modèles interprétatifs, peuvent conduire à d'autres compréhensions de notre Univers, de la réalité qui nous entoure. Par exemple, en mécanique quantique l'on peut s'interroger sur la validité des interprétations de l'école de Copenhague qui est la seule enseignée dans l'enseignement supérieur au moins jusqu'à un niveau de recherche doctoral ; on peut considérer les interprétations alternatives comme celle d'Everett, celle du solipsisme convivial ou l'interprétation de Bohm - de Broglie.

    C'est donc à un voyage au coeur de la physique que nous invitons le lecteur, mais un voyage utilisant des sentiers détournés ou depuis longtemps abandonnés et qui recèlent d'importants point de vue qui vont forcer notre réflexion et nous ouvrir de nouvelles perspectives de compréhension du monde dans lequel nous déroulons notre trop brève existence.

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