• Aquitaine, 1928-1938. Deux amies d'enfance, des presque soeurs, sont confrontées, pour des raisons différentes, à la tuberculose. Elles sont séparées et leur nouvelle vie suit le parcours imparti aux pestiférées à cette époque. Du rejet social et familial à l'enfermement sanatorial il faudra du caractère pour transformer cette épreuve en nouveau départ. Et du caractère, elles en ont. Il parait qu'à quelque chose malheur est parfois bon.

  • Je t'aimais bien, l'écolo. Avec ta deuche fumigène et tes cheveux en broussaille, tu étais tendre et folklorique, un peu ridicule, mais tellement chouette. Tes rejetons, je les aime bien aussi. Mais parmi eux se sont glissés les jeunes loups aux dents longues de l'écolo-business qui hurlent, dès qu'on les touche, qu'ils font partie d'espèces protégées. Il y a les terribles Templiers Verts qui ont revêtu une armure chevaleresque de Croisés de la Nature. Il y a les adorateurs mysticouillons de notre planète Gaia. Et puis la horde de ceux à qui le fond de l'air pollué profite. Une aubaine pour faire prospérer de l'oseille qui se dit bio - au fait, vous aviez remarqué la couleur du dollar ?

  • Laurent sécrétait le scandale avec la plus grande aisance, comme si la société avait été trop étriquée pour lui. Depuis son retour d'Algérie, il exagérait : Versailles tolère mal les bizarreries. Et beaucoup, qui l'avaient tenu pour un rêveur, le jugeaient désaccordé. Cela se dit, en versaillais, « un peu drôlet ». Il était fatal que, désespérant du quotidien, entre deux plongées dans les espaces interstellaires à l'observatoire de Meudon, Laurent tombe sur ce vieux Titan déglingué d'Henri Péqueu, prophétisant sous la broussaille de ses énormes moustaches rousses, sa cape rouge et noire au vent, l'éclatement de notre orgueilleuse planète. Il était inévitable que Péqueu entraîne Laurent vers sa fille Aurore et l'éblouissement de retrouvailles inattendues. Car jamais, en fait, Laurent et Aurore n'avaient cessé de se chercher depuis l'époque où, sous des noms d'emprunt, ils jouaient les clandestins éphémères au côté des militants algériens. Ils allaient enfin pouvoir vivre leur passion, confronter leur amour à leur soif d'absolu. Mais autour d'eux le monde se fissure - mai 1968, Prague - et c'est Péqueu, magnifique illuminé, qui les tire de leur torpeur. Emportés dans le tourbillon des révoltes et de leurs échecs, Laurent et Aurore peu à peu se perdent, et tandis que Péqueu et sa fille laissent les hommes à leur petitesse, il restera à Laurent, désormais seul, l'incertain privilège de la vie. Aurore ou la génération perdue est la grande fresque que l'on attendait sur la génération de ceux qui eurent vingt ans en 1960, à l'égal de ce que furent les Thibault pour les contemporains de Martin du Gard. C'est aussi une superbe, une lyrique histoire d'amour.

  • L'art vivant implique le corps dans la création d'une esthétique intercorporelle : relation directe avec le public, échanges entre les partenaires, émersion de sensations intimes. Par le contact tactile des mains, des corps et des peaux, des informations invisibles sont activées dans les réseaux nerveux, hormonaux et cérébraux. Ainsi, les artistes se reconnaissent par la projection de leur espace corporel qui repose sur une sensibilité empathique, dans une reconnaissance affective et sur une résonance motrice.

  • La date du 13 mai 1958 marque un carrefour de l'histoire française. Une république meurt en un drame indolore, une nouvelle est en gestation avec le retour du général de Gaulle. Entre les deux, l'inexorable crise du fait colonial semble suspendue. Les questions s'enchaînent : l'impasse de la Quatrième République n'a-t- elle été scellée que par une conjonction de facteurs exceptionnelle ? La Cinquième, notre régime républicain d'aujourd'hui, est-elle entachée d'une origine illégitime ? Le bénéficiaire des évènements s'illusionnait-il sur la réalité algérienne ? Et quelle était-elle à ce moment ? De Gaulle fut-il placé en connaissance de cause devant un noeud d'ambigüités ? Les historiens et les témoins répondent par l'étude d'acteurs individuels ou collectifs et de situations dont les ressorts divergent malgré une dynamique provisoirement orientée. Et l'on s'accorde aujourd'hui pour reconnaître que le retour du général de Gaulle n'était pas inscrit par avance dans l'émeute du 13 mai 1958. Au total, l'ouvrage fait le point de nos connaissances sur le sujet, explore de nouvelles sources, suggère des pistes de recherche et remet en cause quelques mythes. Si l'histoire est toujours en quête d'approfondissements, les éclairages apportés ici devraient, sans prétendre à une impossible exhaustivité, arracher l'historiographie du 13 mai 1958 à l'emprise de toute littérature polémique.

  • A l'occasion de ses 70 ans, retrouvez dans ce dossier gratuit les premiers chapitres de 9 titres incontournables de la collection Série Noire :

    Les initiés (de Thomas Bronnec), Pukhtu Primo (de DOA), L'ange gardien(de Jérôme Leroy), Or Noir (de Dominique Manotti), Et ils oublieront la colère (de Elsa Marpeau), Tout doit disparaître (de Jean-Bernard Pouy), L'alignement des équinoxes(de Sébastien Raizer), Les Brillants (de Marcus Sakey) et L'exécution de Noa P. Singleton (de Elizabeth Silver).

    Vous pouvez accéder directement à chaque extrait par la table des matières de ce dossier ou lire les extraits à la suite. Retrouvez aussi photographie et biographie des auteurs. Tous ces livres numériques sont en vente chez votre libraire.

  • Ancien acteur shakespearien, nostalgique d'un grand théâtre perdu, le personnage de Simplement compliqué s'autorise une fois par mois à porter la couronne de Richard III, le rôle de sa vie. Souvenirs de théâtre, préoccupations matérielles et considérations misanthropes rythment le discours de celui qui s'est définitivement séparé de ses contemporains : seule lui rend visite une petite fille, qui vient lui apporter du lait tous les mardis et vendredis, et dont la présence perturbe à peine le flot de paroles du vieil homme. Triste et grotesque, il est désormais le spectateur d'une vie qui s'est arrêtée.

empty