• Sur la Perspective Nevski, les Possédés se tiennent embusqués. Dans la pénombre, Rogogine, glacé d'épouvante, s'affronte au meurtre, par ascèse. Les bas-fonds grouillent de gueules crevassées en quête d'un peu de soupe. A chaque coin de rue, des bombes explosent, portées par des mystiques qui assassinent par amour de l'humanité. Le docteur Tchekhov pressent la clef du labyrinthe au fond de la Cerisaie qui se délabre. Dans un recoin opaque, Evno Azev : le plus sanglant des terroristes. Ses attentats abattent ministres, gouverneurs, grands-ducs et menacent jusqu'au tsar. Il est lui-même une sorte de tsar de la nuit. Son lieutenant, Boris Souvarski, ne jure que par lui. La jeune et ravissante comtesse Sophie vient se prendre au piège de leur univers de meurtres et de passion. Cependant, les militants tombent par dizaines : il y a un traître parmi eux. Comment peut-on imaginer l'inimaginable : que le même homme soit à la fois le tueur le plus féroce et l'espion le plus retors de la police secrète ? Une pelure d'illusion, une pelure de réalité : ainsi se pèle, selon Azev, l'Histoire. Mais qu'y a-t-il au fond, tout au fond ? Azev a vraiment existé. Boris, que Cendrars appelait "mon ami l'assassin" et qui fascina Churchill, fut vraiment son bras droit.

  • Aquitaine, 1928-1938. Deux amies d'enfance, des presque soeurs, sont confrontées, pour des raisons différentes, à la tuberculose. Elles sont séparées et leur nouvelle vie suit le parcours imparti aux pestiférées à cette époque. Du rejet social et familial à l'enfermement sanatorial il faudra du caractère pour transformer cette épreuve en nouveau départ. Et du caractère, elles en ont. Il parait qu'à quelque chose malheur est parfois bon.

  • Je t'aimais bien, l'écolo. Avec ta deuche fumigène et tes cheveux en broussaille, tu étais tendre et folklorique, un peu ridicule, mais tellement chouette. Tes rejetons, je les aime bien aussi. Mais parmi eux se sont glissés les jeunes loups aux dents longues de l'écolo-business qui hurlent, dès qu'on les touche, qu'ils font partie d'espèces protégées. Il y a les terribles Templiers Verts qui ont revêtu une armure chevaleresque de Croisés de la Nature. Il y a les adorateurs mysticouillons de notre planète Gaia. Et puis la horde de ceux à qui le fond de l'air pollué profite. Une aubaine pour faire prospérer de l'oseille qui se dit bio - au fait, vous aviez remarqué la couleur du dollar ?

  • Laurent sécrétait le scandale avec la plus grande aisance, comme si la société avait été trop étriquée pour lui. Depuis son retour d'Algérie, il exagérait : Versailles tolère mal les bizarreries. Et beaucoup, qui l'avaient tenu pour un rêveur, le jugeaient désaccordé. Cela se dit, en versaillais, « un peu drôlet ». Il était fatal que, désespérant du quotidien, entre deux plongées dans les espaces interstellaires à l'observatoire de Meudon, Laurent tombe sur ce vieux Titan déglingué d'Henri Péqueu, prophétisant sous la broussaille de ses énormes moustaches rousses, sa cape rouge et noire au vent, l'éclatement de notre orgueilleuse planète. Il était inévitable que Péqueu entraîne Laurent vers sa fille Aurore et l'éblouissement de retrouvailles inattendues. Car jamais, en fait, Laurent et Aurore n'avaient cessé de se chercher depuis l'époque où, sous des noms d'emprunt, ils jouaient les clandestins éphémères au côté des militants algériens. Ils allaient enfin pouvoir vivre leur passion, confronter leur amour à leur soif d'absolu. Mais autour d'eux le monde se fissure - mai 1968, Prague - et c'est Péqueu, magnifique illuminé, qui les tire de leur torpeur. Emportés dans le tourbillon des révoltes et de leurs échecs, Laurent et Aurore peu à peu se perdent, et tandis que Péqueu et sa fille laissent les hommes à leur petitesse, il restera à Laurent, désormais seul, l'incertain privilège de la vie. Aurore ou la génération perdue est la grande fresque que l'on attendait sur la génération de ceux qui eurent vingt ans en 1960, à l'égal de ce que furent les Thibault pour les contemporains de Martin du Gard. C'est aussi une superbe, une lyrique histoire d'amour.

  • Le champ de la Butte Noire

    Bernard Thomas

    • Grasset
    • 7 Septembre 1994

    Ce roman pourrait s'intituler "Le Graal à Massy-Palaiseau". Laura, la Loubarde, hôtesse d'encaissement dans un supermarché, autrement dit caissière, est la muse un rien distante d'une bande de copains à la dérive. Ces abonnés permanents à la dèche veulent du changement. La révolte des banlieues gronde. Voici Manu, boursicoteur des combines en tous genres ; Benelli et Poulbot, l'un couvert de furoncles, l'autre lentement grignoté par le sida ; Dan, le petit frère de Laura, un dur à cuire en culottes courtes. Entre Massy et Les Ulis, de la Nationale 20 à l'autoroute A10, ils se prennent pour des croisés modernes, chevauchent des motos qui vrombissent, et s'imaginent les héros d'une nouvelle quête du Graal : "Frayer sa piste en solitaire à travers les forêts de HLM." Les cheveux blonds sur les épaules, indifférente, Laura recueille des monnaies anciennes, traces des civilisations antiques, dans les chemins boueux, à la lisière de l'autoroute. C'est un moyen comme un autre pour rêver qu'on est ailleurs. Loin de Massy-Palaiseau...

  • "Voici l'un des plus beaux textes de Thomas Bernhard. Il date apparemment de la fin des années soixante-dix, et l'on y retrouve bien sûr les thèmes habituels : l'existence "au degré de difficulté le plus haut" d'un "être de l'esprit" engagé dans une recherche totale et mortelle. Ici, c'est la physiognomonie appliquée à quatre personnages ordinaires rencontrés à la cantine populaire (à ce qu'il y a de plus quotidien donc), dans le discours bernhardien en abyme, et en écho aux périodes difficiles dont parlent les romans autobiographiques.
    Mais au-delà de la thématique, ce texte est peut-être surtout, lui aussi, une composition grandiose, une magnifique dentelle, une partition magistrale dont les amateurs auront le plus grand plaisir à découvrir une variation supplémentaire."
    Claude Porcell.

  • "J'ai écrit ce qu'il y a de plus grand, cela ne fait aucun doute, mais c'est aussi de cette façon que j'ai tétanisé la littérature allemande pour quelques siècles. J'aurai été, mon cher, avait dit Goethe à Riemer, le tétaniseur de la littérature allemande. Ils sont tous tombés dans le piège de mon Faust." La férocité de Thomas Bernhard fait rage dans les quatre récits rassemblés ici en un volume, selon le souhait de l'auteur. Qu'il s'agisse de Goethe mourant, de la haine de l'Autriche ou la détestation de la famille, l'humour et l'ironie du grand prosateur se révèlent toujours aussi percutants. Mais surtout, ces quatre miniatures contiennent tout l'univers de Bernhard et forment un condensé très maîtrisé des motifs qui traversent toute son oeuvre.

  • La relation du grand écrivain autrichien Thomas Bernhard avec les médias et le grand public était souvent placée sous le signe de la méfiance, voire du scandale. Les témoignages écrits de ce rapport complexe constituent par conséquent une mine inépuisable pour l'amateur de l'oeuvre bernhardienne, en éclairant non seulement l'homme et son parcours mais aussi son travail d'écrivain. Le présent recueil rassemble un grand nombre de textes - plus d'une cinquantaine d'articles, une quinzaine d'entretiens, des lettres et des discours - qui permettent au lecteur d'affiner sa connaissance de l'univers de Bernhard, ses préoccupations et ses ambitions. Sous sa plume, le monde devient une pièce de théâtre absurde ou un roman d'aventures, un univers peuplé de dilettantes malfaisants et bornés. Quel que soit le thème abordé - la mort, l'Autriche, le théâtre, la poésie - son analyse et son ironie mordante font mouche.

  • La date du 13 mai 1958 marque un carrefour de l'histoire française. Une république meurt en un drame indolore, une nouvelle est en gestation avec le retour du général de Gaulle. Entre les deux, l'inexorable crise du fait colonial semble suspendue. Les questions s'enchaînent : l'impasse de la Quatrième République n'a-t- elle été scellée que par une conjonction de facteurs exceptionnelle ? La Cinquième, notre régime républicain d'aujourd'hui, est-elle entachée d'une origine illégitime ? Le bénéficiaire des évènements s'illusionnait-il sur la réalité algérienne ? Et quelle était-elle à ce moment ? De Gaulle fut-il placé en connaissance de cause devant un noeud d'ambigüités ? Les historiens et les témoins répondent par l'étude d'acteurs individuels ou collectifs et de situations dont les ressorts divergent malgré une dynamique provisoirement orientée. Et l'on s'accorde aujourd'hui pour reconnaître que le retour du général de Gaulle n'était pas inscrit par avance dans l'émeute du 13 mai 1958. Au total, l'ouvrage fait le point de nos connaissances sur le sujet, explore de nouvelles sources, suggère des pistes de recherche et remet en cause quelques mythes. Si l'histoire est toujours en quête d'approfondissements, les éclairages apportés ici devraient, sans prétendre à une impossible exhaustivité, arracher l'historiographie du 13 mai 1958 à l'emprise de toute littérature polémique.

  • It is 1967. In separate wings of a Viennese hospital, two men lie bedridden. The narrator, named Thomas Bernhard, is stricken with a lung ailment; his friend Paul, nephew of the celebrated philosopher Ludwig Wittgenstein, is suffering from one of his periodic bouts of madness. As their once-casual friendship quickens, these two eccentric men begin to discover in each other a possible antidote to their feelings of hopelessness and mortality--a spiritual symmetry forged by their shared passion for music, strange sense of humor, disgust for bourgeois Vienna, and great fear in the face of death. Part memoir, part fiction, Wittgenstein's Nephew is both a meditation on the artist's struggle to maintain a solid foothold in a world gone incomprehensibly askew, and a stunning--if not haunting--eulogy to a real-life friendship.

  • Thomas Bernhard (1931-1989) has been hailed by Gabriel Josipovici as 'Austria's finest postwar writer' and by George Steiner as 'one of the masters of contemporary European fiction.' Faber Finds is proud to reissue a selection of four of Bernhard's finest novels.The Loser centres on a fictional relationship between piano virtuoso Glenn Gould and two of his fellow students who feel compelled to renounce their musical ambitions in the face of Gould's incomparable genius. One commits suicide, while the other - the obsessive, witty, and self-mocking narrator - has retreated into obscurity. Written as a monologue in one remarkable unbroken paragraph, The Loser is a brilliant meditation on success, failure, genius, and fame.

  • Fiercely observed, often hilarious, and reminiscent of Ibsen and Strindberg (The New York Times Book Review), this exquisitely controversial novel was initially banned in its authors homeland.
    A searing portrayal of Viennas bourgeoisie, it begins with the arrival of an unnamed writer at an artistic dinner hosted by a composer and his society wife--a couple he once admired and has come to loathe. The guest of honor, a distinguished actor from the Burgtheater, is late. As the other guests wait impatiently, they are seen through the critical eye of the writer, who narrates a silent but frenzied tirade against these former friends, most of whom have been brought together by Joana, a woman they buried earlier that day. Reflections on Joanas life and suicide are mixed with these denunciations until the famous actor arrives, bringing an explosive end to the evening that even the writer could not have seen coming.

  • For five years, Konrad has imprisoned himself and his crippled wife in an abandoned lime works where hes conducted odd auditory experiments and prepared to write his masterwork, The Sense of Hearing. As the story begins, hes just blown the head off his wife with the Mannlicher carbine she kept strapped to her wheelchair. The murder and the bizarre life that led to it are the subject of a mass of hearsay related by an unnamed life-insurance salesman in a narrative as mazy, byzantine, and mysterious as the lime works--Konrads sanctuary and tomb.

  • Anglais Correction

    Thomas Bernhard

    Roithamer, a character based on Wittgenstein, has committed suicide having been driven to madness by his own frightening powers of pure thought. We witness the gradual breakdown of a genius ceaselessly compelled to correct and refine his perceptions until the only logical conclusion is the negation of his own soul.

  • Anglais The Loser

    Bernhard Thomas

    Thomas Bernhard was one of the most original writers of the twentieth century. His formal innovation ranks with Beckett and Kafka, his outrageously cantankerous voice recalls Dostoevsky, but his gift for lacerating, lyrical, provocative prose is incomparably his own.One of Bernhard's most acclaimed novels, The Loser centers on a fictional relationship between piano virtuoso Glenn Gould and two of his fellow students who feel compelled to renounce their musical ambitions in the face of Gould's incomparable genius. One commits suicide, while the other-- the obsessive, witty, and self-mocking narrator-- has retreated into obscurity. Written as a monologue in one remarkable unbroken paragraph, The Loser is a brilliant meditation on success, failure, genius, and fame.
    From the Trade Paperback edition.

  • From the late Thomas Bernhard, arguably Austria's most influential novelist of the postwar period, and one of the greatest artists in all twentieth-century literature in the German language, his magnum opus.
    Extinction, Bernhard's last work of fiction, takes the form of the autobiographical testimony of Franz-Josef Murau, the intellectual black sheep of a powerful Austrian land-owning family. Murau lives in Rome in self-imposed exile from his family, surrounded by a coterie of artistic and intellectual friends. On returning from his sister's wedding to the "wine-cork manufacturer" on the family estate of Wolfsegg, having resolved never to go home again, Murau receives a telegram informing him of the death of his parents and brother in a car crash. Not only must he now go back, he must do so as the master of Wolfsegg. And he must decide its fate.
    Divided into two halves, Extinction explores Murau's rush of memories of Wolfsegg as he stands at his Roman window considering the fateful telegram, in counterpoint to his return to Wolfsegg and the preparations for the funeral itself.
    Written in the seamless style for which Bernhard became famous, Extinction is the ultimate proof of his extraordinary literary genius. It is his summing-up against Austria's treacherous past and -- in unprecedented fashion -- a revelation of his own incredibly complex personality, of his relationship with the world in which he lived, and the one he left behind.
    A literary event of the first magnitude.

  • Instead of the book hes meant to write, Rudolph, a Viennese musicologist, produces this dark and grotesquely funny account of small woes writ large, of profound horrors detailed and rehearsed to the point of distraction. We learn of Rudolphs sister, whose help he invites, then reviles as malevolent meddling; his really marvelous house, which he hates; the suspicious illness he carefully nurses; his ten-year-long attempt to write the perfect opening sentence; and, finally, his escape to the island of Majorca, which turns out to be the site of someone elses very real horror story.
    A brilliant and haunting tale of procrastination, failure, and despair, Concrete is a perfect example of why Thomas Bernhard is remembered as one of the masters of contemporary European fiction (George Steiner).

  • Roithamer, a character based on Wittgenstein, has committed suicide having been driven to madness by his own frightening powers of pure thought. We witness the gradual breakdown of a genius ceaselessly compelled to correct and refine his perceptions until the only logical conclusion is the negation of his own soul.

  • Thomas Bernhard, one of the most distinct, celebrated, and perverse of 20th century writers, took his own life in 1989. Perhaps the greatest Austrian writer of the 20th century, Bernhard's vision in novels like Cutting Timber was relentlessly bleak and comically nihilistic. His prose is torrential and his stlye unmistakable. Bernhard is the missing link between Kafka, Beckett, Michel Houellebecq and Lars von Trier; without Bernhard the literature of alienation and self-contempt would be bereft of its great practitioner.Cutting Timber: An Irritation is widely recognised as his masterpiece. Over the course of a few hours, following a performance of Ibsen's The Wild Duck, we are in the company of the Auersbergers, and our narrator, who never once leaves the relative comfort of his 'wing-backed chair' where he sips at a glass of champagne. As they anticpate the arrival of the star actor, and the commencement of dinner, the narrator of Cutting Timber dismantles the hollow pretentiousness at the heart of the Austrian bourgeoisie. The effect is devastating; the horror only redeemed by the humour.

  • The Cycle of Juvenile Justice takes a historical look at juvenile justice policies in the United States. Tracing a pattern of policies over the past 200 years, the book reveals cycles of reforms advocating either lenient treatment or harsh punishments for juvenile delinquents. Bernard and Kurlychek see this cycle as driven by several unchanging ideas that force us to repeat, rather than learn from, our history. This timely new edition provides a substantial update from the original, incorporating the vast policy changes from the 1990s to the present, and placing these changes in their broader historical context and their place within the cycle of juvenile justice. The authors provide a provocative and honest assessment of juvenile justice in the 21st century, arguing that no policy can solve the problem of youth crime since it arises not from the juvenile justice system, but from deeper social conditions and inequalities. With this highly-anticipated new edition, The Cycle of Juvenile Justice will continue to provide a controversial, challenging, and enlightening perspective for a broad array of juvenile justice officials, scholars, and students alike.

  • Thomas Bernhard (1931-1989) has been hailed by Gabriel Josipovici as 'Austria's finest postwar writer' and by George Steiner as 'one of the masters of contemporary European fiction.' Faber Finds is proud to reissue a selection of four of Bernhard's finest novels.Wittgenstein's Nephew (1982) opens in 1967 as two men lie bedridden in separate wings of a Viennese hospital. The narrator, Thomas Bernhard, is stricken with a lung ailment; his friend Paul, nephew of Ludwig Wittgenstein, is suffering from one of his periodic bouts of madness. As their once-casual friendship quickens, these eccentric men begin to see in each other a possible antidote to their feelings of hopelessness and mortality, on the unexpected strength of what they hold in common.'Furious, obsessive, scathing, absolutely hilarious and oddly beautiful.' Claire Messud, Salon'A memento mori that approaches genius.' Richard Locke, Wall Street Journal

  • Old Masters (1985) is Thomas Bernhard's devilishly funny story about the friendship between two old men. For over thirty years Reger, a music critic, has sat on the same bench in front of a Tintoretto painting in a Viennese museum, thinking and railing against contemporary society, his fellow men, artists, the weather, even the state of public lavatories. His friend Atzbacher has been summoned to meet him, and through his eyes we learn more about Reger - the tragic death of his wife, his thoughts of suicide and, eventually, the true purpose of their appointment. At once pessimistic and exuberant, rancorous and hilarious, Old Masters is a richly satirical portrait of culture, genius, nationhood, class, the value of art and the pretensions of humanity.

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