La manufacture des livres

  • Deux milliards d'euros, c'est le chiffre d'affaires annuel que génère le trafic de stupéfiants en France. On comprend mieux pourquoi les nouveaux caïds issus des quartiers s'entretuent à coups de rafales de kalachnikovs pour son contrôle. S'il est particulièrement sanglant à Marseille, le phénomène est national. De l'Île de France à la Bretagne, en passant par Lyon, Grenoble, Montpellier, Bordeaux, Lille ou Mulhouse, les millions des stups font tourner les têtes et sortir les armes aux parrains qui contrôlent cette économie souterraine. Un vrai business où l'on parle réduction des coûts, augmentation des marges, où la concurrence est rude et les OPA réellement sauvages. Loin des simples rapports de police et compilations de faits divers, Parrains de cités est un livre évènement. Après des années d'enquête, Jérôme Pierrat nous emmène à la rencontre des parrains des stups, de leurs lieutenants et de leurs soldats. Il s'est rendu dans les montagnes du Rif marocain, sur la Costa del Sol où ces Pablo Escobar des HLM roulent en Ferrari sous le soleil espagnol. Il dresse les portraits des plus fameux d'entre eux. Il raconte leurs guerres et nous plonge dans les secrets du trafic. Il raconte comment il a approché ces nouveaux acteurs d'un biz qui fait vivre des familles et des quartiers entiers, comment il a su se faire accepter et partir à la rencontre des producteurs, transporteurs, ou revendeurs. Sans complaisance, il montre comment cette économie prospère structure une partie de notre pays. Un document qui fournit des éléments essentiels au débat sur la sécurité, la légalisation et le devenir de notre société.

  • En 1769, l'Endeavour de Cook jette l'ancre à Tahiti. Les marins y assistent à l'étrange cérémonie du «tatau» qui consiste à décorer le corps de marques bleutées en injectant de l'encre sous la peau. Envoûtés, ils succombent à leur tour à la coutume locale. À leur retour, ils décrivent avec enthousiasme et nostalgie cette vie paradisiaque : l'attrait pour le tatouage est né, définitivement accolé à l'exotisme et à l'érotisme. Bientôt, le phénomène se propage et on assiste à une véritable rage du tatouage : les exhibitions de marins tatoués obtiennent un immense succès, la classe ouvrière se laisse séduire. Dans les villes portuaires s'ouvrent les premiers studios et la folie du tatouage gagne l'Amérique, envahissant le port de New-York avant de se propager à la côté Ouest. Des spécialistes de ce nouvel art imposent leur nom et leur style. À travers plus de cent vingt photographies de marins américains, ce beau livre nous présente l'histoire de cette pratique, décryptant les différents motifs et dessins des tatoués avec une série d'illustrations originales, mêlant esthétique du portrait photo et archives uniques.

  • Jérôme Pierrat est parti à la rencontre de René Nivois, l'homme qui a régné sur le milieu Lyonnais des années 80 à nos jours, de la fin du Gang des Lyonnais à l'explosion de l'importation du haschisch marocain et qui vit aujourd'hui en Espagne. Le Gang des Lyonnais sous les verrous, deux équipes, au début alliées, vont se partager le terrain. La première se rassemble autour de Raymond Vaccarizi et se livre au contrôle des trottoirs, à des braquages de banques, au racket, et trouve parfois refuge en Espagne. C'est là que le truand sera arrêté en 1983. Le 14 juillet 1984, il est abattu dans sa cellule de la prison Modelo de Barcelone par un sniper posté sur le toit d'un immeuble de l'autre côté de la rue. Deux balles en pleine tête alors qu'il s'était mis à la fenêtre de sa cellule. En 1985, le lyonnais René Nivois est arrêté en Espagne avec quelques membres de son équipe et soupçonné d'être le commanditaire de l'assassinat. Le tireur l'a dénoncé à la PJ lyonnaise. Né en 1949 et élevé à Bron, Nivois est connu de longue date : fiché au grand banditisme, régulièrement incarcéré, il possède déjà un lourd passé de braqueur : à 15 ans, il passe sa première nuit en prison...au quartier des condamnés à mort de la prison d'Avignon. Il est soupçonné d'être mêlé à l'assassinat d'un des membres du Gang des lyonnais, Georges Manoukian. C'est aussi l'ami de toujours de Raymond Vaccarizi...Acquitté par la cour suprême de Madrid pour le meurtre de Vaccarizi, René Nivois se retire en Espagne au début des année 90, où il fait partie des premiers à se lancer dans le trafic de haschisch avec le Maroc, et ce, sur une grande échelle. Il fournit des centaines de kilos dans le sud de la France. Mais début 2000, il est écroué avec cinq complices. Dans ce livre d'entretiens, René.Mvois, sans complaisance et faux-semblants, ne cache rien de sa vie, d'une enfance dans la banlieue de Lyon à sa vie de voyou qui a passé plus de la moitié de sa existence sous les barreaux. De la trahison de son ami Vaccarizi au commerce des stupéfiants avec le Maroc : le mythe des valeurs du milieu s'effondre : le monde des voyous pue la mort et la trahison.

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