• Jean Huguet est vendéen. Vendéen des Sables-d'Olonne, la seule ville qui, dans la Vendée insurgée, demeura républicaine - on disait alors patriote - au milieu de la tourmente politique et militaire de 1793 et de 1794. De cette position particulière, il a appris à considérer ces années tragiques d'un oeil plus serein que la plupart de ses compatriotes : son essai, Un coeur d'étoffe rouge, publié en 1985, est la première tentative de réconciliation des frères ennemis - et l'on voit, jour après jour, son rayonnement modifier les esprits dans tout l'Ouest français. En 1986, Jean Huguet a publié Les tambours de la Bourguignonne, roman-chronique de L'An I de la Vendée, dont Émilia est la suite naturelle. Émilia, roman-chronique... Roman, parce que certains des personnages, dont Émilia et le jeune officier bleu, Caïus Rambert, sont imaginés. Chronique, parce que les principaux acteurs, ou témoins du drame, sont historiques : François Servanteau, André Collinet, le député Gaudin, le général Boulard, le général Turreau (l'homme des colonnes infernales), vingt autres. Chronique, encore, car, vécu par ces hommes et ces femmes, jour après jour, ce récit est la relation fidèle des événements qui, du printemps 1793 au printemps 1794, font de la Vendée le théâtre de la plus grande guerre civile de l'histoire de France (en quatorze mois, près d'un demi-million de morts, Blancs et Bleus)... Émilia et Caïus Rambert vivent leur roman ; d'autres écrivent l'histoire avec le sang des victimes ; Servanteau et Collinet en tiennent la chronique, et tentent de comprendre l'horreur qui se déchaîne sous leurs yeux... Roman-chronique : tel est ce livre à nul autre pareil qui, tour à tour, décrit le quotidien et prend de la hauteur. Il est, en quelque sorte, l'illustration vivante d'Un coeur d'étoffe rouge. Du roman, il a la puissance et l'émotion ; de la chronique, l'intelligence des faits et le poids de la réflexion.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Il y a dix ans paraissait "L'homme et sa destinée", dont le retentissement, non seulement en Amérique et en France, mais dans le monde entier (l'ouvrage fut traduit en treize langues), devait être considérable. Le présent essai est une introduction non seulement à cette oeuvre, mais à la connaissance de la personne même de Lecomte du Noüy. Il se développe sur trois plans : l'Homme, dont le destin est retracé dans une chronologie sommaire mais précise, en marge de laquelle sont analysés les traits les plus caractéristiques de cette personnalité, qui exerça sur son entourage une extraordinaire séduction (tour à tour dandy, dramaturge, savant, philosophe, contemplatif jusqu'à l'ascèse) - la science à laquelle il crut de toutes ses forces, jusqu'à l'instant où l'esprit d'exigence, le profond désir de lumière qui inspira ses recherches, lui en montra la relativité, éveillant en lui une sensibilité religieuse - Dieu vers lequel Lecomte du Noüy, par le chemin aride de la science, chemin emprunté, il est vrai, déjà par tant d'illustres savants, s'éleva, donnant l'exemple d'une admirable lucidité. "Rayonnement de Lecomte du Noüy" n'est pas l'oeuvre d'un homme de science, mais constitue un témoignage humain, adressé à tous les publics, dans la mesure où ceux-ci éprouvent le désarroi de notre époque. Comme il le fit pour "Saint-Exupéry ou l'enseignement du désert" (La Colombe, 1956), - l'auteur de "Citadelle" étant d'ailleurs - à diverses reprises - évoqué dans ce livre -, Jean Huguet s'est efforcé d'atteindre à la vérité profonde de Pierre Lecomte du Noüy. Le 22 septembre dernier, il y eut dix ans que celui-ci mourait. Le temps depuis lors écoulé a servi la mémoire du philosophe qui avait écrit : "La destinée de l'homme ne se limite pas à son existence sur terre... Il existe moins par les actes qu'il exécute pendant sa vie, que par le sillage qu'il laissera derrière lui comme une étoile filante." La lecture de cet ouvrage vous convaincra de l'actualité de Lecomte du Noüy.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Chaque été, entre le continent, c'est-à-dire Les Sables-d'Olonne en Vendée, et l'île de la Chaume, le bac embarque et débarque trois cent mille passagers. La plupart, ce sont des « étrangers » attirés par le site, le lacis des ruelles, les quais pointillés de bistrots, voire une population dont le pittoresque ne sera, hélas, qu'effleuré. Cette chronique d'une enfance offre au lecteur - « étranger » lui aussi - l'occasion unique de pénétrer à l'intérieur d'une famille de pêcheurs chaumois. L'enfant qui vous guide est né en 1925. En se dévoilant, il révèle une époque et un milieu qui exercent sur notre temps un particulier attrait. Cette époque se situe entre 1925 et 1937. Ce milieu est la communauté maritime disparue avec les derniers grands voiliers de pêche, ne survivant que dans les merveilleux « portraits de bateaux » de l'imagier de la mer, Paul-Émile Pajot (mort en 1929), ami de l'aïeul, Émile Legoff, patron du dundee l'« Éole », auquel l'enfant doit d'être aujourd'hui l'auteur, et le personnage de ce récit montrant un homme qui se fait dans un monde qui se défait. Intime, jusqu'à l'indiscrétion, confidence et témoignage, ce livre donne accès à la société la plus close, moins par ses moeurs ou son langage, que parce qu'elle s'est construite le dos à la terre quand, même la mer, lieu de travail et de contrainte, lui inspirait plus d'impatience et de colère que d'amour.

  • Ce livre est une chronique de l'année 1969, une chronique « filigranée », c'est-à-dire : où les événements ne se découvrent que par transparence, aussi importants, à tous égards, qu'ils aient pu être, tels la retraite du président de Gaulle, l'avènement du post-gaullisme, les fièvres électorales, surtout le débarquement sur la Lune des premiers Terriens... Au reste, ces événements ne constituent qu'un décor, celui d'une pièce à trois personnages : l'Arbre, l'Auteur, le Temps. L'Arbre, c'est un chêne pédonculé, probablement séculaire, immense et puissant. Il se dressait alors devant la maison vendéenne de l'Auteur, sous le regard duquel, jour après jour, il témoigne et se colore du passage irréversible du temps. Le Temps, lui, est là, à tout instant, toujours prêt à donner la réplique. Jour après jour également, il propose un nouveau sujet d'actualité, qui peut être l'histoire, la jeunesse, la mort, la violence, la justice, la politique, la société, la foi..., souvent la solitude. Et l'auteur, jour après jour encore, tente de répondre, en quête d'une vérité qu'il sait aussi fuyante que le sable ou l'eau de son rivage. Si fuyante même qu'ayant délibérément attendu dix ans pour publier cette chronique, il n'a pu s'empêcher de noter la « différence » qu'il constate aujourd'hui entre celui qui écrivit ces pages et celui qui les publie, en intervenant soit par de brefs commentaires datés de 1979, ou dans une postface dépouillée de toute ambiguïté. Peu d'oeuvres, en définitive, seront allées aussi loin dans la « mise à nu ». À ne pas confondre surtout avec un quelconque exercice littéraire. Rien ici n'est abstrait. Ni le temps, ni l'auteur, ni l'arbre sans lequel ce livre n'aurait pu être. Or, connaissez-vous au monde quelque chose de plus concret qu'un arbre ?

  • Au printemps de 1793, aux Sables-d'Olonne assiégée par l'insurrection vendéenne... Depuis Paris, la Terreur gagne toute la France et dresse sa guillotine sur la plage des Sables. Et François Servanteau, armateur retiré dans son île de La Chaume, entend, presque chaque jour, battre les tambours qui précèdent la charrette des condamnés - ces tambours qui réveillent en lui le souvenir du supplice de la Bourguignonne, fille à soldats morte sous les verges, en 1756, dans des circonstances où, enfant, il joua le rôle du destin. Esprit éclairé, familier des Encyclopédistes, François Servanteau était de ces hommes qui avaient oeuvré à la chute de l'Ancien Régime ; il était sincèrement républicain. Mais voici que, sous ses yeux, la Révolution change de visage, qu'il mesure l'inaptitude des hommes nouveaux à exercer le pouvoir absolu trop tôt hérité d'une monarchie millénaire, l'inaptitude aussi de tout pouvoir à combler l'espérance des hommes. Et François Servanteau s'interroge et agit, cependant qu'autour de lui meurent les amis, se cachent les fidèles et s'agite une société prise de panique...

  • La réussite et l'échec scolaires sont au coeur de la préoccupation des parents, des enseignants et des élèves. Comment favoriser la première et éviter le second? Quelles que soient les époques, cette question court les salles de professeurs, taraude les différents responsables de l'éducation nationale et in fine alimente de manière récurrente le débat public. Ce livre ne prétend évidemment pas y répondre. Il a néanmoins l'ambition de fournir quelques pistes pour l'action. Les sciences du comportement offrent en effet aujourd'hui un ensemble de résultats qui conduisent à mieux évaluer les conséquences possibles de certains actes pédagogiques parmi les plus ordinaires : présenter une tâche, évaluer une performance, donner une note, émettre publiquement une appréciation, faire réaliser un travail en groupe, etc. Apparemment simples, ces actes sont pourtant en mesure d'affecter considérablement la performance scolaire des élèves. Aussi trouvera-t-on dans ce livre quelques éléments issus de recherches scientifiques susceptibles de nourrir, même modestement, une réflexion qui associe les performances scolaires à la fois aux conditions de leur réalisation et à l'histoire de leurs auteurs.

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