Langue française

  • Ainsi donc, certains ont déclaré la guerre à la langue française ! Prétextant l'égalité et la modernité, voilà qu'ils féminisent à outrance (une pompière), kidnappent l'accent circonflexe (un fruit mur), inventent une langue plus étrange que

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'aiguail, c'est la rosée, eau légère et suspendue que devrait sécher le premier rayon de soleil. Mais de ces petites gouttes à la beauté fragile, Marie-Hélène Verdier fait une eau-forte capable de graver les paysages de sa mémoire avec une précision de découpe peu commune. Elle convoque la neige, le temps et les étoiles afin d'arracher au néant les masques de l'invisible et prouver que la banalité de notre vie peut être rachetée par une idée plus haute, aux couleurs, parfois, du chemin de croix. La douceur lutte avec la douleur et la solitude. L'amour, avec ses peines et ses gloires, n'est qu'une figuration de l'Autre Amour. Voici une poésie toute de tension et de ferveur à peine contenues, où l'unité cosmique s'exprime par une succession de touches soigneusement choisies dans le registre des éléments et le vibrato des sensations. On pense à ces miniatures anciennes dans lesquelles le détail du paysage, en arrière-plan, n'existe que pour mettre mieux en valeur la souffrance ou la passion des personnages à l'avant du tableau. Le poète est un des personnages. Jean Orizet. Aiguail est le troisième recueil de Marie-Hélène Verdier, qui a aussi publié un remarquable recueil de nouvelles, Le Grand Vénéré, dont Le Monde a pu vanter « la diversité des regards, le passage du rêve à la réalité, un humour qui caresse plus qu'il ne griffe, des situations de huis clos qui vont bien au-delà des murs où elles se cachent », ainsi qu'« une écriture économe de ses effets mais point avare de poésie ».

  • « De bout en bout, écrit Pierre Emmanuel dans la préface du Prince au Lys, c'est là un livre magique, la traversée d'un pays enchanté qui a les couleurs et les métamorphoses du rêve, mais où se perçoivent, dans la profondeur psychique, des archétypes dont l'énergie impose à l'auteur une voix et un rythme dont elle est possédée sans le savoir ». Ce « Prince au Lys » est sans doute l'Amour ; il est peut-être aussi la Mort et de même le chevalier servant de la Dame à la licorne. On ne sait trop, mais dans ces paysages de tapisseries moyenâgeuses, nous voyons défiler des personnages de légende, en quête de quelque Graal oublié. Chaque poème est un blason, un geste d'offrande à lui tout seul, parmi « les palais tremblants de la haine », « le van des grains d'orage » et « la fuite des soleils vers l'horizon ». Marie Hélène Verdier nous donne une poésie du mystère, de l'inquiétude profonde, de l'itinéraire inspiré. On subit avec fascination, cette élégance d'outre mémoire. Mais on est touché aussi par un concret naturel, une sorte de lumière qui nous semble très claire. Pierre Emmanuel a raison de saluer encore en l'auteur « une intelligence angélique, une capacité d'émerveillement jamais en défaut devant la transparence de tout le créé ».

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