• "Les Abdelnour ont passé près de quinze ans au Québec avant que le père ne les force à rentrer au pays natal, le Liban. Après quelques mois d'émerveillement devant le paysage lumineux de la côte, il leur faut bien s'installer dans leur nouvelle vie, apprendre les codes culturels, s'inventer un avenir. Pour la jeune Ikram, profondément attachée à l'indépendance et à la liberté dont elle jouissait en Amérique, l'épreuve est particulièrement ardue. Dans la chaleur entêtante et sous le regard oppressant des hommes, comment rester fidèle à ses ambitions ? Comment exercer son métier de comédienne dans un monde ou « actrice » est synonyme de « putain » ? Au Grand Soleil, comment s'épanouir sans se brûler ?
    Dans ce roman sensible et sensuel, Abla Farhoud donne la parole à des personnages intenses et fait revivre autour d'eux le Liban des années soixante.
    C'est mon père qui prend la parole. Les mots sortent difficilement de sa bouche, comme s'il n'avait jamais parlé de sa vie. « Tu sais, ma fille, nous sommes au Liban... Nous espérions que... » Je le laisse se dépêtrer, je sais ce qu'il va me dire. Je les regarde et j'attends. « Tu le sais, ma fille, au Liban... une fille de bonne famille ne joue pas au théâtre. »"

  • Le dernier roman, bien attendu, d'Abla Farhoud, est une fresque dépeignant des résidants de la rue Hutchison à Montréal. L'auteure fait se succéder des personnalités d'origines et de cultures différentes menant des vies parallèles. Le personnage principal, l'auteure Françoise Camirand, entreprend d'écrire un roman. Elle tente de raconter ceux qui font de sa rue un lieu mythique de Montréal. Ses voisins sont sa matière, celle du livre qu'elle élabore et que nous lisons. Et en contrepoint de celle de la romancière, une autre voix, celle de Hinda Rochel, une jeune juive hassidique, confie à son journal intime ses observations et sa révolte à l'idée de suivre le chemin qu'on a tracé pour elle. Tous les thèmes chers à Abla Farhoud sont ici déployés avec finesse et bonheur, pour tenter de comprendre ce qui nous sépare et de qui nous rassemble. Elle nous offre aujourd'hui un roman de la réconciliation et du sourire.

  • Le fou d omar

    Abla Farhoud

    Après avoir exploré le monde des femmes dans Le bonheur a la queue glissante et Splendide solitude , Abla Farhoud donne la parole à quatre hommes dans un roman dense, émouvant et exigeant, Le fou d'Omar . Divisée en quatre livres, chacun avec sa propre voix, cette oeuvre présente des points de vue complémentaires sur la même histoire, celle d'une famille libanaise et musulmane installée à Montréal depuis quelques années. Il y est question des problèmes liés à l'adaptation à une nouvelle société, mais le thème principal est celui, universel, de la maladie mentale et de l'aliénation qu'elle entraîne chez les autres membres de la famille. Avec beaucoup de finesse et d'amour, Abla Farhoud plonge au coeur des êtres pour en révéler les failles secrètes, les blessures jamais guéries et l'immense solitude à laquelle chaque individu tente d'échapper dans sa quête d'identité et sa recherche du bonheur.

  • Abla a six ans lorsqu'elle quitte le Liban avec sa famille pour s'établir au Québec. Le français, la religion catholique, la neige ne lui font pas peur ; elle est farouchement déterminée à ne pas rester en marge. Mais c'est grâce au théâtre qu'elle arrive enfin à prendre racine. Jusqu'à ce que, quatorze ans après leur arrivée, son père décide qu'il est temps de repartir...
    Dans ce récit par petites touches, l'auteure plonge dans son passé pour aller à la rencontre de celles qu'elle fut.
     
    J'avais trouvé ma niche, ma maison, ma terre, mon théâtre.
    Je venais d'un autre pays, oui, mais quand j'étais sur scène, j'étais de tous les pays.
    Ou du pays que je choisissais.
     
    Née au Liban, Abla Farhoud a été comédienne puis dramaturge avant de se consacrer au roman. Son oeuvre a été maintes fois jouée, traduite et primée. On lui doit notamment Le bonheur a la queue glissante (1999), Le fou d'Omar (2005) et Le sourire de la petite juive (2011).

  • Ibrahim Abou-Snobara, alias Snoreau, est vieux et fou. Dans sa chambre d'hôpital, il pense à ses cinq soeurs, Écrivaine, Musicienne, Présidente, Doctoresse et Madone. Qu'est-ce qu'il adviendra d'elles quand il ne sera plus? Et de lui, sans elles, dans cet ailleurs sans nom où l'on ne dit plus « je »? Son regard se porte sur chacune avec une acuité qui pourrait sembler cruelle si Snoreau n'était pas Snoreau, et si le roman de ses derniers jours n'était pas empreint de l'humour et de l'humanité qui caractérisent toute l'oeuvre d'Abla Farhoud.


    Je sais que j'ai été sa muse, pas moi personnellement, mais le malade que je suis. C'est le fou qui est romanesque. L'autre moi, la partie plus accrochée au réel, n'a aucun intérêt pour elle. Mais les deux sont intimement imbriqués, ma chère soeur; qui fait mal à l'un n'épargne pas l'autre!

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