• Le modèle de la " société en sablier " qui s'est imposé dans de nombreux pays désigne la polarisation des revenus entre une minorité de riches, qui gagnent de plus en plus, et une majorité de pauvres, qui gagnent de moins en moins, tandis que fond la part des " couches moyennes ". Un ouvrage de référence pour l'analyse des mutations sociales et économiques contemporaines. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition de poche de 1998.)
    Depuis les années quatre-vingt, le modèle de la " société en sablier " s'est imposé dans de nombreux pays, et en particulier en France. Cette image désigne la polarisation des revenus entre une minorité de riches, qui gagnent de plus en plus, et une majorité de pauvres, qui gagnent de moins en moins, tandis que fond la part des " couches moyennes ". La société en sablier est la solution aujourd'hui adoptée, de part et d'autre de l'Atlantique, par les élites productivistes et libérales, face au " problème " du progrès technique et de la mondialisation. Une solution dont l'un des effets majeurs est d'aggraver la " déchirure sociale " qui menace désormais la majorité des citoyens et la cohésion même de la société. Ce modèle n'a pourtant rien d'inéluctable. Pour en faire la preuve, Alain Lipietz s'efforce de comprendre la logique de la société en sablier avec une précision qui fait de ce livre un ouvrage de référence pour l'analyse des mutations sociales et économiques contemporaines. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition de poche de 1998.)

  • La crise économique mondiale, la nouvelle division internationale du travail, la stratégie des entreprises multinationales ont considérablement transformé, depuis une quinzaine d'années, la configuration des rapports entre les États du Sud et ceux du Nord, une transformation marquée, notamment par l'émergence des fameux NPI, les nouveaux pays industrialisés. Alain Lipietz s'attache ici à rendre compte de cette émergence, qu'il impute principalement à la mondialisation d'un système complexe de production et de consommation de masse : le fordisme. Utilisant les concepts (régulation, fordisme, valorisation, etc.), qu'il a définis dans ses précédents ouvrages, il critique les théories dominantes du sous-développement formulées depuis une trentaine d'années, incapables, à ses yeux, d'expliquer, par exemple, l'industrialisation de certains États du tiers monde. Incapables, également, de comprendre comment peuvent coexister un taylorisme primitif et un fordisme périphérique, comme d'analyser les mécanismes de ce système mondial qui produit et reproduit de tels paradoxes. Les relations entre les États du Nord et ceux du Sud ne sont pas de simples relations de dépendance et de domination. C'est de cette réalité complexe qu'entend rendre compte dans ce livre Alain Lipietz, en s'appuyant sur l'étude d'exemples précis - Brésil, États européens méditerranéens, etc. - et en démontant les mécanismes profonds des bouleversements survenus récemment dans les relations économiques internationales (crise monétaire, choc pétrolier, délocalisations industrielles partielles, etc.).

  • Fred Barberousse, ancien du contre-espionnage de l'Union européenne et critique oenologue bénévole, est recruté par l'agence CyberSecuritas. Mission de ce militaire atypique, épicurien et non-violent : vider le net de ses indésirables. Le voici lancé sur la piste de fantômes qui pourrissent la tranquillité d'un philosophe à chemise blanche, harcèlent une belle ministre du président Sarkozy, et tendent des pièges diaboliques aux acteurs et actrice de la libéralisation du commerce international. Notre enquêteur croisera ainsi un côte-de-nuits et une cantate aussi sublimes qu'illégaux, un ambassadeur ouïghour érudit, un sextoy éjaculateur précoce... Autant d'occasions de parfaire sa réflexion sur la création et la propriété intellectuelle, ou sur la géopolitique du changement climatique.

  • Il faut se rendre à l'évidence : la crise ouverte en 1974 diffère assez profondément des crises classiques du capitalisme, y compris la crise des années 1930. Au lieu d'un effondrement général de la production des prix, l'Occident se débat dans une interminable stagnation accompagnée d'une poursuite de l'inflation. Au lieu d'une brutale « épuration » du processus productif, poussant les travailleurs à la révolte et les capitalistes à recourir au fascisme ou à la guerre, la lutte des classes semble s'installer dans une « drôle de crise », où l'attentisme des organisations réformistes laisse le champ libre à une restructuration sournoise mais profonde. Cet ouvrage s'attache à comprendre les mutations dans l'économie capitaliste qui expliquent la forme originale de la crise présente. Il s'appuie sur une relecture du Capital et sur une analyse minutieuse des transformations successives subies par le capitalisme depuis la révolution industrielle. Il apparaît alors que, loin de constituer une anomalie due à quelques phénomènes hasardeux (guerre du pétrole, dérèglement du système monétaire), la forme de la crise actuelle est l'aboutissement des tendances à l'oeuvre dans la structure même du capitalisme, au même titre que l'étonnante phase de développement de l'après-guerre. La première partie de l'ouvrage analyse cette structure et ces tendances. Elle montre que le régime d'accumulation du capital (l'accumulation intensive) qui accompagnait la généralisation du machinisme, exigeait la mise en place d'un nouveau mode de régulation de l'économie marchande : la régulation monopoliste. Cette régulation, et le nouveau mode de formation des prix qu'elle implique, est étudiée dans la seconde partie, la troisième étant plus spécialement consacrée à la crise et à l'inflation. Au-delà de l'analyse économique, cet ouvrage aborde quelques problèmes fondamentaux dont l'examen est rendu urgent par l'actuelle « crise du marxisme ». Au-delà d'une critique de la « théorie des forces productives », il faut s'attacher aux formes de la division sociale du travail qui caractérisent la société marchande. Formes qui engendrent l'aliénation du producteur isolé, le fétichisme de la valeur, la domination du marché, de l'Etat et des grandes entreprises. Formes qui nourrissent l'idéologie « néo-libérale », la magnification d'un système capable d' « autorégulation ».

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le développement des luttes contre l'aménagement capitaliste du territoire, du Larzac à Malville, l'émergence d'une conscience régionale anticapitaliste, d'Occitanie en Bretagne, font ressortir les carences et les lacunes de la réflexion marxiste sur l'espace. C'est cette lacune que ce livre contribue à combler. Il propose plusieurs axes de réflexion : ce qu'est l'espace lui-même : quel rapport entretient-il avec les objets qu'étudie le matérialisme historique, en particulier le mode de production capitaliste ? ; partant de là : comment le matérialisme historique permet-il de comprendre le caractère hétérogène, inégalement développé, de l'espace concret, et la polarisation entre les nations, entre les régions ? ; cet inégal développement des régions étant historiquement acquis, quel rapport actuel entretient-il avec l'accumulation capitaliste ? En particulier, comment le capital monopoliste utilise-t-il cet inégal développement ? Le capitalisme n'est pas une entité douée de raison, mais la structure qui domine et que reproduit la pratique d'agents privés : les capitalistes. La régulation de ces pratiques privées qui concourrent à la reproduction du capital social, c'est la loi de la valeur. Existe-t-il une loi de la valeur dans l'espace ? Qui régule spatialement l'activité des capitalistes individuels ? Les simples mécanismes économiques ne permettant de maîtriser ni les conséquences socio-politiques du développement inégal, ni même les conditions de l'inscription dans l'espace des activités capitalistes, se trouve posée la question du rôle de l'État. Ainsi sont mis à jour un certain rapport entre division du travail, division de l'espace, rapports marchands et rapports Étatiques et ramène aux premières remarques de Marx et d'Engels sur la question, tout en inspirant quelques réflexions sur l'espace de la dictature du prolétariat... et des luttes actuelles en Chine.

  • Notre monde, qui devenait invivable, est devenu impossible. Nous pouvons nous en sortir, démontre ici Alain Lipietz, à condition de faire retour, non seulement sur trente ans de libéralisme débridé, mais sur deux siècles de productivisme irresponsable. L'histoire attend de l'humanité un grand retournement.
    La crise actuelle n'est pas seulement une crise financière, une crise de la dette, de la folie des traders et de l'économie casino. Plus profonde encore que la crise des années 1930, c'est celle d'une façon de produire, de consommer, de se nourrir, de se chauffer et transporter... Un monde qui devenait invivable est devenu impossible. Nous pouvons nous en sortir, démontre ici Alain Lipietz, à condition de faire retour, non seulement sur trente ans de libéralisme débridé, mais sur un siècle de productivisme irresponsable. En 1932, Roosevelt avait proposé un New Deal entre les classes sociales. Ce n'est plus suffisant. Face à la crise alimentaire et sanitaire, et à la crise énergie-climat, il faut aussi un deal avec la nature, un Green Deal : un retournement dans notre rapport au travail, aux ressources naturelles, un retournement dans le rapport du public et du privé, de l'État aux individus, aux associations. Des nations à l'Europe, de l'Europe à la planète. Partant d'une analyse du modèle en crise, le " libéral-productivisme ", ce livre démonte les mécanismes multiples de cette crise, puis il présente les premiers pas d'un Green Deal, de la réponse cohérente aux crises financières, sociales, écologiques. Mais les obstacles politiques et même psychologiques sont légion. Revenant alors sur la crise des années 1930, le livre recense sans concession les blocages, qui ne sont pas seulement les résistances des profiteurs d'un monde finissant. Il conclut par une pédagogie politique du changement.

  • À écouter les commentateurs de l'actualité économique, la théorie de Marx a triomphé, Il va de soi que la valeur des marchandises dépend du temps dépensé pour les produire, de la productivité. Il va de soi que le partage de la valeur ajoutée dépend de l'intensité du travail, de sa durée hebdomadaire, et du pouvoir d'achat des salariés. La valeur et le taux d'exploitation, que Marx voyait cachés derrière le mouvement apparent de l'économie, s'affichent aujourd'hui, à peine maquillés, sur la voie publique. Et pourtant, à entendre les docteurs et les marxologues, la théorie économique de Marx, déjà tissée d'erreurs logiques, est définitivement caduque. Le centenaire de sa mort serait la célébration de son échec historique. D'où vient ce contraste ? De l'absence d'une théorie marxiste, du lien précis entre cette réalité cachée (la valeur et l'exploitation) et la réalité apparente (le monde enchanté des prix et des revenus). L'ambition de cet ouvrage est de montrer que ce lien existe, et que Marx en a amorcé la théorie. Alain Lipietz prouve dans ce livre que les outils étonnants et méconnus, que Marx nous proposait (valeur en procès, connexions externes) se révèlent d'une stupéfiante actualité. Ils illuminent, à condition d'être mis en oeuvre dans le cadre d'une monnaie de crédit, ce phénomène que Marx avait imaginé sans y croire : l'envol inflationniste comme forme étirée de la crise. Ils nous mettent en garde contre ces thèses peu fondées qui inspirent des politiques désastreuses : celles du monétarisme...

  • Cinq ans après la publication de L'audace ou l'enlisement, Alain Lipietz réaffirme son choix de l'audace, et développe sa conception d'une autre politique économique, écologique et sociale pour l'entrée dans le XXIe siècle. Avec un indéniable talent pédagogique, il nous décrit les rouages de cette économie fordiste en crise, et démonte les fondements des politiques menées depuis une dizaine d'années. Prenant des exemples aux quatre coins de la planète, Alain Lipietz démontre la possibilité, non seulement de repenser ce qui ne va plus, mais de changer de chemin. C'est à ce nouvel et salutaire itinéraire qu'il nous convie. Réorganiser le travail, s'approprier autrement les temps, jouir des loisirs, répartir plus équitablement la richesse produite, modifier les rapports Nord-Sud, réaliser une Europe sociale, impulser une pratique démocratique plus large et plus diversifiée, enrichir l'environnement et non en épuiser les ressources : Alain Lipietz montre ici, d'une façon fort convaincante, que ces choix, souvent présentés comme utopiques, peuvent, au contraire, constituer dès aujourd'hui, de façon parfaitement réaliste, les axes d'une alternative pour les décennies à venir.

  • Parmi les millions de femmes et d'hommes qui votent ou songent à voter écologiste, beaucoup y sont venus par une prise de conscience des périls pesant sur l'environnement. D'autres, qui s'étaient inscrits dans les grands mouvements émancipateurs de ce siècle, le socialisme, le tiers mondisme, et qui se tournent, déçus, vers l'écologie, s'interrogent. Que faut-il penser des accusations portées contre les Verts (ils préfèrent la nature aux humains) ? Comment l'écologie prend-elle en compte l'exigence de justice sociale dans nos pays développés, et de solidarité avec les peuples appauvris ? Pourquoi refuse-t-elle de s'inscrire, tout bonnement, dans le positionnement droite-gauche ? À ces interrogations légitimes, ce livre, écrit par un économiste qui tenta jadis d'infléchir les politiques économiques de la gauche quand celle-ci incarnait encore l'espérance, propose quelques réponses. Il explore les enjeux d'avenir de l'écologie politique, regroupés autour de trois grands axes : une logique économique post-socialiste, un nouvel internationalisme, une alternative aux forces politiques traditionnelles.

  • Économiste engagé, Alain Lipietz ne cesse d'interroger l'histoire récente afin de répondre aux défis de l'avenir. Trois événements, trois villes, Berlin, Bagdad et Rio, lui permettent de formuler son pronostic concernant l'état économique, politique et écologique du monde en cette fin de siècle, et d'ouvrir de nouvelles pistes de réflexion. Berlin n'est pas le simple moment fondateur d'une Europe libérée du totalitarisme soviétique, c'est aussi l'émergence d'une nouvelle Allemagne forte qui entend jouer un rôle déterminant dans une nouvelle division internationale du travail. Bagdad n'est pas qu'une « guerre d'images » mettant à genoux un dictateur, c'est la tentative de reprise en main, par les États-Unis, de leur rôle de « gendarme du monde ». Rio n'est pas seulement le constat de l'urgence écologique, c'est aussi la déclaration de la guerre de l'environnement entre le Nord et le Sud. Trois lieux pour un seul monde. Trois moments pour une seule histoire. Le XXIe siècle est commencé et, avec lui, l'impérative élaboration d'un droit écologique planétaire, l'obligation de redéfinir les relations Nord-Sud, de défendre l'Europe contre la supercherie de Maastricht, la nécessité de repenser l'universalité de certaines valeurs. Jamais le besoin d'audace n'a été aussi flagrant. N'entrons pas dans l'avenir à reculons !

  • Jusqu'en 2001, la jurisprudence interdisait de demander réparation pour les actes du " gouvernement illégal de Vichy ". Aussitôt levée cette amnistie de fait, Georges Lipietz – le père d'Alain Lipietz – et son frère Guy S. demandèrent réparation pour leur transfert et leur emprisonnement de Toulouse à Drancy en 1944, dans le cadre de la déportation des Juifs. En 2006, le tribunal administratif de Toulouse condamnait l'État et la SNCF. Celle-ci fit appel et, en 2007, la justice administrative se déclarait incompétente... C'est cette épopée judiciaire que relate ici Alain Lipietz, ainsi que les remous qui en découlèrent dans l'opinion. Occasion d'ouvrir un débat autour de l'amnistie et du délai pour demander justice, de la responsabilité d'une personne morale et, bien sûr, de la responsabilité propre de la SNCF. Des travaux historiques récents ont en effet mis au jour des archives inédites – qui modifient radicalement l'image de la SNCF comme " entreprise résistante ", et nous appellent à une nouvelle lecture de son rôle dans la Shoah. Autant de questions qui convergent vers cette interrogation essentielle : pourquoi faire justice ?

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