• Dans les mémoires des sociétés contemporaines, la Renaissance est restée comme un temps de bonheur marqué par le retour à l'idéal antique, un âge d'or, symbole du passage à la modernité. Pourtant, les continuités avec la période médiévale sont souvent plus fortes que les ruptures ; et il est bien difficile de réduire l'Europe de la Renaissance à un seul courant intellectuel, artistique, religieux, pas plus que l'on ne peut l'enfermer dans un schéma homogène d'évolution politique, économique ou sociale. D'Érasme à Charles Quint, de Léonard de Vinci à Luther, de la découverte de l'Amérique aux guerres d'Italie, Alain Tallon retrace l'histoire des XVe et XVIe siècles européens. En écartant nos idéalisations, il en restitue la réalité multiple.

  • Le XVIe siècle européen voit émerger, de façon encore incomplète, un système politique qui perdure pendant les trois siècles d'Ancien Régime, voire au-delà. Les guerres d'Italie se transforment en un combat pour l'hégémonie sur le continent. La naissance d'une nouvelle construction politique, l'empire de Charles Quint, qui se prolonge dans la monarchie catholique de Philippe II, polarise ensuite la politique européenne. Cet ensemble, le premier de l'ère moderne à éprouver l'ivresse et la difficulté d'être une puissance mondiale, peut contenir le royaume de France et, avec plus de peine, l'expansion ottomane. La crise religieuse née de la Réforme protestante n'est pas sans conséquences politiques, nourrissant guerres civiles et complots, alimentant les tensions entre États protestants et catholiques, mais aussi les espoirs d'une nouvelle unité de la Chrétienté, ou encore le souci de libérer les États des contraintes confessionnelles. Le présent ouvrage s'attache aussi aux nouvelles structures de la vie internationale : la diplomatie permanente devient le mode de relations normales entre les États, contribuant à une homogénéisation des pratiques politiques ; la gestion d'une information toujours plus dense et le développement inédit d'une administration propre du politique modifient l'exercice du pouvoir ; les exigences nouvelles de la guerre sont le moteur d'un développement de la puissance étatique qui n'est cependant jamais uniforme ou linéaire.
    Sans juxtaposer des histoires nationales, ce livre propose une vision synthétique des évolutions politiques de l'Europe de la Renaissance et des guerres de Religion.Tout en restant attentif aux particularités des divers États qui la composent, il dessine des traits communs dans la conception patrimoniale du pouvoir, le développement d'une société de cour, la construction toujours précaire d'identités collectives. S'appuyant sur les recherches les plus récentes des diverses historiographies européennes, il en restitue les interrogations sur cette première modernité qui ne nous est plus immédiatement familière, mais qui, dans son éloignement même, nous fait partager son inquiétude sur la fragilité du politique.

  • Si le premier âge moderne a connu l'idée de nation, il n'y a pas mis les mêmes significations que celles qui émergent au xviiie siècle et s'imposent après la Révolution française. Par rapport à d'autres identités, l'appartenance nationale n'est ni exclusive, ni même souvent dominante. Elle n'en reste pas moins l'objet d'un intense processus de création culturelle, des cercles lettrés qui forgent des histoires nationales aux sphères dirigeantes qui lui donnent parfois un sens politique. Ce processus, tout comme les pratiques sociales liées à ce sentiment identitaire, n'est pas nécessairement lié à une structure politique et n'a rien de linéaire, comme le montre la confrontation entre les diverses expériences vécues dans l'Europe méditerranéenne aux xvie et xviie siècles. Le présent colloque s'est donné pour tâche de mettre en contact les recherches menées sur le sentiment national dans trois pays aux situations politiques radicalement différentes, qui conditionnent la diversité des questionnements historiographiques. En même temps, le lien partagé et souvent conflictuel au passé romain, les intenses relations culturelles, les rivalités politiques et dynastiques, la commune adhésion au catholicisme, non sans violence et contestations, créent des interactions et des dynamiques qui justifient cette réflexion commune sur les diverses formes du sentiment national dans l'Europe méditerranéenne de la première modernité.

  • Cet ouvrage collectif de très grande qualité offre une synthèse des manifestations du christianisme en France du Moyen Âge à aujourd'hui. Il présente l'ensemble des manifestations religieuses, dominantes ou minoritaires, orthodoxes ou déviantes, en mettant l'accent sur la manière dont les laïcs ont vécu le religieux. Les résultats les plus récents de la recherche en histoire religieuse sont pris en compte.

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