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    Mêlant récit romanesque et enquête historique, l'auteur raconte l'histoire d'un tableau célèbre.

    " La toile aux dimensions inhabituelles sortait peu à peu de sa solitude de lin. Klimt l'avait recouverte d'une ample couche d'or mat, au cuivré profond, d'une densité puissante propre à accueillir le motif. Il se souvenait des fonds des fresques de Ravenne et des coupoles de San

    Marco et de Torcello, tous dorés eux aussi, aptes à recevoir. L'or comme un ciel offert à toutes les promesses, disait-il. Car de lui naîtrait l'objet même du tableau... "

    Le Baiser de Klimt est devenu le tableau de tous les records : le plus connu du XXe siècle, le plus admiré, le plus copié, le plus " marchandisé "... Mais que sait-on de sa création ? Et surtout, quel sens Klimt a-t-il voulu donner à son chef-d'oeuvre ?

  • " C'est moi, le roi nègre, le roi des caravanes, qui veut ma camelote ? Mes perles de verre, mes pièces de madras, mes belles peaux de panthère, ces cornes d'ivoire et ces fusils ? Tout cet or ? Rimb, roi de l'Afrique lointaine, roi des bédouins et des tribus inaccessibles, roi de rien, qui m'en vais revoir ma mère au lieu-dit de Roche, dans les Ardennes pro- fondes, où givrent trop souvent les champs ! "
    Le 7 avril 1891, Rimbaud, malade, quitte Aden pour la France. En caravane, en litière, en mer, il arrive enfin à Marseille le 20 mai. Sa mère le rejoint à l'hôpital de la Conception pour n'y rester que deux semaines.
    Amputé de la jambe droite, il se désespère et veut revenir à Roche, la ferme familiale où vit aussi sa soeur. Le mal empire. Nouveau séjour à Marseille, cette fois-ci avec Isabelle. Dernière saison, derniers secrets. A-t-il retrouvé la foi ? Quel amour le relie à sa soeur ?
    Alain Vircondelet, au plus près de Rimbaud, accompagne les derniers pas de l'éternel enfant, terrifié par sa mort pro- chaine, hanté par l'idée de Dieu, jamais vraiment renié...

  • La biographie de référence de Duras, par l'un de ses amis les plus intimes.D'où vient la fascination qu'exercent encore la vie et l'oeuvre de Marguerite Duras ?
    Née en 1914 dans l'Indochine coloniale, elle traverse le siècle au coeur de ses turbulences, de la trouble période de l'occupation aux mouvements ultra-gauchistes de l'après 68, en passant par le communisme. Partout et toujours, elle porte la parole de la révolte, scandaleuse par la violence de ses engagements et de ses passions.
    Mais la vie de Marguerite Duras ne peut se concevoir détachée de ce qui la tient justement en vie : l'oeuvre inlassablement recommencée, comme si le poids d'un destin exigeant la condamnait aux dangers de l'écriture.
    En recomposant cette existence, unique matériau de l'oeuvre, Alain Vircondelet nous permet de saisir la dimension douloureuse et l'absolue nécessité de la création d'un grand écrivain, tout en nous menant au plus près du secret de son écriture.

  • Sur le grand échiquier des amours de Picasso, Dora Maar est celle qu'il aura peut-être le plus aimée.
    Très vite cependant, il ne put supporter de se savoir prisonnier de l'« Adorée Dora ». La création de Guernica lui donna les moyens d'échapper au sortilège. Conçue sous les yeux de Dora à la mémoire de tous les massacres perpétrés dans le monde, la toile devint aussi le lieu de la mise à mort de leur passion.
    Alain Vircondelet retrace dans ce roman brûlant une histoire de désir et d'emprise qui ne trouvera d'accomplissement que dans ce que Picasso appelait « le corps déchiré de l'amour ».

  • « Le soleil. La plage. Juan-les-Pins. Il sait pourtant qu'au-delà des signes enchanteurs de l'été, s'est nouée une histoire profonde, qui n'a rien à voir avec des idylles de passage ou des amours échangées. Une histoire dont ni l'un ni l'autre ne sortiront indemnes. »
    1935-1945: la décennie la plus destructrice du xxe siècle, mais aussi la plus créatrice pour Picasso. Entre ces deux tensions de mort et de vie, une femme : Dora Maar, « l'Adorée Dora », à la fois sa maîtresse, sa muse et sa proie.
    Alain Vircondelet raconte la genèse, l'embrasement et la dislocation du couple légendaire, de l'enfance argentine de Dora Maar à sa mort dans l'oubli et la solitude en 1997.
    Il nous introduit dans un huis clos tragique au coeur d'un monde en guerre, au plus près d'une passion où les chefs-d'oeuvre prennent vie à mesure que l'amour se meurt.
     
    Alain Vircondelet est écrivain et biographe de grandes figures de la littérature. Parmi les plus connues et les plus traduites, Marguerite Duras, Albert Camus, Antoine de Saint-Exupéry, Arthur Rimbaud, Charles de Foucauld, Blaise Pascal. Docteur en histoire de l'art, on lui doit notamment des travaux essentiels sur la peinture de Balthus, de Séraphine de Senlis, de Picasso, de Canaletto et des maîtres vénitiens.

  • « Rencontrer Marguerite Duras. J'eus cette chance alors que j'étais tout jeune homme, et cette rencontre fut fondatrice. Elle m'engagea dans ma vie, me fit voir le monde et me fit avancer dans ce que j'ai appelé mon chemin de vérité. Que de lecteurs y ai-je croisés, bouleversés comme moi par ses livres, dotés soudain d'un autre regard, éclairés par d'autres lueurs ! » Alain Vircondelet raconte cette aventure intime qu'a été pour lui la lecture de l'oeuvre de Marguerite Duras, mais aussi son cheminement auprès d'elle, de ses premières rencontres en 1969 jusqu'aux dernières, juste avant sa mort en 1996.Écrivain et universitaire, Alain Vircondelet est l'auteur de la première monographie (1972) et de la première biographie (1991) parues sur l'écrivain. Président d'honneur de l'Association Marguerite-Duras, Président du prix Marguerite-Duras, il lui a consacré six ouvrages.

  • Camille Claudel, Séraphine de Senlis, Aloïse Corbaz : trois femmes, trois immenses artistes que la puissance de leur génie a conduites à la folie et à la solitude des asiles.Ces trois personnalités, aux destins parallèles, revivent ici grâce à des témoignages nouveaux et inédits, ainsi qu'à des archives et des correspondances.Vies délirantes au sens propre du terme, vies peuplées de mondes connus d'elles seules, vies de souffrances aussi, prix à payer de leur quête d'absolu. Vies minuscules devenues majuscules, inséparables de l'histoire de l'art du XXe siècle.Alain Vircondelet, universitaire et écrivain, est l'auteur de très nombreuses biographies traduites dans le monde entier. On lui doit notamment celles consacrées à Séraphine de Senlis, Marguerite Duras, Antoine de Saint-Exupéry, Albert Camus, Blaise Pascal, Arthur Rimbaud.

  • Voici la biographie la plus complète et la plus précise à ce jour de la jeunesse de Karol Wojtyla qui devint pape, sous le nom de Jean-Paul II, en octobre 1978.De sa naissance en 1920 à Wadowice à ses tout premiers pas dans la prêtrise en 1946, c'est l'itinéraire d'un jeune homme d'exception qui est ici raconté : les blessures d'enfance du petit Lolek, sa passion pour le théâtre, ses premiers émois amoureux, les travaux forcés sous l'occupation nazie, l'appel mystique, le séminaire clandestin dans les caves du palais épiscopal de Cracovie, les études en Europe de l'Ouest.Itinéraire d'une jeunesse semblable à un grand roman slave, qui explique pour une large part un pontificat grandiose et néanmoins controversé.Universitaire et écrivain, Alain Vircondelet est aussi le biographe de grandes figures du XXe siècle comme Albert Camus, Saint-Exupéry, Balthus, Pascal, Charles de Foucauld, et surtout Jean-Paul II, auquel il a consacré plusieurs ouvrages qui font aujourd'hui autorité dans le monde entier.

  • Dans le chaos de la dernière guerre mondiale, Saint Exupéry apparaît comme un repère à la fois moral, spirituel et humain. De 1939 à sa mort en 1944, il écrit ses plus beaux livres et compose sa « petite » philosophie, fondée sur la compassion, le lien, la quête du bonheur. Accusé à tort par ses amis écrivains d'être un sympathisant du gouvernement de Vichy, méprisé par de Gaulle et la résistance officielle, désespéré devant le monde de demain, il accepte - comme une délivrance - les missions qui lui seront enfin confiées, considérées comme autant de baptêmes « pour [se] laver, écrit-il, de [leurs] injures ».Dans ce nouvel essai, Alain Vircondelet rétablit Saint Exupéry dans sa vérité « pure », loin des légendes dont on l'a lesté et des moqueries dont on l'a accablé.Simplement dans sa vérité d'homme.
    Alain Vircondelet, universitaire et écrivain, qui a consacré depuis 1993 une dizaine d'ouvrages à Saint Exupéry, est considéré comme l'un de ses plus brillants biographes. Les archives inédites de la Succession Consuelo de Saint Exupéry, dont il est l'un des seuls à avoir accès, lui permettent d'être au plus près de l'écrivain-pilote. Traduit dans le monde entier, il est aussi le biographe de Balthus, Marguerite Duras, Albert Camus, Arthur Rimbaud, Blaise Pascal et, plus récemment, Pablo Picasso.

  • On a plus souvent célébré Saint Exupéry du fait de son engagement et de sa mort au combat que pour la force visionnaire de sa pensée et la modernité de son écriture. Déplacé au fil des années du monde des Lettres vers la sphère militaire, le pilote s'est vu dénier le statut de grand écrivain, égal de Gide, Sartre ou Camus. Dans le même temps, certaines de ses oeuvres capitales, tels les Carnets ou Citadelle, étaient livrées à l'oubli.Un héros donc, seulement un héros ? Délaissé par l'Université, négligé par les élites, hâtivement jugé moraliste et réactionnaire, ramené au seul enchantement du Petit Prince, Saint Exupéry méritait assurément une relecture. Pour lui rendre la place qu'il mérite dans la littérature moderne, Alain Vircondelet a rassemblé les contributions inédites d'historiens, d'écrivains, d'universitaires, de psychanalystes, de spécialistes d'aviation ou simplement de passionnés. Ils abordent les rapports de Saint Exupéry avec sa mère, sa conception du divin, ses incursions dans le journalisme, l'adaptation de ses oeuvres au cinéma, sa discorde avec les gaullistes, l'impact de la dépression sur son oeuvre et la portée de ses derniers écrits.Une somme multiforme, assortie d'un dossier iconographique inédit, qui montre l'homme Saint Exupéry dans toute sa complexité et sa richesse.


  • Juin 1962 : les pieds-noirs quittent l'Algérie

    La Traversée raconte le départ en France des pieds-noirs sur Le Ville d'Alger, en juin 1962, et plus particulièrement celui de l'auteur, alors âgé de 15 ans. Le récit, véridique, relate ce voyage sans retour, considéré comme l'exode le plus important de l'histoire du XXe siècle après celui de 1940, et rapporte par le biais des souvenirs personnels la vie des Français d'Algérie pendant la guerre d'insurrection.
    Récit cruel et émouvant où les odeurs et les saveurs se mêlent à la nostalgie et au sentiment de l'exil. Témoignage inédit sur un des événements les plus douloureux, les plus méconnus et les plus négligés de l'histoire de la décolonisation. 50 années après, Alain Vircondelet livre, documents à l'appui, un témoignage passionné sur une communauté qui fut victime de l'histoire et que la France ne sut pas accueillir.

  • Du Petit Prince, l'on sait qu'il aura été l'un des plus grand succès de l'édition mondiale. Livre traduit dans toutes les langues et les dialectes de la " terre des hommes", livre fétiche, livre culte. Mais connait-on l'histoire de sa création en 1942 ?
    New York, terre d'exil d'Antoine de Saint-Exupéry. Il traine sa mélancolie dans Manhattan, se disperse en amour de passage tout en exaltant sa passion pour son épouse, Consuelo. Héros sans emploi, il veut repartir au front, engager sa "chair dans l'aventure". Pressé par une frange de la petite société d'émigrés français de prendre parti, il refuse les polémiques et les querelles idéologiques. La rédaction du Petit Prince est vécue comme une résurrection. Elle lui rendra la fraîcheur des sources, sa liberté, son chemin d'étoiles.
    S'appuyant sur des documents inédits provenant des archives privées de Consuelo de Saint-Exupéry et de nombreux témoignages, Alain Vircondelet raconte ici le temps de cette histoire où s'entremêlent l'amour, la guerre, la féerie de l'enfance, la solitude et le désespoir.

    croquis du petit prince par Consuelo de Saint-Exupéry© Cuccession Consuelo de Saint-Exupéry

  • "Quand tout ce à quoi l'on croit, tout ce que l'on aime, tout ce dont on est héritier, est menacé, alors il faut résister.
    A un monde sans repère et déjà barbare, j'oppose ma foi de chrétien.
    A la mondialisation qui efface tout, les identités et les cultures, j'oppose la splendeur de ma civilisation.
    A la cité planétaire, j'oppose la simplicité de mon village.
    Au nom des lettres, trop souvent injuste et cruel, j'oppose ma vérité d'écrivain.
    A la culture de mort, j'ose opposé la culture de la vie et de l'amour.
    Aux tueurs embusqués, j'oppose la sérénité des veilleurs.
    Ce que j'écris la est donc un acte de résistance, le plus juste moyen de protéger la beauté menacée de ce monde."

    © éditions flammarion/P. Ferbos

  • Jésus

    Alain Vircondelet

    De Jésus, l'on pourrait dire qu'il est toujours sur la route, en marche, pour consoler, accueillir et guérir. Traversant les siècles, il emprunte mille visages, il est Bach qui ouvre au Royaume, Van Gogh qui illumine Arles d'une multitude d'étoiles, les moines assassinés dans la solitude de Tibhirine, les Juifs dans l'enfer d'Auschwitz. Il est tout ce qui permet d'ouvrir la voie, d'effacer les cloisons, d'imposer l'amour.
    De l'Annonciation à la Résurrection, tous les grands épisodes de l'histoire de Jésus sont ici revisités, plongeant le lecteur au coeur d'une Palestine déjà troublée.
    Vaste récit à la fois épique et réaliste, cette nouvelle Vie de Jésus éclaire le destin d'un homme dont la parole, inouïe en son temps, demeure intacte aujourd'hui. Au-delà de l'icône révérée des chrétiens et de son message de liberté et de justice, Alain Vircondelet fait apparaître l'infatigable porteur de l'espérance dans son humanité frémissante.

  • « C'est par la mer qu'il faut comprendre Alger. La comprendre et la voir. Plus que la voir : la découvrir dans son surgissement. Être témoin de son apparition. Le paquebot de ligne n'a que l'horizon sans terre et puis soudain, au petit matin, des côtes se dessinent. La baie étreint le visiteur, elle le reçoit. L'exilé, l'immigré sont tous deux dans une situation d'attente et de retour. Chaque fois, c'est le même émerveillement dans la lumière. »
    De la Casbah à la ville européenne, entre ombres et lumières, Alger apparaît comme un lieu de contrastes que la proximité de la mer ne parvient pas à apaiser. Quels mystères l'entourent, quels sortilèges l'animent, quels déchirements la travaillent ?
    Alain Vircondelet nous livre ici une « biographie » d'Alger, racontant son évolution, ses épreuves et ses blessures, mais aussi la grâce souveraine qui fait d'elle et depuis toujours une ville mythique.
    À lire comme on lit un témoignage historique, un récit de voyage, un roman d'amour.

  • « Le noeud de mon roman, il est dans le cheminement qui m'a mené de l'Algérie à ce pays de Bourgogne, dans la destinée tragique de Nadir, ce petit passeur du FLN, dont je raconte aussi l'histoire. Les péripéties n'en sont que la guerre, les rafles, les fellaghas assassinés dans la montagne, l'amoncellement hideux des exilés dans les cales des bateaux attendant la suite du roman, les sévices sur le corps adolescent de Nadir, les retrouvailles avec la Terre Mère au creux de ma vallée de M. en Bourgogne, où je réapprends des gestes et des rites. Le dénouement du roman, je ne l'ai pas encore. Il sera ce que j'aurai fait de ma propre existence. De sorte que l'affaire n'est jamais close. » A.V. Ils ont dit de son précédent roman, Maman la Blanche : « Un livre à lire, cela arrive. » P.R. Leclercq, Le Monde. « Une oeuvre prometteuse tournée vers le secret des âmes. » Jérôme Garcin, Les Nouvelles Littéraires. « Odeurs, saveurs, couleurs, rien ne lui échappe ». Bruno Villien, Le Nouvel Observateur. « L'Algérie devient une bouleversante réalité. C'est un chef-d'oeuvre, ce roman qui ne ressemble à aucun autre. » Didier Decoin, Vogue. « Un livre hors des modes, aussi exceptionnel par la qualité du style que par celle des sentiments. » Jacques Paugham, Télé 7 Jours.

  • La vie, la vie

    Alain Vircondelet

    " Souvent, ici, sous le sable, les bêtes qui y logent trépident sous le roulement des camions et des tanks, des chenilles écrasent les fleurs naissantes, et c'est la guerre... "Quand il quitte la France pour l'Algérie, Pierre-Marie, le jeune appelé, sait-il qu'il ne résistera pas longtemps aux horreurs et aux violences de la guerre et qu'il s'enfuira ? Sait-il qu'il rencontrera Hassiba et l'amour dans les maquis de Grande Kabylie ? et Karim, son double, son frère en amitié ?Sait-il encore que, protégé par la tendresse de la terre et des mères, la sienne d'abord, Marilou, et celle qu'elle invoque chaque jour pour lui, la Vierge Marie, il reconquerra sa dignité d'homme ?C'est cette lutte acharnée pour la vie que raconte Alain Vircondelet avec la passion qui nourrit ses romans.

  • Aux confins du fantastique et de l'angoisse, Alain Vircondelet dont La Nuit de Mayerling et son Anthologie de la poésie fantastique française avaient déjà révélé le goût pour les choses de l'étrange, raconte ici un mystérieux cas de possession. Qui est donc cet Alexis Vrubel, ce beau jeune homme à la stature mahlérienne qui, la nuit, se transforme en rôdeur dans un Paris anormalement enneigé ? Pourquoi s'attache-t-il aussi farouchement à Pierre Alonso dont il entreprend de détruire le couple heureux qu'il forme avec Hélène ? Est-il une de ces créatures de la nuit que le Prince des Ténèbres envoie sur la terre pour semer la terreur et la mort ou bien un de ces êtres qui s'emploient par solitude ou par perversion à séduire ? N'est-il pas seulement le double de Pierre, son petit frère de la nuit qui se cache au-dedans de lui ? Telle est l'enquête que mène Alain Vircondelet avec ses mots fébriles et passionnés qui font de lui un des écrivains les plus sensibles de sa génération. Roman faustien dans lequel l'auteur manipule l'angoisse et le suspense. Roman d'amour et de violence où se combattent les forces éternelles du jour et de la nuit.

  • « Un soir de février 1994, je la revis chez elle. On était dans sa « jungle ». Près de son lit, une grande photographie de l'amant chinois, sur les murs, un fouillis de cartes postales épinglées. Elle a fermé les yeux, et elle m'a dit : « Mets-toi à mon bureau, prends un stylo et écris. Écris ce que je vais te dicter. Vite, écris. » « Les yeux toujours fermés, elle dictait des mots qui, mis bout à bout, devenaient des phrases, un texte, une histoire arrachée à sa nuit. » Inspiré d'une longue amitié avec Marguerite Duras, figure la plus célèbre et la plus controversée des lettres françaises, ce texte s'apparente à ce que le XVIIIe siècle aurait appelé un « éloge », le XIXe, une « confession », et que nous qualifierions volontiers aujourd'hui de « lettre d'amour ».

  • Un pied-noir revient sur sa terre natale vingt ans après l'exode de juin 1962 et au moment où l'Algérie fête le vingtième anniversaire de son indépendance. Ce retour a été pour Alain Vircondelet un éblouissement bouleversant. Retrouvailles avec sa maison natale de Bab-el-Oued, la tombe familiale abandonnée, le lycée, les plages, la guerre aussi qui est inscrite dans chaque maison, sur chaque bâtiment, dans chaque coeur... Mais aussi, découverte de l'Algérie d'aujourd'hui, avec ses difficultés d'existence, son socialisme plus ou moins assimilé, sa formidable force de vivre. Au fil des pages de cet ouvrage écrit avec passion et lucidité, nous suivons l'auteur dans sa conscience de pied-noir en exil. Après les livres historiques, voici un livre d'écrivain témoin de la guerre et orphelin de sa terre.

  • Le génie de Blaise Pascal, comme les espaces infinis, reste effrayant. Des biographes et des exégètes innombrables ont tourné autour, en évoquant le mathématiciens prodige et l'inventeur de la première machine à calculer. Ils ont élevé aussi une statue intimidante au polémiste des Provinciales et au théologien des Pensées. L'homme, avec ses passions, ses doutes, a fini par être enfermé dans les contours d'une image pieuse.
    Romancier attiré par les vertiges de l'âme, Alain Vircondelet revient au Pascal de chair souffrante et d'intelligence inquiète. Le vrai pascal. Il le montre déchiré entre les salons et Port-Royal. Il évoque de l'intérieur ses conversions, faisant de la "Nuit de feu" le centre de la tragédie pascalienne, sa source et son achèvement.
    Il innove surtout en traçant un double portrait de Blaise et de sa soeur Jacqueline. Il se rejoignent, ici, enfin unis par leurs contradictions et leurs excès. C'est un amour fou où elle entraine son frère, le sauve et le perd. Personne, depuis Julien Green, n'avait, comme Vircondelet, approché le mystère d'une telle aventure, un roman où tout est vrai.

    Page du mémorial de Blaise Pascal
    Photo Bulloz

  • Amore Veneziano raconte une histoire d'amour et de passion dans une Venise qui meurt, rongée de lèpre et de pétrole. Deux amants très jeunes, Hadrienne et le narrateur, se retrouvent sans cesse dans la nudité et la violence de leurs corps, faisant et réinventant les gestes de l'amour, tandis que le monde alentour s'incendie de balles et de bombes, et que la ville lagunaire s'anéantit sous ses propres pilotis de bois. Mais l'amour, vécu dans l'absolu de la passion, s'écroule lui aussi, et la solitude désespérée tente de se réparer désormais par le souvenir. Alain Vircondelet fait surgir ici une parole amoureuse brûlante et crue, à l'écriture précise et cruelle, qui fonde une ample méditation sur la vie, la mort et le désir.

  • Plus encore que son oeuvre doucement scandaleuse, fragile et instinctive, le temps a retenu de Françoise Sagan l'histoire d'une femme libre et désinvolte, madone des casinos et des champs de courses, icône de Saint-Tropez et de Saint-Germain-des-Près, aimant les voitures, l'alcool et la fête. Le mythe a la vie si tenace que Françoise Sagan elle-même décida un jour de ne pas chercher à le détruire: puisqu'on l'aime et qu'on la veut ainsi, elle porterait sa légende " comme on porte une voilette".
    Qui est vraiment celle que Mauriac qualifia de "charmant petit monstre"?
    Derrière la vie facile d'une jeune fille gâtée, Alain Vircondelet découvre une histoire plus romanesque encore où rodent la solitude, l'angoisse et la peur de la mort. Surgit une Sagan attachante et douloureuse, convaincue de l'inutilité d'écrire après Proust et cependant "accrochée pour toujours au rocher de la littérature", noctambule et couche-tôt, gaie et mélancolique, timide et imprudente, révoltée devant la misère et dilapidant sa fortune, citadine et nostalgique de son enfance dans le Lot, amoureuse infidèle et toujours en quête du grand amour.
    Françoise Sagan: le symbole le plus fort et le plus poignant d'une époque finalement si romantique.

    photographie de couverture: Burt Glinn©Magnum

  • « À la lueur tremblée des derniers flambeaux, ils se retrouvèrent sans parler. Ce fut le meilleur instant, d'une grâce reconquise, arrachée au galop de la vie, qui se passait de mots, s'exprimait dans le frôlement des gestes. Anna semblait croire qu'il suffisait de jouer l'épisode de l'évasion des Piombi pour barrer la route à la mort. Casanova lui dit qu'il n'en était rien, qu'elle faisait la petite fille mais que tôt ou tard il reprendrait la route comme autrefois. Il ignorait encore l'heure du départ et la nature de l'attelage, il ne savait pas dans quel état il serait pour partir, mais sûrement très vite il se rendrait à l'évidence du voyage et il redeviendrait ce qu'au fond de lui-même il n'avait jamais cessé d'être : la hâte, la vivacité. Le vent. »
    1798. Casanova se meurt au château de Dux, en Bohême. L'heure des comptes peut-elle encore être celle de l'amour ? Entre la servante Anna et le vieux libertin, c'est la dernière scène de la commedia qui se joue, l'ultime partie de dés du voyageur éphémère.

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