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  • L´immigration qui contribue et contribuera toujours davantage au peuplement du Vieux Monde renvoie les nations européennes et l´Europe elle-même à la question de leur identité. Les individus cosmopolites que nous étions spontanément font, sous le choc de l´altérité, la découverte de leur être. Découverte précieuse, découverte périlleuse : il nous faut combattre la tentation ethnocentrique de persécuter les différences et de nous ériger en modèle idéal, sans pour autant succomber à la tentation pénitentielle de nous déprendre de nous-mêmes pour expier nos fautes. La bonne conscience nous est interdite mais il y a des limites à la mauvaise conscience. Notre héritage, qui ne fait certes pas de nous des êtres supérieurs, mérite d´être préservé, entretenu et transmis aussi bien aux autochtones qu´aux nouveaux arrivants. Reste à savoir, dans un monde qui remplace l´art de lire par l´interconnexion permanente et qui proscrit l´élitisme culturel au nom de l´égalité, s´il est encore possible d´hériter et de transmettre.A. F. 

  • Un coeur intelligent

    Alain Finkielkraut

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    • 26 Août 2009

    " Le roi Salomon suppliait l´Éternel de lui accorder "un coeur intelligent". Au sortir d´un siècle ravagé par les méfaits conjoints de l´efficacité technologique et de la ferveur idéologique, cette prière a gardé toute sa valeur. Dieu cependant se tait. Il nous regarde peut-être, mais Il ne nous répond pas, Il ne sort pas de son quant-à-soi, Il n´intervient pas dans nos affaires. Il nous abandonne à nous-mêmes. Ce n´est ni à Lui ni à l´Histoire, délégitimée par un siècle d´horreurs commises en son nom, que nous pouvons adresser notre requête avec quelque chance de succès, c´est à la littérature.
    Sans elle, la grâce d´un coeur intelligent nous serait à jamais inaccessible.
    Et nous connaîtrions peut-être les lois de la vie, mais non sa jurisprudence. " Tel est le postulat d´Alain Finkielkraut. Pour s´interroger sur les rapports de l´homme avec ce qui l´entoure, il a choisi neuf livres : La Plaisanterie de Milan Kundera, Tout passe de Vassili Grossman, l´ Histoire d´un Allemand de Sebastian Haffner, Le Premier Homme d´Albert Camus, La Tache de Philip Roth, Lord Jim de Joseph Conrad, les Carnets du sous-sol de Fédor Dostoïevski, Washington Square de Henry James, Le Festin de Babette de Karen Blixen.
    Pour sa nouvelle grande oeuvre personnelle depuis L´Imparfait du présent (Gallimard, 2002), Alain Finkielkraut nous redit combien, par essence, la littérature est essentielle au déchiffrement des énigmes du monde. Combien elle demeure le meilleur rempart contre les idées reçues et les certitudes. Combien les écrivains et leurs oeuvres modifient nos existences, façonnent nos vies, réorganisent notre perception des êtres, des valeurs, du présent ou de l´avenir.

  • La seule exactitude

    Alain Finkielkraut

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    • 30 Septembre 2015

    Les années trente, dit-on, sont de retour. La droite intégriste et factieuse occupe la rue, l'ordre moral sort des catacombes, la crise économique pousse à la recherche d'un bouc émissaire et l'islamophobie prend le relais de l'antisémitisme. Cette analogie historique prétend nous éclairer : elle nous aveugle. Voulant lire ce qui arrive à la lumière de ce qui est arrivé, elle en occulte la nouveauté inquiétante. Montrer que nous vivons un tournant historique, paradoxalement masqué par la référence incessante à l'Histoire ; appréhender ce moment crucial dans ce qu'il a d'irréductible au répertoire de nos vicissitudes : tel est le pari de ce livre. Et l'enjeu est existentiel autant qu'intellectuel. Si, comme l'écrit François Mauriac, « l'épreuve ne tourne jamais vers nous le visage que nous attendions », il nous incombe d'être à l'heure au rendezvous et de regarder en face le visage que nous n'attendions pas.Dans une époque qui tend à se prendre pour une autre, l'exactitude devient la tâche prioritaire de la pensée. A. F.

  • Et si l'amour durait

    Alain Finkielkraut

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    • 28 Septembre 2011

    Dans la ligne d´ Un coeur intelligent, Alain Finkielkraut s´attache cette fois au thème de l´amour tel qu´il est traité dans quatre grands romans, de facture, d´époque et d´auteurs très variés :Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves Ingmar Bergman, Les Meilleures IntentionsPhilip Roth, Professeur de désir Milan Kundera, L´insoutenable légèreté de l´êtreComme il excelle à le faire, il donne à ceux qui n´ont pas lu le livre les clefs pour comprendre l´intrigue, en même temps qu´il éclaire le roman de sa vaste culture, littéraire et philosophique ; sous sa plume, les personnages de ces quatre romans deviennent des enjeux existentiels lestés de tout le poids qu´une lecture distraite, ou conventionnelle, laisse inaperçu. Tout le monde a lu ou entendu parler de La Princesse de Clèves ou de L´insoutenable légèreté de l´être, mais personne n´avait su donner à ces livres l´écho qu´Alain Finkielkraut leur confère. Encore une fois, il s´attache à montrer tout ce que peut la littérature, c´est-à-dire nous permettre une meilleure lecture de nos vies.

  • « Aujourd'hui, notre pitié ne s'arrête plus à l'humanité. Elle continue sur sa lancée. Elle repousse les frontières. Elle élargit le cercle du semblable. Quand un coin du voile est levé sur l'invivable existence des poules, des vaches ou des cochons dans les espaces concentrationnaires qui ont succédé aux fermes d'autrefois, l'imagination se met aussitôt à la place de ces bêtes et souffre avec elles.
    L'homme moderne est tiraillé entre une ambition immense et une compassion sans limite. Il veut être le Seigneur de la Création et il découvre progressivement en lui la faculté de s'identifier à toutes les créatures. Ainsi s'explique l'irruption récente de la cause animale sur la scène politique.
    La nouvelle sensibilité aux animaux aura-t-elle le pouvoir de changer la donne ou l'impératif de rentabilité continuera- t-il à faire la loi, en dépit de tous les cris du coeur ? »
      A. F.

  • « Une civilisation qui oublie son passé est condamnée à le revivre. C´est forte de cette maxime, énoncée au début du xxe siècle par le philosophe américain George Santayana, que notre civilisation a instauré et institutionnalisé la mémoire de l´extermination des Juifs d´Europe. Mais voici que surgit, pour cette civilisation, un problème inattendu : non pas l´oubli du crime, mais l´oubli de tout le reste. Hitler hante notre actualité, et du passé désormais personne d´autre, ou presque, ne surnage. Aujourd´hui le malfaiteur suprême est en passe de siéger seul sur le trône de la mémoire.



    Dans cette société de l´accusation perpétuelle et de l´expiation tapageuse qui arraisonne à tour de bras les fameuses heuresles- plus-sombres-de-notre-histoire, je me prends parfois à rêver d´une mémoire sans oriflamme ni destrier, d´une mémoire pédestre, modeste, discrète, silencieuse ou qui ne fasse pas d´autre bruit que les pages que l´on tourne dans le colloque singulier de la lecture.  Comment parler de la Shoah sans tout mélanger ni sacrifier les exigences du jour ? Quelles leçons tirer de cet événement proprement incroyable ? Comment penser le mal, la radicalité du mal, la banalité du mal, l´industrialisation du mal, sans abandonner au mal tout l´espace de l´immortalité ? Ces dialogues que voici sont nés de ces interrogations et de ce scrupule. » Alain Finkielkraut

  • Premier volume d´une série, Ce que peut la littérature regroupe une sélection des meilleures émissions « Répliques » de France-Culture parmi celles consacrées à la littérature. Elles sont rassemblées par la thématique du pouvoir de la littérature : en quel sens les écrivains changent-ils le monde, non plus comme l´entendait Sartre au sens de l´engagement politique, mais au sens où ils réorganisent notre perception du monde, des êtres, des valeurs, du présent ou de l´avenir ?

    À travers la littérature, c´est notre existence qui est changée. Le livre sera précédé d´une étude inédite d´Alain Finkielkraut.

  • Après le volume Ce que peut la littérature, voici un recueil de textes issus de l'émission « Répliques » sur la thématique de la France. On sait qu'elle est au coeur des préoccupations deAlain Finkielkraut.

    Les émissions retenues et les contributeurs sont :
    - La République et la philosophie (Marcel Gauchet, Marie-Claude Blais) - Y a-t-il un fascisme français ? (René Rémond, Zeev Sternhell) - Être français aujourd'hui (Pierre Nora, Paul Thibaud) - La laïcité (Lionel Jospin, Maurice Agulhon) - Michelet et les historiens (François Furet, Jacques Le Goff) - La France, pays catholique ? (Danièle Hervieu-Léger, Henri Tincq) - La France et les Juifs (Michel Winock, Paul Thibaud) - Mitterrand ou l'engouement de la mémoire (Hubert Védrine, Christophe Barbier) - Y a-t-il une question noire en France ? (Stephen Smith, Françoise Vergès) - La galanterie française (Mona Ozouf, Claude Habib) - Les problèmes de l'immigration (Patrick Weil, Michèle Tribalat)

  • Mystérieusement absent de la campagne présidentielle, le thème de l´école ne va pas tarder à réapparaître dès que le nouveau président aura pris ses fonctions.

    Les principales questions débattues dans ce volume sont celles :o de la formation des maîtres (IUFM) ;o de l´apprentissage de la lecture ;o de l´enseignement des humanités ;o de la langue française/des langues régionales ;o de la réforme des universités ;o de l´autorité.


    Parmi les intervenants : Philippe Meirieu, François Bayrou, Daniel Bancel, Philippe Raynaud, Alain Bentolila, Jean-Pierre Rioux, Luc Ferry, Guy Carcassonne.

  • « Pourquoi la littérature ? Parce que la littérature nous pourvoit de dons que nous n'avons pas. Elle nous pourvoit immédiatement de l'ubiquité. Grâce à la littérature, nous vivons dans des pays, des villes où nous n'avons jamais posé le pied. Grâce à la littérature, nous pouvons reculer vers des époques révolues. Il y a une sorte d'immense liberté que donne la pratique des livres, et que nous n'avons pas. La démultiplication de l'existence dans la littérature est une chance précieuse. »
    Ce volume contient les principales émissions faites par Mona Ozouf à « Répliques », sous la direction d'Alain Finkielkraut : sur les femmes et la singularité de leur écriture ; sur les livres comme « patrie » ; sur la galanterie française ; sur la civilité ; sur le Panthéon ; sur la Révolution française ; sur Henry James ; sur George Eliot. Les partenaires avec lesquels elle dialogue ici sont Diane de Margerie, Claude Habib, Pierre Manent, Geneviève Brisac, Philippe Belaval, Philippe Raynaud, Patrice Gueniffey.
    C'est tout un parcours intellectuel qui est ici dessiné, depuis ses travaux fondateurs sur la Révolution française jusqu'à ce qu'elle appelle ses « échappées belles » en littérature.
    Mona Ozouf est une « figure aussi discrète que rayonnante de la scène intellectuelle française », comme l'écrit Jean Birnbaum dans Le Monde. À bonne distance de tous les enrôlements et de toutes les assignations identitaires, elle maintient inébranlable le souci d'une ligne originale.

  • « Cher Alain,
    Nous avons donc décidé d'échanger des lettres plutôt que de  nous entretenir de vive voix. L'utilisation de ce vieil outil littéraire  me semble prudente et bénéfique, bien que je me demande  si elle n'est pas une dérobade. Malgré mon goût de l'affrontement,  je redoutais en effet ta présence et ce que le tac au tac  implique de violence. Autrement dit, je craignais de me heurter  en temps réel sur du non négociable et de voir bientôt se lézarder  une chère et ancienne amitié. »
    « Chère Élisabeth,
    Si je tirais sur tout ce qui bouge, tu aurais raison de vouloir m'en  dissuader, et il me semble que je serais assez avisé pour suivre  ton conseil. Mais je n'ai rien d'un tireur convulsif. Et lorsqu'il  m'arrive de perdre mon sang-froid, c'est parce que je suis la cible  favorite de ceux qui n'ont que le mot "changement" à la bouche
    et pour qui rien ne bouge. »

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