Sciences humaines & sociales

  • La seule exactitude

    Alain Finkielkraut

    • Stock
    • 30 Septembre 2015

    Les années trente, dit-on, sont de retour. La droite intégriste et factieuse occupe la rue, l'ordre moral sort des catacombes, la crise économique pousse à la recherche d'un bouc émissaire et l'islamophobie prend le relais de l'antisémitisme. Cette analogie historique prétend nous éclairer : elle nous aveugle. Voulant lire ce qui arrive à la lumière de ce qui est arrivé, elle en occulte la nouveauté inquiétante. Montrer que nous vivons un tournant historique, paradoxalement masqué par la référence incessante à l'Histoire ; appréhender ce moment crucial dans ce qu'il a d'irréductible au répertoire de nos vicissitudes : tel est le pari de ce livre. Et l'enjeu est existentiel autant qu'intellectuel. Si, comme l'écrit François Mauriac, « l'épreuve ne tourne jamais vers nous le visage que nous attendions », il nous incombe d'être à l'heure au rendezvous et de regarder en face le visage que nous n'attendions pas.Dans une époque qui tend à se prendre pour une autre, l'exactitude devient la tâche prioritaire de la pensée. A. F.

  • « Aujourd'hui, notre pitié ne s'arrête plus à l'humanité. Elle continue sur sa lancée. Elle repousse les frontières. Elle élargit le cercle du semblable. Quand un coin du voile est levé sur l'invivable existence des poules, des vaches ou des cochons dans les espaces concentrationnaires qui ont succédé aux fermes d'autrefois, l'imagination se met aussitôt à la place de ces bêtes et souffre avec elles.
    L'homme moderne est tiraillé entre une ambition immense et une compassion sans limite. Il veut être le Seigneur de la Création et il découvre progressivement en lui la faculté de s'identifier à toutes les créatures. Ainsi s'explique l'irruption récente de la cause animale sur la scène politique.
    La nouvelle sensibilité aux animaux aura-t-elle le pouvoir de changer la donne ou l'impératif de rentabilité continuera- t-il à faire la loi, en dépit de tous les cris du coeur ? »
      A. F.

  • Ralentir : mots-valises ! Les mots sont comme les billets de banque : il y a les vrais, et il y a la fausse-monnaie. Pour être faux-monnayeur en langage, et glisser, l'air de rien, un petit fictionnaire dans la vénérable famille Larousse, Robert & Cie, la recette est simple. Il suffit de mélanger deux ou trois termes jusqu'à ce qu'ils entrent en symbiose, et n'en forment plus qu'un : « Orthografle : descente de police effectuée chaque semaine dans le discours des enfants. » On n'en finirait pas d'énumérer tous les avantages de ce procédé de contraction. A l'homme pressé, il permettra de gagner un temps précieux en disant les choses deux fois plus vite ; les timides n'auront plus à rougir de leurs balbutiements ; les indécis qui peuplent nos royaumes pourront être à la fois Monsieur To Be et Monsieur Not To Be, ce qui leur évitera de s'abîmer indéfiniment dans des questions sans réponse ; quant aux écologistes (non, celui-là n'est pas un mot-valise !), ils seront en mesure de sauver les forêts menacées - et pas seulement celles du Loir-et-Cher - en exigeant immédiatement que l'on diminue de moitié l'épaisseur des journaux et des livres. En tout cas, là comme ailleurs, mieux vaudra ne pas se montrer : « Dodogmatique : qui endort ses interlocuteurs, à coup de paroles tranchantes et d'affirmations péremptoires. »

  • Premier volume d´une série, Ce que peut la littérature regroupe une sélection des meilleures émissions « Répliques » de France-Culture parmi celles consacrées à la littérature. Elles sont rassemblées par la thématique du pouvoir de la littérature : en quel sens les écrivains changent-ils le monde, non plus comme l´entendait Sartre au sens de l´engagement politique, mais au sens où ils réorganisent notre perception du monde, des êtres, des valeurs, du présent ou de l´avenir ?

    À travers la littérature, c´est notre existence qui est changée. Le livre sera précédé d´une étude inédite d´Alain Finkielkraut.

  • Après le volume Ce que peut la littérature, voici un recueil de textes issus de l'émission « Répliques » sur la thématique de la France. On sait qu'elle est au coeur des préoccupations deAlain Finkielkraut.

    Les émissions retenues et les contributeurs sont :
    - La République et la philosophie (Marcel Gauchet, Marie-Claude Blais) - Y a-t-il un fascisme français ? (René Rémond, Zeev Sternhell) - Être français aujourd'hui (Pierre Nora, Paul Thibaud) - La laïcité (Lionel Jospin, Maurice Agulhon) - Michelet et les historiens (François Furet, Jacques Le Goff) - La France, pays catholique ? (Danièle Hervieu-Léger, Henri Tincq) - La France et les Juifs (Michel Winock, Paul Thibaud) - Mitterrand ou l'engouement de la mémoire (Hubert Védrine, Christophe Barbier) - Y a-t-il une question noire en France ? (Stephen Smith, Françoise Vergès) - La galanterie française (Mona Ozouf, Claude Habib) - Les problèmes de l'immigration (Patrick Weil, Michèle Tribalat)

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