Sciences humaines & sociales

  • On a beaucoup écrit sur Michel Rocard et sur l'empreinte profonde qu'il a laissée sur la vie politique française, mais sait-on pour autant ce qu'est le rocardisme ? Qu'y a-t-il de commun entre le leader du PSU de mai 68 et le Premier ministre de mai 1988 ? Où est la vérité du rocardisme entre la promotion de l'autogestion et la défense du sérieux économique ? Entre le porteur d'utopie et celui qui se voulait " briseur de rêves " ? Entre le chef de parti, au PSU puis au PS, et le pourfendeur des faux-semblants de la politique ? Entre l'enfant chéri des médias et des sondages et le critique impitoyable de la démocratie d'opinion ?
    C'est à ces questions et à quelques autres que ce livre s'attache à répondre en faisant l'inventaire des différentes générations du courant rocardien, des fondamentaux d'une pensée en action, de la réalité de l'action de Michel Rocard au gouvernement et de ce qui reste de son héritage.
    Tous deux membres de son cabinet à l'Hôtel Matignon, les auteurs ont travaillé de longues années auprès de Michel Rocard. Alain BERGOUNIOUX, historien et spécialiste de cette période, préside actuellement l'Office universitaire de recherches socialistes (OURS). Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont, avec Gérard Grunberg : Les socialistes français et le pouvoir : l'ambition et le remords, Hachette Littératures, 2007. Jean-François MERLE, conseiller d'Etat honoraire, auteur de plusieurs études sur l'outre-mer et l'Etat, est aussi maire honoraire de Châtenay-Malabry (92).

  • Pourquoi les luttes ouvrières ont-elles été au centre de notre vie sociale pendant plus d'un siècle; pour quelles raisons et dans quelles conditions ont-elles produit le mouvement social de la société industrielle? Et, ce rôle central, le syndicalisme l'occupe-t-il encore; ou bien, s'il faut parler de déclin du mouvement ouvrier, quelles sont les nouvelles fonctions de l'action syndicale?
    Ce livre, fondé sur une intervention sociologique menée pendant deux ans avec des groupes de militants syndicalistes, apporte des réponses précises à ces deux interrogations. A ceux qui refusent l'idée d'un conflit central et évitent de parler de classes et de lutte de classes, il répond par une analyse précise de la conscience et de l'action de classe ouvrières. A la vieille tentation française de subordonner les mouvements sociaux aux partis et aux idéologies politiques, il oppose la réalité d'un mouvement proprement ouvrier, qui n'est ni la base ni l'instrument d'une force politique. A ceux qui remplacent des réalités historiques par l'image intemporelle d'une classe ouvrière sacralisée, il oppose l'étude des formes de passage du mouvement ouvrier aux politiques syndicales.
    La simplicité de son titre l'indique: ce livre, plus qu'aucun autre, présente l'ensemble des pratiques syndicales du point de vue de leur signification la plus élevée: la formation, le développement, puis la crise du mouvement ouvrier.
    Il ne parle pas seulement du passé et du présent, mais impose cette question décisive: dans la société post-industrielle qui se forme sous nos yeux, existe-t-il, peut-il exister un mouvement social capable d'occuper la place centrale que tenait le mouvement ouvrier dans la société industrielle?

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