• L'art contemporain

    Anne Cauquelin

    Désormais confronté à la dispersion des lieux de culture, à la diversité des oeuvres présentées, à leur nombre croissant tout comme à celui des publications qui les concernent, le public paraît encore aujourd'hui déboussolé par l'irruption de l'art contemporain. Que penser en effet de ces chefs-d'oeuvre qui n'en sont peut-être pas ? Ou plutôt : comment les penser ?
    Cet ouvrage permet d'aborder sans détour le travail artistique d'aujourd'hui dans toutes ses dimensions. Il montre que, bon gré mal gré, notre société est bel et bien devenue une société culturelle, et qu'il en résulte, au niveau artistique comme aux yeux du public, des conséquences troublantes.

  • « Espace, site, lieu, paysage : ces termes semblent avoir subi un bouleversement depuis l'apparition de nouveaux dispositifs spatio-temporels liés au cyberespace. Ambiguïtés du vocabulaire, chevauchement des usages, élargissement, voire même effacement des frontières entre les différents champs d'application, telles sont les difficultés qui à la fois font obstacle à l'analyse et en même temps la convoque. »

  • Cet ouvrage est composé de trois parties. Dans la première, il est montré que la tradition philosophique depuis l'Antiquité se tient à l'affirmation qu'il n'existe qu'un seul monde, celui que nous habitons : l'univers est géo et anthropo-centré. Même les mondes possibles de Leibniz restent... possibles et non réels. Ces possibles cependant commencent à occuper une place dans la réflexion esthétique.
    Dans la deuxième partie, on reprend la question de ces possibles : quel accès avons-nous à ces mondes-là ? L'art est la réponse habituelle à cette interrogation. C'est lui qui « ouvre des mondes », dit-on. Cette deuxième partie est consacrée à l'analyse critique de ce type de réponse, en particulier celle qui est donnée par la phénoménologie.
    Enfin, dans la troisième partie, il est traité de l'ontologie des mondes possibles. Peut-il y avoir ontologie d'un « n'être-pas encore » ? En s'appuyant sur la logique modale et après avoir scruté la question du cyberespace, l'hypothèse de la réalité des mondes possibles est alors avancée.

  • Il y a une politique de la ville, la nuit. Affirmation paradoxale. La loi du jour n'est-elle pas celle de la nuit ? Il y aurait une nuit du pouvoir ? Il devrait compter avec l'heure et le temps ? Et l'individu, libéré des horaires de travail et des circuits fléchés, serait enfin lui-même ? Ne soyons pas naïfs. L'emprisonnement dans les lieux (bars interdits, territoires protégés), dans les rites (marquages indélébiles, castes), dans les temps de parcours (manque de transports) est souhaité, recherché, monté de toutes pièces. Au quadrillage somnolent du pouvoir central se substituent les surveillances fortifiées des groupes nocturnes. A délire de puissance, délire et demi... Ce n'est donc qu'une illusion de dérive à laquelle se livre le citoyen de nuit. Cette illusion profite à tous, à lui-même, qui en jouit, au système, qui en vit. Un seul mérite à cette fausse liberté : elle dit la vérité du quotidien.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Carthage, Pompéi, Ithaque : trois villes où genres et espèces se mêlent. Dieux et hommes, passé et présent, morts et vivants. Trois images composites qui continuent de hanter les pratiques urbaines, mais qu'ignorent les théories de l'urbanisme contemporain. En analysant de près ces théories, de la sémiologie au marxisme et à ses dérivés, l'auteur de Cinévilles montre que cette lacune les conduit à des impasses. Car c'est bien la mélancolie active d'une mémoire vague, diffuse, informelle qui investit le présent bétonné et permet à une pratique « oblique » de s'exercer, malgré et à travers les circuits et les codes.

  • Carthage, Pompéi, Ithaque : trois villes où genres et espèces se mêlent. Dieux et hommes, passé et présent, morts et vivants. Trois images composites qui continuent de hanter les pratiques urbaines, mais qu'ignorent les théories de l'urbanisme contemporain. En analysant de près ces théories, de la sémiologie au marxisme et à ses dérivés, l'auteur de Cinévilles montre que cette lacune les conduit à des impasses. Car c'est bien la mélancolie active d'une mémoire vague, diffuse, informelle qui investit le présent bétonné et permet à une pratique « oblique » de s'exercer, malgré et à travers les circuits et les codes.

  • La question du langage, chez Aristote, ne fait pas l'objet d'un traité à part, elle est disséminée dans tous ses ouvrages. L'auteur du présent volume a tenté de rassembler ces différents textes et en propose une lecture à partir de la structure politique de la cité et du rôle qu'y jouent les opinions (doxa) ou discours vraisemblables, aussi bien que les discours du vrai. La dimension, à la fois poétique et politique, de la question du langage - dimension qui lie rhétorique, grammaire, histoire naturelle et comportements civils - semble répondre à l'unité circulaire propre au système aristotélicien.

  • Dans la ville de Potamor on se nomme, par exemple, DDKRSWadl selon le code officiel. La société y est très hiérarchisée. Les citoyens de la catégorie supérieure, les Projeteurs, ont un ordinateur à la place du coeur. Il peut arriver que l'appareil tombe en panne, que le sentiment, phénomène prohibé, se réveille. De même, libérés des servitudes sexuelles, hommes et femmes peuvent soudain retrouver leurs organes naturels. La mort civile est plus importante que la mort réelle car, généralement volontaire, elle décide de la promotion sociale d'un autre, etc. Bref ! il s'agit d'une organisation technocratique de déshumanisation. Science-fiction ? ou pour mieux dire : sociologie-fiction ? En dépit des apparences, les scènes que rapporte le récit ne sont pas des scènes de la vie future. Ville planétaire, sans yeux, ville à l'intérieur des villes, ville de mémoire pour l'étranger en quête de sa propre histoire, Potamor branche ses circuits labyrinthiques sur le monde d'aujourd'hui. Non, la destruction n'est pas pour l'avenir : elle est là, dans les activités d'équipes silencieuses, dans la menace dont on devine la présence sans pouvoir la cerner. Deux ou trois aventuriers (ou bien toujours le même ?) s'échangent sur les plaques tournantes d'autoroutes fantômes. S'ils semblent partir en différentes directions, ils restent pourtant immobiles, car le centre est partout et les routes ne mènent nulle part...





  • « La notion de paysage et sa réalité perçue sont bien une invention, un objet culturel déposé, ayant sa fonction propre qui est de réassurer en permanence les cadres de la perception du temps et de l'espace. »
    Cette enquête philosophique sur l'élaboration, pour nous Occidentaux, de la notion de paysage, part d'un constat surprenant :
    « c'est qu'il n'y a, chez les Grecs anciens, ni mot ni chose ressemblant de près ou de loin à ce que nous appelons paysage. »

    Du « Jardin d'Épicure », métaphore de la sagesse d'une vie à l'écart des tempêtes, à nos modernes pratiques urbaines paysagées, le paysage délimite un cadre de vision. Il a été pensé et construit comme équivalent de la nature et ainsi « nous aurions grâce au paysage, un regard vrai sur les propriétés de la nature.» Mais quel « travail » faisons-nous quand nous « voyons » un paysage ?

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