• Fille d'Anne de Bretagne et du roi Louis XII, Renée de France est, un peu comme sa cousine Marguerite de Navarre, l'une de ces princesses mal aimées dont les cours royales offrent, de nos jours encore, de fréquents exemples. Marquée par les idées humanistes qui se répandent en France au début du seizième siècle, Renée protège les Réformés. Tristement mariée au duc de Ferrare - allié du roi de France - et exilée en Italie pendant trente années, elle y accueille Clément Marot et Calvin. Accusée d'hérésie, elle comparaît devant le tribunal de l'Inquisition. Soutenant les grandes figures du protestantisme français, comme l'amiral de Coligny, Renée de France est contrainte de marier sa fille Anne au duc François de Guise, chef des armées catholiques. Elle mourra trois ans seulement après le drame de la Saint-Barthélemy, qui semble ruiner à jamais les espoirs de la Réforme et les siens. Nourrie de l'esprit des Béatitudes, Renée de France a poursuivi sans trêve, au milieu des ravages de la guerre civile, sa quête de la simplicité biblique : elle a cru retrouver - parmi les Réformés - le printemps du lac de Tibériade et, dans la communion des cantiques chantés d'une seule voix, la lumière de la Grâce, en tête-à-tête avec Dieu. Les bouleversements de son siècle n'ont pas eu raison des convictions de cette princesse courageuse et originale, généreuse, désintéressée, dont les éclairs d'intuition pouvaient en remontrer aux arguties de bien des théologiens.

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