• Rosalie Jullien, née le 9 septembre 1745 dans une famille de la bourgeoisie marchande, est une femme de culture et de convictions. Épouse d'un député de la Drôme à la Convention, Marc-Antoine Jullien, elle observe, s'informe, lit et écrit des lettres si nombreuses, élégantes et longues qu'elles finissent par constituer un journal de la Révolution française. Femme des Lumières, inspirée par le souffle révolutionnaire, elle ose cette phrase, le 10 août 1792, jour de la prise des Tuileries par les Parisiens : « Jour de sang, jour de carnage, et pourtant jour de victoire qui est arrosé de nos larmes. Écoutez et frémissez. ».
    Témoin, auteure et citoyenne engagée, elle constate que «l'exaspération est un des plus énormes péchés dans la Révolution. Fougue n'est pas force. Il faut de la sagesse, puis de la sagesse, et encore de la sagesse » et forme le voeu, le 1er janvier 1800, « que le XIXe siècle répare les crimes et les sottises du XVIIIe. »

  • « Catin », « créature de l'enfer », « garce autrichienne » : les injurescontre Marie-Antoinette ont fleuri durant ses dix-neuf années passéesà Versailles. La violence des caricatures, des pamphlets etdes chansons de l'époque semble à peine croyable aujourd'hui.Fille de Marie-Thérèse d'Autriche, mariée en 1770 pour des raisonspolitiques au futur Louis XVI, la reine est considérée comme« le fléau et la sangsue des Français ». Elle est guillotinée le16 octobre 1793 sous les vivats du peuple en Révolution et, depuislors, sa mémoire oscille entre haine et dévotion, de l'étrangèreintrigante pour la France républicaine du XIXe siècle à la figurede jeune femme coquette et incomprise qu'elle incarne de nos jours.S'appuyant sur une riche iconographie, l'historienne Annie Dupratdémêle les représentations contrastées de la postérité deMarie-Antoinette, devenue malgré elle « la Lady Di du XVIIIe siècle ».

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