• « Toute une grappe de visages juxtaposés dans des plans différents et qu'on ne voit pas à la fois »... C'est ainsi que Marcel Proust conçoit ce qu'il appelle « le visage humain ». Définition bien étrange. On dirait presque de l'hébreu. On croirait presque entendre « panim », qui désigne « le visage », mais qui signifie, littéralement, « faces » - toujours au pluriel. C'est ce pluriel oublié du visage que Proust semble réveiller, avec cet étonnement qui « vient surtout de ce que l'être nous présente aussi une même face »... Énigmes de panim. Mystères d'À la recherche du temps perdu. Combien de visages par personnage ? Quant à ceux de l'auteur... Figures et gueules, esquisses et masques, voiles et rides, larmes et petites marques habitent le livre. Visions tour à tour effrayantes et merveilleuses : le visage fait résonner l'oeuvre de Proust dans toute son étrangeté.

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