• « Distrait, inattentif, ennuyé », Adolphe, à 22 ans, trouve « qu'aucun but ne vaut la peine d'aucun effort ». Un beau jour, pourtant, il a envie d'être aimé et décide de conquérir Ellénore. Bien vite, « le charme de l'amour » lui pèse comme une chaîne. Ellénore, lui sacrifiant « fortune, enfants, réputation », empoisonne de remords sa belle indifférence. La souffrance d'Ellénore n'est pour Adolphe qu'un moyen de se connaître et d'éprouver sa propre lucidité. Plus elle l'aime et lui donne, plus il se refuse, écrasé par sa propre inaptitude à aimer. Cet éternel pas de deux se répète à satiété. Mais, tandis que pour Adolphe il suscite invariablement le même état d'âme et l'absence de véritable émoi, il est pour Ellénore, rongée par l'amertume et l'horreur du non-amour, l'accomplissement d'une fatalité mortelle.

  • "Avec Adolphe, Benjamin Constant marquait de son sceau la littérature du XIXe siècle et posait l'un des plus importants jalons du romantisme français. Portrait sentimental d'une histoire d'amour tragique, Adolphe reflète et illustre les contrées intérieures d'une jeunesse du XIXe siècle naissant, en proie au mal du siècle - prise entre désirs de gloire et mélancolie, entre idéal et spleen... En livrant le récit des amours mouvementées d'Adolphe et Ellénore, Benjamin Constant - dont on lit en filigrane nombre d'éléments autobiographiques - confesse sa désillusion quant à l'amour et la vie politique. Il livre avec ce récit qui lui ressemble un éclairage incomparable sur la vie littéraire, sentimentale et politique de son siècle." Claude Colombini-Frémeaux & Benjamin Goldenstein

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