• On essaye d'écrire un livre. Du moins on le croit. On l'inscrit dans la logique des livres antérieurs. On se dit, espérant encore, celui-là sans doute ira plus loin.Malgré tant de pages rien ne bouge. On voulait des vers brefs, des poèmes secs, renversant les formes anciennes, mais tout se défait au fil des années, l'écriture erre selon sa guise, malgré la volonté, le désir.Au bout du compte que reste-t-il sinon les débris du combat ? un livre allant se défaisant, une espérance mouvement, et elle va piétinant.Qui fut dehors fut aussi dedans,dans le même temps.A quoi bon se convaincre d'illusions. Sortir ce n'est qu'« Achille immobile à grand pas ».Pourtant on insiste, on va, on ira encore, au prix de quels piétinements,dans le délabrement des formes, le délabrement des livres,et de la vie, là-bas, toujours si incertaine.Sortir dit-on.

  • L'ambition est double. Analyser d'abord l'inscription de la mort dans une oeuvre de poésie et en dresser le paysage. Ensuite montrer comment la totalité de cette oeuvre s'organise en fonction de ce point de vue majeur, la mort, et sortir ainsi du lieu commun énoncé quant à l'oeuvre de Jouve, laquelle n'aurait d'autre pivot que le sexe. De cela, il découle une « histoire » de la mort, avec son théâtre d'ombres, et ses coulisses, ses personnages et ses « lustres », ses « machines » et ses décors, une « histoire de la mort » dans l'oeuvre qui est histoire de l'oeuvre poétique même.

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