Langue française

  • André Belleau écrivait en 1983 que l'essayiste travaille « dans le champ culturel avec les signes de la culture »; il est celui qui a « le bonheur d'habiter la sémiosphère ». Cette définition convient parfaitement à l'oeuvre de Benoît Melançon . Qu'il étudie les lettres de Diderot ou qu'il commente l'actualité linguistique québécoise, qu'il se penche sur le courrier électronique ou qu'il démonte un mythe sportif, Benoît Melançon fait partager ce bonheur à ses lecteurs depuis plus de vingt ans, par des livres et des articles, mais aussi dans Internet. De deux séjours à Bangkok, il a rapporté cesNotes de voyage, qui sont autant de réflexions sur la culture et ses signes. Tendons l'oreille.

  • Vous recevez des lettres ? Le pape, Tintin et le Père Noël aussi. On vous inonde de pourriels et de chaînes de lettres ? Mademoiselle Nitouche ne vous sera malheureusement d'aucun secours; sa spécialité, c'est le langage des timbres-poste. Vous préférez utiliser le pigeon voyageur ou la bouteille à la mer, voire la lettre chantée ? Vous ne seriez pas le premier. Attendre une lettre pendant des décennies, vous enivrer de son parfum ou payer une fortune pour une missive ne vous semble pas relever du délire ? Les lettres de recommandation vous paraissent dignes d'intérêt ? Vous aimeriez mieux connaître la correspondance des sportifs et celle des tueurs en série ? Vous n'avez pas peur de recevoir des nouvelles d'outre-tombe ? Les curiosités épistolaires ici rassemblées sont pour vous.

  • Une vingtaine de romans, plusieurs essais, des pièces de théâtre, deux séries télévisées, des centaines d'articles : aux abords de l'oeuvre de Victor-Lévy Beaulieu, on échappe difficilement au cliché de l'oeuvre «abondante», «monumentale». Le personnage de Beaulieu aidant, on a eu trop souvent tendance soit à s'incliner, soit à s'indigner devant cette oeuvre qui n'a pas toujours les nuances et les bonnes manières que certains souhaiteraient. Mais qu'en est-il au juste, pardelà les jugements superficiels et les remarques sur l'homme, qu'en est-il du texte, de ses articulations, des représentations et des thèmes qui s'y brassent? D'où vient et où va ce torrent de mots et de personnages? Comment parler de Beaulieu sans figer ce flot qu'il ne cesse de déverser sur ses lecteurs?

  • Le développement fulgurant des médias sociaux au cours de la dernière décennie a donné une forme concrète à un phénomène qui existait depuis toujours, mais demeurait pour l'essentiel confiné dans les marges de la vie sociale. Or la rumeur -- puisque c'est de ce phénomène qu'il s'agit -- se présente aujourd'hui comme l'une des formes les plus visibles et les plus envahissantes de la communication, comme un enjeu « sérieux » et décisif, que les individus et les organisations doivent apprendre à gérer comme l'une des composantes essentielles de l'information. Avec les contributions de Mauricio Segura, Georges Privet, Benoît Melançon et Ugo Gilbert Tremblay. À lire hors dossier, entre autres : Geneviève Letarte signe un hommage à Hélène Monette, Michel Biron analyse Ce qu'il reste de moi de Monique Proulx et Isabelle Daunais se livre dans un entretien à propos de son plus récent livre, Le roman sans aventure.

  • Études françaises a cinquante ans. La revue a traversé cette période en conservant son titre et, je crois, sa volonté d'être « au centre de gravité » des cultures de langue française tout en s'affirmant comme « un lieu où la littérature se fait ». Cela ne va pas de soi quand on pense que le département auquel elle est associée depuis sa création a, lui, cru nécessaire de changer de nom. Ce Département d'études françaises, fondé en 1962 à l'Université de Montréal, est devenu en 2003 le Département des littératures de langue française. Cette mutation reflète bien les questions que soulève l'adjectif « français », renvoyant aussi bien à une langue qu'à une nation, l'une étant constitutive de l'identité du Québec, l'autre lui étant au moins partiellement étrangère, au mieux associée au Canada dans un composé dont l'histoire épouse les transformations qui se sont opérées dans nos rapports à la langue et à la France.

  • « Faudra-t-il toujours lutter pour le français ? » demande L'Inconvénient en couverture de son numéro d'automne. Pris entre l'angoisse financière de la souveraineté et l'insécurité culturelle d'une nation minoritaire dont la présence maintenue au sein de la fédération canadienne ne peut que nourrir l'angoisse identitaire et linguistique, le Québec, en plein dilemme, se cherche, mais ne se trouve pas. La province comme société « divisée, déchirée, entravée par des peurs contradictoires qui ne veulent pas s'effacer » et le rapport à la langue autour duquel se cristallisent et s'incarnent ces peurs, voilà ce qu'explorent les collaborateurs de L'Inconvénient dans le dossier thématique de ce numéro. Lisez aussi la deuxième partie de l'essai « Le délire collectif des déclinistes français » d'Alain Roy, un portrait du peintre Mark Puchala par Marie-Anne Letarte, Stanley Péan qui parle de la saxophoniste jazz Christine Jensen et Sylvain David des « Communautés (ré) imaginées » dans les séries télé Fauda, Bron/Broen et The Fall.

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