• Où en est la situation des femmes en France ? S'achemine-t-on vers plus d'égalité entre hommes et femmes, ou assiste-t-on simplement à un déplacement des anciennes inégalités ? Sur la base de données disponibles, notamment statistiques, clairement présentées et commentées, cet ouvrage passe en revue l'ensemble des transformations survenues au sein des rapports entre hommes et femmes. Il répond ainsi à quelques questions, simples mais cruciales : comment expliquer la meilleure scolarité des filles ? pourquoi le travail à temps partiel est-il un piège pour les femmes ? en quoi le mariage favorise-t-il la carrière des hommes et entrave-t-il celle des femmes ? pourquoi les femmes sont-elles encore si peu présentes dans l'espace public ? En explorant ainsi les différents domaines où se nouent les rapports sociaux de sexe, ce livre met en évidence le caractère contradictoire de la situation actuelle des femmes dans la société française : leur potentiel d'autonomie grandit, mais les discriminations perdurent. Un ouvrage indispensable à tous ceux, hommes et femmes, qui ne se résignent pas à constater l'inégalité de leurs rapports.

  • Est-il encore nécessaire de présenter Thomas Piketty? Il est l'auteur d'un best-seller mondial, Le ­Capital­ au XXIe siècle et plus récemment de Capital et idéologie, qui lui ont valu d'être invité dans le monde entier. La hardiesse de certaines de ses propositions de taxation des hauts revenus et des grandes fortunes pour étendre le champ de la redistribution en a fait une figure incontournable du débat politique en France comme à l'étranger. Dans ses deux ouvrages, l'auteur entend également jeter les bases d'un «socialisme participatif» présenté comme un dépassement du capitalisme.
    Le critiquer apparaît donc comme une entreprise aussi difficile que risquée.
    Plus qu'une attaque, c'est une déconstruction des analyses de Piketty que nous proposent Alain Bihr et Michel Husson. La référence appuyée de Piketty au Capital les surprend puisque l'auteur, oubliant les analyses de l'ouvrage éponyme de Karl Marx, «se contente des apparences» et préfère lier les inégalités sociales à l'idéologie et non aux rapports de production capitalistes qui les fondent et les organisent.
    Les deux auteurs passent au crible les fondements théoriques du modèle de Piketty et lèvent le voile des apparences que le réformateur fiscal entretient.
    Ils développent les éléments d'une critique radicale de son approche, tant d'un point de vue historique qu'économique. Partant, Alain Bihr et Michel Husson reviennent à ce qui fonde les inégalités sociales dénoncées, à juste titre, par Piketty et nous éclairent sur le fonctionnement profond et présent du capitalisme.
    En conclusion, ils discutent de ses propositions de réforme du capitalisme pour révéler l'impasse d'un tel projet.

  • Concluant sa somme sur le premier âge du capitalisme, Alain Bihr explore dans les deux volumes du troisième tome la constitution d'un premier monde capitaliste.
    Il en traverse les différents cercles, en partant de son centre et en progressant vers ses marges.
    Ainsi sont examinées les différentes puissances d'Europe occidentale qui ont été, tour à tour, motrices de l'expansion outre-mer.
    Saisir les avantages respectifs dont ces puissances ont successivement tiré parti renvoie à leurs relations conflictuelles et aux rapports de force entre les ordres et classes qui les constituent.
    La Grande-Bretagne, s'appuyant sur les Provinces-Unies et les acquis de sa révolution bourgeoise, finit par en sortir victorieuse, au détriment de la France.
    L'auteur revient régalement sur le statut semi-périphérique et la forte hétérogénéité des États d'Europe baltique, centrale, orientale et méditerranéenne qui, cause et effet à la fois, ne peuvent prendre part à l'expansion européenne.
    Toutefois, certaines d'entre elles (la Savoie, la Prusse, la Russie) pourront réunir des conditions leur permettant, par la suite, de jouer dans la «?cour des grands?».
    L'ouvrage examine enfin les principales forces sociales marginales, affectées par l'expansion européenne mais encore capables d'y résister et, dès lors, de se développer selon leur logique propre.
    Ce qui explique à la fois pourquoi le capitalisme n'a pas pu naître dans la Chine des Ming et des Qing, en dépit de ses atouts évidents, et pourquoi, en se fermant, le Japon féodal a au contraire préparé les conditions de son rapide rattrapage capitaliste à l'époque Meiji.
    Alain Bihr renouvelle et enrichit, grâce aux acquis historiographiques les plus récents, les intuitions et les analyses qui ont jalonné l'histoire du développement capitaliste.
    La dimension narrative et descriptive n'est pas le moindre atout de ce travail.

  • La montée en puissance des «pays émergents», au premier rang desquels la Chine, venant après celle du Japon et des «dragons» sud-est-asiatiques (Corée, Taïwan, Hong Kong, Singapour), a été l'occasion de réinterroger voire de réviser l'histoire du capitalisme. Et de se demander si le premier rôle, longtemps tenu par l'Europe occidentale, au sein de cette dernière n'avait été qu'un accident dont les conséquences seraient en train de s'épuiser et une parenthèse en train de se refermer.
    Cet ouvrage soutient que, si l'Europe occidentale a été le berceau du capitalisme et a pu, des siècles durant, en constituer l'élément moteur et dirigeant, c'est à son emprise sur le restant du monde qu'elle l'a d'abord dû. Ce premier tome revient sur l'acte inaugural de ce processus : l'expansion dans laquelle elle s'est lancée en direction des continents américain, africain et asiatique à partir du XVe siècle et qui se poursuivra au cours des trois siècles suivants.
    Cet ouvrage décrit et analyse les deux formes fondamentales de cette expansion : commerciale et coloniale. Il en précise les principaux acteurs : les États et leurs agents, les compagnies commerciales, les diasporas marchandes, la foule des migrants anonymes, etc. Il en donne le résultat global : la constitution d'un premier monde centré sur l'Europe occidentale dans l'exacte mesure où c'est par elle et pour elle que les autres continents vont se trouver interconnectés et progressivement extravertis.
    L'ouvrage s'attache à montrer qu'à travers les comptoirs commerciaux ouverts sur leurs côtes autant que par le biais des territoires occupés et colonisés dans leurs arrière-pays, des régions entières de ces continents ont commencé à être soumises à un processus d'exploitation et de domination. Ce processus opère par le biais du commerce forcé et déloyal, par l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations.
    Il explique ainsi comment les sociétés locales ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. De la sorte, elles furent subordonnées aux exigences de la dynamique de formation du capitalisme en Europe même.
    Mais, loin de verser dans une sorte de misérabilisme à l'égard des pays et populations en proie à l'expansion européenne, l'ouvrage insiste au contraire sur la résistance qu'ils ont su lui opposer, en la tenant souvent en échec. Résistance cependant inégale, fonction de leur développement historique antérieur et des structures sociales toujours singulière auxquelles il avait abouti.
    C'est pourquoi l'ouvrage consacre également une grande attention à l'état de chacune des sociétés que les Européens vont aborder au cours de leur expansion. Il fournit de la sorte un panorama du monde à l'aube de cette dernière.
    En dernier lieu, cette analyse de l'expansion européenne tente d'expliquer les divergences qui vont surgir entre les États européens quant au calendrier selon lequel ils vont se lancer dans cette aventure et les formes qu'ils vont y privilégier. Elle se penche également sur les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises. Enfin elle souligne les bénéfices fort inégaux que les divers États européens vont retirer de leur expansion outre-mer, dont la pleine explication est cependant renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.

  • Ce Mémento, inclus le programme en introduction au droit privé, il  couvre l'essentiel du droit civil : les personnes, la famille, les incapacités, les biens, les obligations et les sûretés.
    Après une introduction au droit privé, le lecteur dispose, sous une forme condensée, d'un exposé synthétique lui permettant de trouver facilement l'ensemble des réponses aux questions factuelles auxquelles il peut être confronté. 

  • Ce deuxième tome de «Le premier âge du capitalisme» est intitulé «La marche en avant de l'Europe occidentale vers le capitalisme». Il analyse méthodiquement les voies et les formes sous et lesquelles se poursuit, du 15e au 18e siècle, la transition de l'Europe occidentale du féodalisme au capitalisme, sous l'impulsion de l'expansion commerciale et coloniale outre-mer dont a traité premier tome, «L'expansion européenne».
    S'arrêtant notamment sur le déploiement multiforme de la manufacture, les prodromes de l'industrie mécanique, la formation des premiers marchés proprement capitalistes, la mise en oeuvre des politiques mercantilistes, mais loin de s'en tenir aux seuls aspects économiques de ce processus pluriséculaire, il en scrute tout aussi bien les facettes sociales, politiques et culturelles.
    Il comprend donc des développements consacrés: à la transition d'une société d'ordres à une société de classes; à la formation d'un nouveau type d'État, dont la monarchie absolue est le principal mais non pas le seul avatar; à ces révolutions culturelles majeures qu'ont été la Réforme, la Renaissance et les Lumières; enfin à l'émergence d'un nouveau type d'individualité cultivant son autonomie, appelé à un bel avenir dans les âges ultérieurs du capitalisme.

  • Abordées dans une perspective comparatiste, les sociétés française et japonaise sont étudiées ici sous l'angle des rapports intergénérationnels : remise en cause des modalités, privées et publiques, de la prise en charge des personnes âgées ; concurrence croissante des différentes classes d'âge sur le marché du travail ; mobilisation soutenue des parents pour faciliter une "entrée dans la vie" de leur progéniture ; crainte de l'accélération du changement social.

  • Cet ouvrage se situe à contre-courant de la mode idéologique actuelle qui fait feu de tout bois contre la pensée de Marx, en l'assimilant abusivement aux déformations bureaucratiques et étatistes de sa postérité, évitant ainsi de l'affronter sur son terrain même : celui de la théorie critique de la pratique sociale. Dans cette perspective, l'ouvrage s'attache en particulier à reprendre en les approfondissant les principales thèses marxistes de l'économique comme monde réifié et représentation fétichiste. Il s'efforce d'analyser dans toutes ses implications le développement monstrueux de l'aliénation marchande au sein du monde moderne. Chemin faisant, c'est le processus de la reproduction du capital comme rapport social qui se révèle comme problématique centrale au sein du capitalisme actuel. De ce processus, il est ici proposé une première approche globale qui met en évidence le rôle médiateur fondamental qu'y jouent certaines formes mentales et sociales : la marchandise, la centralité urbaine, la contractualité civile, le spectacle, l'État. Ainsi s'esquissent les éléments d'une théorie à la fois globale critique et utopienne du mode de production capitaliste dans son ensemble.

  • Il existe deux manières de lutter contre le Front national : lancer des anathèmes ou dénoncer ses contradictions. Alain Bihr explore une troisième voie : regarder la France au miroir du Front national. L'analyse de la soudaine audience de Le Pen passe dès lors par un certain nombre de questions : quelle est la base sociale du FN ? En quoi est-elle le fruit du changement de l'alliance au pouvoir depuis 1981 et de la crise parallèle du mouvement ouvrier ? Mais cette situation s'explique aussi par un contexte mondial : en quoi le ciment idéologique du FN repose-t-il sur une crispation nationaliste face à une transnationalisation du capital ? En quoi manifeste-t-il un "ressentiment" face à un monde privé de sens ? En quoi le FN est-il et n'est-il pas un fascisme ? Surtout, l'originalité et la force de cet ouvrage résident dans la synthèse de ces diverses données. Alain Bihr envisage ainsi les possibles évolutions du mouvement lepéniste : quel est son avenir aux plans régional, national et européen ? A défaut d'avenir pour lui-même, quel avenir pour ses idées ? L'auteur formule sur cette base des propositions pour en finir avec le FN.

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