• L'histoire littéraire du Canada se compose de cinq voix: celle du Canada français, du Canada anglais, des peuples des premières Nations, des Inuits et des communautés immigrantes. L'étude métahistorique que propose E.D. Blodgett de cette histoire à cinq voix jette un nouvel éclairage tant sur l'idée de nation que sur les modes de narration distinctifs élaborés par les divers groupes « nationaux », lesquels témoignent de leur ancrage spatial et temporel particulier.

  • Ce nouveau recueil du poète E. D. Blodgett ose une écriture en français et en anglais pour ainsi dire simultanée, où des poèmes contemplatifs installent en peu de mots des ambiances de vieux jardins pleins de statues, de fontaines et doiseaux. En parcourant ces dyades, faites dun poème en français suivi, en regard, dun autre en anglais qui en est et nen est pas la traduction , le lecteur prolonge sa promenade méditative où lil et loreille sont en éveil. Il est invité, chemin faisant, à déchiffrer avec le poète divers signes, tels ceux que composent des petits oiseaux sur la neige, pareils aux « caractères / dun alphabet inconnu ». Le poète y trouve matière à réflexion sur son langage, mais aussi beaucoup sur ses silences.

  • Premier titulaire de la Chaire Louis-Desrochers en études canadiennes à
    l'Université de l'Alberta, le professeur E. D. Blodgett présente dans cet
    essai original le résultat de sa réflexion sur les traits fondamentaux de la
    littérature canadienne-française/québécoise. Pour lui, le lien écriture-histoire
    est fondamental et constitue l'origine d'un processus d'écriture complexe. Ce
    processus ou dialogue, selon Blodgett, a constitué les lieux fondateurs de la
    Nouvelle-France et de l'imaginaire du Canada français. Dans chaque cas étudié,
    on retrouve une figure d'enfant représentant un fils (ou une fille) à la fois idéologique
    et politique, une figure d'enfant « sacrifié ». Cette thématique de l'enfant
    «sacrifié », selon l'auteur, serait l'héritage culturel
    des jésuites, c'est-à-dire de leur relation avec le
    Fils de Dieu sacrifié pour le salut de l'humanité.
    La culture jésuite aurait en effet été fondée sur
    l'idéal- l'aventure - chevaleresque du Moyen Âge
    et ancrée dans une profonde croyance que la voie
    du martyre mène au salut éternel. Cette croyance,
    écrit Blodgett, aurait imprégné la mentalité de la
    Nouvelle-France et aurait longtemps été une force
    déterminante dans la littérature du Canada français.
    L'histoire de cet engagement a été racontée
    dans Les Relations, textes destinés au recrutement
    de la jeunesse française. Toujours à la recherche
    de la pureté, de l'innocence et de la jeunesse,
    les jésuites ont fait de l'enfance l'objet de leurs
    aspirations les plus profondes. Se considérant
    eux-mêmes enfants de Dieu, ils acceptaient volontiers de se soumettre à la
    volonté du Père divin, à tel point que leur foi aveugle les amènera à s'infliger
    des supplices et même à anticiper les joies du martyre. Les jésuites seront donc
    les premiers « enfants sacrifiés» de la littérature québécoise.

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