• Le « moment 68 » constitue un temps de grand bouleversement social et culturel dans les sociétés occidentales. Les communautés religieuses n'ont pas échappé à ce séisme sociétal. Parmi les secousses qui ébranlent l'Église catholique durant ces premières « années conciliaires », se distingue une révolution plus invisible que silencieuse, celle que les femmes catholiques ont imposé à l'institution ecclésiale. Cette « armée de réserve », composée de pratiquantes et de militantes, avait jusque-là érigé un « catholicisme au féminin ».
    Or, l'aggiornamento conciliaire ne les concerne guère. Leurs paroles sont tues, leurs présences silencieuses tout au plus tolérées. C'est ignorer la lame de fond qui bouleverse les mondes sociaux et culturels de plusieurs générations de femmes européennes des années 1960. Celles de confession catholique sont particulièrement ébranlées. Des pratiques en baisse fournissent une explication à la « rupture de la pente religieuse de 1965 » et la réception d'Humanæ Vitæ (1968) engendre autant de révoltes que d'incompréhensions. Ce « coup de grâce » libère une parole et de nouveaux comportements pour la décennie suivante.
    L'impact de ce « moment 68 » n'a guère été étudié en ce qui concerne les femmes catholiques européennes, tant dans leurs manière de vivre que leurs rapports à l'institution ecclésiale. Cinq angles d'approche thématique sont ici abordés : fécondité et sexualité ; paroles et journaux intimes ; congrégations religieuses ; mouvements et organisations ; féminisme. La perspective européenne de ce livre est pour la première fois envisagée pour une telle problématique.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Aborder le gouvernement et la gestion de la cité en Europe dans une perspective historique fournit l'occasion d'appréhender sur le temps long des lieux, des acteurs et des réseaux de la "gouvernance urbaine" pour construire une problématique historicisée du "gouvernement urbain" des villes en Europe. Provenant du nord comme du sud de l'Europe, voici une diversité de modèles de "gouvernements urbains" à l'oeuvre depuis le Moyen-Age jusqu'à nos jours.

  • Depuis quelques décennies, la méditation venue d'Orient connaît en Occident un succès grandissant.Ses bienfaits sont reconnus pour lutter contre le stress, mieux gérer nos émotions et améliorer notre bien-être. Des études scientifiques de plus en plus nombreuses montrent que cette gymnastique de l'esprit peut aussi avoir des effets plus profonds sur notre corps, jusqu'au coeur de nos cellules. Elle agit sur l'activité et la structure même du cerveau, modifie l'expression de certains gènes et renforce nos défenses immunitaires. Des hôpitaux proposent désormais la méditation en accompagnement pour lutter contre la douleur, contre la dépression chronique ou certaines addictions. Et de nouveaux champs d'application apparaissent, notamment pour ralentir le vieillissement des cellules et du cerveau. En donnant la parole aux chercheurs et aux soignants les plus en pointe dans le domaine, et en faisant entendre la voix de patients qui associent la méditation à leur parcours de soins, cet ouvrage fait l'état des lieux de l'un des domaines de recherche les plus stimulants du moment. Méditer pour mieux soigner et se soigner: une révolution thérapeutique qui unit le corps et l'esprit !

  • La liturgie fait-elle société ? La société fait-elle la liturgie ? Cet ouvrage envisage la liturgie catholique comme l'expression d'un mode de gouvernance social et pas seulement ecclésial : il s'agit d'insister sur les pratiques et leurs contenus (rites, prières, chants), les textes normatifs et les procédures qui les imposent, et enfin les applications concrètes qui en sont faites. Il convient donc de ne pas considérer Sacrosanctum Concilium qui, trop souvent dans l'opinion publique, résume l'oeuvre réformatrice du concile Vatican II, comme une rupture mais au contraire d'inscrire les réformes liturgiques dans une temporalité plus ample. Le présent volume se limite volontairement à l'aire francophone et s'articule autour de deux moments clés : la période 1840-1860 qui voit le succès d'une unité liturgique quasi absolue autour de Rome, au nom d'une ecclésiologie intransigeante et d'un refus d'une quelconque inculturation nationale et démocratique, et la période 1930-1960 qui prépare et annonce une réforme de la liturgie qui entend « faire progresser la vie chrétienne de jour en jour chez les fidèles, mieux adapter aux nécessités de notre époque celles des institutions qui sont sujettes à des changements [et] favoriser tout ce qui peut contribuer à l'union de tous ceux qui croient au Christ » (Sacrosanctum Concilium, § 1).

  • Depuis près d'un demi-siècle, l'histoire religieuse a constitué l'un des domaines les plus féconds de la recherche universitaire dédiée à la période contemporaine en France. Le renouvellement de ses questionnements a été régulier et ses acquis sont considérables. Elle doit relever aujourd'hui de nouveaux défis liés tout à la fois aux mutations du religieux dans les sociétés contemporaines et aux déplacements de la recherche au sein de l'institution universitaire. C'est dans cette double perspective que quatorze chercheurs de diverses générations s'interrogent dans cet ouvrage sur les axes de renouvellement nécessaires de l'histoire du catholicisme français contemporain autour de quatre pôles : politique et culture, société et changement social, institutions et pratiques, circulations et connexions. Ils ont en commun le souci de défendre la spécificité de leur objet d'étude et de la démarche qui lui est appliquée mais aussi la préoccupation du dialogue avec les autres champs de l'histoire contemporaine et les sciences humaines ou sociales.

  • De nouveaux chantiers s'ouvrent aujourd'hui pour une histoire revisitée des rapports entre femmes et catholicisme avec la perspective du genre. Dans le cadre d'une journée d'études, il n'était pas possible de baliser tous les chemins à emprunter. Quatre seulement ont été retenus : le politique, la spiritualité, le genre et le féminisme. Un cinquième a été joint dans cette publication avec un point de vue décentré sur la « mission au féminin », celui d'une historienne américaine et d'une historienne chilienne. Cet ouvrage a donc pour but de croiser les approches historiographiques, en faisant appel à des spécialistes d'horizons différents, venus de l'histoire religieuse, de l'histoire sociale, de l'histoire des femmes et du genre mais également d'autres disciplines comme la sociologie. Il est aussi le fruit d'une collaboration étroite entre deux équipes de recherches au sein du LARHRA : « Genre et Sociétés » (Pascale Barthélémy) et « Pouvoirs, Villes et Sociétés » (Bruno Dumons). L'histoire du catholicisme est devenue à ce jour un objet d'études à part entière, délesté de l'histoire de l'Église de tradition apologétique, qui peut désormais s'approprier les nouvelles recherches menées sur les femmes et le genre. En retenant quelques-unes d'entre elles à partir de l'exemple français, cette publication constitue aussi un appel à confronter la réflexion avec d'autres historiographies nationales mais aussi bien au-delà de celles qui caractérisent l'espace européen.

  • Depuis longtemps, la pérennisation du pouvoir royal s'était appuyée sur un ensemble de techniques, de dispositifs et de pratiques de gouvernement parmi lesquelles se distinguait l'attribution d'une médaille ou d'une décoration qui permettait de mettre à l'honneur un sujet. Si les révolutionnaires de 1789 ont décrété la suppression de ces ordres royaux, l'Assemblée nationale de 1791 a considéré qu'il y avait toujours lieu d'attribuer des marques d'honneur aux citoyens. Bonaparte reconnaît au Conseil d'État en 1802 qu'une telle technique n'est pas incompatible avec l'idéal républicain : « Je défie qu'on me montre une République ancienne ou moderne dans laquelle il n'y a pas eu de distinctions... » Ainsi, l'honneur devient une affaire de mérite, rationalisable et génératrice d'un nouveau modèle d'élites. Recevoir une décoration, c'est donc être mis à l'honneur publiquement par l'institution qui la décerne. L'individu récompensé incarne un exemple de « vertu » et de « mérite ». L'attribution d'une médaille appartient à une logique de « distinction » et devient progressivement une « technique de gouvernement ». Dès le début du XIXe siècle, un véritable engouement pour les médailles et les décorations s'empare d'ailleurs de la nouvelle société bourgeoise. L'Empire et la République mais également l'Église ont distribué chacun à profusion ces marques de reconnaissance. Cette inflation de récompenses honorifiques qui ne se dément pas jusqu'au milieu du XXe siècle, et dans une large mesure jusqu'à nos jours, appelle une réflexion générale et une analyse socio-historique qui n'a jusqu'alors guère suscité l'intérêt des chercheurs en sciences sociales. Préalablement considéré comme poussiéreux et futile, réservé aux numismates et aux érudits, cet objet d'étude peut être revisité sous une double approche qui envisage la médaille et la décoration comme une technique relevant des « sciences de gouvernement » et un outil de fabrication des nouvelles élites. Pour la première fois, une confrontation entre politistes, juristes et historiens a permis d'envisager, à partir de synthèses et d'études de cas empiriques, les multiples aspects qui entourent cette « technique de gouvernement » et les différents profils d'élites générés et légitimés par la « pratique décorative » d'État.

  • Le bataillon des zouaves pontificaux est créé le 1er janvier 1861 et devient régiment au 1er janvier 1867. Il est constitué d'environ 10 000 volontaires, issus de 25 nationalités différentes, qui seront licenciés le 21 septembre 1870. Une fois le conflit terminé, de nombreuses associations d'anciens zouaves sont créées au retour des soldats et des journaux liés à ces associations sont fondées. Des rassemblements et des réunions cherchent à perpétuer le souvenir des faits d'armes des combattants démobilisés tandis que plusieurs monuments en célèbrent l'héroïsme. Un véritable imaginaire prend forme à la fin du XIXe siècle. Appartenant à cette internationale « blanche », d'essence contre-révolutionnaire, les anciens volontaires élaborent le mythe du croisé moderne, du martyre et du héros catholique. C'est ici l'imaginaire construit autour des zouaves pontificaux que ce livre se propose d'explorer. Il entend poser des jalons pour mieux comprendre la structuration des réseaux de zouaves, leur idéal de chrétienté, leur description d'un « croisé du Christ », leur identité comme groupe et leur quête de légitimité religieuse et sociale, voire politique.

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