• Cet essai présente des visions africaines de l'art de vivre, non pas sous une étiquette exotique, mais en invitant le lecteur à cheminer à travers les modes d'invention de l'amour-propre, les conceptions du bonheur, les labyrinthes de la morale, les mystères de l'esthétique musicale, les dédales de la foi religieuse, les dilemmes de la violence ou la philosophie de la mort. Il n'a cependant rien d'un traité dogmatique car il entend restituer les imaginaires de l'Afrique actuelle, de l'absurdité pittoresque de la vie quotidienne à l'économie politique du mariage, de la philosophie des menus et des manières de table aux usages du corps. Ce fourmillement d'histoires et d'idées illustre diverses formes de nihilisme et esquisse l'hypothèse d'une éthique du mal. Invalidant les clichés, il montre un continent complexe, où l'absurde, le délire, le sexe, les orgies, l'intelligence, le stoïcisme et le désabusement ont le goût de l'énigme. On est loin ici des conflits d'authenticité des théories nativistes, du déterminisme ethnique et bio-racial, tout comme des impasses du mythe d'une altérité incompressible.

  • La première partie de cet essai fut publié il y a une vingtaine d'années, il est repris augmenté d'une deuxième partie relatant sur le mode humoristique et désabusé, son expérience dans les couloirs feutrés de la Banque mondiale à Washington. A-t-il réellement "trahi" la cause de ses origines ainsi que l'accusent un peu vite certains journalistes ? Ou bien à sa manière essaie-t-il de conserver et transmettre ce pourquoi il travaille dans ces milieux financiers ? " Ce que je valorise dans mon séjour américain, c'est l'opportunité de m'être réconcilié avec moi-même, d'apprendre à mieux aimer cette Arfique qui m'exaspérait lorsque j'avais 27 ans. Sur un plan plus superficiel, la vie sereine et aseptisée de Washington m'a révélé comme un miroir grossissant tout ce qui me manque... Il y a le sentiment de culpabilité qui habite tous les Africains en exil qui croient pouvoir contribuer plus efficacement aux nombreux combats en cours sur le terrain..."

  • Pourquoi le président Ahmadou Ahidjo quitte-t-il précipitamment le Cameroun le 29 octobre 1982 pour un voyage privé en France ? Pourquoi Germaine, son épouse, l'y rejoint-elle deux jours après ? Comment se déroule le premier conseil des ministres de Paul Biya ? D'où proviennent les rumeurs de « bicéphalisme » à la tête de l'État début 1983 ? Pourquoi le nouveau président choisit-il la France pour son premier voyage à l'étranger ? Que fait Guy Penne à Yaoundé le 21 mai 1983 ? Que propose François Mitterrand à Ahidjo et Biya le 21 juin 1983 ? Pourquoi l'U.P.C. soutient-elle Paul Biya lors de la crise d'août 1983 ? Quels sont les dessous de la réforme constitutionnelle du 18 novembre 1983 ? Quelles sont les pièces du dossier d'instruction pour le procès du 23 février 1984 ? Quelle est la teneur de la lettre adressée le 15 mars 1984 par René Philombe à Paul Biya ? Pourquoi la tentative de putsch du 6 avril 1984 échoue-t-elle ? Pourquoi Siméon Kuissu est-il arrêté le 14 avril à Dakar ? Où sont jugés, condamnés, exécutés et enterrés les mutins du 6 avril ? Pourquoi Jean Fochivé est-il limogé le 4 août 1984 ? Que se passe-t-il exactement au Congrès de Bamenda en mars 1985 ? Quels sont les véritables rouages du pouvoir actuel ? Qui sont les hommes-clé ? Comment Paul Biya gouverne-t-il ? Quel est l'état réel des institutions ? Comment fonctionne la société camerounaise aujourd'hui ? Et quels sont les scénarios d'avenir ?

  • « L'image impose au verbe la tyrannie de son talent. Qu'on me pardonne donc l'audace de ce turbulent mariage. J'ai simplement rêvé d'un regard pluriel qui offre une vue d'ensemble à mon vertige. Aux puristes de l'iconographie, je confesse n'avoir pas fait de l'esthétique une obsession : la scène jugée anodine aujourd'hui peut ouvrir le champ demain à une autre lecture. Voici donc quelques séquences de cette Azanie parfumée d'hémoglobine. Tout y est vicié, puisque l'oxygène là-bas est investi de plomb et de poudre. À cause de quelques hommes qui essaient de castrer la lumière... » Célestin MONGA (extrait de l'introduction)

  • Quelques extraits de ce texte sont parus sous forme de reportages dans diverses revues en France au début de 1990. Cela m'a valu les honneurs empoisonnés de la presse officielle djiboutienne, ainsi que la venimeuse lettre de protestation d'un ministre particulièrement imbu de sa noble mission. Ces amabilités ne m'ont cependant pas dissuadé de publier ce petit livre. Parce que mon propos est, comme le dit Cioran, « indissociable de ce que j'ai vécu. Je n'ai rien inventé, j'ai été seulement le secrétaire de mes sensations ». Aux lecteurs djiboutiens qui seraient eux aussi « troublés » par ma vision de leur pays, je ne peux qu'opposer ma bonne foi. Et leur rappeler ceci : l'écrivain n'est que le greffier subjectif du temps qui passe. C. M., septembre 1990.

  • Ce carnet de voyage est un prétexte : la collection de courts essais qui le constitue offre bien plus qu'une chronique humoristique des pérégrinations d'un Africain en Extrême-Orient. Ici, l'Asie n'est ni un lieu de villégiature ni une destination touristique, mais une vocation philosophique, une ressource pour penser la différence et l'identité. L'auteur considère que le fait de quitter les univers qui lui sont familiers est une expérience spirituelle indispensable. À travers des anecdotes, des faits vécus, des observations et des réflexions, il invalide l'alternative stérile entre universalisme et relativisme, et présente le dépaysement comme un élément primordial de la pratique de soi. L'humilité est donc à la fois un mode de connaissance, un vecteur d'accès à l'imaginaire d'autrui, et un moyen de méditer sur le sublime. Rejetant l'illusion d'un ordre moral qui régirait un quelconque choc des civilisations, cette quête d'absolu suggère, au final, un assortiment d'éléments pour déchiffrer la condition humaine.

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