• On visite leurs temples, on ignore leur religion. Elle est d'autant plus méconnue qu'elle a été déconsidérée par les Conquistadors. Pourtant pénétrer dans les dogmes et les rites incas, c'est entrer au coeur d'une immense civilisation. Une découverte guidée par la meilleure spécialiste internationale.
    Qui étaient les Incas ? En quoi croyaient-ils ? Quels étaient leurs pratiques religieuses et leur système politique ? La religion des Incas est en effet inséparable de la dynastie solaire qui gouverne cet immense territoire. Cette dimension politique, renouvelée par des rites collectifs, des cérémonies et des sacrifices, n'est pas seulement le produit d'une conquête militaire. La construction symbolique du territoire, l'abstraction de son architecture, la symétrie des formes et la passion géométrique reflètent un ordre immuable, abstrait et transcendant qui impose sa logique tout en rappelant ses racines telluriques et autochtones.
    Dans cet essai magistral, qui se débarrasse des préjugés et malentendus, Carmen Bernand fait revivre d'une plume vivante l'un des grands univers culturels de notre patrimoine et sa " modernité " politique et religieuse.
    Une plongée dans un univers qui n'a pas fini de nous fasciner.

  • Comment raconter l'histoire des peuples originaires du nord, du centre et du sud de cet immense continent américain   appelés «  Indiens  » par les conquistadores et missionnaires  ? En ne se limitant pas à la seule période circonscrite aux sources écrites rédigées généralement par des chroniqueurs, des prêtres, des lettrés, fussent-ils d'origine indigène. Et en dépassant les barrières nationales, qui ne datent que du xixe  siècle.
    Dans ce récit d'une richesse exceptionnelle et agrémenté d'illustrations, Carmen Bernand relève le défi avec brio. Elle s'intéresse aux trajets et réseaux d'échanges, à la violence sacerdotale et au sacrifice, qui est la dette que les hommes payent pour vivre, à la force agissante des signes sacrés gravés, peints, modelés sur des supports variés, à la Montagne sacrée, source de vie, et enfin au chamanisme, arrivé en Amérique avec les migrations asiatiques préhistoriques.
    Coquillages, maïs, drogues, dieux ou temples ponctuent ce grand voyage qui nous entraîne sur la trace des Mayas, des Aztèques, des Incas et bien d'autres encore, depuis les origines jusqu'à la Conquête, de la période coloniale à la formation des États-nations modernes.
     
    Ethnologue et anthropologue, Carmen Bernand a enseigné à l'université Paris X-Nanterre jusqu'en 2005. Après avoir travaillé sur les populations andines et effectué plusieurs recherches de terrain en anthropologie, elle s'est consacrée à l'histoire de l'Amérique latine. Elle a publié de très nombreux livres, en français et en espagnol.

  • C´est dans les Amériques que sont nées et se sont épanouies les deux grandes inventions musicales du XXe siècle : le jazz et la « musique latino ». Celle-ci est l´objet de ce livre qui retrace sa genèse depuis la fin du XVe siècle jusqu´au début des enregistrements sonores. L´ouvrage débute par la confrontation de trois traditions musicales à la fin du XVe siècle : l´ibérique, dans laquelle le « populaire » est intimement lié à ce que nous appelons aujourd´hui la « grande musique » ; l´amérindienne, fortement ritualisée ; et l´africaine, qui accorde une importance majeure au rythme et aux percussions. Dans le mélange instrumental, mélodique et textuel qui s´opère au fil des siècles dans le cadre des grandes festivités religieuses baroques, les esclaves et affranchis d´origine africaine jouent un rôle de premier plan donnant à la musique (sons, chansons, gestes) une sensualité et une liberté de mouvements toutes nouvelles. Créativité permanente, la musique des Amériques, espagnole et portugaise, se décline sur une longue durée où le fado, la samba, le tango, les congadas, la rumba et les corridos, parmi nombre d´autres genres, deviennent des marques identitaires des peuples latino-américains. Dans cette gestation, des ponts unissent ces musiques aux premières manifestations du jazz, ainsi qu´à la musique flamenco des Gitans andalous.

  • Quel est le lien entre les Incas du Pérou, le temple du roi Salomon, les utopies solaires de Platon, les spéculations d'un rabbin ibérique, les Romains, le socialisme et les projets messianiques ? L'oeuvre de l'Inca Garcilaso de la Vega dévoile ces connexions. Né en 1539 dans la tourmente de la conquête du Pérou, d'une princesse péruvienne et d'un conquistador apparenté à des Grands d'Espagne, Garcilaso passe ses vingt premières années dans un pays déchiré par la violence, avant de s'installer définitivement en Andalousie. C'est dans cette région marquée par le triple héritage chrétien, maure et juif, qu'il rédigera dans un castillan éblouissant une oeuvre destinée à réhabiliter les Indiens d'Amérique, notamment les Incas du Pérou, et qui servit de modèle aux révolutionnaires des temps modernes. Ce livre analyse la complexité des emprunts littéraires et politiques ainsi que les identifications et les rejets d'un homme considéré comme le « métis exemplaire », tiraillé entre plusieurs identités conflictuelles. Homme du déracinement, de l'errance et de la mélancolie, Garcilaso réussit à inscrire les Incas des Andes dans l'histoire universelle, livrant de son peuple une image exceptionnelle qui a perduré jusqu'à nos jours.

  • Les Renaissants, Indiens de Pindilig, village perdu des Andes équatoriennes, sont à la fois coupés de leurs racines anciennes, par une évangélisation multiséculaire, et du monde moderne par l'archaïsme de leurs coutumes. L'auteur a longtemps vécu parmi eux et nous fait découvrir ces personnages hauts en couleur et la vie dans les hautes terres andines où les vieilles divinités précolombiennes sont encore présentes.

  • « Microcosme de 5 000 habitants environ, comprenant des jeunes et des vieux, des administrateurs et des administrés, des malades et des médecins, des clochards et des policiers l'asile de Nanterre est un terrain ethnologique exceptionnel. Enclave infâme, séparée des H.L.M. et des cités de transit territoire des « petits vieux » et des « cloches », qui s'étend à la périphérie de la commune de Nanterre, quelque part du côté de Colombes ; murs de pierres et grilles sévères, entrée gardée, source intarissable de légendes et de rumeurs : la Maison de Nanterre, un mythe urbain plus qu'une réalité. Après avoir tant parlé de l'asile, pourquoi ne pas entendre le discours asilaire tel qu'il est effectivement prononcé ? Pourquoi ne pas joindre l'étude de l'hospice à celle de l'hôpital psychiatrique et des prisons ? Pourquoi enfin ne pas décrire cet autre enfermement, plus insidieux, et qui est celui des vieillards ? » C.B.

  • Toutes les armées du monde ont utilisé mais rarement montré une main-d'oeuvre "servile". Cet ouvrage analyse l'importance de la fonction militaire pour l'intégration des anciens esclaves et des affranchis dans la société à travers une comparaison entre monde musulman et monde chrétien, du XIIIè au XXIè siècle. Un livre important sur l'histoire de la servilité, sur l'histoire coloniale, sur l'histoire militaire.

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