• Jeune fille au parcours scolaire sans faute, Melissa paraît s'intégrer au mieux dans la vie professionnelle... sans réellement trouver sa place. Fragilisée par un manque d'assurance sociale, elle perd le fil, se lie avec une autre jeune femme, désorientée comme elle, qui l'entraîne à de mystérieuses réunions. Dans ce groupe aux visées douteuses, animé par un gourou manipulateur, Melissa se soumet à un cadre rassurant et s'engage corps et âme dans un mouvement politique qui se révèle brutal et dangereux. Se croyant enfin protégée, enfin utile, enfin aimée, elle ne voit rien, ne veut pas comprendre. Jusqu'au jour où, associée aux funestes projets du groupe, elle se trouve mêlée à la mort d'un enfant. Tout bascule. Au lendemain du drame, Melissa entame une danse avec sa conscience, qui la mènera d'un engagement toujours plus extrême vers un effondrement et une réinvention de soi, de New York à la Corse en passant par Key West et l'Alaska où se nouent des rencontres déterminantes. 
    À travers la trajectoire individuelle de Melissa, Carole Zalberg aborde de son regard aigu et subtil la question de la radicalisation, des rêves déçus, de ces dons que la société ne sait pas toujours exploiter, décourage souvent et, pire, pervertit.
      «  Histoire d'une conscience  », tel pourrait être le titre de ce roman dérangeant, bouleversant et lumineux.

  • Ce récit sobre et tendre raconte près de deux ans de la vie d'une fillette juive venue de Pologne en France avec sa famille et confiée seule à des fermiers de Haute-Loire. Un monument de pudeur dressé à la mémoire des enfants cachés de la Seconde Guerre mondiale et de ceux qui les ont aidés malgré les risques.

  • A la disparition d'Adèle, l'amour de jeunesse de son père, Suzan, une avocate américaine, revient sur le parcours de cette femme lumineuse et étrangère issue d'une famille qui a fui la Pologne pour se réfugier à Paris au moment du ghetto de Varsovie, et découvre peu à peu en quoi elle reste, à son corps défendant, l'héritière des peurs et des déracinements de tant de générations avant elle. Avec ce roman où les fantômes sont aussi présents que les vivants, Carole Zalberg propose une rencontre inoubliable avec la grande Histoire telle qu'elle s'est incarnée à travers des individus remarquables d'humanité dont les personnages de ce roman sont autant d'exemples.

  • Lili Riviera, ex-star du porno aux excessives courbes sculptées par la chirurgie, vient de mourir. Que fut sa vie ? Que fut son enfance ? Que fut ce corps, désormais déformé et avachi, au temps de sa sensualité agressive ? Portrait d'une petite fille cachée derrière les attributs monstrueux d'une créature à fantasmes, ce récit déchirant parle avant tout d'un éperdu besoin d'amour jamais comblé.

  • Le récit d'exil d'un père et sa fille, dont les deux voix, mues par une énergie d'entrailles et tissées sur le fil du rasoir, disent l'abîme qui les sépare : la rage urbaine de la jeune Adama face au mutisme résigné de son père, qui voit comme une malédiction la mort arriver par la main de sa fille inculpée pour un incendie dans la cité.

  • «  Peut-être que nous n'étions pas faits pour avoir un État à nous, après tout. Voilà ce que me confie, à voix basse, comme pour elle-même, ma tante assise sous la pergola devant sa maison inchangée depuis ma dernière visite, trente ans auparavant. Cette réflexion, la déception qu'elle révèle me glacent mais que répondre ? Et qui suis-je pour avoir une opinion, moi qui n'ai pas remis les pieds ici depuis si longtemps ? C'est à peine croyable mais les décennies ont filé sans que j'y prenne garde, sans que j'affronte les contradictions et le malaise qui me tenaient éloignée de ce pays que je qualifiais de compliqué pour évacuer la question.  »
    A travers leurs voix recomposées par Marie, née en France dans les années 60, les membres d'une famille juive polonaise relatent leur installation en Israël après la guerre.   Au long des décennies intranquilles, les générations nouvelles venues dans l'État juif puis celles qui y sont nées expriment leurs attentes et leurs déceptions, au fil d'un quotidien à jamais hanté par la Shoah. C'est cette fin d'un monde que les plus âgés ont voulu surmonter en construisant un lieu sûr. C'est elle que les plus jeunes veulent empêcher de se reproduire en acceptant avec plus ou moins d'évidence les épreuves que leur pays ne cesse d'imposer.
    De l'après-guerre à nos jours, l'exil des uns et les questionnements de la famille restée en France se répondent, tissant des liens indéfectibles.  Leurs voix se mêlent pour dire avec puissance une destinée familiale complexe et vitale qui est aussi une magnifique plongée dans les paradoxes de l'État d'Israël, autour de la question des pionniers, de leurs rêves, de leurs déceptions.

  • Carole Zalberg a passé, entre le 16 avril et le 16 mai 2015, un mois en Israël dans le cadre d'une mission Stendhal de l'Institut Français, pour un projet de fiction inspirée de la vie de ses trois cousins germains nés là-bas.
    C'était la première fois en 30 ans qu'elle revenait sur cette terre magnifique et compliquée.
    Pour sa famille installée en Israël, c'était une évidence, elle viendrait un jour s'établir là, chez elle. Mais pourquoi envisager un exil si l'on n'éprouve pas le besoin de se mettre à l'abri d'une hypothétique menace ? Et une terre, quelle qu'elle soit, peut-elle vraiment être synonyme de sécurité ?
    À travers ce journal de Tel Aviv, Carole Zalberg explore l'ambiguïté de son lien avec cette terre promise et interroge les malentendus d'une famille que l'exil rassemble et éloigne à la fois.
    EXTRAIT
    Hier, entre deux portes, j'ai commencé à parler « du livre » avec Itaï, qui était venu déposer ma valise égarée par Air France. J'ai enfin compris leur silence à lui et à ses frères quand, il y a deux ans, j'avais évoqué mon projet et leur avais proposé de m'envoyer quelques lignes qui résumeraient leur trajectoire et leur rapport à ce pays. Tout est si complexe ici, si chargé et si intriqué qu'ils craignent de blesser ou, pire, de mettre d'autres en danger. J'ai demandé à Itaï de me faire confiance, essayé d'expliquer ma démarche (en anglais, donc assez grossièrement). Our lives have changed, a alors dit Itaï, comme pour couper court. Il m'a montré une photo d'Omri, qui fait son service dans une unité de combat. Ima doesn't know but he almost got killed yesterday. Le mélange de fierté et d'angoisse dans ses yeux nous a précipités au coeur du sujet. Bienvenue en Israël !
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « Une chronique sensible, nourrie d'atmosphères et d'échanges, qui interroge l'identité, les racines et surtout l'importance qu'on leur accorde. » - Virginia Bart, Le Monde des Livres
    - « Alors il lui faut partir pour enquêter en quelque sorte, sur un lieu comme sur soi, sur les traces d'une histoire à la fois intime, familiale et collective, partir en quête d'une écriture aussi. » - Christine Marcandier, Diacritik
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Carole Zalberg est une romancière, parolière et critique littéraire née à Paris en 1965. Elle a notamment publié Chez eux (Phébus, 2004), Mort et Vie de Lili Riviera (Phébus, 2005), Et qu'on m'emporte (Albin Michel, 2009), À défaut d'Amérique (Actes Sud, 2012), Feu pour feu (Actes Sud, 2014). Elle a reçu plusieurs prix littéraires dont le Grand Prix SGDL du Livre Jeunesse et le Prix Littérature Monde. Elle anime aussi régulièrement des ateliers d'écritures et des rencontres littéraires.

  • Fleur est solide. Fleur s'occupe avec patience et parfois résignation d'une mère aimante, fantasque mais qui sombre un peu plus chaque jour dans l'alcoolisme. Leur petite routine est bouleversée par l'arrivée de Louna à la maison. La maladresse touchante et la fraîcheur de son amie envers sa mère vont permettre à Fleur d'accepter parfois de lâcher prise...

  •  « Ici tout le monde est captif. Marie est captive de son ravisseur, Édouard ; Édouard est captif de son propre visage dévasté et du scénario amoureux délirant qu'il a tissé avec cette petite fille croisée dans la rue. Les parents de Marie sont prisonniers du vide laissé par leur enfant disparu. Et les femmes, partout et de tout temps, sont en butte à la violence des hommes.
    De cet enfermement, pourtant, naît une force : celle des victoires infimes et précieuses, de l'invention de soi, d'une forme puissante de survie. C'est ce feu-là que traque ce roman, le chant polyphonique des empêchés. »C. Z.
    Marie, treize ans, est enlevée et séquestrée. Tour à tour le ravisseur et la victime racontent : lui ce qu'il croit être de l'amour, elle sa résistance intime, son acharnement à vivre. Avec une poésie et une intensité rares, Carole Zalberg ose confronter des voix que tout semble éloigner, creuser les paradoxes de la réclusion et de la liberté.

  • « Des heures interminables se sont écoulées. Je ne saurais dire combien. Les regards, dans ces quelques mètres carrés saturés d'angoisse, n'osaient pas se croiser, rebondissaient d'un mur à l'autre, se posaient sur les pieds, les mains, le néon blême au plafond. On ne voulait pas se voir, entre clandestins. »

empty