• Ce roman raconte l´histoire d´une femme et se fait l´écho d´une identité métissée dans une Polynésie violente, doucement douloureuse, mais férocement poétique. Le personnage principal porte plusieurs noms, Victoria, côté papa´a, et `Aiu, côté tahitien comme le livre a reçu plusieurs titres. «Elles» sont celles qui ont construit cette vie, Chantal Spitz, l´auteure leur offre une existence, et son titre souligne l´importance de ces femmes : grand-mère, mère, grands tantes et enfin la plus humble, servante et mère nourricière. Ce livre est aussi «Terre d´enfance» car Victoria-`Aiu, comme peut-être Chantal Spitz, porte à jamais en elle le monde polynésien et l´enfance, source de douleurs et de mots, qui façonne le chemin jusqu´au terme de la vie. Avec ses tendresses et ses bonheurs, ses histoires et ses larmes, ses peurs et ses rêves, ses chagrins et ses colères, ses rencontres et ses fardeaux. «À deux encres», l´écriture métisse est alors un cri, une errance, une fureur qui transperce la terre, le lien aux ancêtres, les refus, celui de l´autre, comme celui d´être refusé par l´autre. Somptueuse, elle s´empare des mots français et tahitiens pour les nouer, romance le flux du discours du orero, poétise la prose, se joue des néologismes et apporte sa version polynésienne de la construction du verbe français.

  • Le thème du livre développe l'histoire d'un jeune des îles, en l'occurrence Huahine (îles Sous-le-Vent), où réside l'auteur. De sa naissance dans un monde familial où la tradition est encore vivante, à son départ pour la France, le jeune Hombo (surnom désignant une sorte de marginal social) dérive dans une non-existence de survie au jour le jour, le refus de la société du village, l'indifférence de l'avenir, en compagnie d'une bande de jeunes semblables.

    Hombo, tient du roman et de la poésie par un style littéraire très affirmé. Chronique souvent poignante, sensible, l'ouvrage retient également l'attention par son style original, au croisement du français et du tahitien.

  • L´île des rêves écrasés met en scène ce malaise omniprésent qui déchire la Polynésie française d´aujourd´hui. Si son écriture semble agressive, c´est à une histoire d´amour que l´auteur nous convie.  La publication en 1991 de L´île des rêves écrasés a suscité de nombreuses réactions dans la société tahitienne, variant des félicitations les plus élogieuses aux condamnations les plus frénétiques.

  • Une rencontre avec lau-delà. La perte dun enfant. Ladoption coutumière dévoyée. La prostitution à Papeete.
    Tragédies individuelles et maux de société sont entrelacés dans ce recueil dédié à celles et ceux qui souffrent à Tahiti, en silence, et aux moments de la vie où tout peut basculer. Sous forme de portraits, de récits parfois à la première personne, « Cartes postales » invite à se sentir proche des curs plongés dans la détresse, la solitude et le désespoir. Si la violence des morts, brutale ou à petit feu, des nouvelles, oblige à regarder en face les vies brisées par des volontés de domination, la violence conjugale, la maltraitance et la trahison, lécriture incandescente de Chantal T. Spitz, parole des entrailles, fait aussi scintiller les rêves étoilés despérance et de tendresse de personnages ordinaires qui ne demandent quà aimer et être aimés.

    Telle la splendide adresse qui ouvre luvre, « Cartes postales » lance un appel à toujours donner de la valeur à lexistence dautrui.

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