• On croyait tout savoir de Diogène le Cynique, c'est-à-dire, presque rien. Hormis les paraphrases de son homonyme Laerce, de Claudius Elienus et de quelques autres. Mais voici qu'un livre vient troubler le jeu. Découvert en 1770 par le grand Christophe Martin Wieland, l'auteur d'Obéron, le Voltaire allemand selon Mme de Staël, dans la bibliothèque d'une abbaye de l'ordre de saint *** et étrangement passé sous silence jusqu'à ce jour par les divers commentateurs et hagiographes de notre philosophe.
    C'est que sans doute le mystère lui sied. Les éditions Manucius ont cru devoir porter à la connaissance de l'honnête homme un texte, de la main même de Diogène selon Wieland, (écrit à la craie sur les parois intérieures de son tonneau) qui apporte un éclairage nouveau et décisif sur le Maître de la pensée cynique. Ainsi que quelques inéluctables réparties qui viennent magistralement compléter celles que nous a léguées la tradition.
    Diogène visitant Platon aurait dit, après avoir traversé grand nombre d'appartements somptueusement décorés, frappant du pied sur un superbe tapis qui couvrait le plancher : "Je foule aux pieds l'orgueil de Platon ! "Et moi, reprit Platon, j'aperçois l'orgueil de Diogène à travers des trous de son habit"...

  • Épopée romantique, Obéron s'inspire d'un poème du XIIe siècle, relatant la geste du chevalier Huon de Bordeaux. Au lieu de lui donner la mort pour avoir malencontreusement retiré la vie de son fils, l'empereur Charlemagne charge Huon d'une périlleuse mission : il exige qu'il lui rapporte des poils de la barbe du calife de Bagdad ainsi que quatre de ses molaires. Mais ce n'est pas tout : il doit aussi décapiter l'homme assis à la gauche du sultan et embrasser la jeune femme à sa droite pour en faire son épouse. En route, Huon traverse des situations toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Et la plus merveilleuse d'entre elles est l'apparition soudaine d'Obéron, roi des Génies, d'une beauté angélique. Huon se voit remettre de ses mains une corne d'ivoire et un calice d'or et commande en son honneur une danse voluptueuse, à laquelle Huon résiste, ayant vu en rêve une femme à qui il désire rester fidèle. Rézia, la fille du Calife, a de son côté rêvé d'un chevalier aux cheveux d'or... Obéron, incarnation de la pureté amoureuse, exige d'eux chasteté jusqu'à ce que le pape bénisse leur union... Goethe encensa cette fresque féerique, riche en péripéties, cette histoire d'amour fou, qualifiant Obéron de "chef-d'oeuvre de l'art poétique".

  • Plusieurs articles d'un auteur anonyme, relatifs à quelques problèmes philosophiques sur toutes les religions du globe, et publiés dans le Mercure allemand de 1787, me fournissent l'occasion, me font même une sorte d'obligation de soumettre à la critique impartiale de tous ceux qui ne veulent que le bien de l'humanité, mes propres pensées sur le droit de philosopher en matière d'opinions religieuses, et les raisons qui me font croire que l'exercice de ce droit naturel est maintenant plus nécessaire et plus utile que jamais.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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