• Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Ce livre, où une femme donne la parole à d'autres femmes, pourrait à première lecture paraître agressif aux hommes. Pourtant, il ne l'est pas. Sans doute ceux qui le liront seront-ils irrités par l'image d'eux-mêmes que toutes ces femmes leur renvoient, par la liberté de leur langage et de leur ton - colère et tendresse mêlées -, par ce besoin de dialogue, devant lequel ils se dérobent si souvent, qu'elles crient ici à chaque page. Pourtant, en rapportant avec simplicité et réalité le vécu de femmes qui ne sont ni des « cas » ni des extrêmes, en livrant l'aventure collective qu'elle a suscitée et au cours de laquelle elle s'est tant de fois interrogée elle-même, Claude Maillard montre que les ponts entre les femmes et les hommes ne sont pas rompus. Mais chacun doit savoir que les femmes - chaque jour plus conscientes de ce que leur dépendance affective représente pour elles d'aliénation, plus décidées à la surmonter par quelque moyen que ce soit, plus sûres de leur force - sont prêtes à un changement et y tendront avec l'énergie qui leur est habituelle. Les hommes en sont-ils au même point et accepteront-ils de se remettre en question ?

  • Pour la première fois, des femmes prostituées parlent de leur "métier" de la façon dont elles y sont venues et dont elles tentent, parfois, non sans mal, de sortir. Elles parlent de leur "mac", du proxénète, et du rôle qu'il joue dans leur vie, des enfants qu'elles ont avec lui mais qu'elles refusent s'ils sont d'un client. Elles décrivent ces hommes - le plus souvent mariés - qui les paient pour quelques minutes de plaisir et qui parfois sont des "bizarres" sexuels. Claude Maillard a su gagner leur confiance parce qu'elle est sans mépris, qu'elle les voit comme des femmes, des femmes comme les autres, un peu plus "paumées", souvent naïves, et sentimentales avec ce proxénète qui les détruit et les laisse sans argent. Ce sont des témoignages directs, souvent surprenants, parfois effrayants, qui dérangent notre bonne conscience, à nous tous qui avons tendance à juger, à condamner, avant de chercher à comprendre.

  • L'auteur - une femme - reprend tout ce qui a été publié dans la presse, exprimé à la télévision, discuté à l'Assemblée, de janvier 1973 jusqu'aux « présidentielles » de 1974. Des documents. Des commentaires très sobres. Et il faut reconnaître que ces documents - plus de 4 000 coupures de journaux, entre autres - sont plus éloquents que de longs discours. Claude Maillard n'a pas opté pour le pamphlet. Elle ne joue pas davantage les championnes du M.L.F. et si le professeur Milliez a accepté de rédiger pour ce livre une « lettre d'introduction », c'est qu'il l'a trouvé courageux et mesuré, humain et nécessaire. Toute la littérature qui entoure le problème : respect de la vie, âge auquel le foetus a une existence légale, une âme, une conscience... et qui varie selon les religions ou les caprices de l'économie, ne fait que masquer la réalité d'un problème qui touche à la « métaphysique du sexe » autant qu'à la politique. Car ceux qui en parlent : candidats aux élections, députés, médecins, prêtres, sont en absolue majorité des hommes. Or, aucun homme n'éprouvera jamais l'angoisse dune grossesse non désirée, aucun homme ne connaîtra jamais l'horreur de la recherche du médecin « complaisant ». Et toutes ces théories morales ou théologiques se heurteront toujours à la ferme volonté dune femme qui dit « non » à l'enfant qu'elle ne désire pas. Si aujourd'hui tous admettent que la loi de 1920 est « dépassée », pourquoi tarde-t-on tant à l'abroger ? La réponse, ici, est entre les lignes. Mais aveuglante.

  • "Nous les oiseaux que tu charmes toujours du haut de ces belvédères" lançait André Breton dans son hymne au "Facteur Cheval" (1932) en évoquant le bund surréaliste rassemblé autour de l'architecte-oiseleur du Palais Idéal de Hauterives. Animateur et partie prenante de ce "nous" icarien, Paul Eluard alias Eugène Grindel -son état civil réécrit "grain d'aile"- a intégré jusqu'à la sublimer dans son oeuvre l'"ornithologie passionnelle" qui a aimanté sa vie historiquement située autant que son parcours poétique. C. Maillard-Chary a voulu restituer les jalons de cet itinéraire original, fomenté dès l'enfance.

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