Sciences humaines & sociales

  • Gilles Martinet disait de ce livre que c'était « l'un des meilleurs qu'on ait pu écrire sur la Résistance ». Et il faut bien dire que cette aventure incertaine, celle de la Résistance telle qu'elle fut vraiment, au plus haut niveau, est racontée ici par l'un de ses artisans les plus importants. Claude Bourdet est cofondateur avec Henri Frenay du réseau Combat, il crée et développe le service du Noyautage des administrations publiques et devient membre du Comité directeur des Mouvements unis de Résistance. Enfin, aux côtés de Jean Moulin, il en est membre du Conseil National de la Résistance dès mai 1943 avant d'être arrêté et déporté à Buchenwald.

    Ces mémoires sont une véritable référence pour qui veut comprendre ce que fut vraiment, de l'intérieur, la Résistance française.

    Claude Bourdet, né le 9 octobre 1909 à Paris et mort le 20 mars 1996 à Paris, est un résistant (alias Lorrain, dans la Résistance), déporté, compagnon de la Libération, écrivain, journaliste, polémiste et militant politique français de l'Union de la gauche socialiste (UGS) puis du Parti socialiste unifié (PSU) et du Mouvement pour le désarmement, la paix et la liberté.

  • La France se pique d'avoir appris au monde les droits de l'homme et du citoyen. Paris est la capitale de la France, et beaucoup plus encore : le symbole et le coeur et centre nerveux du pays. Mais Paris est la ville de France, et peut-être de cette part du monde où subsiste une démocratie formelle, la plus privée de citoyens. En fait Paris, cité qui a forgé l'essentiel de l'histoire nationale en l'imposant souvent à la province, est de toutes les cités françaises la plus aliénée, la plus colonisée par le pouvoir central. Des Capétiens à Pompidou, il n'est pas d'initiative, pas de sursaut parisien, pas de tentative d'organiser à la fois, une autonomie et une démocratie parisienne qui n'aient été l'occasion pour le pouvoir d'alourdir la mainmise sur la ville-capitale : Étienne Marcel, les Frondeurs, les Sans-Culotte, les Communards, tous tentent de faire des Parisiens des citoyens et tous sont écrasés et transformés en figurants du pouvoir central, tout juste bons à faire la haie pour applaudir les souverains en visite et payer les travaux du baron Haussmann. Toutes les franchises locales abattues, toutes les séquelles de la démocratie parisienne abolies, la capitale muette, violée, livrée par les assemblées fantomatiques à l'arbitraire des bureaucrates, à la voracité de l'argent-roi et du promoteur tout-puissant, n'est plus qu'un objet désarticulé. A qui appartient Paris ? Pour l'heure à un régime d'affairistes et de technocrates. Et demain ?

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