• Gilles Martinet disait de ce livre que c'était « l'un des meilleurs qu'on ait pu écrire sur la Résistance ». Et il faut bien dire que cette aventure incertaine, celle de la Résistance telle qu'elle fut vraiment, au plus haut niveau, est racontée ici par l'un de ses artisans les plus importants. Claude Bourdet est cofondateur avec Henri Frenay du réseau Combat, il crée et développe le service du Noyautage des administrations publiques et devient membre du Comité directeur des Mouvements unis de Résistance. Enfin, aux côtés de Jean Moulin, il en est membre du Conseil National de la Résistance dès mai 1943 avant d'être arrêté et déporté à Buchenwald.

    Ces mémoires sont une véritable référence pour qui veut comprendre ce que fut vraiment, de l'intérieur, la Résistance française.

    Claude Bourdet, né le 9 octobre 1909 à Paris et mort le 20 mars 1996 à Paris, est un résistant (alias Lorrain, dans la Résistance), déporté, compagnon de la Libération, écrivain, journaliste, polémiste et militant politique français de l'Union de la gauche socialiste (UGS) puis du Parti socialiste unifié (PSU) et du Mouvement pour le désarmement, la paix et la liberté.

  • Quelle Europe nous prépare-t-on ? Un Super-État européen qui se fermera aussitôt sur lui-même, comme tous les États, anéantissant tout espoir d'élargissement ultérieur ? Une fausse Europe des neuf nations, dominée par celle qui est de loin la plus puissante économiquement et militairement, l'Allemagne fédérale, indissolublement liée à la politique mondiale du gouvernement américain et des sociétés multinationales ? Un système de contrôle supranational, qui fournira aux dirigeants ouest-allemands et américains les moyens de saboter, par l'intrigue ou par la force, toute évolution politique vers la gauche, à Rome ou à Paris ? Claude Bourdet nous dit : "Il est urgent d'attendre !" Et il nous propose la construction plus lente, plus patiente d'une Europe plus large et plus saine. En même temps, il démontre par une analyse serrée les vices et l'inutilité des systèmes d'alliance militaire, que ce soit à l'Est ou à l'Ouest, auxquels il oppose les avantages du "non-alignement". Finalement, il démythifie la "force de frappe" française, où il ne voit qu'une chimère ruineuse et dangereuse, à l'abri de laquelle nos stratèges se sont endormis, comme ceux d'hier à l'abri de la ligne Maginot. C'est parce qu'il est un Européen convaincu que Claude Bourdet lance cet ultime appel à la raison et met en garde la Gauche française contre une adhésion irréfléchie à une Europe "truquée" par le jeu des grandes puissances.

  • La France se pique d'avoir appris au monde les droits de l'homme et du citoyen. Paris est la capitale de la France, et beaucoup plus encore : le symbole et le coeur et centre nerveux du pays. Mais Paris est la ville de France, et peut-être de cette part du monde où subsiste une démocratie formelle, la plus privée de citoyens. En fait Paris, cité qui a forgé l'essentiel de l'histoire nationale en l'imposant souvent à la province, est de toutes les cités françaises la plus aliénée, la plus colonisée par le pouvoir central. Des Capétiens à Pompidou, il n'est pas d'initiative, pas de sursaut parisien, pas de tentative d'organiser à la fois, une autonomie et une démocratie parisienne qui n'aient été l'occasion pour le pouvoir d'alourdir la mainmise sur la ville-capitale : Étienne Marcel, les Frondeurs, les Sans-Culotte, les Communards, tous tentent de faire des Parisiens des citoyens et tous sont écrasés et transformés en figurants du pouvoir central, tout juste bons à faire la haie pour applaudir les souverains en visite et payer les travaux du baron Haussmann. Toutes les franchises locales abattues, toutes les séquelles de la démocratie parisienne abolies, la capitale muette, violée, livrée par les assemblées fantomatiques à l'arbitraire des bureaucrates, à la voracité de l'argent-roi et du promoteur tout-puissant, n'est plus qu'un objet désarticulé. A qui appartient Paris ? Pour l'heure à un régime d'affairistes et de technocrates. Et demain ?

  • Claude Bourdet, qui a continué de combattre après la Libération pour plus de lucidité dans l'appréciation quotidienne des événements, nous livre ici, coordonné et enseignant, son fameux voyage en Yougoslavie. Ce document est à la fois un reportage dans le chantier que représente la reconstruction d'un état marxiste, et une réflexion sur les conditions d'une rupture à l'intérieur du bloc socialiste. C'est le premier essai d'explication sur ce qui constitue, sans doute, le fait politique le plus lourd de conséquences depuis la Révolution de 1917.

  • Souvenir nostalgique ? Rêve d'avenir que l'on évoque sans trop y croire ? L'unité du mouvement ouvrier reste, aujourd'hui comme il y a cent ans, au centre des préoccupations des travailleurs et de ceux qui ont lié leur foi politique au destin de la classe ouvrière. Avec l'unité, tout devient possible : aussi bien les progrès graduels que le succès révolutionnaire. Ou plutôt, les distinctions disparaissent, « révolution » et « réforme » devenant les deux faces d'un même processus. Sans l'unité, au contraire, rien n'est possible, la révolution est remplacée par le révolutionarisme, les réformes elles-mêmes sont irréalisables, la classe ouvrière stagne, la démocratie elle-même peut disparaître. Mais il ne suffit pas de « bêler l'unité ». Il faut en chercher les conditions réelles dans cette deuxième moitié du XXe siècle ; c'est-à-dire celles qui, sans anesthésier le mouvement ouvrier en l'engageant dans la voie des concessions à la bourgeoisie, rendront confiance et goût de la lutte à cette vaste fraction du monde du travail qui a peur de sa propre victoire. Claude Bourdet tente dans ce petit livre de définir ces conditions d'une unité générale et offensive. Il propose la mise sur pied d'une nouvelle forme d'alliance politique englobant notamment les syndicats et l'étude en commun d'un programme et d'un système de garanties réciproques donnant à chaque courant du mouvement ouvrier la certitude qu'il ne sera pas écrasé par les autres ou entraîné contre son gré. Ce livre, qui ne prétend pas présenter de solution radicalement originale, mais espère plutôt faire le point des discussions qui se développent depuis quelques années dans plusieurs courants de la gauche française, vient à une heure où il peut contribuer à féconder le débat déjà engagé au sein des états-majors politiques.

empty