• Quelle Europe nous prépare-t-on ? Un Super-État européen qui se fermera aussitôt sur lui-même, comme tous les États, anéantissant tout espoir d'élargissement ultérieur ? Une fausse Europe des neuf nations, dominée par celle qui est de loin la plus puissante économiquement et militairement, l'Allemagne fédérale, indissolublement liée à la politique mondiale du gouvernement américain et des sociétés multinationales ? Un système de contrôle supranational, qui fournira aux dirigeants ouest-allemands et américains les moyens de saboter, par l'intrigue ou par la force, toute évolution politique vers la gauche, à Rome ou à Paris ? Claude Bourdet nous dit : "Il est urgent d'attendre !" Et il nous propose la construction plus lente, plus patiente d'une Europe plus large et plus saine. En même temps, il démontre par une analyse serrée les vices et l'inutilité des systèmes d'alliance militaire, que ce soit à l'Est ou à l'Ouest, auxquels il oppose les avantages du "non-alignement". Finalement, il démythifie la "force de frappe" française, où il ne voit qu'une chimère ruineuse et dangereuse, à l'abri de laquelle nos stratèges se sont endormis, comme ceux d'hier à l'abri de la ligne Maginot. C'est parce qu'il est un Européen convaincu que Claude Bourdet lance cet ultime appel à la raison et met en garde la Gauche française contre une adhésion irréfléchie à une Europe "truquée" par le jeu des grandes puissances.

  • La France se pique d'avoir appris au monde les droits de l'homme et du citoyen. Paris est la capitale de la France, et beaucoup plus encore : le symbole et le coeur et centre nerveux du pays. Mais Paris est la ville de France, et peut-être de cette part du monde où subsiste une démocratie formelle, la plus privée de citoyens. En fait Paris, cité qui a forgé l'essentiel de l'histoire nationale en l'imposant souvent à la province, est de toutes les cités françaises la plus aliénée, la plus colonisée par le pouvoir central. Des Capétiens à Pompidou, il n'est pas d'initiative, pas de sursaut parisien, pas de tentative d'organiser à la fois, une autonomie et une démocratie parisienne qui n'aient été l'occasion pour le pouvoir d'alourdir la mainmise sur la ville-capitale : Étienne Marcel, les Frondeurs, les Sans-Culotte, les Communards, tous tentent de faire des Parisiens des citoyens et tous sont écrasés et transformés en figurants du pouvoir central, tout juste bons à faire la haie pour applaudir les souverains en visite et payer les travaux du baron Haussmann. Toutes les franchises locales abattues, toutes les séquelles de la démocratie parisienne abolies, la capitale muette, violée, livrée par les assemblées fantomatiques à l'arbitraire des bureaucrates, à la voracité de l'argent-roi et du promoteur tout-puissant, n'est plus qu'un objet désarticulé. A qui appartient Paris ? Pour l'heure à un régime d'affairistes et de technocrates. Et demain ?

  • Claude Bourdet, qui a continué de combattre après la Libération pour plus de lucidité dans l'appréciation quotidienne des événements, nous livre ici, coordonné et enseignant, son fameux voyage en Yougoslavie. Ce document est à la fois un reportage dans le chantier que représente la reconstruction d'un état marxiste, et une réflexion sur les conditions d'une rupture à l'intérieur du bloc socialiste. C'est le premier essai d'explication sur ce qui constitue, sans doute, le fait politique le plus lourd de conséquences depuis la Révolution de 1917.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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