La Gibecière à Mots

  • Comtesse de Ségur (1799-1874)

    "Mon petit Maître, vous avez été bon pour moi, mais vous avez parlé avec mépris des ânes en général. Pour mieux vous faire connaître ce que sont les ânes, j'écris et je vous offre ces Mémoires. Vous verrez, mon cher petit Maître, comment moi, pauvre âne, et mes amis ânes, ânons et ânesses, nous avons été et nous sommes injustement traités par les hommes. Vous verrez que nous avons beaucoup d'esprit et beaucoup d'excellentes qualités ; vous verrez aussi combien j'ai été méchant dans ma jeunesse, combien j'en ai été puni et malheureux, et comme le repentir m'a changé et m'a rendu l'amitié de mes camarades et de mes maîtres. Vous verrez enfin que lorsqu'on aura lu ce livre, au lieu de dire : Bête comme un âne, ignorant comme un âne, têtu comme un âne, on dira : De l'esprit comme un âne, savant comme un âne, docile comme un âne, et que vous et vos parents vous serez fiers de ces éloges.
    Hi ! han ! mon bon Maître ; je vous souhaite de ne pas ressembler, dans la première moitié de sa vie, à votre fidèle serviteur."

    Grâce à la plume de la comtesse de Ségur, l'âne Cadichon nous raconte ses aventures, ses mésaventures et sa vision des êtres humains...

  • Comtesse de Ségur (1799-1874)





    "Mme de Fleurville était la mère de deux petites filles, bonnes, gentilles, aimables, et qui avaient l'une pour l'autre le plus tendre attachement. On voit souvent des frères et des soeurs se quereller, se contredire et venir se plaindre à leurs parents après s'être disputés de manière qu'il soit impossible de démêler de quel côté vient le premier tort. Jamais on n'entendait une discussion entre Camille et Madeleine. Tantôt l'une, tantôt l'autre cédait au désir exprimé par sa soeur.


    Pourtant leurs goûts n'étaient pas exactement les mêmes. Camille, plus âgée d'un an que Madeleine, avait huit ans. Plus vive, plus étourdie, préférant les jeux bruyants aux jeux tranquilles, elle aimait à courir, à faire et à entendre du tapage. Jamais elle ne s'amusait autant que lorsqu'il y avait une grande réunion d'enfants, qui lui permettait de se livrer sans réserve à ses jeux favoris."





    L'apprentissage du bien et du mal de quatre enfants : Madeleine, Camille, Marguerite et Sophie.

  • Sophie Rostopchine, Comtesse de Ségur (1799-1874)


    "GEORGES : Geneviève, veux-tu venir jouer avec moi ? Papa m'a donné congé parce que j'ai très bien appris toutes mes leçons.


    GENEVIÈVE : Oui, je veux bien ; à quoi veux-tu jouer ?


    GEORGES : Allons dans le bois chercher des fraises.


    GENEVIÈVE : Alors je vais appeler ma bonne.


    GEORGES : Pourquoi cela ? Nous pouvons bien aller seuls, c'est si près."


    Geneviève, orpheline, est élevée avec son cousin Georges, chez son oncle. Ce sont deux enfants à l'opposé : Geneviève est la bonté même et Georges l'incarnation de la méchanceté.


    Geneviève est malheureuse entre Georges et un oncle injuste... mais après la pluie...

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