Seuil

  • Dans la seconde moitié du XXe siècle s'est imposée en France une désignation tantôt valorisante, tantôt péjorative : " cathos de gauche ", par extension " chrétiens de gauche " - car cette nébuleuse englobe des catholiques et des protestants. Qui étaient-ils et comment ont-ils pris le tournant de l'engagement à gauche face à une Église massivement portée à droite ?Les " cathos de gauche " voulaient, au nom de l'Évangile, inventer une Cité où s'exprimerait l'idéal biblique de la justice. À partir de 1962, le concile Vatican II semble signer leur victoire et, dans la foulée de Mai 68, ils réclament des réformes, parfois révolutionnaires, dans l'Église et dans la société. Rien des enjeux de l'heure ne leur sera étranger : marxisme, gauchisme, autogestion, renouveau syndical, féminisme, tiers-mondisme.L'élection de François Mitterrand en 1981, à laquelle ils ont contribué, semble pourtant marquer le début de leur déclin. C'est le temps du reflux, du désenchantement : arrêt du " recrutement ", départs hors de l'orbite chrétienne, émiettement des groupes, dissensions politiques. Le pontificat de Jean-Paul II les affaiblit, en dépit de quelques événements rassembleurs qui ne permettent que des résurgences éphémères.Au début du XXIe siècle, cette variété de militants chrétiens existe-t-elle encore ? Que reste-t-il de leurs luttes et des idées qu'ils entendaient porter ?

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