• Depuis le tournant du millénaire, l'émergence de minorités catholiques actives, les prises de positions de l'Eglise de France comme la médiatisation de ses crises internes ont fait prendre conscience qu'il existe dans notre pays une « question catholique ». Or, dans la société la plus sécularisée d'Europe, le catholicisme est mal perçu, mal connu, voire étranger à beaucoup de Français. Par sa clarté et sa forme narrative l'explication passe par le récit, l'ouvrage de Denis Pelletier met l'histoire de ce monde singulier à la portée de tous. De la Révolution à aujourd'hui, il déconstruit les idées reçues et montre comment les différentes mémoires celle des catholiques, celle des anticléricaux, celle du roman national ont souvent déformé les réalités historiques. Un livre éclairant, à l'heure du réveil politique d'une certaine droite catholique, du traumatisme des révélations sur les clercs pédophiles, mais aussi de la redécouverte d'un patrimoine commun après l'incendie de Notre-Dame de Paris. Denis Pelletier est directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études, spécialisé dans l'histoire du catholicisme français.

  • Dans la seconde moitié du XXe siècle s'est imposée en France une désignation tantôt valorisante, tantôt péjorative : " cathos de gauche ", par extension " chrétiens de gauche " - car cette nébuleuse englobe des catholiques et des protestants. Qui étaient-ils et comment ont-ils pris le tournant de l'engagement à gauche face à une Église massivement portée à droite ?Les " cathos de gauche " voulaient, au nom de l'Évangile, inventer une Cité où s'exprimerait l'idéal biblique de la justice. À partir de 1962, le concile Vatican II semble signer leur victoire et, dans la foulée de Mai 68, ils réclament des réformes, parfois révolutionnaires, dans l'Église et dans la société. Rien des enjeux de l'heure ne leur sera étranger : marxisme, gauchisme, autogestion, renouveau syndical, féminisme, tiers-mondisme.L'élection de François Mitterrand en 1981, à laquelle ils ont contribué, semble pourtant marquer le début de leur déclin. C'est le temps du reflux, du désenchantement : arrêt du " recrutement ", départs hors de l'orbite chrétienne, émiettement des groupes, dissensions politiques. Le pontificat de Jean-Paul II les affaiblit, en dépit de quelques événements rassembleurs qui ne permettent que des résurgences éphémères.Au début du XXIe siècle, cette variété de militants chrétiens existe-t-elle encore ? Que reste-t-il de leurs luttes et des idées qu'ils entendaient porter ?

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