• Depuis le tournant du millénaire, l'émergence de minorités catholiques actives, les prises de positions de l'Eglise de France comme la médiatisation de ses crises internes ont fait prendre conscience qu'il existe dans notre pays une « question catholique ». Or, dans la société la plus sécularisée d'Europe, le catholicisme est mal perçu, mal connu, voire étranger à beaucoup de Français. Par sa clarté et sa forme narrative l'explication passe par le récit, l'ouvrage de Denis Pelletier met l'histoire de ce monde singulier à la portée de tous. De la Révolution à aujourd'hui, il déconstruit les idées reçues et montre comment les différentes mémoires celle des catholiques, celle des anticléricaux, celle du roman national ont souvent déformé les réalités historiques. Un livre éclairant, à l'heure du réveil politique d'une certaine droite catholique, du traumatisme des révélations sur les clercs pédophiles, mais aussi de la redécouverte d'un patrimoine commun après l'incendie de Notre-Dame de Paris. Denis Pelletier est directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études, spécialisé dans l'histoire du catholicisme français.

  • Denis Pelletier constate que nous consacrons beaucoup de temps à ce qu'il y a en nous de plus négatif, à nos défauts, à nos manques, au lieu de nous efforcer de libérer toutes les forces qui ne demandent qu'à éclore et nous assurer la jouissance de se sentir encore passionné et fier. Cette voix nous vient du Canada. Une voix que nous devons écouter et qui nous dit dans quels pièges notre civilisation s'est engluée parce que nous avons collectivement renoncé à la joie de vivre et que nous n'avons plus rien à célébrer. C'est de cela qu'il s'agit : retrouver le goût de la fête et des grands partages. L'individu s'identifie à sa frustration ; il n'est qu'elle ; il la dramatise, mais les choses changent pour lui quand il cesse d'être ce vide et qu'il devient présent à sa peine. L'arc-en-soi, c'est aussi la présence à soi-même, la nécessité de prendre joyeusement, et sans culpabilité, parti pour soi-même.

  • Dans la seconde moitié du XXe siècle s'est imposée en France une désignation tantôt valorisante, tantôt péjorative : " cathos de gauche ", par extension " chrétiens de gauche " - car cette nébuleuse englobe des catholiques et des protestants. Qui étaient-ils et comment ont-ils pris le tournant de l'engagement à gauche face à une Église massivement portée à droite ?Les " cathos de gauche " voulaient, au nom de l'Évangile, inventer une Cité où s'exprimerait l'idéal biblique de la justice. À partir de 1962, le concile Vatican II semble signer leur victoire et, dans la foulée de Mai 68, ils réclament des réformes, parfois révolutionnaires, dans l'Église et dans la société. Rien des enjeux de l'heure ne leur sera étranger : marxisme, gauchisme, autogestion, renouveau syndical, féminisme, tiers-mondisme.L'élection de François Mitterrand en 1981, à laquelle ils ont contribué, semble pourtant marquer le début de leur déclin. C'est le temps du reflux, du désenchantement : arrêt du " recrutement ", départs hors de l'orbite chrétienne, émiettement des groupes, dissensions politiques. Le pontificat de Jean-Paul II les affaiblit, en dépit de quelques événements rassembleurs qui ne permettent que des résurgences éphémères.Au début du XXIe siècle, cette variété de militants chrétiens existe-t-elle encore ? Que reste-t-il de leurs luttes et des idées qu'ils entendaient porter ?

  • Politique et Sociétés célèbre en 2017 ses 35 ans d'existence. D'abord parue sous l'appellation Politique en 1982, puis devenue Revue québécoise de science politique en 1993, la fondation de la revue constitue une étape cruciale dans le développement et la consolidation de la science politique québécoise. C'est dans les années 1970 que les départements de science politique (francophones) essaiment dans la province et que les premières générations de chercheurs, de chercheuses, de professeurs et de professeures développent une appartenance disciplinaire qui s'ancre dans la société québécoise. Comme le mentionne le premier directeur de la revue Denis Monière, dans sa présentation du premier numéro, celle-ci répond à des besoins spécifiques : la volonté de créer un espace pour permettre aux politologues québécois de publier leurs travaux en français (une préoccupation toujours d'actualité) ; diffuser la recherche auprès des collègues francophones et des étudiants afin de créer une communauté académique ; engager un dialogue avec les acteurs sociaux et politiques de la société québécoise et ancrer la recherche universitaire dans son temps. Elle se veut donc au départ un outil de diffusion des connaissances et de débat académique pluraliste et accessible permettant de suivre l'évolution de la science politique, ou « un reflet de la science politique telle qu'elle se développe au Québec » (Monière 1982, 6).

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