• Denis Pelletier constate que nous consacrons beaucoup de temps à ce qu'il y a en nous de plus négatif, à nos défauts, à nos manques, au lieu de nous efforcer de libérer toutes les forces qui ne demandent qu'à éclore et nous assurer la jouissance de se sentir encore passionné et fier. Cette voix nous vient du Canada. Une voix que nous devons écouter et qui nous dit dans quels pièges notre civilisation s'est engluée parce que nous avons collectivement renoncé à la joie de vivre et que nous n'avons plus rien à célébrer. C'est de cela qu'il s'agit : retrouver le goût de la fête et des grands partages. L'individu s'identifie à sa frustration ; il n'est qu'elle ; il la dramatise, mais les choses changent pour lui quand il cesse d'être ce vide et qu'il devient présent à sa peine. L'arc-en-soi, c'est aussi la présence à soi-même, la nécessité de prendre joyeusement, et sans culpabilité, parti pour soi-même.

  • Politique et Sociétés célèbre en 2017 ses 35 ans d'existence. D'abord parue sous l'appellation Politique en 1982, puis devenue Revue québécoise de science politique en 1993, la fondation de la revue constitue une étape cruciale dans le développement et la consolidation de la science politique québécoise. C'est dans les années 1970 que les départements de science politique (francophones) essaiment dans la province et que les premières générations de chercheurs, de chercheuses, de professeurs et de professeures développent une appartenance disciplinaire qui s'ancre dans la société québécoise. Comme le mentionne le premier directeur de la revue Denis Monière, dans sa présentation du premier numéro, celle-ci répond à des besoins spécifiques : la volonté de créer un espace pour permettre aux politologues québécois de publier leurs travaux en français (une préoccupation toujours d'actualité) ; diffuser la recherche auprès des collègues francophones et des étudiants afin de créer une communauté académique ; engager un dialogue avec les acteurs sociaux et politiques de la société québécoise et ancrer la recherche universitaire dans son temps. Elle se veut donc au départ un outil de diffusion des connaissances et de débat académique pluraliste et accessible permettant de suivre l'évolution de la science politique, ou « un reflet de la science politique telle qu'elle se développe au Québec » (Monière 1982, 6).

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