• Pour quelle raison Abderraman Avercane, médecin au seuil de la retraite entreprend-il un éprouvant périple à l'extrême sud de l'Espagne, avec pendue au cou, par long cordon de cuir, une clé en bronze ?
    Ce curieux objet, transmis comme une relique au sein de la famille, était censé avoir appartenu à une aïeule morisque chassée de Grenade en 1609.

  • Les chemins de Sébastien Horay obstétricien, Emillie Prunier productrice, Nedjma Faham ventriloque et de Fierce et Palisse multinationale du médicament, n'auraient jamais dû se croiser. Leur improbable rencontre advient sous les pires auspices : ceux d'un programme de télé-réalité destiné à faire ingurgiter aux téléspectateurs messages et drogues de la firme. Cette embardée aura, pour le docteur Horay, de terribles conséquences.

  • Pour mieux se couler dans la conformité de l'annuaire téléphonique, il avait transformé son nom. Le rugueux Dahmane Bab El Kahle s'était mué en un agreste Damien Portenoire. Dans la foulée, comme on jette des graines en terre, il conçut coup sur coup, trois enfants et choisit, pour chacun d'eux, un prénom qui s'enracine bien dans la glaise d'ici. Il voulait un état-civil neuf pour une vie nouvelle débarrassée des scories de l'Histoire. Il était loin d'imaginer le séisme que déclencherait cette "modification" chez sa cadette devenue adulte qui va dériver jusqu'à croiser le chemin d'inquiétants djihadistes.

  • « Les couveuses », c'est le nom que donne Dahbia, la mère d'une victime, à ces femmes qui élèvent leurs enfants dans la haine de l'autre et pour qui la mort devient oeuvre salutaire, acte de piété islamique. Lorsque des dirigeants politiques, en mal de sondages et de stratégie de la tension, tentent de manipuler l'un d'entre eux, le massacre peut commencer. C'est ainsi que Merzak Djoundi laisse dans son sillage, trois cadavres de soldats français d'origine maghrébine et celui d'une fillette juive de huit ans. Face à la perte d'un enfant, chacun réagit comme il peut. Dahbia se réfugie dans le déni et la folie.

  • Coeur jumeau

    Derri Berkani

    La vox populi est sans appel : « un coeur de rebeu dans une poitrine de feuj, ça pulse un max ! ». Le coeur appartenait à Hassan Zénith Amellal, victime d'une chute mortelle sous les yeux de son jumeau Nadir. Ses parents ont autorisé une transplantation cardiaque au profit d'un garçon du même âge : Nathanaël Schwartz. En dépit de l'anonymat sur les dons d'organes, Nadir rencontre le receveur, à ses yeux, substitut de son jumeau. Pour contrer l'hostilité des adultes, ils forment avec deux amis un quartette de « hard bop ». Benjamin, trompettiste, en est le leader et Nono, au langage fleuri, le batteur surdoué. En effet, « ça pulse un max »...

  • Il n'aurait pas dû être expulsé de France parce que Français. Il n'aurait pas dû, à son arrivée en Algérie, se faire héberger par un avocat converti au christianisme et Kabyle de surcroît. Il n'aurait pas dû se trouver parmi les "mangeurs de Carême" lors de la descente de la police algérienne venue les arrêter. Il n'aurait pas dû témoigner à leur procès. Amalou, jeune informaticien à France Télécom, n'aurait pas dû...

  • Lila-Kahéna, 15 ans, vit au dessus d'un bar PMU de Belleville, tenu depuis des lustres par la famille Aberdane. La mort atroce de ses parents, égorgés par un commando islamique lors d'un voyage en Algérie, agit sur elle comme un séisme ravageur. Hantée par le souvenir de sa mère, elle ne rêve que de vengeance en guerrière inflexible, comme la Kahéna, cette mythique reine berbère dont la légende a bercé son enfance. Elle décide donc d'affronter seule les islamistes bellevillois. La Kahéna peut-elle survivre sur le pavé parisien ?

  • Rani, six ans, blotti contre la poitrine d'une voisine, qui l'a de justesse recueilli, assiste, désemparé, à l'arrestation de sa mère et de sa petite soeur. " Ne montre à personne ! " lui ordonne, sibyllin, le curé qui organise son passage vers le Sud, en l'affublant dès le début du voyage d'un nouveau nom : Lucien Bernier. Une fuite, qui depuis Belleville jusqu'en Ligurie, en passant par Nice, va durer cinq ans. Rani-Lucien la raconte. Lui, qui a tout juste l'âge de " La guerre des boutons ", doit se forger, pour exprimer la violence qu'il découvre, une langue tout terrain qui passe, sans dommages, du fou rire à l'émotion, de la tendresse à la brutalité et du cocasse au pathétique. C'est le regard, pas si innocent que ça, d'un enfant qui a la guerre à ses trousses.

empty